Née Lucia Schulz à Prague (dans l'actuelle République Tchèque), Lucia Moholy (1894-1989) était une photographe germanophone qui a documenté le Bauhaus. Fuyant le nazisme, elle se réfugie en Angleterre où elle poursuit un travail expérimental et d'historienne de la photographie. Après la Deuxième Guerre mondiale, elle a lutté pour récupérer ses droits d'auteure sur ses photographies. Arte diffusera le 6 avril 2025 à 17 h 45 « Lucia Moholy, la photographe du Bauhaus », documentaire de Sigrid Faltin, et, sur son site Internet sur son site Internet « Lucia Moholy - L'architecture et le design au XXe siècle ».
L'Art nouveau viennois
« Art nouveau, la Révolution décorative » et « Tamara de Lempicka, la Reine de l’Art déco »
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Lucia Moholy (1894-1989) est née Lucia Schulz à Prague (dans l'actuelle République Tchèque), dans une famille juive germanophone.
En 1912, Lucia Schulz, professeure d'allemand et d'anglais, étudie la philosophie, la philologie et l'histoire de l'art à l'Université de Prague.
De 1915 à 1918, elle débute sa carrière professionnelle comme rédactrice et éditrice pour des maisons d'édition en Allemagne : Hyperion et Kurt Wolff à Berlin.
À partir de 1919, elle publie de la littérature expressionniste radicale sous le pseudonyme d'Ulrich Steffen.
En 1920, elle se lie avec László Moholy-Nagy, peintre, photographe plasticien et théoricien de la photographie hongrois qu'elle épouse l'année suivante. Le couple vit durant environ cinq années à l'école du Bauhaus, où Lucia Moholy explore la photographie.
En 1923, László Moholy-Nagy s'affirme comme un artiste du Bauhaus, et Lucia Moholy travaille comme technicienne de chambre noire dans son laboratoire. Elle est aussi élève du studio de photographie d'Otto Eckner.
Elle oeuvre comme photographe indépendante au Bauhaus de Weimar (1923-1925) puis au Bauhaus Dessau (1925-1928).
De 1925 à 1926, elle étudie les techniques photographiques et d'impression à l'Académie des arts visuels de Leipzig, dont elle est diplômée de photographe qualifiée. Ses photographies sont influencées par l'esthétique du Neue Sachlichkeit (Nouvelle objectivité), définie par son souci de documentation.
Elle contribue par ses photographies du Bauhaus, des maisons et objets des ateliers du Bauhaus à l'image et l'identité de l'école d'art avant-gardiste. Elle expérimente le photogramme. Dans des ouvrages, László Moholy-Nagy est seul crédité comme auteur des œuvres du couple d'artistes photographes. En 1925, l'ouvrage Malerei, Photografie, Film est publié sous son seul nom.
Après avoir quitté le Bauhaus en 1928, elle est employée par Mauritius, une célèbre et très ancienne agence photographique de la République de Weimar, et participe à l'exposition du Deutscher Werkbund (Fédération du travail allemand), Film und Foto à Stuttgart en 1929, et réunissant des artistes de la New Vision. Le couple Moholy-Nagy se sépare.
Lucia Moholy enseigne la photographie dans une école d'art privée à Berlin dirigée par le peintre suisse Johannes Itten. En 1933, à l'arrivée au pouvoir des Nazis, elle s'exile pour Prague, chez sa famille après l'arrestation de son conjoint, un député communiste, arrêté à son domicile en l'absence de la photographe. Celle-ci ensuite rejoint la Suisse l'Autriche et Paris, avant de se fixer à Londres. Là, elle gagne sa vie par la photographie commerciale, le portrait et l'enseignement. Elle signe A Hundred Years of Photography, 1839-1939. Elle participe à l'archivage sur microfilm de documents dont l'échelle a été réduite, à la London Science Museum Library, pour l'Association des bibliothèques spéciales et des bureaux d'information (Aslib).
De 1946 à 1957, elle parcourt le Proche-Orient et le Moyen-Orient dans le cadre de projets mis en place par l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Lucia Moholy réalise notamment des films documentaires.
En 1959, vivant à Zollikon (Suisse), elle écrit sur la période du Bauhaus et se spécialise dans la critique d'art.
Une grande partie de la deuxième partie de sa vie est consacrée à un combat pour récupérer la titularité de ses droits d'auteure sur ses photographies. En effet, ses clichés ont été publiés dans les années 1930, dans le cadre de marketing ou dans les catalogues de vente de l'école du Bauhaus, voire dans des publications après la Deuxième Guerre mondiale mais sans qu'elle soit créditée comme auteure de ces photos dont le crédit est accordé à László Moholy-Nagy ou à Walter Gropius, fondateur du Bauhaus.
Pressée de fuir le régime nazi, Lucia Moholy avait laissé à Berlin ses œuvres, dont les négatifs de ses photographies du Bauhau. Walter Gropius avait conservé ses films. En 1938, pour une rétrospective sur le Bauhaus au Musée d'Art Moderne (MoMA) de New York, Walter Gropius avait présenté environ cinquante photographies de Lucia Moholy dans l'exposition et dans son catalogue sans jamais la créditer. A plusieurs reprises, Lucia Moholy avait réclamé ses photos à Walter Gropius. En vain. Elle initie un procès qui lui permet, dans les années 1960, de récupérer une partie de son oeuvre photographique, la titularité de ses droits d'auteure .
En 1972, elle publia Moholy-Nagy Notes.
« Lucia Moholy, la photographe du Bauhaus »
Avec « Focus photographie, ARTE célèbre la photo sous tous les angles ! A l'occasion de la journée mondiale de la photographie, ou encore des Rencontres d'Arles, par passion ou curiosité, développez votre oeil avec notre exposition virtuelle. Zoom sur des œuvres majeures ou des photographes à découvrir de toute urgence. »
Arte diffusera le 6 avril 2025 à 17 h 45 « Lucia Moholy, la photographe du Bauhaus » de Sigrid Faltin.
« Lucia Moholy (1894-1989) a été une photographe pionnière du mouvement Bauhaus. Avec son mari Laszlo Moholy-Nagy, elle a travaillé pendant cinq ans à Weimar et Dessau. En 1933, quand elle a dû fuir les nazis, elle n’a pu emporter ses négatifs en verre. Ce documentaire raconte son histoire autant tragique qu’admirable. »
« Sa vie bascule cinq ans plus tard lorsqu’elle rencontre Laszlo Moholy-Nagy, juif hongrois pétillant et sans le sou, qui partage sa passion pour l’art. »
« Les époux expérimentent les possibilités du photogramme – une image photographique obtenue sans appareil –, à l’instar de leur double autoportrait, qui fera la seule renommée de Laszlo ».
« Quand ce dernier devient professeur au Bauhaus, l’école d’architecture et d’arts appliqués fondée par Walter Gropius en 1919 à Weimar, Lucia Moholy se charge de photographier les réalisations révolutionnaires de cette ruche créative. »
« Elle poursuit ce travail à Dessau, où l’institution déménage en 1925, en immortalisant sous tous les angles les bâtiments construits par Gropius pour accueillir élèves et enseignants. »
« À Berlin, où elle s’installe à la fin des années 1920, la jeune femme tombe amoureuse du député communiste Theo Neubauer. »
« Lorsque ce dernier est arrêté par les nazis en août 1933, elle se résout à quitter l’Allemagne, en confiant sa collection de négatifs sur plaques de verre à son ex-mari, qui les déposera à son tour chez Walter Gropius avant de fuir en Amérique… »
« Aux États-Unis, où il a obtenu une chaire à Harvard en 1938, le fondateur du Bauhaus fera la promotion du mouvement en utilisant les clichés de Lucia Moholy, sans jamais la mentionner ni la prévenir qu’il a sauvé ses négatifs. »
« La photographe – qui a gagné son procès contre celui qu’elle considérait comme un ami – a ainsi été longtemps dépossédée de son œuvre, n’accédant à la reconnaissance qu’à un âge avancé. »
« Mêlant archives, interviews et mises en pratique de ses procédés créatifs, ce documentaire au graphisme Bauhaus retrace, en compagnie de spécialistes et d’admirateurs, le parcours d’une artiste majeure de la Nouvelle Objectivité, disparue en 1989, qui promut aussi en pionnière, depuis son exil londonien, la technique du microfilm comme support d’une information gratuite pour tous. »
« Lucia Moholy - L'architecture et le design au XXe siècle »
« Cherchez la femme ! Déroulant les grands chapitres de l’Histoire de l’Homme, Denis Podalydès prête sa voix à un narrateur qui voit surgir les silhouettes en papier de toutes ces femmes oubliées. Les trente épisodes de trois minutes de cette série en stop motion, aussi drôles que percutants, exhument les destins de femmes effacées des livres d’histoire, remettent en lumière leurs parcours, en exposant les raisons de cette occultation. Créatrice de cette réjouissante série d’animation, Julie Gavras décortique, à travers trois parcours, les mécanismes qui ont conduit les femmes dans les oubliettes de l’histoire, qui les ont reléguées dans l’ombre. »
« Saviez-vous qu’Adam a eu une compagne avant Ève ? Que les armées vikings comptaient de nombreuses guerrières dans leurs rangs ? Que ce sont des femmes qui ont inventé l’aquarium ou découvert la trisomie 21 ? Ouvrant un à un les grands chapitres de l’histoire de l’homme, un narrateur pontifiant, auquel Denis Podalydès prête ses géniales intonations, voit se détacher les silhouettes en papier de toutes ces femmes oubliées. Régulièrement interrompues par les soupirs exaspérés et les piques misogynes de leur interlocuteur, ces artistes, penseuses, sportives, scientifiques… racontent leur parcours et les raisons de leur disparition sans se laisser impressionner. Certaines étaient reconnues en leur temps, d’autres ont vu leurs réalisations minimisées, occultées, voire spoliées par des hommes. Emmenée par un impressionnant casting de voix (Agnès Jaoui, Clémence Poésy, Laetitia Casta, Florence Loiret-Caille, Isabelle Carré…), cette série en stop motion, aux dialogues teintés d’humour grinçant et à l’animation énergique façon Tex Avery, explore en trente épisodes les mécanismes d’invisibilisation auxquels se sont heurtées les femmes à travers les siècles. »
Dans le cadre de cette série d'animation, Arte diffuse sur son site Internet « Lucia Moholy - L'architecture et le design au XXe siècle ».
« Il s’agit d’un vol, avec un degré de complexité supplémentaire par rapport au vécu d’autres femmes dont les découvertes ont été pillées par des hommes. Si le Bauhaus est l’œuvre de l’architecte Walter Gropius, les photos de Lucia Moholy ont joué un rôle fondamental dans sa postérité après la fermeture de l’école par les nazis. L’histoire de cette femme est de celles qui vous tordent l’estomac : juive, elle a fui l’Allemagne et s’est retrouvée en Angleterre sans le sou. Elle n’a pas réussi à émigrer aux États-Unis, où se trouvaient la plupart des anciens du Bauhaus, dont son fondateur. Alors qu’ils s’écrivaient régulièrement, elle s’est rendu compte au bout de près de vingt ans que Gropius lui avait menti : il ne détenait pas que des tirages de ses photos, mais tous ses négatifs. Elle lui a intenté un procès qu’elle a gagné. Mais il est difficile de lutter contre un mythe... », a déclaré Julie Gavras, créatrice de la réjouissante série d’animation Cherchez la femme !, à Manon Dampierre.
« Lucia Moholy, la photographe du Bauhaus » de Sigrid Faltin
Allemagne, Suisse, 2024, 56 min
Coproduction : ZDF/ARTE, SRF, B2W Filmworks
Sur Arte le 6 avril 2025 à 17 h 45
Sur arte.tv du 10/02/2025 au 10/05/2025
Visuels :
© Bauhaus-Archiv Berlin
© Sigrid Faltin
« Lucia Moholy - L'architecture et le design au XXe siècle » par Julie Gavras, Mathieu Decarli et Olivier Marquézy
France, 2021, 3 min
Auteure : Julie Gavras
Production : Les Films du Bilboquet, Zadig Productions, Iota Production, Pictanovo
Coproduction : ARTE France, Zadig Productions, Les Films du Bilboquet, Iota Production, Pictanovo, RTBF
Création graphique : Mathieu Decarli, Olivier Marquézy
Avec les voix de Sarah-Jane Sauvegrain et Denis Podalydès, de la Comédie-Française
Productrices : Céline Nusse, Mathilde Raczymow
Sur arte.tv du 12/12/2022 au 03/12/2027
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