Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 9 mars 2026

Les élections municipales 2026

Les élections municipales se dérouleront les 15 et 22 mars 2026, soit à un an de l’élection présidentielle. Le scrutin de Paris, Lyon et Marseille a été aligné sur celui d'autres villes. Selon des sondages, nombre de villes moyennes ou grandes – Paris, Marseille, Nice - peuvent basculer dans un camp politique opposé. Hormis le parti présidentiel Renaissance qui a placé ses candidats dans des listes principalement des Républicains (LR) et dont le logo n'apparait pas dans des affiches, chaque parti, mal placé dans les sondages, stable ou dans une dynamique ascensionnelle, exhorte les électeurs à voter utile, pour lui, dès le premier tour. Menées par des candidats souvent trentenaires, deux listes de droite – Union des droites pour la République (UDR), allié du Rassemblement national (RN), et Reconquête ! – marquent un renouvellement de la vie politique française. Quant à La France Insoumise (LFI), elle table sur le « vote halal », et, malgré la directive du Parti socialiste (PS), a noué des alliances avec des candidats socialistes en vue du premier tour de scrutin. Cet article non exhaustif sera actualisé avec les résultats. Portrait de Rachida Dati, qui mène la liste LR à Paris, et interview de la tête de liste UDR dans le IXe arrondissement de Paris : Julia Jakubowicz. J'avais contacté des candidats Reconquête sans recevoir de réponse.

« Louise Weiss, une femme pour l’Europe » par Jacques Malaterre 
J'ai évoqué certaines de mes analyses lors de mon interview sur Radio J le 27 avril 2012
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama 
Les mutilations génitales féminines
« La femme, la république et le bon Dieu » d’Olivia Cattan et d’Isabelle Lévy

Documentaires sur l'avortement sur Arte 

A l’initiative du Président Emmanuel Macron, la loi du 11 août 2025 a réformé le mode d'élection des membres du conseil de Paris et des conseils municipaux de Lyon et de Marseille. Elle a modifié la loi dite « PLM » de 1982 « pour permettre dès mars 2026 l'élection des conseillers de Paris et des conseillers municipaux de Lyon et Marseille au suffrage universel direct. Elle prévoit que les représentants dans ces trois villes soient élus par leurs habitants par deux votes distincts. Elle établit donc un lien direct entre les électeurs et leur conseil municipal à Paris, Lyon et Marseille. Elle « instaure deux scrutins distincts et simultanés à Paris, Lyon et Marseille : l'un pour élire les conseillers d'arrondissement ou de secteur ; l'autre pour élire les conseillers municipaux. Ces scrutins se dérouleront au scrutin proportionnel de liste à deux tours. Le texte abaisse à 25% la prime majoritaire pour la liste arrivée en tête au premier ou au second tour (contre 50% dans les autres communes). A Lyon, les électeur éliront aussi les conseillers métropolitains. La métropole est une collectivité territoriale distincte de la commune de Lyon, avec ses propres compétences »

Cette modification du scrutin parait moins un cadeau à la démocratie qu'une tactique permettant l’alternance à Paris qui pourrait tomber dans l’escarcelle de la Macronie. Du 16 au 28 septembre 2026, Rachida Dati comparaîtra  au côté de Carlos Ghosn, ancien patron de Renault-Nissan, pour corruption et trafic d’influence devant le tribunal correctionnel de Paris. Si elle était déclarée coupable, elle serait passible au titre de peine complémentaire d’une inéligibilité de cinq ans. « L’enjeu crucial pour Rachida Dati serait le prononcé ou non de l’exécution provisoire. C’est-à-dire son application immédiate même en cas d’appel ». Une mesure infligée à Marine Le Pen, députée RN. « Généralement, les juges justifient l’exécution provisoire par la gravité des faits, le risque de récidive ou la nécessité d’effectivité d’une peine. Une inéligibilité avec exécution provisoire entraîne la déchéance immédiate des mandats locaux, catégorie dans laquelle rentrent des fonctions électorales parisiennes, mais non de mandats nationaux, qui peuvent eux être menés à leur terme. Si elle était élue maire de Paris, Rachida Dati perdrait immédiatement son mandat à l’Hôtel de ville » et à la mairie du VIIe arrondissement de Paris. Et, c’est le numéro 2 de sa liste, le député macroniste Sylvain Maillard (Ensemble pour la République), qui deviendrait Maire de la capitale. La possibilité pour le Chef de l’Etat de poursuivre sa révolution destructrice.

Le logo de LREM est quasiment invisible sur les affiches, tant est répulsif ce qui s’apparente au Président de la République Emmanuel Macron.

Traditionnellement, les sondeurs expliquent que les électeurs votent en fonction de leur maire, et non de son étiquette politique. Or, toutes les villes dirigées par l’alliance socialo-écolo-communiste sont caractérisées par la saleté, l’insécurité liée à l’immigration et au trafic de drogue, la paupérisation, l’absence de respect de la Nature, le saccage du patrimoine, le changement de la sociologie locale par le logement social et la gentrification et boboïsation, etc. 

Pour la droite (UDR, Reconquête, Debout la République), une victoire électorale permettrait de montrer à l'échelle d'une ville l'efficacité de son programme à un an de l’élection présidentielle 2027. Et, à terme, une modification du Sénat dont les membres sont élus notamment par des conseillers municipaux.

Sondage Elabe
Selon un sondage Elabe du 7 mars 2026, le socialiste Emmanuel Grégoire, "candidat de l'union de la gauche et des écologistes" est crédité de 32% des intentions de vote, devant Rachida Dati à 26,5%. L’ancien 1er adjoint à la mairie de Paris récupérerait 68% des voix d’Anne Hidalgo (PS) et 80% des voix de David Belliard (EELV) aux élections municipales 2020. Rachida Dati conserverait les deux tiers (63%) de ses électeurs de 2020, et capterait la moitié (48%) des électeurs d’Agnès Buzyn (LREM). Sophia Chikirou, Pierre-Yves Bournazel et Sarah Knafo obtiendraient respectivement 10,5%, 12% et 13,5%, et seraient en capacité de se maintenir au second tour. La candidate insoumise s’appuierait sur 75% des électeurs de Danielle Simmonet (LFI) en 2020 et capterait 11% des voix d’Anne Hidalgo. Le candidat Renaissance récupérerait seulement 42% des électeurs d’Agnès Buzyn (LREM) en 2020 (le complément voterait Rachida Dati). La candidate Reconquête capterait un quart (27%) des électeurs de Rachida Dati (LR) en 2020. Les autres candidats recueilleraient moins de 5% des intentions de vote :
- Thierry Mariani (RN) 3%
- Mahel Pierot-Guimbaud (extrême gauche) 1,5%
- Blandine Chauvel (Nouveau Parti anticapitaliste) 1%
- Marielle Saulnier (Lutte ouvrière) <1%".

"Au 2nd tour, le match entre Emmanuel Grégoire et Rachida Dati serait serré
Emmanuel Grégoire s’imposerait en cas de retrait de Sophia Chikirou et de maintien de Sarah Knafo
Rachida Dati s’imposerait en cas de maintien de Sophia Chikirou et de retrait de Sarah Knafo."
"En cas de retrait de Sophia Chikirou, ses électeurs se dirigeraient en grande majorité vers Emmanuel Grégoire (environ 80%) ; et 10% s’abstiendraient."
"En cas de retrait de Pierre-Yves Bournazel, un tiers de ses électeurs (35%) se dirigeraient vers Emmanuel Grégoire, près de la moitié (45%) se dirigeraient vers Rachida Dati et 20% s’abstiendraient."
"En cas de retrait de Sarah Knafo, ses électeurs se dirigeraient en grande majorité vers Rachida Dati (environ 80%) et 10% s’abstiendraient".

Quelles priorités d’action pour le futur maire de Paris ? Sécurité, propreté et logement
Au global, la sécurité est la priorité d’action pour 47% des Parisiens, devant la propreté et l’entretien de la ville (42%) et le logement (35%).
Les choix entre les différentes priorités d’action révèlent une forte polarisation politique :
Auprès des électeurs potentiels de Sophia Chikirou : logement (47%) et santé (45%)
Auprès des électeurs potentiels d’Emmanuel Grégoire : logement (50%) et adaptation climatique (39%)
Auprès des électeurs potentiels de Pierre-Yves Bournazel : sécurité (56%) et propreté (42%)
Auprès des électeurs potentiels de Rachida Dati : sécurité (60%) et propreté (55%)
Auprès des électeurs potentiels de Sarah Knafo : sécurité (72%) et propreté (66%)

L'insécurité est un des thèmes des programmes de candidats de droite. Or, malgré le lien établi entre délinquance et immigration - "surreprésentation des étrangers dans les actes de délinquance commis et dans le nombre de personnes écrouées -, cette dernière n'est pas abordée par les candidats.

Rachida Dati et Emmanuel Grégoire ont évité de participer à un débat télévisé avec les autres candidats parisiens. Le 4 mars 2026, le débat s'est transformé souvent en foire d'empoigne entre candidats dévidant des textes calibrés.

PS
Une des caractéristiques de la municipalité parisienne, composée d'élus socialistes et écologistes, est sa gestion opaque, ses gabegies – subventions à des myriades d’associations amies, à des projets en Afrique, etc. -, son personnel pléthorique, sa dette – emprunt direct, captation des futurs loyers des bailleurs sociaux, etc. -, sa politique de logement social, ses grands travaux inutiles – élargissements inutiles de trottoirs au détriment de la circulation des bus, mobilité par vélo ou trottinette favorisés sans contrôle (pas d’exigence d’un permis de conduire, etc.) -, l’absence de démocratie, la raréfaction des bus « pour réduire les nuisances des habitants », etc. 

Le vrai courage, la défense du patrimoine consisteraient à restaurer le patrimoine historique de Paris, à retrouver les perspectives, à rendre la ville aux automobilistes et aux piétons, à récupérer le mobilier urbain républicain – bancs, grilles métalliques entourant la base des arbres – jeté, à n’autoriser les vélos qu’aux titulaires d’un permis de conduire... Car cette majorité socialo-écolo-communiste n’a pas le talent, voire le génie des ingénieurs, urbanistes, jardiniers des Empires et de la Troisième République. Il faut voir le matin, la rue de Rivoli au niveau du Louvre : des embouteillages dans la seule file réservée aux automobilistes, et les deux tiers de la chaussée constituant les pistes cyclables parcourues par quelques cyclistes.

La Hongrie communiste avait imposé son urbanisme et son architecture uniformes, sans fioriture, sévère. La Hongrie post-communiste, notamment sous Orbán, détruit les immeubles de style « brutaliste » assimilé au communisme, et se lance à Budapest dans un programme de rénovation urbain renouant avec un style néo-classique.  

Les Républicains 
LR ont déçu leur électorat par leur absence d'élaboration de programme, leur alliance avec la Macronie. 

Des élus LR ont expliqué avoir choisi « une star » comme tête de liste. Mais les électeurs cherchent un candidat compétent. Un portrait de Rachida Dati, candidate LR et centre droit à Paris, figure en fin d'article. Elle a annoncé refusé toute alliance avec Reconquête ou le RN-UDR, donc est prête à faire perdre la droite pour ne pas s'aliéner "l'extrême-centre" macronien, qui s'accommoderait du maintien d'une majorité municipale de gauche à Paris.

Le deuxième candidat dans la liste parisienne LR est le député macroniste Sylvain Maillard. Le Jour du Kippour 2021, ce député parisien s'était rendu dans une synagogue de sa circonscription. Face à une assemblée composée de fidèles juifs à jeun, dont Eric Zemmour, alors candidat à l'élection présidentielle, il a tenu un discours politique : il avait les fidèles juifs français à "faire preuve de hauteur de vue et de sang-froid face à certaines propositions. Vous êtes le peuple élu, cela vous donne une responsabilité" tout en visant Eric Zemmour. Il a déclaré que des "prénoms" portés par des Français juifs "ne sont pas d'origine française" et que "Personne n'oubliera que vous êtes juif. Et vos idées causeront du tort aux juifs parce que c'est vous, un juif, qui les portez". Le 3 octobre 2021, j'avais interrogé le député Sylvain Maillard afin d'avoir confirmation ou infirmation de ces propos rapportés. Je n'avais reçu aucune réponse. 

Reconquête !
Elle est la révélation de la campagne électorale municipale à Paris. 

Tête de liste de Reconquête avec le slogan "Pour une ville heureuse", l'eurodéputée Sarah Knafo a ringardisé la classe politique par sa maîtrise des dossiers - son côté "Mademoiselle-je-sais-tout" irrite certains -, son choix du bon sens comme pierre angulaire de sa politique, le sérieux de son travail - mesures budgétisées quand d'autres proposent des listes de buts -, sa revendication du libéralisme économique alors que la doxa impose l'idéologie gauchiste. 

RN-UDR
Il a été difficile au RN de s'implanter dans des grandes villes et d'y avoir des édiles. 2026 pourrait marquer un tournant en lui permettant de conquérir des villes importantes. 

L'Union des droites pour la République (UDR) a été créé en août 2024 par le député Éric Ciotti (LR), à la suite de dissensions au sein des Républicains après les élections législatives de 2024. Eric Ciotti était partisan d'une alliance avec le RN. A l'Assemblée nationale, au sein de la commission d’enquête  parlementaire « sur la neutralité, le fonctionnement et le financement de l’audiovisuel public », le député Charles Alloncle (UDR) se distingue par son souci de l'intérêt général, sa connaissance fine du groupe audiovisuel public et ses questions pertinentes. Il contribue à familiariser les spectateurs avec son parti.

"Ces élections municipales pourraient marquer un tournant. Dans de nombreuses villes, les électeurs souhaitent une alternance et se montrent de plus en plus réceptifs à l’idée d’un rassemblement des droites. On l'a vu très récemment avec la législative partielle en Haute-Savoie et la victoire du candidat UDR-RN Antoine Valentin, loin devant le candidat LR-LREM, alors qu'il s'agissait pourtant d'un bastion de la droite traditionnelle. Plusieurs communes apparaissent aujourd’hui comme réellement compétitives pour nos listes là où cette union des droites est clairement assumée. Par exemple, on compte beaucoup sur la victoire d'Eric Ciotti à Nice ou d'Alexandre Dupalais à Lyon, qui mènent une magnifique campagne. Là où cette union fonctionne, elle peut créer une dynamique électorale réelle. L’enjeu n’est pas seulement de gagner quelques villes, mais de démontrer qu’une stratégie d’union peut permettre à la droite de redevenir une véritable force de gouvernement au niveau local", m'a confié Julia Jakubowicz, tête de liste dans le IXe arrondissement de Paris de l'UDR qui a choisi Thierry Mariani pour être son candidat à la Mairie de Paris.

La France Insoumise
A Lyon, le jeune Quentin Deranque, alors qu'il protégeait des membres du groupe féministe Némésis hostile à une conférence de l'eurodéputée Rima Hassan, a été battu à mort par la Jeune Garde, milice de LFI. L'enquête a mis à jour le rôle de nervis de la Jeune Garde, bien introduite auprès du Maire (Europe Écologie Les Verts, EÉLV),de la ville, Grégory Doucet.

LFI a été contrainte de minorer la présence de Rima Hassan dans sa campagne. Elle vise le "vote hallal", et son fondateur et leader auto-proclamé Jean-Luc Mélenchon insiste dans ses discours sur les noms patronymiques juifs à consonnance étrangères : "Epstein" ou "Epstine", "Glucksmann".

Lors d'un récent débat télévisé, sa tête de liste à Paris, Sophia Chikirou, qui comparaitra en mai 2026 pour escroquerie au détriment du site Le Media, a promis des subventions pour aider à l'adaptation des logements au "réchauffement climatique". Toujours généreuse avec l'argent des autres, l'extrême-gauche, comme la gauche.

RACHIDA DATI

Ministre de la Culture depuis 2024 sous la Présidence d'Emmanuel Macron, Maire du 7e arrondissement de Paris et Conseillère de Paris depuis 2008,  députée européenne (2009-2019), Garde des Sceaux, ministre de la Justice sous la Présidence de Nicolas Sarkozy (2007-2009), Rachida Dati est la candidate du parti Les Républicains (LR) - elle a payé sa cotisation juste avant l'élection du Président des LR - pour la Mairie de Paris lors des élections municipales en mars 2026. Magistrate par le concours extérieur - elle bénéficiait des lettres de recommandation de Simone Veil et d'Albin Chalandon, anciens ministres -, elle ne représente pas le mérite républicain, mais le réseautage et l'arrivisme. 

De ses divers mandats, on peine à dresser un bilan positif : ministre de la Justice, elle n'a pas lutté contre le "gouvernement des juges". Alors qu'elle mène campagne à Paris, le Louvre subit des atteintes à son patrimoine historique et à sa sécurité. Et, obéissant "au fait du Prince" Emmanuel Macron, elle a autorisé, malgré les avis opposés d'experts alertant sur son extrême fragilité, l'exportation de la tapisserie de Bayeux vers le Royaume-Uni dans le cadre d'une exposition au Royaume-Uni. Punaises de lit à la Cinémathèque française qui a du fermer pour traiter ses salles envahies par ces insectes nuisibles, absence de réforme de l'ARCOM, autorité de régulation de l'audiovisuel, cambriolage spectaculaire, inondations ayant endommagés des centaines d'ouvrages et grève au Louvre, inaction face à un cinéma français subventionné mais généralement boudé par le public hexagonal, persistance de l'inculture artistique chez les jeunes générations, appel urgent aux dons privés - faute de subventions publiques - émis par le château de Chambord pour financer des travaux de sécurité de son aile François 1er qui "menace de s'effondrer, fragilisée par des intempéries et une construction originelle fragile"... Le bilan de la ministre de la Culture s'avère léger.

L’aile François Ier du château de Chambord menace de s’effondrer, . Face à l’urgence, un appel aux dons a été lancé afin de financer des travaux de sécurité

Dans toute démocratie, après le cambriolage de neuf bijoux et joyaux de la Couronne de France au musée du Louvre (19 octobre 2025), la directrice du musée et la ministre de la Culture auraient démissionné. Le Président de la République Emmanuel Macron n'a accepté la démission de Laurence des Cars que pour lui confier le 24 février 2026 « une mission dans le cadre de la présidence française du G7 sur la coopération entre les grands musées des pays concernés ». Quant à Rachida Dati, elle a démissionné le 25 février 2026 de sa fonction ministérielle pour se consacrer à la campagne électorale municipale. 

En septembre 2008, reprenant l'expression de Nicolas Sarkozy, elle a déclaré lors d'un voyage en Israël et dans les territoires disputés : « On ne discute pas avec le terrorisme, on le combat... Les Palestiniens doivent renoncer à la violence... [Israël doit] traiter le peuple palestinien avec justice ». Elle est favorable à la création d'un "Etat palestinien". A Herzliya (Israël) le 21 septembre 2008, elle a évoqué les "jeunes palestiniens [rencontrés à Ramallah]... Ils m'ont parlé de leur souffrance et d'un sentiment d'injustice. Ils m'ont aussi parlé de la colère d'un peuple qui se sent prisonnier derrière des murs et des postes de contrôle. Je leur ai répondu qu'ils ne doivent pas renoncer à la vie mais à la violence. La France aime et respecte Israël. J'aime et je respecte Israël. J'aime les israéliens. Quand on parle entre amis, je crois que l'on peut se dire ouvertement certaines choses. Israël est une grande démocratie qui connaît le poids des souffrances et des injustices. Le peuple israélien doit pouvoir vivre dans la paix et dans des frontières sûres et reconnues. Cela ne sera possible que lorsque le peuple palestinien aura le sentiment d'être respecté et traité avec justice. C'est l'injustice qui attise la violence. C'est le sentiment d'humiliation qui pousse les peuples à se réfugier dans le fanatisme et l'extrémisme. Il n'y aura pas de paix au Proche-Orient sans égalité des peuples. C'est un principe que nous voulons défendre". 

Le 17 juin 2025, sur Europe 1, "i
nterrogée sur les divergences entre Paris et Tel-Aviv — notamment après les déclarations du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou n’excluant pas l’élimination du guide suprême iranien —, la ministre Rachida Dati a mis en garde contre les effets destructeurs des changements de régime imposés de l’extérieur. "Que nous a laissé la guerre en Irak ? Daesh. Que nous a laissé l’intervention en Syrie ?... La situation est trop grave pour laisser place à l’instrumentalisation."
Ce sont les liens entre Rachida Dati, et le Qatar, adepte du "soft power", soutien du mouvement terroristes islamiste Hamas, et de l’Azerbaïdjan (« diplomatie du caviar"), ainsi que son "cabinet d'avocate d'affaires" ou de lobbyiste selon certains journalistes qui s'avèrent problématiques. 

Quel choix pour les électeurs parisiens entre la poursuite d’une municipalité gauchiste et celle de Rachida Dati qui ne rompra pas avec ce qui ravit les bobos : rues piétonnes, circulation anarchique des vélos, etc., favorisera le logement social, vendra vraisemblablement le Parc des Princes au Qatar ? Entre la peste et le choléra ?

Après Londres (Sadiq Khan, travailliste élu en 2016) et New York (Zohran Mamdani, démocrate élu en 2025) - deux édiles musulmans anti-israéliens -, Paris aura-t-elle une  bientôt une maire musulmane française LR dont les positions envers Israël semblent mitigées ou... datées ? 

Rachida Dati vs Patrick Cohen
Rachida Dati, "maire du 7e arrondissement est en effet connue pour sa grande proximité avec l’Etat autoritaire et antidémocratique azerbaïdjanais. Elle a été membre du Conseil d’administration de l’Association des amis de l’Azerbaïdjan (AAA), considéré comme le « principal instrument » de la diplomatie du caviar en France. Or cette pétrodictature, qui foule au pied les droits de son peuple et fait peser un risque permanent pour la paix dans le Caucase - en menaçant notamment l’Arménie-, représente aussi un danger pour l’intégrité morale des instances européennes en butte à ses tentatives de corruption. Faut-il rappeler que Madame Dati, qui affirme son soutien à Bakou, s’était opposée en 2017, à une enquête du Parlement européen sur « les tentatives de l'Azerbaïdjan (…) d'influencer les décideurs européens par des moyens illégaux » ?", ont écrit Mourad Papazian , Ara Toranian et Patrick Karam dans Marianne (4 mars 2020).

Et Mourad Papazian, Ara Toranian et Patrick Karam, "attachés à la question arménienne, à celle des Chrétiens d’Orient, à la défense des droits de l’Homme et à l’image de Paris", d'ajouter : "L’engagement de Rachida Dati envers le régime Aliev s’était spectaculairement manifesté lors du dîner fastueux (350 invités) qu’elle avait organisé dans les jardins du Musée Rodin le 15 septembre 2011, en l’honneur de la Première Dame d’Azerbaïdjan, Mme Merhiban Aliyeva, épouse du despote et élevée il y a deux ans au rang de « vice-présidente »... Estimant que «l’Azerbaïdjan est un exemple pour l’ensemble du monde musulman », et ce en dépit de ses turpitudes avérées elle lui a rendu un hommage appuyé en installant un « village de l’Azerbaïdjan » le 19 septembre 2016 sur le Champ-de-Mars, au cœur de son fief du très chic 7e arrondissement de Paris où a d’ailleurs élu domicile le «Centre culturel de l’ambassade d’Azerbaïdjan »... Mme Dati n’a jamais assisté à aucune de ces cérémonies [commémorations du génocide arménien] et qu’elle est l’une des rares personnalités politiques de ce niveau à ne s’être jamais prononcée sur le sujet... Madame Dati s’étant refusée à répondre publiquement à nos diverses sollicitations privées pour obtenir des clarifications et des engagements écrits sur les points évoqués dans cette tribune, ce que nous regrettons, nous nous sommes donc résolus à l’interpeller par voie de presse."

En novembre 2024, le parquet national financier a  requis un procès pour corruption à l'encontre de Rachida Dati, actuelle ministre de la Culture dans le gouvernement de François Bayrou, dans l’affaire Carlos Ghosn ; elle était mise en examen depuis 2021. 

Le 9 avril 2024, selon Libération"Montres, bracelets, colliers, bagues… La maire du VIIe arrondissement de Paris n’a pas déclaré une série d’objets de luxe à la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique. Déjà mise en examen pour «corruption» dans l’affaire Carlos Ghosn, elle risque désormais de faire face au soupçon de « déclaration de patrimoine mensongère ».

Le 5 juin 2025,  le numéro de l'émission « Complément d’enquête » diffusée sur France 2 en partenariat avec Le Nouvel Obs, était consacré à Rachida Dati, ministre de la Culture,. Elle a allégué que Rachida Dati aurait perçu, en 2010 et 2011, 299 000 euros de GDF Suez, par l'intermédiaire d’un cabinet d’avocats d’affaires. « Je m’en fous, c’est prescrit », aurait réagi en privé la ministre, selon les informations du Canard enchaîné, ajoutant : « J’aurai le scalp d’Ernotte avant de partir du ministère de la culture. » Interrogé, le cabinet de Rachida Dati réfute « avoir exercé une quelconque pression à l’égard de France Télévisions. » Delphine Ernotte est la PDG de France Télévisions. Rachida Dati ambitionne d'être la candidate à Paris de la droite et de la Macronie aux élections municipales en 2026.

De plus, la ministre de la Culture promeut une réforme de l'audiovisuel public : un projet de création de holding réunissant des médias de cet audiovisuel - Radio France, France Télévisions et l’INA - que certains partis, dont Reconquête !, proposent de privatiser en raison de son absence de neutralité, de son idéologisation gauchiste, de la faible audience par exemple de France Info, de la gabegie. La holding publique serait dénommée France Médias et aurait un seul PDG, "chargé de la stratégie globale et de la répartition des budgets entre les filiales", et nommé par l’Arcom. Ce projet, qui prévoit un seul directeur de l'information, prétend récupérer un public jeune et populaire, ainsi que lutter contre la désinformation de réseaux sociaux, a suscité l'opposition de la Présidente de Radio France, Sibyle Veil. "Du côté du syndicat national des journalistes de Radio France, on dénonce d'ailleurs ce risque de « perte d’indépendance » mais aussi la « mainmise du pouvoir sur nos entreprises, via une centralisation des décisions ». 
 
Le 18 juin 2025, lors de l'émission  C à vous sur France 5, le journaliste Patrick Cohen a interrogé Rachida Dati. Gênée par des questions du journaliste sur ses liens avec GDF Suez, la ministre de la Culture a interrogé Patrick Cohen : « Je ne détourne pas la question, je vous la renvoie. Il y a une enquête vous concernant, est-ce que c’est vrai ?», a-t-elle martelé. Le chroniqueur et éditorialiste, clairement désabusé, a tenu à rappeler le contexte : « Moi je n’ai pas d’enquête de justice». « Le harcèlement est un délit, Monsieur Cohen. Il y a eu une enquête Mediapart, c’est un délit, Monsieur Cohen », n’a pas lâché Rachida Dati.  Devant la férocité de l’invitée, Anne-Elisabeth Lemoine est venue au secours de son chroniqueur en rappelant à l’ordre la ministre. « Il n’y a pas d’enquête qui a été ouverte. C’est un article », a tenté de glisser la présentatrice. Il n’en a pas fallu plus à Rachida Dati pour pointer du doigt les rumeurs englobant les conditions de travail à « C à vous ». « De la même manière, on a dit à “C à vous” que l’ambiance est épouvantable, que vous pleurez toute la journée», a-t-elle adressé à Babeth Lemoine et de poursuivre : «Et que tout le monde est mis en cause. Est-ce que c’est vrai ? Ça m’intéresse moi !» Des charges qui ont visiblement gêné et agacé les intéressés, tentant de camoufler cette exaspération derrière de légers ricanements. « Si vous nous posez la question, vous allez vous contenter de mon “non”. Non, c’est faux », a rétorqué Babeth Lemoine, cette fois ouvertement irritée."

« Moi j’ai été entendue, scannée, vérifiée, contrôlée et pas qu’une fois. Donc moi, contrairement à vous, j’ai donné des réponses. Mais moi, Monsieur Cohen, sur le harcèlement, je n’ai pas de réponse. [...] J’aurai beaucoup de peine pour vos collaborateurs qui ont été harcelés. J’en ai fait une politique pénale la lutte contre le harcèlement. Vous pourriez aussi tomber sous le coup de ce délit. Il suffirait que je fasse un article 40 pour dénoncer suite à cet article de Mediapart, je peux saisir le tribunal » a finalement menacé Rachida Dati face à Patrick Cohen l’y invitant, un sourire pincé aux lèvres. « Ce n’est pas très reluisant ce que vous faites, Madame Dati. C’est déshonorant », a déploré le chroniqueur avant que Babeth Lemoine ne close définitivement l’échange en lançant le sujet suivant".

La séquence a fait le buzz sur les réseaux sociaux. Sur CNews, le journaliste Pascal Praud, souvent critiqué par ses confrères du service public audiovisuel, s'est réjoui du comportement de Rachida Dati, qualifiée de "La Queen" (la reine). Destination Ciné a évoqué sur X, ex-Twitter un "moment TV déjà culte. Rachida Dati pulvérise et humilie Patrick Cohen".

Le groupe audiovisuel a publié sur X un communiqué. « France Télévisions apporte tout son soutien aux équipes de “C à vous” ainsi qu’à l’ensemble des journalistes qui continueront à exercer sereinement leur métier en toute liberté. Les mises en cause personnelles à l’encontre des journalistes ne sont pas acceptables», est-il écrit. Un message auquel a réagi Radio France. «Mener des interviews contradictoires fait pleinement partie du métier de journaliste en démocratie et ne saurait justifier en aucun cas des attaques personnelles», peut-on lire sur X." 

Le 19 juin 2025, la CGT France TV a publié sur X un communiqué fustigeant un "braquage en direct" et un "grand moment de violence politique" au cours duquel Rachida Dati, ministre de la Culture et accessoirement ministre de tutelle de l'audiovisuel public, a offert un numéro d'intimidation sidérant à l'encontre de Patrick Cohen".

Le 26 juin 2025, interviewée par Jean-Jacques Bourdin dans “L’invité politique” sur Sud Radio, Rachida Dati a déclaré : "Je n’ai jamais perçu d’argent de GDF Suez... Je n’ai jamais dit ‘il suffirait que je fasse’". Elle a nié avoir "brandi cette menace". 

"Ce qui commence à m’agacer, je m’exprime jamais là-dessus, ce qui est regrettable, c’est que quoi que je fasse, quoi que je dise, quoi que je sois, ça ne va jamais", se plaint la ministre de la Culture. "Peut-être qu’un jour il faudra qu’on me dise dans quelle case je dois me mettre pour éviter ces attaques ou ces caricatures." Regrette-t-elle cette séquence et ses propos ? À cette question, elle explique qu’elle mettait tout simplement deux enquêtes, celle de Complément d’enquête et celle de Mediapart, sur le même plan. Et alors que Patrick Cohen rejetait en bloc les accusations de Mediapart, il ne semblait pas accepter que Mme Dati fasse de même avec l’enquête la concernant. "Je voulais faire ce parallèle." Des regrets ? "Non". "Je ne suis pas une serpillière. Je veux qu’on me respecte", explique la ministre de la Culture. "Et parfois, certains journalistes ne me respectent pas."
 
Rachida Dati a sciemment présenté une enquête journalistique de Mediapart, sur le harcèlement qu’il aurait fait subir à ses collaborateurs de France Inter entre 2010 et 2017", comme une enquête menée dans le cadre d'une plainte pénale. Elle a dénié au journaliste la présomption d'innocence dont lui comme elle bénéficient.

La ministre de la Culture a intimidé, menacé un journaliste dans l'exercice de ses fonctions. Au titre de l'article 40 du Code de procédure pénale (CPP), elle n'a pas la faculté, mais le devoir de dénoncer un délit :
"Le procureur de la République reçoit les plaintes et les dénonciations et apprécie la suite à leur donner. Il avise le plaignant du classement de l'affaire ainsi que la victime lorsque celle-ci est identifiée.
Toute autorité constituée, tout officier public ou fonctionnaire qui, dans l'exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d'un crime ou d'un délit est tenu d'en donner avis sans délai au procureur de la République et de transmettre à ce magistrat tous les renseignements, procès-verbaux et actes qui y sont relatifs."
Le procureur de la République est juge de l'opportunité des poursuites pénales. Ancienne magistrate admise sur dossier comprenant des lettres de recommandation de Simone Veil et d'Albin Chalandon, Rachida Dati ne peut pas ignorer la teneur de cet article qu'elle cite.

Garde des Sceaux, ministre de la Justice (2007-2009) sous les gouvernements Fillon I et II, durant la Présidence de Nicolas Sarkozy, Rachida Dati n'avait pas mis un terme au "gouvernement des juges".

Ministre de la Culture depuis le 11 janvier 2024, elle n'a pas répondu à la lettre recommandée en date du 8 octobre 2024 et émanant de plusieurs associations de protection du patrimoine - Sites & Monuments, Patrimoine & Environnement, France-Nature-Environnement, SOS-Paris, Observatoire du Patrimoine Religieux,  Association pour la Protection du Patrimoine de Copernic  (APPC) - sollicitant le classement au titre de monument historique de la synagogue rue Copernic.

La ministre de la Culture, qui insiste sur sa sensibilité concernant le harcèlement et se vante d'avoir été quand elle avait été ministre de la Justice, à l'origine d'une loi le condamnant, n'a donc pas agi pour dénoncer un éventuel harcèlement au Procureur de la République, mais a rendu publique cette allégation contre un journaliste. Idem pour l'ambiance dans cette émission qui mettrait en larmes la présentatrice.

Enfin, Rachida Dati s'est victimisée. L'eurodéputée Sarah Knafo (Reconquête !), qui ne bénéficie pas des années d'expérience médiatiques de la ministre, répond avec calme, courtoisie, sur le fond, lors d'interviews agressives sur BFM, sur LCI, etc. Et sans se plaindre.

Le comportement lamentable de Rachida Dati s'avère indigne d'une ministre, et d'une Maire de Paris.

Julia Jakubowicz

Julia Jakubowicz est tête de liste dans le IXe arrondissement de Paris.

« Quelle est la spécificité de la liste UDR-RN ?
La spécificité de la liste UDR-RN tient d’abord à une idée simple : l’union des droites. Pendant des années, la droite française a préféré perdre « proprement » plutôt que gagner en s’alliant. Nous avons fait le choix inverse.
Pour moi, le cordon sanitaire qui empêche les forces de droite de travailler ensemble est un interdit politique artificiel qui a surtout eu pour conséquence de condamner la droite à l’impuissance. L’UDR a assumé de briser cet interdit en construisant une alliance avec le Rassemblement national.
Je préfère une droite qui s’additionne et qui l’assume plutôt qu’une droite qui se divise et disparaît. Notre démarche est pragmatique : unir des électeurs qui partagent beaucoup de convictions communes pour pouvoir enfin proposer une alternative crédible.
Quant à Reconquête, certes le discours porte aussi sur l’union des droites, mais dans les faits cette union ne s’est pas faite avec eux. Aujourd’hui, la seule formation qui l’a réellement mise en œuvre, notamment à l’Assemblée nationale, c’est l’UDR avec le RN. C'est juste factuel. Mais j'ai bon espoir que l'union se fasse réellement un jour avec toutes les formations politiques qui se réclament de la droite nationale.

Quel est votre parcours professionnel et politique ?
J’ai 32 ans et je travaille aujourd’hui comme collaboratrice parlementaire au Sénat, après avoir travaillé à l’Assemblée nationale.
Pendant plusieurs années, j’ai accompagné des députés et des sénateurs dans leurs campagnes et dans leur action publique. À force de porter les combats des autres, j’ai eu envie de m’engager en mon nom propre pour défendre mes convictions.
Et puis, comme beaucoup de Parisiens, je dis souvent que j'ai été « kidnappée par le réel ». Je vis le quotidien d’une jeune femme trentenaire à Paris, confrontée à l’insalubrité, à l’insécurité, au prix complètement fou du logement. Il ne m’était plus possible de constater ces problèmes sans m’engager publiquement pour essayer de les contrer. J'ai eu la chance de ne pas grandir dans ce Paris là et de voir que l'on a saboté tout ce qui fonctionné, sur l'autel de l'idéologie.

Quelles villes sont susceptibles d'être gagnée par l'UDR-RN ?
Ces élections municipales pourraient marquer un tournant. Dans de nombreuses villes, les électeurs souhaitent une alternance et se montrent de plus en plus réceptifs à l’idée d’un rassemblement des droites. On l'a vu très récemment avec la législative partielle en Haute-Savoie et la victoire du candidat UDR-RN Antoine Valentin, loin devant le candidat LR-LREM, alors qu'il s'agissait pourtant d'un bastion de la droite traditionnelle.
Plusieurs communes apparaissent aujourd’hui comme réellement compétitives pour nos listes là où cette union des droites est clairement assumée. Par exemple, on compte beaucoup sur la victoire d'Eric Ciotti à Nice ou d'Alexandre Dupalais à Lyon, qui mènent une magnifique campagne.
Là où cette union fonctionne, elle peut créer une dynamique électorale réelle. L’enjeu n’est pas seulement de gagner quelques villes, mais de démontrer qu’une stratégie d’union peut permettre à la droite de redevenir une véritable force de gouvernement au niveau local.

Quels sont les principaux points de votre programme ?
- La propreté : le 9ᵉ est aujourd’hui l’un des arrondissements les plus sales de Paris, en grande partie à cause d’une gestion centralisée. Je souhaite que la propreté soit pilotée au plus près du terrain, avec une délégation plus importante à la mairie d’arrondissement et une gestion confiée à des opérateurs privés soumis à une obligation de résultats.
- La sécurité : je propose de doubler les effectifs de la police municipale, de les armer comme c’est déjà le cas dans la plupart des grandes villes et de déployer des patrouilles 24h/24 dans les secteurs les plus sensibles, tout en développant la vidéoprotection.
- Le soutien aux commerçants : les commerçants sont acculés par les hausses de loyers abusives et la concurrence déloyale. Il faut lutter contre la désertification commerciale, soutenir les artisans et valoriser le commerce de proximité qui fait l’identité du quartier.
- La circulation : elle est aujourd’hui devenue illisible et source de conflits permanents entre piétons, cyclistes, bus et automobilistes. L’objectif est de revoir le plan de circulation pour sécuriser les zones accidentogènes et rétablir une cohabitation apaisée dans l’espace public.
- Le bien-être animal : Paris compte beaucoup de chiens mais le 9ᵉ est le seul arrondissement de Paris qui ne dispose d’aucun parc dédié. Je souhaite créer le premier parc à chiens de l’arrondissement, conçu comme un véritable espace de sociabilité pour tous les habitants, bien au-delà des seuls propriétaires d'animaux. »

Les immigrés et le mode de scrutin

Dans son article "Carte électorale : les biais politiques d’un critère démographique à bout de souffle" (Le Figaro,  9 janvier 2024), Emmanuel Galiero écrivait : "Sous l’effet de la pression migratoire et démographique, le critère de la population totale fixant le nombre de députés n’est plus une garantie démocratique". Il analysait l'étude d'Alain Marleix, ex-secrétaire d’État à l’Intérieur et aux Collectivités territoriales sous Nicolas Sarkozy (2008-2010), instigateur du dernier redécoupage des circonscriptions en 2009-2010 et également très impliqué dans celui de 1988, et de Thomas Ehrhard, maître de conférences en science politique à l’université Panthéon-Assas, chargé de cours à l’École polytechnique, récompensé pour sa thèse sur le découpage électoral sous la Ve République.

Dans un article pour BD Voltaire, Frédéric Sirgant présente ainsi cette étude :
"La carte des circonscriptions doit être régulièrement révisée en fonction des évolutions démographiques : certaines perdent des habitants, d'autres en gagnent. L'égalité des citoyens devant le suffrage exige donc que chaque circonscription rassemble un même nombre d'habitants. Environ 120.000, selon les calculs actuels, avec une marge de plus ou moins 20 %, pour tenir compte des autres critères (géographiques, un député minimum par département, etc.).
Mais voilà : le critère principal retenu, en France, pour ces redécoupages périodiques « n’est pas basé sur la nationalité ou sur l’inscription sur les listes électorales, mais sur le nombre total d’habitants, dont une partie n’a pas le droit de vote ». 
Les auteurs de l'étude soulignent "le poids de l'immigration dans certains départements, qui leur confère de facto des sièges en plus. Sont donc avantagés les départements des grandes métropoles à forts flux migratoires, comme la Gironde, la Haute-Garonne, la Seine-et-Marne et le Val-d'Oise, par exemple. Or, pour Marleix et Ehrard, dans ces départements, cette immigration croissante entraîne « des inégalités de représentation entre circonscriptions ». Leurs calculs fournissent des exemples parlants : « La voix d’un électeur de la 6e circonscription de Seine-Saint-Denis vaut deux fois plus (1 voix pour 57.421 inscrits, ratio de 38,6 %) que celle d’un électeur de la 3e circonscription de Vendée (1 voix pour 134.805 inscrits, ratio de 92,2 %), alors que les deux circonscriptions, qui élisent 1 député chacune, comptent sensiblement le même nombre d’habitants, soit 148.794 pour la première, contre 146.273 pour la seconde. » Vous pourrez aller consulter les autres exemples et constater que la gauche est la grande gagnante de l'affaire : sur les 20 circonscriptions dont le nombre d'inscrits sur les listes est faible par rapport à la population, 18 avaient, en 2022, un député de gauche !"
"Alain Marleix, ex-député UMP du Cantal et père d'Olivier Marleix, réélu en juin dernier en Eure-et-Loir, tenait en janvier un discours radical : « La conséquence politique de cette situation est une grande distorsion dans la représentation au Parlement. On ne peut pas continuer comme cela, car la ruralité, déjà mal en point, risque de l’être encore plus. Plus les étrangers sont nombreux en France, plus notre système électoral est faussé. Cela pose un problème démocratique. » Il ne croyait pas si bien dire et les résultats du 7 juillet dernier ont encore confirmé ce rapt antidémocratique de la gauche".
"Surtout, les deux auteurs nous mettent en garde sur l'amplification de cette distorsion démocratique pour le prochain redécoupage. En s'appuyant sur la comparaison entre la Haute-Garonne (10 sièges pour 937.729 inscrits) et la Seine-Saint-Denis (12 sièges pour 800.507 inscrits), ils affirment que « la présence d’étrangers favorise le nombre de sièges accordés aux départements qui en comptent le plus ». Le nombre total de députés étant plafonné, le même problème se posera par exemple à Mayotte, soumise à une immigration incontrôlable."
"La solution est connue : comme dans de nombreux pays du monde, il faudrait « retenir le nombre de citoyens ou d’inscrits sur les listes électorales plutôt que celui des habitants ». Une solution ayant inspiré une proposition d'Alain Marleix et du gouvernement Fillon en 2009, mais censurée par le Conseil constitutionnel.


samedi 7 mars 2026

La mort de Jérémie Cohen

Jérémie Cohen était un Français juif âgé de 31 ans qui souffrait d'un léger handicap mental et portait souvent sa kippa blanche.
Le 16 février 2022, vers 20 h, à Bobigny (Seine-Saint-Denis), il est sauvagement agressé physiquement par une quinzaine d'individus. Il parvient à fuir, mais en traversant les voies du tramway, il est percuté par une rame, et décède à l'hôpital. L'enquête piétine, malgré celle menée par la famille de la victime. Le 4 avril 2022, Eric Zemmour révèle cette tragédie. Département francilien dangereux notamment pour les Juifs, famille endeuillée et isolée contrainte d'enquêter face aux dysfonctionnements politico-judiciaires, omerta médiatico-politique et de dirigeants communautaires, soutien du candidat de Reconquête, réticences judiciaires à admettre les circonstances aggravantes liées au handicap et à la judéité de la victime... Cette affaire scandaleuse souligne l'effondrement de la condition juive française. Le 20 février 2026, la Cour criminelle de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a condamné Miguel D., âgé  de 31 ans, à dix ans de réclusion criminelle pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises en réunion, le soir du 16 février 2022 à Bobigny, et Kenny A., poseur de voies ferrées de 27 ans, pour le délit de violences en réunion à trente mois d’emprisonnement dont quinze mois avec sursis. Ayant passé quatre mois en détention provisoire, Kenny A. est reparti libre, sa peine de onze mois de prison ferme étant aménageable. Le caractère antisémite ayant été écarté, la motivation des deux agresseurs demeure inconnue. Une affaire révélant des échecs policier, judiciaire et communautaire.

Le MRAP débouté de sa plainte contre Laurent Dominati
« La condition juive en France. La tentation de l’entre soi » par Dominique Schnapper, Chantal Bordes-Benayoun et Freddy Raphaël
Un sondage français biaisé sur l’évolution de la relation à l’autre 
La Présidence Hollande, les gouvernements Ayrault, Valls et Cazeneuve, c'était bien pour les Français Juifs ? 
« Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe » par Joachim Schroeder et Sophie Hafner
Soirée spéciale de France 2 sur l’antisémitisme 
L’antisionisme : une forme d’antisémitisme ?
Des « Blacks, Blancs, Beurs » antisémites ont attaqué des Juifs lors de l'opération défensive « Protective Edge » (2/2) 
Interview de Maitre Axel Metzker, avocat de la famille Selam
Le procès du gang des Barbares devant la Cour d'assises des mineurs de Paris (1/5) 

Chronologie
Le 16 février 2022, vers 20 h, Jérémie Cohen, Français juif âgé de 31 ans et atteint d’un handicap mental léger, marche à Bobigny (Seine-Saint-Denis). 

Il est très violemment battu par une quinzaine d’individus. Il parvient à leur échapper, et dans sa fuite, traverse les rails du tramway quand il est percuté par le tramway. Il est amené à l’hôpital en état d'urgence absolue et décède de ses blessures.

Le 17 février 2022, l'hôpital de Bobigny remet aux parents de Jérémie Cohen des objets ayant appartenu à leur fils, souvent ensanglantés, dont sa kippa blanche.
L'enquête est ouverte pour « homicide involontaire par conducteur ». « Selon Le Figaro (citant un mois et demi plus tard une source proche du dossier), « les enquêteurs sont partis sur un banal accident voyageur car les caméras sur la voie publique ne fonctionnaient pas ce jour-là ».
Le Parisien présente la mort du jeune homme comme un accident. 

Le 22 février 2022, l’enquête est classée sans suite. 
La famille de Jérémie Cohen décide d’enquêter sur les circonstances du décès, et lance un appel à témoins en déposant des flyers dans les boîtes aux lettres du quartier. Elle obtient des témoignages et une vidéo des faits.

Le 10 mars 2022, selon le parquet « une vidéo, montrant une agression, est transmise aux enquêteurs, et une seconde enquête est ouverte (le lendemain), pour violences volontaires en réunion. Le procureur expliquera : « Rapidement, les éléments recueillis permettaient de comprendre que, quelques instants avant l’accident, la victime avait subi des violences. Les deux enquêtes étaient menées parallèlement. L’hypothèse que la victime ait traversé les voies du tramway pour échapper à ses agresseurs était naturellement prise en compte. »
Les jours suivants, la famille transmet à la police une vidéo de l’agression physique et de l’accident mortel.

Le 29 mars 2022, une information judiciaire est ouverte pour violences volontaires en réunion ayant entraîné la mort sans intention de la donner. L’enquête est menée sous l’autorité d’un juge d’instruction, et sans publicité.

Le 31 mars 2022, sur Radio Shalom, Gérald et Raphaël Cohen, respectivement père et frère de Jérémie, relatent les faits et révèlent l’existence de la vidéo. Raphaël Cohen indique ignorer si son frère portait sa kippa et si l’agression était antisémite.

Le 3 avril 2022, Gérald Cohen, père de Jérémie Cohen, alerte Éric Zemmour, candidat de Reconquête !. Il ne sait pas que la police enquête sur l’agression.

Le 4 avril 2022, sur les réseaux sociaux puis au JT de TF1, Eric Zemmour révèle l’agression de Jérémie Cohen et s’indigne du silence entourant cette affaire. 
Divers politiciens réagissent publiquement, sauf notamment Jean-Christophe Lagarde, député du département.
Eric Mathais, procureur de la République de Bobigny, indique dans un communiqué la jonction des deux enquêtes et l’ouverture d’une information judiciaire pour violences volontaires en réunion ayant entrainé la mort sans intention de la donner.
A la demande du Président de la République Emmanuel Macron, son cabinet téléphone aux parents de Jérémie Cohen. 
Gérald Cohen et son avocat Me Franck Serfati s’expriment dans diverses chaines de télévision. Me Franck Serfati refuse toute instrumentalisation, notamment politique, de cette affaire.

Le 5 avril 2022, Eric Mathais précise que rien ne permet d’évoquer un acte antisémite, et invite « toute personne détenant des informations utiles à l’enquête à entrer en contact avec les services de police ».
Gérald Cohen remercie Éric Zemmour dans son QG de campagne.
Le Président Emmanuel Macron déclare : « La justice mène de manière indépendante son travail. Des drames humains, il y en a chaque jour. Ils ne doivent pas donner lieu à des manipulations politiques quelles qu’elles soient. »

Le 7 avril 2022, dans une conférence de presse, la mère de Jérémie Cohen demande la prudence quant à la qualification antisémite.

Sur RCJ, radio J du FSJU (Fonds social juif unifié), le grand rabbin de France Haïm Korsia.

Durant son meeting, Eric Zemmour a fait observer une minute de silence à la mémoire de la  victime.

Le 12 avril 2022, deux hommes, âgés de 28 et 24 ans, se sont présentés spontanément à la police et ont été placés en garde à vue. "Les déclarations des deux suspects devant les enquêteurs, notamment sur la "chronologie des événements", suggèrent que "les violences seraient à mettre en lien avec le comportement de la victime, auquel ils auraient réagi en lui portant des coups", a précisé le parquet, sans donner plus de détails. A ce stade des investigations, "il n'existe toujours aucun élément objectif permettant de caractériser un motif discriminatoire, en particulier antisémite, à l'origine des violences", a précisé le procureur de Bobigny Eric Mathais." 

Le 15 avril 2022, ces deux suspects ont été mis en examen car ils sont soupçonnés d'avoir roué de coups Jeremie Cohen, le 16 février, a annoncé le procureur de la République de Bobigny (Seine-Saint-Denis). L'un est poursuivi pour "violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner" et le second pour "violences volontaires en réunion". Ils ont été placés tous les deux en détention provisoire, précise le communiqué."

Le 26 juillet 2022
, Gérald Cohen, père de la victime, a retracé sur Radio Shalom, ses difficultés avec des avocats en raison de ses faibles revenus financiers, d'un dossier aux multiples délits - effacement de preuves, etc. - et rendant nécessaire de recruter plusieurs avocats. Il a actuellement pour seul avocat, Me Frank Serfaty, conseil du BNVCA.

Il a annoncé la création de l'association Jérémie Cohen qui a ouvert un site Internet d'informations. 

Cette association sollicite des fonds via Allodons afin de payer les honoraires d'avocats.

Hasard ? Le même soir, une réunion de dirigeants communautaires et de l'ambassadrice d'Israël en France marquait la fin du second mandat de Francis Kalifat comme Président du CRIF et les débuts de son successeur, Yonathan Arfi.

Questions
Cette affaire tragique révèle plusieurs points communs avec l'affaire Sarah Halimi : les deux crimes ont eu lieu durant une campagne électorale visant la fonction présidentielle, ils ont été occultés par une omerta médiatico-politico-communautaire, les familles endeuillées et isolées ont été obligées de mener des enquête pour rechercher la vérité et savoir ce qui s'était passé et ont affronté les réticences à admettre le caractère antisémite de l'agression physique. 

Pourquoi les caméras sur la voie publique ne fonctionnaient-elles pas ?

Pourquoi les deux enquêtes n'ont-elles pas été jointes plus tôt ? 

Quand une personne meurt, trois pistes sont envisagées par la police ou un journaliste : suicide, accident, meurtre. Au fil de l'enquête, une, puis deux pistes sont écartées fautes de preuves. Ainsi, il est arrivé que la justice ouvre une enquête pour terrorisme, pour ensuite requalifier en crime. Pourquoi la justice, appuyée par les avocats de la famille Cohen et celle-ci, refusent-ils de retenir deux circonstances aggravantes : l'antisémitisme et le handicap ? Pourquoi ce silence des associations de défense des handicapés ? 

La phrase du Chef de l’Etat - « Des drames humains, il y en a chaque jour » - s'avère inadéquate. C'est une banalisation d'une violence certes quotidienne, mais barbare, inouïe et tolérée par le Président Emmanuel Macron. "Il y a en France 1 800 agressions par jour et 130 agressions au couteau. Vous rendez-vous compte ? On s’accroche à des mots, mais il y a des faits. Et le fait, c’est l’ensauvagement de notre pays", s'est indigné Eric Zemmour le 29 mars 2022 sur Europe 1.

Pourquoi ce long silence médiatique ? Aucun média n'enquête. Manque de moyens financiers ? Manque de savoir-faire ? Indifférence ? Après avoir diffusé l'interview de membres de la famille de Jérémie Cohen, Radio Shalom ne twitte pas sur ces faits !? Aucun autre média, juif ou non juif, ne relaie !? Manque d'audience ? Quelle faute de jugement ! 

Pourquoi ce long silence des dirigeants des principales organisations juives françaises - CRIF, Consistoires, SPCJ (Service de protection de la communauté juive), FSJU - et des premiers avocats de la famille Cohen ? "Attendre la fin de la période électorale", soit juillet 2022 ? Mais la famille Cohen souffrait de ce silence. Sur RCJ, le 7 avril 2022, le grand rabbin de France Haïm Korsia a déclaré être en contact avec la famille Cohen... via le SPCJ. Cela signifierait-il qu'il n'aurait pas téléphoné, ni rencontré cette famille endeuillée ? Pourquoi cet isolement durable de la famille de Jérémie Cohen dont a témoigné Gérald Cohen le 26 juillet 2022 ? Aucune organisation juive française ne s'est enquis auprès de la famille Cohen du suivi de cette affaire tragique ?

Dès leur garde à vue, et a fortiori durant l'instruction, les prévenus bénéficient des meilleurs avocats désignés par le Barreau. Par contre, les familles des victimes doivent assumer la recherche d'avocats, le paiement des frais juridictionnels, etc. Ce qui pèse lourd dans leurs budgets, car, contrairement au stéréotype antisémite : "Les Juifs ne sont pas riches".
 
Des cinquante politiciens contactés par la famille de Jérémie Cohen, seul Eric Zemmour a répondu. Pourquoi ? Critiqué pour ses déclarations en faveur d'établissements scolaires dispensant un enseignement adapté aux élèves handicapés, accusé à tort d'être "antisémite", le candidat de Reconquête ! a prouvé que les anathèmes le visant étaient infondés.

Le 4 avril 2022, avait lieu le vernissage de l'exposition "Juifs et musulmans de la France coloniale à nos jours" au musée de l’Histoire de l’immigration. La dernière partie occulte notamment les victimes juives françaises assassinées par des musulmans. Nul ne s'en est offusqué. Ministre déléguée au Logement, Emmanuelle Wargon a twitté : "Une histoire importante pour se souvenir que nous savons vivre ensemble."

Cette affaire scandaleuse souligne l'effondrement de la condition juive française au travers d'une famille juive française déplorant de ne pouvoir, faute de moyens financiers, quitter ce département dangereux. 

Réquisitoire du parquet en 2024
Début juillet 2024, le parquet de Bobigny "a demandé le renvoi de deux hommes devant la Cour criminelle départementale de Seine-Saint-Denis pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner et violences en réunion. Le réquisitoire définitif a été rendu le 3 juillet, a précisé le parquet. Le ministère public a demandé un procès pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner », une qualification criminelle, à l'encontre du mis en examen actuellement détenu et pour « violences en réunion » pour le second, libéré sous contrôle judiciaire mais détenu dans une autre affaire. Il revient désormais au juge d'instruction de décider éventuellement leur renvoi en procès. 

"Un an après les faits, le parquet de Bobigny avait assuré qu'aucun élément n'était venu accréditer le « motif religieux ». Les deux mis en cause ont admis l'agression mais récusé son caractère antisémite. D'après leur récit lors de l'instruction, ils ont vu Jérémie Cohen se masturber à côté d'une mère de famille tétanisée avant d'entendre la petite amie de l'un d'eux crier. Elle dit avoir été agressée sexuellement."

"Une première altercation survient, durant laquelle les mis en cause assènent plusieurs coups de poing et de pied à Jérémie Cohen, cherchant à le « mettre hors d'état de nuire ». Toujours selon leur version, ce dernier se débat, une agrafeuse en main. D'après un témoin, ils l'ont frappé alors qu'il était au sol. Ils sont séparés. Un second tour de violences éclate peu de temps après. Cette fois-ci Jérémie Cohen est pris à partie par une dizaines de personnes, comme le montre la vidéo filmée par un touriste retrouvée grâce à l'investigation de la famille de la victime, qui ne croyait pas à la thèse initiale de l'accident. Désorienté, Jérémie Cohen s'échappe sans être poursuivi, ne voit pas le tram qui arrive à 35 km/h, n'entend pas les cris d'alerte et se fait percuter".

« Jérémie Cohen a couru en direction des voies du tramway pour échapper à ses agresseurs et dans la crainte d’être de nouveau agressé... Sa fuite en direction des voies du tramway est à l’évidence la conséquence immédiate des violences qu’il subissait », soulignèrent les magistrates, dans leur ordonnance de mise en accusation.

"L’ordonnance de mise en accusation a été rendue le 26 septembre 2024, a indiqué le parquet de Bobigny. Les deux hommes âgés de 29 et 26 ans seront jugés par la Cour criminelle départementale : le premier, placé en détention provisoire, pour un crime et le second pour un délit connexe. Pour la famille du défunt, c’est une « satisfaction ». « Ils attendent que la justice passe et punisse sévèrement les auteurs de ces faits qui ont entraîné la mort de leur fils et frère », a rapporté leur avocat Franck Serfati. L’ordonnance est entachée d’une irrégularité, nous allons interjeter appel », a indiqué Me Kamel Derouiche qui assiste l’accusé principal, expliquant ne pas avoir été notifié du réquisitoire définitif par le parquet. « Je réserve mes déclarations pour la cour mais les demandes d’actes que j’ai sollicitées et obtenues devraient permettre de faire la lumière sur ce que l’accusation refuse de voir », a déclaré de son côté Me Lucas Minkowski qui défend l’homme renvoyé pour violences en réunion."

"Le conducteur du tramway, qui avait actionné le freinage d'urgence, a été mis hors de cause par l'enquête."

Procès en 2026
Du 16 au 23 février 2026, s'est déroulé le procès devant la Cour Criminelle Départementale de Seine-Saint-Denis à Bobigny de deux individus accusés de violences physiques antérieures à la mort de Jérémie Cohen.
  
"Le 16 février 2022, vers 20 h, Jérémie Cohen traversait les voies ferrées quand il a été percuté par un tramway à Bobigny. En arrêt cardio-respiratoire et victime d’un traumatisme crânien, il est décédé à l’hôpital quelques heures plus tard. D’après l’enquête, la victime, âgée de 31 ans, de confession juive et porteuse d’un handicap léger, avait été rouée de coups par les deux accusés. Dans des versions parfois contradictoires, ils avaient affirmé durant l’enquête avoir frappé Jérémie Cohen pour le « neutraliser », l’accusant eux-mêmes d’exhibition sexuelle et d’attouchement sur la petite amie de l’un d’eux." 

"La victime et les deux hommes se seraient ensuite séparés, avant qu’un second cycle de violence n’éclate, peu de temps après. Sur une vidéo retrouvée par la famille de Jérémie Cohen, on voit une dizaine de personnes le prendre à partie. C’est en tentant de s’échapper qu’il a été percuté par un tram, arrivé à 35 km/h. Le freinage en urgence n’avait pas permis d’éviter la collision. Le conducteur avait été mis hors de cause."

"Mis en examen deux mois plus tard, les deux accusés avaient fait valoir qu’ils ignoraient alors qu’il était porteur d’un handicap reconnu en raison de troubles psychiques mais aussi qu’il était de confession juive."

"N’acceptant pas la piste initiale de l’accident de circulation et donc la clôture de l’enquête, la famille de Jérémie Cohen avait lancé un appel à témoins et récupéré auprès d’un touriste étranger une vidéo : elle montrait la deuxième scène de violences et la collision mortelle, survenant seulement treize secondes après le dernier coup."

"L’affaire avait pris une dimension politique lorsque, quelques jours avant le premier tour de l’élection présidentielle, le père de la victime avait sollicité Éric Zemmour pour médiatiser le drame. Le candidat d’extrême droite s’était alors publiquement demandé si Jérémie Cohen était « mort parce que juif ». "Mais, un an après les faits, le parquet de Bobigny avait assuré qu’aucun élément n’était venu accréditer le « motif religieux ». Jérémie Cohen était en possession d’une kippa « sur laquelle une trace de sang a été identifiée », a rappelé le Président de la cour, cité par l’Agence France-Presse (AFP). Avant de souligner que l’audition de « l’ensemble des témoins entendus ne permet pas d’établir que Jérémie Cohen portait la kippa au moment de l’agression », « personne » ne l’ayant constaté."

"Le lien entre l'agression et sa mort a bien été caractérisé par les deux magistrates en charge d'instruire le dossier : "C'est bien en voulant fuir les graves violences qu'il subissait de la part de plusieurs individus que Jérémie Cohen s'est dirigé vers les rails du tramway et s'est fait percuter", ont conclu les juges, en septembre 2024. Ces dernières ont estimé que Jérémie Cohen avait "couru en direction des voies du tramway pour échapper à ses agresseurs et dans la crainte d'être de nouveau agressé".

"Les juges ont examiné minutieusement les circonstances de deux scènes de violences ayant précédé l’accident. Comparaissant détenu, le principal accusé, Miguel Dorothée, alors âgé de 27 ans et âgé de 31 ans à la date du procès, est jugé pour violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises en réunion. Il est accusé d’avoir porté à Jérémie Cohen des coups de pied et poing, au visage et sur le corps, en participant aux deux scènes de violences successives, selon l’AFP. Libre sous contrôle judiciaire, le second accusé, Kenny A., alors livreur de 23 ans, comparaît, lui, pour violences en réunion n’ayant pas causé d’incapacité, accusé de n’avoir participé qu’à la première des deux scènes." Ils encourent 20 ans et 6 ans de prison.

"Il portait de longues tresses le jour des faits, comme plusieurs de ses proches dans la salle. Mais derrière la vitre du box, Miguel D., incarcéré depuis avril 2022 à Fleury-Mérogis, se présente avec les cheveux courts. Le changement est frappant : l’accusé, qui gardera le regard baissé pendant une bonne partie de l’audience, n’a plus l’aspect inquiétant du jeune homme filmé à Bobigny, il y a quatre ans jour pour jour, s’acharnant sur la victime. À quelques pas de lui, Kenny A., alors âgé de 23 ans, 110 kilos pour 1 mètre 85, écrase de sa silhouette massive le petit banc de la cour criminelle départementale de Seine-Saint-Denis. Lui aussi fait profil bas : mains croisées et dos voûté, il attend patiemment son tour pour venir à la barre. Amusant hasard, les deux compères ont tout les deux choisi de revêtir un pull immaculé, couleur de l’innocence", a écrit Eloi Passot dans "Trafic de drogue, maladie de Crohn, téléphone effacé : au procès des agresseurs de Jérémie Cohen, le profil de Miguel D. et Kenny A. décortiqué par la cour" (Le Figaro, 17 février 2026).

« Je reconnais les violences mais elles n’ont pas causé la mort », avait affirmé durant le procès Miguel Dorothée, l’accusé. Mais « si les violences n’avaient pas eu lieu, Jérémie Cohen serait toujours vivant », a soutenu l’accusation.

Le 18 février 2026, "les juges ont soupesé mercredi la sincérité de l’ex-petite amie du principal accusé, Miguel Dorothée. « Ce n’est pas une histoire de discrimination, mais d’agression sexuelle » , a-t-elle réaffirmé, quatre ans après la mort de Jérémie Cohen, "mortellement renversé par un tramway, une douzaine de secondes seulement après avoir reçu les derniers coups de son passage à tabac."

"Un cri, issu d’une scène de violence filmée par un touriste, résonne plusieurs fois devant la cour criminelle de Seine-Saint-Denis : « Miguel, Miguel, c’est bon », lance une femme à l’homme qui vient de porter des coups violents à la victime, à terre, lors d’un attroupement devant un hall d’immeuble. Cette femme, c’est sa petite amie officieuse de l’époque, qui semble être venue le défendre comme elle affirme qu’il l’a « défendue » ce soir-là. Âgée de 29 ans, la témoin admet qu’elle ne s’est présentée que tard aux policiers, en avril 2022, en même temps que Miguel D. et l’autre accusé Kenny A., seulement après la diffusion de la vidéo, récupérée par la famille Cohen. « On voulait juste rétablir la vérité », « sur les réseaux et à la télé, ça faisait beaucoup de bruit, ça ne portait que sur cette raison-là », dit-elle, en allusion à l’hypothèse d’un « meurtre antisémite » relayée alors par l’extrême droite. La mort du trentenaire juif, porteur d’un handicap psychique, avait en effet été médiatisée quelques jours seulement avant le premier tour de l’élection présidentielle. La longue enquête n’a pas retenu de motif antisémite, notamment parce qu’aucun témoin n’a rapporté que Jérémie Cohen portait sa kippa."

"Les cinq juges professionnels scrutent très attentivement son visage quand la témoin assure que tout a commencé alors qu’elle gardait une place de parking en attendant Kenny et Miguel. « J’ai senti qu’on me touchait les fesses » par derrière puis « j’ai vu cet homme qui avait son pénis dans une main et quelque chose de gris dans l’autre », raconte-t-elle, les accusés ayant évoqué cet objet comme étant « une agrafeuse » – mais l’objet n’a jamais été retrouvé. Disant avoir « crié à l’aide », elle assure que ses amis ont « neutralisé cet homme-là » à terre. Les coups portés à Jérémie Cohen, elle dit les avoir à peine vus parce qu’elle était alors en pleine « crise d’angoisse » et pressée de partir – alors que d’autres témoins ont décrit deux scènes de violence successives, avec coups de pied et de poing, notamment à la tête. Elle étonne aussi le président Christian Petiteau quand elle redit qu’elle n’a su que « longtemps après » que Jérémie Cohen était mort percuté par le tramway : la collision a eu lieu tout près et « quelques secondes » seulement après son cri, souligne le juge. « Vos souvenirs ont l’air de varier » depuis la reconstitution des faits, lui reproche l’avocat général Théo Lemettre. Peut-être Jérémie Cohen « était-il en train d’uriner dans la rue », lui suggère-t-il, ce qu’elle rejette."

"Puis une des juges lui fait remarquer que l’enquête a révélé que Jérémie Cohen avait plutôt des relations sexuelles avec des hommes. « En tout cas, il était derrière moi : ce n’est pas normal de voir quelqu’un s’exhiber comme ça », répond la témoin, pas désarçonnée par le feu roulant de questions. Les avocats de la famille Cohen se relaient pour contester ce qu’ils appellent « la prétendue agression à caractère sexuel » survenue « dans le dos » de la témoin. « Personne n’a vu ce que vous avez décrit », attaque Me Pascale Laporte. « Vous savez ce que vous risquez à mentir sous serment », suggère Me Franck Serfati, se disant convaincu que « si la vidéo n’avait pas existé », le trio ne se serait jamais présenté à la police."

« Les accusés disent que tout serait parti du comportement de la victime, qui se serait masturbé devant une femme âgée, et aurait agressé sexuellement » la petite amie, mais ce sont « des déclarations qui ne sont corroborées par rien et sont contradictoires entre elles », avait estimé l’avocat général. Les avocats de la partie civile avaient fustigé des « violences gratuites ».

« Jérémie était tout sauf un jeune garçon violent. Il n’a pu agresser personne, ni les mis en cause, ni une quelconque copine. Il n’en avait la capacité ni physique ni mentale. Il n’y a pas eu le moindre fait déplacé de sa part... Il avait un handicap, il ne s’est jamais battu. C’était un garçon docile, il n’était ni capable de se battre, ni de provoquer, ni de se défendre. Ils étaient une quinzaine face à un pauvre gars inoffensif. Ils l’ont massacré, passé à tabac », a insisté Me Franck Serfati. 

"L’avocat général Théo Lemettre avait réclamé contre Miguel D. onze années de réclusion, « compte tenu de la particulière gravité des faits », tout en relevant que son casier judiciaire ne comportait qu’une condamnation pour un délit routier. Dans son réquisitoire, le magistrat avait estimé que Jérémie Cohen, âgé de 31 ans au moment de l’accident, et handicapé en raison de troubles psychiques, avait encaissé, mutique, des coups de poing et de pieds sur deux scènes de violences successives et qu’il ne pouvait que vouloir fuir, sans réfléchir. « Ce n’est pas un meurtre, pas un assassinat, pas une agression liée à la religion ni un crime lié au narcotrafic », a estimé l’avocat général, évoquant ce qui avait pu être avancé pendant la médiatisation de cette affaire ayant pris, a-t-il dit, « une importance considérable ». Il a conclu à « un lynchage doublé d’un effet de groupe, qui a abouti à une mort qui n’était pas recherchée ».

"En défense, l’avocat de Miguel D., Me Kamel Derouiche, a fait valoir que, sur la vidéo visionnée maintes fois à l’audience, on ne voyait en fait pas bien les coups portés : « Ce qui est insoutenable [quand on la regarde], c’est l’accident de la circulation, pas la scène de violence, parce que ce n’est pas un dossier de coups mortels », a-t-il lancé. Quand Jérémie Cohen se met à courir, « il n’est pas poursuivi, c’est un fait absolument essentiel », avait-il aussi relevé, plaidant l’acquittement."

"La défense avait exposé sa thèse d’une « réaction disproportionnée » des accusés, qui auraient d’abord voulu « mettre une correction » à l’homme qu’ils disaient avoir vu se masturber dans la rue. Elle avait évoqué les nouvelles violences commises ensuite par Miguel D. comme « une démonstration de virilité mal placée » quand sa petite amie lui aurait rapporté avoir été touchée aux fesses par l’exhibitionniste.

"La famille Cohen avait sollicité le candidat d’extrême droite Eric Zemmour, juste avant la présidentielle d’avril 2022, pour qu’il médiatise l’affaire, avait déploré la défense, qui avait appelé la cour à « faire abstraction du tumulte médiatique et des récupérations politiques »

Le 20 février 2026, la Cour criminelle de Bobigny (Seine-Saint-Denis) a considéré Miguel D., âgé  de 31 ans, coupable de violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner, commises en réunion, le soir du 16 février 2022 à Bobigny. Elle l'a condamné à dix ans de réclusion criminelle pour avoir fait subir des violences répétées à Jérémie Cohen avant qu’il soit percuté par un tramway dans sa fuite. 

"Se tournant vers l’ancien manutentionnaire intérimaire, qui comparaissait détenu, le Président Christophe Petiteau lui a expliqué le verdict" : « La cour a considéré que les violences que vous avez commises sur la personne de Jeremie Cohen, des violences répétées, avaient été la cause directe de sa fuite et donc du décès ».

"Conformément aux réquisitions, la Cour a condamné à trente mois d’emprisonnement dont quinze mois avec sursis le second accusé, Kenny A., poseur de voies ferrées de 27 ans, pour le délit de violences en réunion. Défendu par Me Lucas Minkowski, il était jugé pour avoir porté quelques coups, y compris au visage, mais uniquement sur la première scène de violences. Il est reparti libre, sa peine de onze mois de prison ferme étant aménageable, après avoir passé quatre mois en détention provisoire. Leurs défenseurs avaient souligné que tous deux avaient reconnu les faits reprochés et exprimé des regrets. Ils n’avaient pas auparavant été condamnés pour violences."

"J'ai été frappée par la dignité absolue et le courage hors nomes de la famille Cohen - les parents de Jérémie, son frère Gabriel et sa sœur Rébecca - en regard de la légèreté des prévenus, de leurs familles et amis qui, venus très nombreux, avaient rempli la quasi-totalité de la salle d'audience. J'ai été choquée par le fait qu'hors de la salle d'audience, ils rigolaient tous entre eux. Comme j'ai été choquée par le fait que Bobigny, c'est un monde parallèle où une personne handicapée peut se faire massacrer sans qu'une seule personne n'appelle la police. Certains ont prétendu avoir tenté de s'interposer mais pas un n'appelle les secours. Les prévenus se sont excusés du bout des lèvres, au début et à la fin du procès. Ils ne semblaient pas avoir conscience de la gravité de leurs actes. Ils n'étaient soucieux que de leur situation de privation de liberté. Miguel Dorothee parlait de Jérémie en disant "le gars". Mes confrères, Me Laporte et Me Frank Serfati, défenseurs de la famille Cohen, et moi avons réussi à démontrer les mensonges des accusés : leur fable sur l'agrafeuse et la prétendue agression sexuelle qui aurait justifié le lynchage. Nous aurions aimé qu'ils disent enfin la vérité, mais ils ont continué à mentir. Mal. La motivation du tribunal et les réquisitions étaient détaillées et justes. L'énoncé des peines a fait l'effet d'une douche froide et nous a déçus. L'avocat général et le juge ont bien compris et décrit les faits. Mais les peines sont décevantes parce qu'un des prévenus n'ira pas en prison et l'autre sera libéré, en raison des remises de peine, dans environ deux ans. Mais la famille de Jérémie Cohen a pris perpétuité. J'ai été particulièrement touchée et émue quand le papa de Jérémie a raconté à la barre avoir eu une crise cardiaque au moment d'enterrer son fils. Il a eu le cœur brisé au sens propre du terme, et je l'ai plaidé... Cette affaire, c'est à la fois le désastre des services de police qui ont tout raté au démarrage, et de la justice qui n'a pas non plus fait son travail alors que la famille envoyait des courriers au Procureur notamment pour récupérer les vidéos , et enfin une histoire d'amour infinie qui a poussé toute une famille à se transformer en enquêteurs pour la vérité d'abord, et l'honneur de leur fils, puis celui de la famille. Nous avons eu une chance extraordinaire d'avoir un juge qui posait des questions pertinentes, ce qui a permis de faire émerger une vérité différentes de celle des médias. Il a fallu faire comparaitre des témoins par mandat d'amener ; la plupart avaient "disparu", aucun des rares témoins entendus lors du procès ne se souvenait de rien. Ils étaient tous terrorisés et l'ont dit à la barre. Le boucher a dit que l'un des accusés garait son camion devant sa boutique", m'a confié Me Brigitte Lapeyronie, avocate de la famille de Jérémie Cohen.

"La   famille  Cohen,  que j'assistais, a  exprimé un  soulagement à l'issue du procès, mais elle a été déçue par  rapport au  quantum  des  peines  prononcées", m'a déclaré Maître Franck Serfati, 

Au terme de ce procès, nul ne sait la motivation de l'agression dont a été victime Jérémie Cohen, hormis ses agresseurs et l'amie de l'un d'eux. 

La famille de Jérémie Cohen a effectué un travail d'enquête que les policiers et les magistrats n'avaient pas effectué : c'est elle qui a trouvé la vidéo où leur fils et frère était tabassé. Pourquoi les policiers et les magistrats enquêteurs n'ont-ils pas immédiatement saisi les vidéos des caméras dans les lieux publics ? Ce qui aurait permis de savoir ce qui s'est passé avant l'agression physique du jeune homme.

Que s'est-il passé dans l'heure ayant précédé le tabassage de Jérémie Cohen ? Pourquoi Miguel Dorothee et son complice ont-ils tabassé le jeune homme ? Ils l'ont agressé à coups à la tête, sur le reste du corps à deux reprises : une première fois, ils l'ont frappé violemment, puis des piétons se sont interposés pour arrêter l'agression et ont mis Jérémie Cohen dans le hall d'un immeuble. Mais les deux agresseurs sont revenus à la charge et ont massacré le jeune homme. Frapper à la tête signifie vouloir tuer une personne. C'est ce qu'on fait les "Antifas" à Lyon en frappant à la tête Quentin Deranque.

Le 12 avril 2022, les deux prévenus ne s'étaient rendus à la police qu'environ deux mois après la mort de Jérémie Cohen le 26 février 2022. Donc, quand ils étaient sûrs que la vidéosurveillance placée dans les lieux publics avait été légalement effacée - le délai légal de conservation est d'un mois - et que la famille Cohen avait récupéré une vidéo montrant l'agression dont a été victime Jérémie Cohen. Ce qui permettait de les identifier. Ils ont eu amplement le temps d'élaborer avec l'amie de l'un d'entre eux leurs versions des faits incriminant à tort la victime. Kenny A. avait un bracelet électronique, et était défavorablement connu des services de la police : son casier judiciaire était rempli par des délits, notamment en lien avec la drogue.

Les avocats ont rétabli l'honneur du jeune homme en prouvant  que le motif allégué par les agresseurs et l'amie de l'un d'eux - une prétendue agression sexuelle qu'aurait commise Jérémie Cohen sur cette dernière - n'était pas crédible et ont souligné les contradictions, notamment dans les horaires, émaillant les versions des agresseurs et de cette jeune femme. Malgré les efforts des avocats, les prévenus ont campé dans leurs positions invraisemblables, dans leurs versions dites quatre ans auparavant. Qu'ont-ils à cacher de si répréhensible ? Ces trois individus, dont deux agresseurs, constituent une contre-société violente, qui a tenu tête aux policiers, aux magistrats, aux avocats. Et ce n'est pas les faibles peines prononcées qui leur feront prendre conscience de la gravité de leurs actes. 

Interrogés par la police plusieurs jours après la mort de Jérémie Cohen, aucun témoin n'a dit avoir vu la victime porter sa kippa qu'il avait pourtant sur lui ou dans une poche. Hormis l'antisémitisme, quel autre motif aurait pu expliquer ce déchainement de violences ? Jérémie Cohen a-t-il été témoin d'un acte qu'il n'aurait pas du voir ? Un trafic de drogue, par exemple ? La police a-t-elle exploré les comptes des agresseurs sur les réseaux sociaux ? Qu'a-t-elle trouvé ? 

Des informations cruciales manquent. 

Cette affaire présente des points communs avec le meurtre de René Hadjadj. Le 5 février 2026, la Cour d’assises du Rhône a condamné Rachid Kheniche, coupable du meurtre de René Hadjadj, mais n'a pas retenu la circonstance aggravante d'antisémitisme. Le 17 mai 2022, "dans une haute tour du quartier de la Duchère, à Lyon, Rachid Kheniche, un quinquagénaire, regarde « L’Heure des pros 2 » sur CNews, sa chaîne favorite. Son voisin du deuxième étage, René Hadjadj, juif et presque nonagénaire, frappe alors à sa porte.... Le quinquagénaire accueille son voisin, le fait asseoir. Les deux hommes vivent chacun un très grand isolement social... Que s’est-il alors passé ? Rachid Kheniche a fourni aux enquêteurs des explications confuses et variables. Tout à coup, il s’est énervé. Est-ce une photo tirée d’un magazine pornographique, qui lui aurait été apportée par René Hadjadj un mois plus tôt, et sur laquelle il avait cru reconnaître l’une de ses sœurs ?" Rachid Kheniche a tué René Hadjadj, et l'a défenestré. Comme les deux criminels, il avait terni l'image de sa victime par une accusation sexuelle et nié tout antisémitisme. Il n'y avait pas eu de témoin de la scène du crime et de celle la précédant.


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Par erreur, le prénom de la victime a été orthographié Jérémy. Cet article a été publié le 8 avril 2022.