Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 31 mars 2025

« L'odyssée des orphelins, 1939-1949 » de Deborah Ford

Arte diffusera le 1er avril 2025 à 21 h 00 « L'odyssée des orphelins, 1939-1949 », documentaire de Deborah Ford. « Pendant et après la Seconde Guerre mondiale, des centaines de milliers de mineurs, séparés de leurs parents, ont été ballottés de centres d’accueil en orphelinats. Cette situation a contribué à faire émerger une notion nouvelle : le meilleur intérêt de l’enfant. »

Des enfants juifs cachés sous l'Occupation
Après la Shoah. Rescapés, réfugiés, survivants 1944-1947 
« La Babel des enfants perdus » par Théo Ivanez
« Le port d’Espérance » de Magnus Gertten 
Roman Vishniac Rediscovered 
« L'odyssée des orphelins, 1939-1949 » de Deborah Ford

« Le 7 septembre 1949, un groupe de 123 orphelins de guerre polonais débarque au Canada dans le port d’Halifax. Pour eux, c’est la fin d’un éprouvant périple : ils ont été déportés en Sibérie après la mise sous tutelle par l’URSS des États baltes, où ils avaient trouvé refuge avant le pacte germano-soviétique, puis ont traversé l’Asie centrale avant d’être accueillis en Afrique dans le camp de Tengeru, au Tanganyika – l'actuelle Tanzanie. »

« Comme eux, ce sont des centaines de milliers de mineurs européens que le second conflit mondial a privés de leur foyer et de leur pays natal. »

« Certains ont été séparés de leurs parents en fuyant l’avancée des troupes ennemies, d’autres les ont perdus dans un bombardement ou après une arrestation. »

« D'autres encore se sont retrouvés seuls après avoir été déportés avec eux dans un camp de concentration. »

Quelques-uns aussi sont nés dans les "Lebensborn" nazis (des maternités à visée eugéniste), tandis que certains, livrés à eux-mêmes à la fin du conflit, ont erré en bande dans des villes en ruines… »

« Suivant en fil rouge l’histoire de la centaine d’orphelins polonais – dont les parents disparus avaient combattu dans l’armée Anders en exil – qui furent ballottés de pays en pays pendant près d’une décennie, ce documentaire tout en archives ouvre la focale sur la multiplicité des situations des centaines de milliers de mineurs arrachés à leur famille par la guerre. »

« Des orphelins dont le sort s’est décidé au gré des réalités et des jeux d’influence de l’après-guerre : modification du tracé des frontières, politiques d’accueil contrastées des pays, action des organisations internationales publiques et privées et affrontement idéologique entre puissances ont transformé l’impératif humanitaire de leur prise en charge en enjeu politique. »

« Leur situation dramatique a eu pour conséquence une évolution des mentalités et des règles de protection de l’enfance. »

« Alors que les mineurs étaient auparavant considérés comme appartenant à leur patrie et à leurs parents, une notion nouvelle se dessine après 1945 : celle du meilleur intérêt de l’enfant. »

« Très vite pourtant, les nations vont instrumentaliser le sort des orphelins de guerre à la faveur des tensions et des luttes idéologiques nées sur les cendres du conflit. Une posture qui perdure, comme l’ont montré dernièrement les déportations d’enfants pratiquées par la Russie de Poutine en Ukraine. »

Parmi ces enfants : Samuel Pisar (1929-2015) né dans une famille juive bourgeoise polyglotte à Białystok (Pologne). Il a été déporté à 13 ans dans les camps nazis de Majdanek, d'Auschwitz puis de Dachau, libéré à 16 ans. Le 7 juillet 2010, lors d'une conférence organisée par le Centre Simon Wiesenthyal (SWC) et Verbe et Lumière-Vigilance, au siège de l'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture) à Paris, et réunissant les lauréats du concours russe de dissertation sur la Shoah, il avait évoqué, sobrement, son adolescence au sortir de la Deuxième Guerre mondiale. Orphelin polonais, il errait avec une bande de jeunes, quand son oncle Léo Sauvage et son épouse Barbara l'avaient retrouvé et lui avaient proposé de l'accueillir en France. Il avait accepté cette offre, et avait ensuite vécu en Australie chez d'autres membres de sa famille. Samuel Pisar avait poursuivi des études universitaires en droit, et était titulaire du diplôme d'avocat de l'université de Melbourne, de doctorats de l'université américaine Harvard et de la Sorbonne, conseiller du Président démocrate John F. Kennedy, essayiste...


France, 2024, 93 min
Auteurs : Jean Rozat, Deborah Ford
Coproduction : ARTE France, Ethan Productions
Sur Arte  le 1er avril 2025 à 21 h 00
Sur arte.tv du 25/03/2025 au 30/10/2025
Visuels :
© PISM
© Musée Benaki
© KRESY
© ETHAN PRODUCTIONS
© KRESY


Les citations sur le film proviennent d'Arte.

dimanche 30 mars 2025

L’abbé Franz Stock (1904-1948)

L’abbé Franz Stock (1904-1948) était un prêtre catholique allemand francophone. Durant la Deuxième Guerre mondiale, il a été aumônier dans les prisons parisiennes - Fresnes, la Santé et le Cherche-Midi - et du Fort du Mont-Valérien, lieu d’exécutions pendant l’Occupation allemande nazie, où il assiste les condamnés à mort. Puis, de 1945 à 1947, supérieur du « Séminaire des barbelés » du Coudray (près de Chartres). Il est considéré comme un précurseur de l'amitié entre la France et l'Allemagne. Arte diffusera le 1er avril 2025 à 23 h 55 « Le journal de guerre de l’abbé Franz Stock. Paris 1940-1944 » de Hermann Pölking et Linn Sackarnd.

« Luther, la Réforme et le Pape », par Thomas Furch
La fabrique des saintes images. Rome-Paris, 1580-1660
Cranach et son temps 
Franz Stock est né dans une famille d'ouvriers allemands. En 1926, il participe à Bierville, près de Paris, au sixième Congrès démocratique international pour la paix, organisé par Marc Sangnier (1873-1950), fondateur du mouvement Le Sillon, promoteur de la démocratie chrétienne, avec la devise « La paix par la jeunesse ». Il y rencontre Joseph Folliet (1903-1972), cofondateur des Compagnons de Saint François et fondateur de La Vie catholique illustrée. À Pâques 1928, il étudie pendant trois semestres à l’Institut catholique de Paris dont il est "le premier étudiant allemand à y être admis depuis le Moyen Âge. Il devient Compagnon de Saint François, mouvement qui aspire à réaliser l’idéal de la vie simple et de la paix. Par la suite, il participe à plusieurs rencontres internationales, notamment sur le Borberg près de Brilon en 1931".

Le 12 mars 1932, l’archevêque de Paderborn, Caspar Klein, l'ordonne prêtre. Après la première messe que Franz Stock célèbre, les fidèles reçoivent des images sur lesquelles il a fait inscrire un extrait de la Première lettre de saint Pierre : « Obéissant à la vérité, sanctifiez vos âmes, pour vous aimer sincèrement comme des frères. D’un cœur pur, aimez-vous les uns les autres sans défaillance, engendrés de nouveau d’un germe non point corruptible, mais incorruptible, la Parole du Dieu vivant et éternel ».

En 1934, il est nommé recteur de la Mission catholique allemande de Paris. 

En août 1939, peu avant le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, l’ambassade d'Allemagne, lui ordonne de retourner en Allemagne. Il exerce les fonctions de vicaire à Dortmund-Bodelschwingh, puis à Wanzleben.

Après l'armistice du 17 juin 1940, Franz Stock est nommé le 13 août à la Mission catholique allemande de Paris, un lieu qu'il rejoint dès octobre. Une France vaincue et occupée par les Allemands nazis.

Début 1941, Franz Stock rend visite aux détenus dans les prisons parisiennes : Fresnes, La Santé et le Cherche Midi. Un poste qui vaut en France à l'abbé Franz Stock d'être surnommé « l’aumônier de l’enfer » et « l’archange des prisons ». 

"Le 10 juin 1941, il est nommé aumônier à titre de fonction secondaire par les autorités militaires allemandes". Il a pour missions "de prendre soin des détenus dans les prisons et leur apporter le réconfort spirituel. Il prépare et accompagne les condamnés à mort jusqu’au lieu de leur supplice. De 1941 à 1944, il y a environ 11 000 captifs dans les prisons de Paris. Les exécutions ont lieu au fort du Mont-Valérien. Il écrit dans son journal que le nombre des exécutions auxquelles il a assisté devait être « un nombre à quatre chiffres, et pas le plus petit ». Il apportera en 1942 les secours de la foi à l'acteur Harry Baur, considéré à tort comme juif, ainsi qu'à sa femme Rika Radifé qui se convertira au catholicisme. En février 1944, c'est le résistant d'origine arménienne Missak Manouchian qui, quelques heures avant son exécution, reçoit l'absolution et la communion des mains de l'abbé Franz Stock."

"Le 25 août 1944, quand le général de Gaulle entre dans Paris, l'abbé Stock se trouve à l’hôpital de la Pitié avec plus de 600 soldats allemands blessés et intransportables. Quand les Américains prennent en charge l'hôpital, l'abbé Stock devient prisonnier de guerre, enregistré sous le matricule: US/PWIB/31 G/820274." Il est détenu dans le camp de prisonniers de guerre de Cherbourg.

Les abbés Rodhain et Le Meur de l'aumônerie générale de Paris contactent l'abbé Stock en vue de la création d’un séminaire pour former au sacerdoce des détenus allemands en prison qui deviendraient des théologiens allemands, et contribueraient au renouveau du catholicisme en Allemagne. Ils proposent à l’abbé Stock de diriger la formation spirituelle des séminaristes allemands prisonniers dans le camp Dépôt 51, à Orléans. Le 24 avril 1945, l’abbé Le Meur et l’abbé Stock à Orléans repèrent vingt-huit théologiens. Le 17 août 1945, le « séminaire des Barbelés » quitte Orléans pour le camp 501 au Coudray, près de Chartres. Le colonel Gourut « confie » 160 séminaristes à Notre-Dame de Chartres. Deux jours plus tard, l’évêque de Chartres, Raoul Harscouët, et son secrétaire l’abbé Pierre André, se rendent au séminaire. De 1945 à 1947, l'abbé Stock est le supérieur du séminaire des prisonniers de Chartres.

Le 18 septembre 1945, puis le 16 mai 1946, le nonce apostolique en France, Angelo Giuseppe Roncalli, futur pape Jean XXIII, visite ce camp. Le premier dimanche après Noël 1946, il y transmet les vœux du pape Pie XII, et considère que ce séminaire fait honneur à la France qu'à l’Allemagne et qu'il est peut symboliser "l'entente et la réconciliation. Le 5 avril 1947, lors du Samedi Saint, Roncalli célèbre l’office avec les séminaristes et ordonne prêtres deux diacres du diocèse de Rottenburg."

Le 26 avril 1947, Franz Stock adresse aux séminaristes prisonniers de Chartres un message que plus tard, lors du vingtième anniversaire de sa mort, l’abbé Jean Pihan qualifiera de prophétique : « Un nombre de saints voulus par la Providence suffira à sauver notre époque […] C’est la Providence qui nous lance cet appel à la sainteté à travers la voix même de l’histoire et il nous faut l’entendre pour porter au monde le message de liberté, de paix, de salut et d’amour […] ».

Le 5 juin 1947, ce « séminaire des Barbelés » est clos, après avoir accueilli 949 enseignants, prêtres, frères et séminaristes, dont 369 y étudient alors.

Le 16 décembre 1947, l'abbé Stock apprend qu'il est nommé docteur honoris causa par l'université de Fribourg-en-Brisgau.

Il décède prématurément en 1948 à l'hôpital Cochin à Paris. Ses obsèques sont célébrées en l'église Saint-Jacques-du-Haut-Pas à Paris. Le nonce apostolique Angelo Giuseppe Roncalli donne l’absoute, l’absolutio ad tumbam. L'abbé Stock est enterré au cimetière parisien de Thiais. 

Le 3 juillet 1949, une cérémonie commémorative publique se déroule au Dôme des Invalides. Le nonce apostolique Angelo Giuseppe Roncalli, le 28 février 1948, lors de la bénédiction de sa dépouille mortelle, déclare « L’abbé Franz Stock « ce n’est pas un nom – c’est un programme ! » En juillet 1962, devenu pape, il répète cette phrase devant un groupe international de pèlerins : « […] Le prêtre Franz Stock – Nous le disions le jour de son inhumation lors de l’absoute après la messe de Requiem – ce n’est pas seulement un nom, c’est un programme. Aujourd’hui, après 14 années, Nous voudrions répéter ces mêmes mots. »

Le 13 juin 1963, la veille de la ratification du traité d'amitié franco-allemand par l'Assemblée nationale, son corps est exhumé du cimetière de Thiais. Son cercueil reste exposé, puis est inhumé deux jours plus tard en l’église Saint-Jean-Baptiste de Rechèvres à Chartres. Un message du pape Jean XXIII y est lu. La bénédiction apostolique porte la signature d’un défunt – comme un legs. En 1995, le bâtiment abritant l'ancienne chapelle du séminaire est inscrit au titre de monument historique.

Le 18 novembre 1981, Jean-Paul II, à Fulda (Allemagne), évoque des grands saints de l’histoire allemande, dont Franz Stock.

Le 1er mars 1998, le cardinal Lustiger, archevêque de Paris, Karl Lehmann, Président de la Conférence épiscopale allemande et Johannes Joachim Degenhardt, archevêque de Paderborn, célèbrent un office pontifical dans la cathédrale de Chartres, en présence d’évêques français et allemands, de René Monory, alors Président du Sénat français et du chancelier Helmut Kohl, qui avait déposé une couronne funéraire sur la tombe de Franz Stock. « Allemands et Français, nous sommes ensemble responsables de notre avenir commun, devant les hommes et devant Dieu », a notamment déclaré dans son homélie, le cardinal Lustiger.

Lors du cinquantième anniversaire du traité de l'Élysée, Ruggiero del Ponte-Gérard Valin, ancien Président des Amis de Franz Stock-Paris, écrit la pièce de théâtre, Le Mémorial de Chartres (2013)  en hommage à l'action de réconciliation franco-allemande du père Franz Stock.

En 1990, l’esplanade devant le Mémorial de la France combattante du Mont Valérien à Suresnes a été nommée « Place de l’Abbé-Franz-Stock ».

Quatre ans plus tard, a été inaugurée la place de l'Abbé-Franz-Stock dans le XVIe arrondissement de Paris.

En 1998, La Poste française a émis un timbre à son effigie.

Vers 2003, dans un ensemble hodonymique lié à la Deuxième Guerre mondiale Caen, une voie près du Mémorial pour la Paix a été baptisée « Cours Abbé Franz Stock ».

En 2022, l'Église catholique a clos son procès en béatification, faute que soient réunies les conditions pour cet acte.

« Le journal de guerre de l’abbé Franz Stock 1940-1944 »
Arte diffusera le 1er avril 2025 à 23 h 55 « Le journal de guerre de l’abbé Franz Stock. Paris 1940-1944 » de Hermann Pölking et Linn Sackarnd.

« Franz Stock, aumônier militaire allemand, a accompagné à Paris des centaines de résistants condamnés à mort. À travers son journal, qui a documenté la terreur judiciaire orchestrée par la Wehrmacht sous l’Occupation, un récit qui interroge l’ambiguïté de ce témoignage. »

« De l’été 1940 à l’été 1944, le prêtre allemand Franz Stock travaille comme aumônier catholique dans les prisons de la Wehrmacht à Paris, où sont détenus des condamnés à mort parmi lesquels des résistants, des espions présumés et des otages. »

« Parfaitement francophone, l’ecclésiastique, qui a déjà vécu à Paris avant-guerre, accompagne ainsi quelque 800 détenus jusqu’à l’heure de leur exécution. » 

« Durant cette période, celui qui est surnommé l’"aumônier de l’enfer" tient un journal au ton très factuel, qui documente avec une précision méthodique tous les événements auxquels il assiste. »

« Comment aborder le récit de Franz Stock ? »
« Si l’abbé a parfois apporté un réel soutien aux condamnés, s’arrangeant notamment pour transmettre aux familles les lettres et objets que les détenus lui avaient confiés avant leur exécution, il a aussi contribué à légitimer son effroyable terreur, en se gardant d’une quelconque contestation de l’appareil judiciaire déployé par les Allemands : une ambivalence dont témoignent les historiens Claire Andrieu et Étienne François, la journaliste Dagmar Pöpping ou encore Georges Duffau-Epstein, le fils du militant communiste et résistant Joseph Epstein. »

« À travers l’analyse d’extraits de ce journal et au fil d’images de l’époque tournées par des militaires allemands, un récit tout à la fois glaçant et poignant. »


« Le journal de guerre de l’abbé Franz Stock. Paris 1940-1944 » de Hermann Pölking et Linn Sackarnd
Allemagne, France, 2024, 53 mn
Production : Kinescope Film, en association avec NDR/ARTE 
Disponible à partir du 01/04/2025
Sur Arte le 1er avril 2025 à 23 h 55
Sur arte.tv du 01/04/2025 au 29/06/2025
Visuels :
© Kinescope Film/Bibliothèque nationale de France
© Kinescope Film/Agentur Karl Höffkes
© Kinescope Film/Franz-Stock-Komitee für Deutschland


jeudi 27 mars 2025

« East Side » d’Evgeny Ruman

Arte diffusera dès le 28 mars 2025 à 22 h 30 les cinq derniers épisodes d’« East Side », série israélienne réalisée par Evgeny Ruman. A deux reprises, deux semaines de suite, Arte diffuse durant chabbat cette série qu'il présente de manière partiale. « À Jérusalem-Est, un ancien agent des services secrets israéliens met ses talents au service de groupes immobiliers déterminés à prendre le contrôle de la partie arabe de la ville... Un saisissant thriller inspiré de faits réels ».
 
« Le monde d’Albert Kahn. Moyen-Orient : la naissance des nations » de David Okuefuna
« La fin des Ottomans », par Mathilde Damoisel
« Cent ans de guerre au Moyen-Orient. L'accord secret Sykes-Picot et ses fatales conséquences  » par Alexander Stenzel
Daniel Greenfield quoted in American English part of my article in FrontPage Magazine
« Made in France - Au service de la guerre » de Sophie Nivelle-Cardinale et Alice Odiot

Rappel historique sur l'histoire récente de Jérusalem.

En 1948, Jérusalem comptait 165 000 personnes dont 100 000 juifs, 40 000 musulmans et 25 000 chrétiens

Lors de la guerre d’Indépendance de l’Etat d’Israël ou première guerre arabo-israélienne (1948-1949), l'Egypte, l'Irak, la (Trans)Jordanie, la Syrie et la Jaysh al-Jihad al-Muqaddas (Armée de la Guerre-sainte) fondée par le grand mufti de Jérusalem Amin al-Husseini, ainsi que des volontaires du Liban, d'Arabie saoudite, de l'Armée de libération arabe, des Frères musulmans ont attaqué l'Etat Juif renaissant sur sa Terre historique, biblique.

"Les Arabes ont donc violé outrageusement la résolution du 29 novembre 1947 de l'Assemblée générale de l'ONU, l'article 80 de la Charte de l'ONU de 1945. cette Charte (qui inclut le "Mandat de Palestine"
 qui stipulait un Etat Juif dans toute la zone à l'ouest du fleuve Jourdain), le "Mandate pour la Palestine" du 24 juillet 1922 de la Société des Nations, la Conférence de San Remo d'avril 1920 tenue par les puissances alliées de la Première Guerre mondiale déterminés à établir un foyer national juif sur les deux rives du Jourdain, et la Déclaration Balfour de novembre 1917 qui constitue le fondement pour San Remo", a résumé Yoram Ettinger.

La 
(Trans)Jordanie a conquis la Judée et la Samarie ainsi qu'occupé la vieille ville de Jérusalem assiégée incluant le Kotel, et l’Egypte a conquis la bande de Gaza.

Les habitants juifs, spoliés, ont été expulsés de la vieille ville de Jérusalem. Des quartiers juifs de Jérusalem sont pillés, incendiés ou dynamités, des douzaines de synagogues dont la Hourva, construite au début du XVIIIe siècle, sont détruites, lors de l’annexion de Jérusalem par la Légion arabe. John Phlilips a photographié ces scènes historiques dramatiques de nettoyage ethnico-religieux.

Lors de la guerre des Six-jours (juin 1967), conflit d’auto-défense, l’Etat d’Israël libère, prend le contrôle de la partie de Jérusalem, de la Judée et de la Samarie (en hébreu : איזור יהודה ושומרון, "Eizor Yehouda VéShomron") - une région de 5 860 km² -, sous contrôle antérieur de la Jordanie, du plateau du Golan auparavant sous contrôle syrien, de la péninsule du Sinaï et de la bande de Gaza, sous domination antérieure de l'Egypte.

Il ne s'agit pas de « territoires occupés », car il n’y avait aucune souveraineté légalement reconnue sur ces territoires. Il n’y a jamais eu d’Etat palestinien, ni en Judée et Samarie, ni ailleurs.

Le 30 juillet 1980, la Knesset a adopté à la majorité - les députés Arabes avaient voté Contre - la loi fondamentale sur Jérusalem, capitale éternelle, une et indivisible de l'État d'Israël. 

Des propriétaires juifs qui avaient été spoliés de leur bien immobilier hiérosolymitain en 1948 ont intenté des actions en justice afin de les récupérer. 

La famille Hubara avait vécu au cœur de Jérusalem.  En 1948, elle avait été expulsée de sa maison dans le quartier de Shimon Hatzadik, où se trouvait la tombe de Simon le Juste. "La maison et le quartier environnant près de la Tombe de Shimon HaTzadik (Simon le Juste, grand prêtre juif du 4e siècle avant notre ère, Ndlr) avaient originellement été achetés en 1876 par le Comité de la communautés sépharade et par l’Assemblée ashkénaze d’Israël."
"Appelé "Sheikh Jarrah" par la population arabe de Jérusalem, le quartier Shimon Hatzadik avait été vidé de sa population juive, dont les maisons avaient été saisies par les Arabes locaux"
"Shimon et Dalia Hubara ont décidé d’entrer en procès pour récupérer leur foyer ancestral après que leur fille de 26 ans Odelia ait été tuée par un terroriste palestinien en février 2005". 

L'essayiste Lynn Julius retrace l'histoire du combat pour récupérer cette maison (Jewish News, 8 septembre 2017) :
"
Lorsque les Israéliens ont repris Jérusalem-Est en 1967, les anciens propriétaires juifs se sont retrouvés en position de récupérer ce qui leur avait appartenu. Des dizaines d'entre eux ont entamé de longues procédures juridiques pour récupérer leurs maisons.
Cependant, les tribunaux israéliens ont protégé les droits des locataires arabes. Ce n'est que lorsqu'ils n'ont pas payé leur loyer que les tribunaux ont rendu des jugements défavorables aux résidents arabes.
Il y a dix ans, les Hubara ont vendu leurs droits de propriété à Aryeh King, du Fonds foncier israélien. King a déclaré que la famille arabe avait cessé de payer son loyer il y a cinq ans. « Je ne leur fais plus confiance, car ils ont une dette de 180 000 shekels [environ 50 000 dollars] pour le loyer et des dégâts de 160 000 shekels supplémentaires. » King dit leur avoir dit que s'ils fournissaient un chèque d'un garant de confiance, il envisagerait de les laisser rester plus longtemps, mais ils ont refusé. C'est désagréable, a-t-il dit, mais « ils ont tout fait pour que [l'expulsion] ait lieu. »
Quant aux informations selon lesquelles les parents arabes âgés sont jetés à la rue, King a déclaré à Haaretz : « Les parents âgés n’ont aucune raison de rester dans la rue car leur fille vit juste à côté, et il existe des preuves qu’ils recevront une aide au logement de l’Union européenne. »
Il est connu que les tribunaux israéliens n’appliquent pas les ordres d’expulsion contre les squatteurs arabes lorsqu’ils n’ont pas d’autre logement où aller.
Un deuxième mensonge propagé par les médias est que « la loi permet aux Juifs de récupérer leurs biens mais qu’aucune loi de ce type n’existe pour les Palestiniens ».
Selon l'Administration foncière israélienne, en 1993, 14 692 Arabes ont réclamé une indemnisation au titre de la loi sur les biens des absents et de la loi sur la validation et l'indemnisation. Les réclamations ont porté sur 200 905 dunams de terres, un total de 9 956 828 NIS a été versé à titre d'indemnisation et 54 481 dunams de terres ont été attribués à titre d'indemnisation (Rapport de l'Administration foncière israélienne pour 1993).
Pas plus tard que le 21 mars 2016, Gulf News Palestine rapportait : « Un nombre croissant de propriétaires fonciers palestiniens acceptent des compensations monétaires pour les terres et les propriétés qu’ils possédaient à l’intérieur de la Ligne verte… Des groupes actifs de négociants fonciers et d’avocats ont mis en œuvre le plan du régime israélien pour convaincre les propriétaires fonciers palestiniens déplacés d’accepter des accords de compensation et de renoncer à leurs droits sur leurs terres et leurs propriétés. »
Les propriétaires sont avertis de ne pas accepter de compensation de peur de mettre en péril le « droit au retour » des Palestiniens.
Pendant ce temps, le chœur international de désapprobation contre Israël s'amplifie, tandis que des émissaires de l'UE, des responsables, des écrivains et des militants de gauche aux idées noires se rendent auprès des pauvres Shamasnehs assiégés pour leur témoigner leur empathie. Pourtant, le débat est totalement déséquilibré : pas un seul Israélien n'a jamais reçu d'indemnisation pour ses biens confisqués en terres arabes. Aucune ONG ni aucun gouvernement occidental ne défend leurs droits à indemnisation ou à restitution. Aucun militant de gauche ne manifeste sa sympathie devant les maisons juives de Bagdad, Sanaa ou Tripoli, et aucun média ne trouve digne de couvrir la spoliation massive des Juifs."

Voici comment l'AFP (Agence France Presse) a présenté ces faits :
« Une fois l’expulsion menée à bien, quelques hommes juifs sont entrés dans la maison sous la protection de policiers, a constaté un journaliste de l’AFP.
Pour les sympathisants de cette famille palestinienne [les Shamasneh, Ndlr], il s’agit d’un nouvel exemple de la judaïsation à Jérusalem-Est, annexée et occupée, et il ne fait aucun doute que dans ce cas précis ils cèdent la place à des colons juifs » !
Les Shamasneh ont prouvé vivre dans cette maison depuis 1972. Pas avant.

La vente de biens immobiliers dans "Jérusalem-Est" à des Juifs est interdite par l'Autorité palestinienne qui condamne le vendeur à une peine de prison. La peine de mort est prévue par l'AP pour sanctionner une telle vente. "Cependant, la loi exige que le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, approuve toute condamnation à mort, et il n’a approuvé aucune exécution depuis 2006". 

Agé de 53 ans, Issam Akel est "un habitant palestino-américain du quartier de Beit Hanina à Jérusalem, titulaire d'une carte d'identité israélienne bleue, selon un responsable du service de presse de l'Autorité palestinienne". 
Issam Akel avait été arrêté le 10 octobre 2018 pour avoir tenté de vendre des terres à "Jérusalem-Est" à des juifs israéliens. L'ambassadeur américain en Israël, David Friedman, avait exhorté, dès le 28 novembre 2018, à la libération immédiate d'Issam Akel "affirmant que son incarcération violait les valeurs américaines". En décembre 2018, à Ramallah, un "tribunal palestinien a condamné à la réclusions à perpétuité Issam Akel, pour « tentative d'isolement d'une partie du territoire palestinien et de son rattachement à un pays étranger ». En janvier 2019, l'Autorité palestinienne a remis Issam Akel aux autorités américaines dans le cadre de son extradition. "La loi israélienne n'interdit pas aux Juifs de vendre des biens à des Palestiniens. Au contraire, a déclaré Yifa Segal, directrice du Forum juridique international, une organisation à but non lucratif qui promeut la paix, la justice et l’égalité en Israël et au Moyen-Orient, un Juif israélien « pourrait être poursuivi pour discrimination s'il refuse de vendre parce que l'acheteur est arabe ou noir ».

Yoni Ben Menachem, expert de la diplomatie à la radiotélévision israélienne, analyste senior du Moyen-Orient au Centre de Jérusalem, a écrit le 1er novembre 2018 (JCPA) :
"Il apparaît désormais que l’Autorité palestinienne a également exercé une forte pression sur les plus grands clans palestiniens vivant à Jérusalem pour imposer des boycotts sociaux et familiaux à quiconque vendrait des terres ou des maisons à Jérusalem-Est à des Juifs.
Adeeb Joudeh, un membre de la famille, figure en bonne place dans l'épisode de la vente de la maison familiale à des Juifs. La clé de l'église du Saint-Sépulcre avait été confiée à sa famille il y a plusieurs siècles. Adeeb a annoncé qu'il la transmettait à l'un de ses proches.
L'Autorité palestinienne fait pression sur la famille Joudeh du quartier d'Aqbat Darwish dans la vieille ville de Jérusalem après que leur maison a été vendue à des Juifs pour 17 millions de dollars par l'homme d'affaires Khaled al-Atari
Adeeb Joudeh, un membre de la famille, figure en bonne place dans l'épisode de la vente de la maison familiale à des Juifs. La clé de l'église du Saint-Sépulcre avait été confiée à sa famille il y a plusieurs siècles. Adeeb a annoncé qu'il la transmettait à l'un de ses proches.
La vente de propriétés et de terres aux Juifs préoccupe particulièrement l'Autorité palestinienne, qui considère cela comme faisant partie du plan israélien visant à « judaïser » la vieille ville de Jérusalem, en particulier dans les zones proches de la mosquée Al-Aqsa sur le Mont du Temple et de la Cité de David.
À la suite de la vente de la maison de la famille Joudeh à des Juifs, l'Autorité palestinienne a lancé une vaste campagne sur les réseaux sociaux contre la vente de biens immobiliers à des acheteurs juifs.
Selon les informations du Centre d'information palestinien de Silwan, entre 2014 et octobre 2018, 44 maisons palestiniennes ont été vendues à des Juifs dans la vieille ville de Jérusalem et dans le village voisin de Silwan.
En 2015, deux maisons à Silwan ont été vendues à des Juifs, trois en 2016, une en 2017 et deux autres en 2018.
Dans une tentative de mettre un terme aux ventes, l'Autorité palestinienne a réussi à transformer la question de la vente de maisons aux Juifs d'une question politique en une affaire tribale et familiale.
Bilal Al-Natsheh, haut responsable du Fatah et chef du Conseil populaire de l'AP à Jérusalem, a déclaré que la vente de biens et de terres aux Juifs est « une grande trahison nationale » et qu'il est nécessaire de traiter d'un point de vue légal et national quiconque vend.
Il a appelé l'Autorité palestinienne à enquêter sur toutes les transactions impliquant la vente de maisons à des Juifs à Jérusalem et à poursuivre les vendeurs.
En raison de la pression de l'AP, plusieurs grands clans de Jérusalem-Est, dont al-Husseini, al-Dajani, Nashashibi, Abu Jabal, Abu Tsawi, al-Budeiri et plusieurs autres, ont tenu des réunions dans les quartiers de Ras al-Amud, Shuafat, Jabel Mukaber et Silwan pour discuter du phénomène de la vente de terres et de maisons aux Juifs.
Cheikh Abd el-Majid Ramadan, mukhtar de Beit Hanina al-Tahta, a appelé à des mesures contre les vendeurs et à des sanctions contre eux qui agiraient comme un moyen de dissuasion et leur serviraient de leçon.
Le 14 octobre 2018, des représentants de plusieurs familles de Jérusalem-Est se sont réunis à Shuafat pour élaborer une stratégie de lutte contre la vente de terres et de propriétés aux Juifs. Lors de cette réunion, il a été décidé de supprimer la protection des familles ou des clans contre toute vente de maisons à des Juifs et de les faire exécuter.
La famille Al-Rifai a averti que toute personne souhaitant vendre ou acheter un permis écrit pour l'une de ses maisons ou terres devait se présenter au conseil de famille et obtenir une autorisation écrite. À défaut, cette personne devra assumer ses responsabilités et en subir les conséquences.
Cheikh Yacoub Al-Rajbi, l'un des membres les plus anciens de la famille, a déclaré que la décision de la famille était motivée par la vente de terres à des Juifs par des collaborateurs. « C'est dangereux, et je tiens à préserver la réputation et le nom de ma famille », a-t-il expliqué.
La famille Al-Abdin de Jérusalem-Est a également publié son avis officiel, déclarant qu'elle souhaitait que les membres de la famille soient très prudents avant de vendre des biens ou des terres à qui que ce soit et qu'ils consultent leurs proches, sinon elle ne serait pas responsable des erreurs commises.
Dans cette annonce, la famille a averti que quiconque vendrait des maisons à des Juifs serait puni et que la famille retirerait sa protection.
Dans la ville d'A-Ram, au nord de Jérusalem, une grande réunion des membres du clan Al-Natsheh a eu lieu, au cours de laquelle les membres de la famille ont été mis en garde contre la vente de biens et de terres aux Juifs.
L'Autorité palestinienne subit une pression considérable en raison de ce phénomène, et il est fort douteux qu'elle puisse l'empêcher. Les sommes offertes pour ces logements par les organisations juives actives à Jérusalem-Est sont très élevées, créant une forte tentation financière.
La lutte pour Jérusalem-Est bat son plein. Des organisations juives achètent légalement des maisons palestiniennes, et l'Autorité palestinienne n'a aucun moyen légal de les en empêcher. Il est toujours possible de trouver un Palestinien en difficulté financière ayant besoin d'une importante somme d'argent.
C'est pourquoi l'Autorité palestinienne, par l'intermédiaire de ses services de renseignement, intimide et dissuade les habitants de Jérusalem-Est. De telles activités sont illégales et constituent une violation flagrante des accords d'Oslo. Face à ce phénomène, l'Autorité palestinienne tente désormais d'activer les forces tribales et sociales pour le limiter. Cependant, elle ne parviendra pas à l'enrayer complètement."
L'association israélienne Ateret Cohanim a pour vocation de « judaïser » la partie orientale de Jérusalem, et y achète des logements grâce à des sociétés écran. En 2004, Ateret Cohanim avait acquis "les droits à des baux emphytéotiques sur trois bâtiments de l’Eglise, dont l’hôtel Petra et l’Imperial Hotel dans le quartier chrétien de la Vieille Ville ainsi qu’un immeuble résidentiel situé dans le quartier musulman, tous occupés par des Arabes palestiniens. Cette vente avait provoqué la colère de Palestiniens et entraîné la destitution en 2005 du patriarche Irénéos Ier, prédécesseur de Théophile III. L’Eglise avait par la suite engagé des poursuites contre Ateret Cohanim, alléguant que ces acquisitions avaient été conclues illégalement et sans son autorisation."
En 2017, un tribunal israélien avait validé cette vente.
"Fin mars 2022, des Israéliens avaient pris la possession d’une partie de l’hôtel Petra, sans qu’un ordre d’éviction n’ait été émis et alors que l’affaire n’était pas encore tranchée, provoquant la colère de l’Eglise."
Le 9 juin 2022, la Cour suprême israélienne "a validé l’acquisition par Ateret Cohanim de biens fonciers de l’Eglise grecque-orthodoxe dans la Vieille Ville de Jérusalem, après environ deux décennies de bataille judiciaire. La plus haute instance juridique israélienne a rejeté l’appel de l’Eglise grecque-orthodoxe, qui avait soumis de nouveaux documents à la Cour afin de contester la vente de bâtiments à Ateret Cohanim. Pour le patriarcat, la décision de la cour est « injuste et ne repose sur aucune base légale ou logique, puisqu’une organisation radicale et ses partisans ont poursuivi des méthodes malhonnêtes et illégales pour acquérir des biens chrétiens dans l’un des endroits les plus importants pour la présence arabe musulmane et chrétienne à Jérusalem », a-t-il indiqué dans un communiqué".
"L’avocat du patriarcat grec-orthodoxe, Assaad Mazzawi, a estimé qu’il s’agissait d’un « jour très triste ». « Nous parlons d’un groupe d’extrémistes qui veulent prendre les propriétés des Eglises, qui veulent changer le caractère de la Vieille Ville, envahir les zones chrétiennes. Ils essaient d’utiliser leur pouvoir et leur influence sur les décideurs et l’Etat d’Israël et, malheureusement, ils y parviennent », a-t-il déclaré à l’AFP." "Dans un communiqué, l'archevêque grec-orthodoxe de Sébastia, dans le nord de la Cisjordanie occupée, Atallah Hana, a dénoncé une décision « illégale et illégitime ». « La saisie des propriétés historiques de la porte de Jaffa par les organisations de colons extrémistes est une nouvelle catastrophe qui s'ajoute aux catastrophes et aux revers subis par la présence chrétienne dans cette Ville sainte », a-t-il déclaré, appelant à mener des actions pacifiques pour faire annuler cette acquisition."
La "diplomatie russe a critiqué "la décision de la Cour suprême israélienne d’autoriser l’acquisition par une organisation ultra-nationaliste juive de biens fonciers de l’Eglise grecque-orthodoxe dans la Vieille Ville de Jérusalem, y voyant une menace pour la « présence chrétienne » sur place. « Une telle décision est préjudiciable à la paix interconfessionnelle et soulève des inquiétudes légitimes quant à la situation de la communauté chrétienne en Terre Sainte », a estimé dans un communiqué la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova."
La justice israélienne devait encore trancher sur un autre volet de cette bataille judiciaire, concernant le sort des résidents palestiniens qui ont le statut de « locataires protégés », d’après Assaad Mazzawi".

« East Side » selon Arte
Evgeny Ruman est né en 1979 à 
Minsk (Biélorussie), alors en Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS). En 1990, sa famille fait son aliyah. Durant ses études à l'université de Tel-Aviv, dont il est diplômé, Evgeny Ruman écrit des scénarios, réalise des courts métrages primés et participe à de nombreux festivals internationaux.

Il est le scénariste et  réalisateur de In Between the Lines. Il a monté Five Hours from Paris, distingué par le Prix du meilleur film au festival du film de Haïfa en 2009.

Son premier long métrage, Igor and the Cranes' Journey (2012) a été présenté en avant-première au Festival international du film de Toronto et a reçu des Prix aux festivals du film de Chicago, Haïfa et Minsk. Son deuxième long métrage, The Man in the Wall (2015), a été montré en avant-première mondiale au Festival international du film de Rotterdam. Son troisième long métrage, Ruby Strangelove Young Witch est distribué en 2015.

En 2013, Evgeny Ruman a reçu le Prix d'excellence du ministère israélien de la Culture et des Sports pour sa contribution au cinéma israélien.

En 2019, Evgeny Ruman a relaté la vie en Israël d'un couple d'acteurs russes âgés Raya et Victor Frenkel, experts en doublage ou postsynchronisation, leurs difficultés en Israël où ils ont fait leur aliyah après la disparition de l'Union soviétique en 1990. Si Raya parvient à trouver un travail comme interlocutrice de Russes seuls via un poste d'opératrice de téléphone rose où elle joue des rôles qu'elle invente. Pour Victor Frenkel, l'insertion dans le monde théâtral israélien s'avère plus délicate. Un film émouvant primé.

« Tirée d'un phénomène bien réel – le grignotage de Jérusalem-Est à majorité arabe par des promoteurs immobiliers israéliens –, cette série 
« East Side » d’Evgeny Ruman (2023) explore les particularités de l'une des villes les plus fracturées au monde. »

« C'est un monde fascinant, d'une très grande richesse ethnique, religieuse, culturelle, mais posé sur un baril de poudre politique", résume sa créatrice Yael Rubinstein-Nitsan ». 

« De fait, East Side donne à voir une incroyable imbrication d’intérêts divergents entre les protagonistes juifs, arabes, chrétiens orthodoxes, lesquels sont par ailleurs tous tiraillés entre des idéaux moraux, les obligations liées à leur communauté et leurs aspirations personnelles. »

« Un thriller qui mêle enjeux politiques et drames familiaux, servi par d'excellents comédiens – notamment Yehuda Levi (Mossad 101, Fire Dance) et Gefen Kaminer, elle-même autiste, dans le rôle de Maya –, et qui a remporté un large succès critique et public. »

Arte a diffusé les cinq premiers épisodes et diffusera les cinq derniers épisodes pendant chabbat. Pourquoi ?

1er épisode  (45 min)
« Depuis 1967, Jérusalem-Est appartient à l'État d'Israël. »
« Sa population est majoritairement composée de musulmans et d'Arabes chrétiens, mais des "organisations" tentent d'y acheter des biens immobiliers pour permettre à des juifs de s'y installer. »
« Ancien agent du Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien, Momi joue le rôle de médiateur entre de puissants promoteurs et les habitants arabes de l'est de la ville. »
« Naviguant avec aisance entre les communautés, faisant preuve d'autant de cynisme que de duplicité, il est prêt à tout pour s’enrichir et assurer un avenir à Maya, sa fille autiste… »

2e épisode  (47 min)
« Momi tente par tous les moyens de convaincre l’Église grecque orthodoxe de vendre l’hôtel Saint-Georges, situé aux portes de la vieille ville. »
« Il fait pression sur Theodorus, le patriarche fraîchement nommé, mais celui-ci ne semble pas vouloir céder… »
« Momi s’inquiète par ailleurs pour l’avenir de Maya : il l’incite à travailler dans un restaurant pour montrer à l’armée israélienne qu’elle est capable d’être autonome, ce qui augmenterait ses chances d’intégrer l’institution… »

3e épisode  (44 min)
« Maya est très affectée par l'arrêt de sa thérapie avec Esti, avec laquelle son père entretenait une liaison. »
« Déterminé à lui garantir un avenir, Momi tente de lui faire intégrer un programme pour autistes de l’armée israélienne, tout en continuant à négocier l’achat du Saint-Georges. »
« Il convainc son complice Ashraf de se faire passer pour le représentant d’un cheikh du Qatar intéressé par l’hôtel… »

4e épisode  (43 min)
« Alors qu'il est sur le point de céder l’hôtel Saint-Georges, le patriarche Theodorus apprend qu’il doit rentrer précipitamment en Grèce auprès de sa mère malade. »
« Momi est décidé à conclure la vente avec ou sans lui, avant que les responsables de l’organisation juive Ar-Aa ne changent d’avis. »
« Mais Ashraf, censé jouer l’homme de paille, se fait attendre lors du rendez-vous chez le notaire… »

5e épisode  (47 min)
« À Jérusalem-Est, un ex-agent des services secrets israéliens se met au service de groupes immobiliers qui veulent s'emparer de la partie arabe de la ville. Arrivé en Grèce, Theodorus se rend au chevet de sa mère, à qui il reste peu de temps à vivre. 
»
« Sur les lieux de son enfance, il est à nouveau confronté à une question douloureuse : qui est son père biologique ? Sa mère a toujours refusé de le lui révéler. Conscient que le temps est compté, Theodorus ne lui laisse aucun répit… »

6e épisode  (45 min)
« Profondément remué par son voyage en Grèce, Theodorus annonce qu’il revient sur sa décision de vendre l’hôtel Saint-Georges. »
« Inquiet pour sa réputation, Momi sollicite un ancien collègue des services secrets pour faire pression sur le patriarche. »
« Il doit aussi trouver un nouveau thérapeute pour Maya, trop instable pour espérer intégrer l’armée… »

7e épisode  (45 min) 
« Issam, un Arabe qui avait vendu sa maison à des Juifs par l'intermédiaire de Momi et qui vit depuis dans la clandestinité, décide de rejoindre sa famille. »
« Mais sa communauté le considère comme un traître… »
« Pour Momi, les choses se compliquent : la vente de l’hôtel Saint-Georges menace d’échouer pour de bon, l’organisation Ar-Aa ayant découvert que le prix de vente a été surévalué. »
« Maya, elle, n’a qu’une idée en tête : retrouver sa thérapeute Esti… »

8e épisode  (48 min) 
« La mère de Maya revient à Jérusalem après treize ans d’absence et souhaite revoir sa fille. Mais Momi craint que cela ne perturbe son examen d’entrée dans l’armée. »
« Alors que la vente de l’hôtel Saint-Georges semblait compromise, Meira, de l’organisation Ar-Aa, se montre à nouveau intéressée. »
« Mais à une condition : récupérer aussi la "maison sacrée" de Jérusalem-Est, dans laquelle vit Mahmoud, un ancien informateur de Momi… »

9e épisode (44 min) 
« Momi met tout en œuvre pour convaincre Mahmoud de vendre son appartement de la "maison sacrée" de Jérusalem-Est. »
« Alors que le père de ce dernier a un rendez-vous de contrôle à l'hôpital, une mauvaise surprise l'attend… »
« C’est le grand jour pour Maya : la jeune fille doit faire ses preuves en tant que serveuse afin d’intégrer le programme de l’armée. »
« Momi, qui avait prévu de se trouver dans la salle en renfort, voit son programme contrarié… »

Dernier épisode  (49 min) 
« Incapable de renoncer à la vente de l’hôtel Saint-Georges, Momi diffuse de fausses informations pour décrédibiliser Theodorus auprès de sa communauté. »
« Après trois jours passés dans le programme de l’armée israélienne destiné aux autistes, Maya passe le week-end avec son père.  Elle est bien décidée à profiter de son autonomie nouvelle pour imposer ses choix. »
« De son côté, Issam se retrouve au pied du mur… »


« East Side » d’Evgeny Ruman
Israël, Année, 2023
Scénario : Yael Rubinstein-Nitsan, Yossi Madmoni, Dikla Barkai
Production : Abot Hameiri
Producteur : Nikitas Rafail
Image : Tobias Hochstein
Montage : Nili Feller
Musique : Avi Belleli
Costumes : Inbal Shuki
Décors de film : Yoav Sinai
Avec Yehuda Levi (Momi), Geffen Kaminer (Maya), Jameel Khoury (Issam), Shaden Kanboura (Amal), Neta Riskin (Esti), Amir Khoury (Ashraf), Sara Vino Elad (Meira)
Sur Arte
1ère partie (45 min) : le vendredi 21 mars 2025 à 22 h 30
2e épisode  (47 min) : le vendredi 21 mars 2025 à 23 h 15
3e épisode  (44 min) : le samedi 22 mars 2025 à 00 h 00
4e épisode  (43 min) : le samedi 22 mars 2025 à 00 h 50
5e épisode  (47 min) : le samedi 22 mars 2025 à 01 h 35
6e épisode  (45 min) : le vendredi 28 mars 2025 à 22 h 30
7e épisode  (45 min) : le vendredi 28 mars 2025 à 23 h 15
8e épisode  (48 min) : le samedi 29 mars 2025 à 00 h 00
9e épisode  (44 min) : le samedi 29 mars 2025 à 00 h 50
10e épisode  (49 min) : le samedi 29 mars 2025 à 01 h 35
Sur arte.tv du 21/03/2025 au 18/06/2025


Les citations sur la série proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 27 mars 2025.