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mardi 1 avril 2025

« Le cas Léon K. » de Jérôme Prieur

Arte diffusera le 1er avril 2025 à 22 h 35 « Le cas Léon K. » de Jérôme Prieur. « Arrêté et interné en France en 1942, un jeune juif polonais écrit deux suppliques au maréchal Pétain, clamant son désir de vivre, avant de disparaître des radars de l'histoire. Une enquête minutieuse à la recherche de l’homme derrière les lettres. »

« Julia Pirotte, photographe et résistante »
Régine Stépha Skurnik, ancienne combattante volontaire de la Résistance
Vichy
Archives de la vie littéraire sous l'Occupation 
Pierre Dac. Du côté d’ailleurs
Des enfants juifs cachés sous l'Occupation
Après la Shoah. Rescapés, réfugiés, survivants 1944-1947 
« La Babel des enfants perdus » par Théo Ivanez 
Le Musée de la Libération de Paris - Musée du Général Leclerc - Musée Jean Moulin 

« Le 
film Les suppliques, réalisé par Jérôme Prieur, coécrit avec Laurent Joly, historien et directeur de recherche au CNRS (Centre de recherches historiques, EHESS), est le fruit d’une longue enquête sur de bouleversantes « suppliques » écrites à l’administration française ou au maréchal Pétain par des hommes, des femmes, parfois des enfants, fichés, victimes de persécution, ou par leurs proches, cherchant par tous les moyens à desserrer le piège d’une bureaucratie froide et implacable, sans savoir qu’ils s’adressent à leurs bourreaux. Depuis la défaite, les nazis qui sont les maîtres de la zone occupée puis l’État français, qui règne depuis Vichy sur la zone dite libre, ordonnent aux Juifs d’aller se faire recenser. À partir du printemps 1941, qu’ils soient français depuis plusieurs générations ou naturalisés depuis quelques années, étrangers réfugiés en France ou apatrides chassés de leur pays, ils sont fichés, arrêtés, ou menacés à tout moment. »

« Alors, eux-mêmes ou leurs proches écrivent à l’administration, ou directement au maréchal Pétain qui leur semble être l’ultime recours. Ces requêtes s’appellent des Suppliques. Des hommes, des femmes, parfois des enfants, cherchent donc, comme ils peuvent, par tous les moyens, à desserrer le piège. Ils s’adressent à leurs bourreaux, mais ils ne le savent pas. C’est leur voix que nous entendons aujourd’hui. C’est leur vie qu’ils confient et qu’ils espèrent sauver… Le film de Jérôme Prieur repose sur le travail d’enquête mené depuis plusieurs années par l’historien Laurent Joly sur 43 cartons retrouvés contenant des milliers de lettres inédites, récemment inventoriées. Ces lettres, surchargées, suppliantes, pathétiques ou indignées, sont autant de témoignages d’une richesse inouïe, au plus près de la persécution. Centralisées et classées par le Commissariat général aux questions juives, sorte de ministère français de l’antisémitisme, elles font l’objet de réponses, personnalisées parfois, souvent hypocrites, justifiant une fin de non-recevoir froide et implacable. » 

« Né en 1921 en Pologne, Léon Kacenelenbogen – dit Léon K. – avait fui la Belgique où il vivait avec sa famille. Le 16 juillet 1942, le jour même de la rafle du Vel d’hiv à Paris, Léon avait réussi à franchir clandestinement la ligne de démarcation. Bien qu'assigné à résidence par les autorités françaises à Argenton-sur-Creuse, il avait pu se croire à l'abri dans cette paisible localité du cœur de la France. Mais c’était pour être arrêté et interné un mois plus tard après la rafle du 26 août, opérée cette fois à travers toute la zone libre par la gendarmerie française et la police de Vichy. Il est interné au camp de Douadic (Indre), avant d’être déplacé le lendemain à celui de Nexon (Haute-Vienne). »

« Désespéré, il écrit coup sur coup deux longues lettres au maréchal Pétain, clamant son désir de vivre : des suppliques, tout à la fois solennelles et ironiques, rédigées dans un français parfait, qui témoignent de sa vivacité comme de sa rage d’être arrêté pour n’avoir commis d’autre crime que d’être "un représentant de la race damnée et condamnée". »

« Le jeune homme est finalement expédié au camp de Rivesaltes, dans les Pyrénées-Orientales – l’antichambre de Drancy, et ensuite des camps de la mort. »

« Mais il parvient à s’échapper, sans doute peu après son arrivée. Il traverse à pied les Pyrénées, arrive en Espagne, où il est longuement emprisonné dans le camp de Miranda près de Barcelone. Il réapparaît en janvier 1944 sur les clichés du Nyassa, le seul navire autorisé, avant même la fin de la guerre, à quitter l’Europe pour la Palestine mandataire avec à son bord quelques centaines de réfugiés. En 1950, il quitte Israël et retourne en Belgique. »

« Comment Léon K. a-t-il réussi à s'enfuir, et qu’est-il devenu ? »

« Léon est mort en 2017 à Anvers, à l’âge de 96 ans. De son évasion et de sa vie d’avant, il n’a jamais rien raconté. »

"C’était quelqu’un de très secret", témoignent Renée et Sabine, respectivement ses nièce et belle-sœur, qui ignoraient jusque-là l’existence de ses lettres. »

« Hormis sa trace dans les archives administratives et policières, de très rares photos et quelques lieux en ruine, il ne reste presque rien de lui. »

« Pour s’approcher de Léon K, de son mystère, des archivistes, des historiens, mais aussi d'autres observateurs ainsi que deux membres de sa famille ont été interrogés par Jérôme Prieur, à partir de l'enquête qu'a menée Aude Vassallo avec le réalisateur : outre Sabine Lam Kacenelenbogen et Renée Krygier Kacenelenbogen, Philippe Barlet (historien du camp de Douadic), Anne Boitel (historienne du camp de Rivesaltes), Nicolas Bouchaud (comédien), Josep Calvet Bellera (historien, spécialiste du Mémorial de Miranda de Ebro), Marcel Cohen (écrivain), Alexandre Doulut (historien, spécialiste du camp de Rivesaltes), Fanny Dupuy (historienne du camp de Nexon), Laura Hobson Faure (historienne, spécialiste du Joint Committee), Christine Jouishomme (experte en écriture), Catherine Nicault (historienne, ancienne rédactrice en chef d’Archives juives), Guy Perlier (historien du camp de Nexon). »

« À partir de l'enquête minutieuse entreprise par l'historienne Aude Vassallo, le film de Jérôme Prieur est parti à la poursuite de Léon K. comme on mène une filature. »

« Scrutant les moindres détails et les soumettant au regard d'archivistes, d'historiens, de lecteurs, il avance par hypothèses et déductions. »

« En même temps que resurgit la mémoire enfouie d’un des pires chapitres de la politique collaborationniste du régime de Vichy, émerge peu à peu le portrait d'un jeune inconnu au puissant instinct de survie. »


« Le cas Léon K. » de Jérôme Prieur
France, 2024, 80 min
Auteurs : Aude Vassallo et Jérôme Prieur
Coproduction : ARTE France, La Générale de Production
Voix off : Nicolas Bouchaud
Image : Renaud Personnaz
Son : Grégory Le Maître
Montage : Isabelle Poudevigne
Musique originale : Marc-Olivier Dupin
Sur Arte le 1er avril 2025 à 22 h 35
Sur arte.tv du 25/03/2025 au 04/10/2025
Visuels : © La Générale de Production

« Les suppliques » de Jérôme Prieur
France, 63 min
Coécrit avec Laurent Joly
Production : La Générale de Production, Alexandre Hallier
Avec la participation de France Télévisions
Pôle histoire et culture : Louis Castro
Directrice des documentaires : Catherine Alvaresse
Adjointe : Julie Grivaux
Sur France 3 le 11 juillet 2022 à 22 h 40

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