Créé en 1863, le Comité international de la Croix-Rouge a célébré ses 150 ans en 2013. Une organisation partiale à l'égard des Juifs persécutés par les Nazis, déportés dans des camps et exterminés lors de la Shoah, et envers l'Etat d'Israël : accueil tardif en 2006 du Maguen David Adom en refusant que l’étoile de David soit son troisième emblème, dénomination erronée de "territoires occupés" de la Judée, de la Samarie, et de la bande de Gaza même après le retrait total des Israéliens de ce lieu en 2005, refus de fournir des médicaments aux otages israéliens du Hamas dans la bande de Gaza depuis le djihad du 7 octobre 2023, etc. « Davantage d’otages auraient pu être libérés vivants de Gaza si des pressions en faveur de leur libération avaient été exercées plus tôt », a déclaré Mirjana Spoljaric, présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au New York Times dans une interview publiée le 10 octobre 2026.« Lise Meitner, mère de la bombe atomique » de Wolf von Truchsess et Andreas G. Wagner
« John von Neumann. Prophète du XXIe siècle », par Philippe Calderon
« Six amis en quête de liberté. Destins croisés de Budapest à Manhattan » par Thomas Ammann
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« Le nom des 86 » de Emmanuel Heyd et Raphael Toledano
« Le procès du siècle. Les chroniqueurs célèbres de Nuremberg » de Peter Hartl
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Une problématique Fondation Casip-Cojasor
Spoliations de Français juifs : l’affaire Krief (version longue)
L’affaire Krief, exemple d’antisémitisme d’Etat (version courte)Krief Affair, an example of French state-backed anti-Semitism
« Journal d'un médecin de ville » de Nicolas Mesdom
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Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a été fondé en 1863 par des Suisses de Genève, où se trouvent son siège et ses archives. Parmi eux : Gustave Moynier, Henry Dunant (Prix Nobel de la Paix en 1901), les docteurs Louis Appia, Théodore Maunoir, et le général Guillaume Henri Dufour.
Après l'Ordre de Malte, le CICR est la plus ancienne organisation humanitaire.
En 1917, 1944 et 1963, il a été distingué par le Prix Nobel de la Paix, et a été récipiendaire du Prix Balzan pour l'humanité, la paix et la fraternité entre les peuples en 1996.
Le CICR demeure critiqué pour ses manquements à ses missions - "impartialité, neutralité et indépendance", "protection de la vie et la dignité des victimes de conflits armés et d'autres situations de violence, et assistance" - durant la Deuxième Guerre mondiale, son inaction concernant le sort des Juifs dans les camps de concentration nazis et la sympathie de certains de ses dirigeants envers le IIIe Reich.
La Croix-Rouge sous le IIIe Reich, histoire d'un échec (2006, 52 minutes) est un documentaire intéressant de Christine Rütten. Le rappel de l’inaction de cette organisation internationale humanitaire face aux persécutions nazies contre les juifs, notamment dans les camps, lors de la Shoah (Holocaust).
Pourquoi le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), dont le siège est à Genève (Suisse), n’a-t-il rien fait pour aider les victimes juives persécutées par les Nazis et pour informer le monde entier sur la Shoah, les conditions de survie dans les camps nazis d’internement dans l’assassinat des juifs dans les camps nazis d’extermination ?
Pour répondre à cette question, la réalisatrice Christine Rütten cite des archives et des témoins, anciens responsable de cette célèbre organisation internationale et survivants de la Shoah.
Antisémitisme et défense des intérêts de la Suisse
Dès 1934, lors de sa 15e conférence à Tokyo (Japon), les femmes du CICR proposent d’assurer une protection juridique aux civils prisonniers à l’instar de celle dont bénéficient les soldats prisonniers. Malgré la montée des périls – Hitler arrive au pouvoir en 1933 -, le CICR reporte la décision.
Malgré la Nuit de cristal qui coûte la vie à plus de 400 juifs, malgré les alertes – Max Braun écrit en décembre 1938 au CICR pour dénoncer les conditions inhumaines infligées aux milliers de détenus juifs dans les camps de concentration allemands -, Max Huber, président du CICR (1928-1944), minimise le problème dans une lettre bienveillante à la Croix-Rouge allemande. Il sait pourtant l’étroit contrôle de cette organisation nationale par les dirigeants nazis : les juifs en ont été exclus, la Croix-Rouge allemande est indifférente à l’égard des détenus de ces camps et ses membres exécutent le salut nazi.
Président du Tribunal international à La Haye, Max Huber dirige « deux grandes entreprises suisses et fait de bonnes affaires avec l’industrie allemande d’armement ».
Carl Jacob Burckhardt, vice-président du CICR, est très lié à l’Allemagne : jusqu’au début de la guerre en 1939, il est haut commissaire de la Société des Nations à Dantzig. « Suisse alémanique, il se montre très germanophile. Il admire la culture allemande et aprouve l’hostilité du IIIe Reich à l’égard de l’Union soviétique », explique Aram Mattioli, historien. Ainsi, quand le Conseil fédéral suisse refuse d’accueillir Goebbels, Burckhardt intervient. En 1935, il rencontre dans un camp le Prix Nobel de la paix (1935), le journaliste et pacifiste Karl von Ossietzky (1889-1938), « une chose tremblante et livide… avec un œil enflé, les dents cassées ». Ainsi le décrira-t-il après guerre dans ses Mémoires.
En 1936, invité du Führer en Allemagne, Burckhardt est enthousiasmé par son séjour d’une semaine. Dans son rapport au Comité, il estime inchangée la situation des prisonniers des camps de concentration et passe sous silence les persécutions visant les juifs dont il est au courant. Pour Daniel Palmieri, historien au CICR, les élites du CICR assimilent souvent juifs et communistes. Un amalgame qu’il juge « néfaste, car le CICR des années 1930 et 1940 est anti-communiste ». Pire, un rapport du CICR est élogieux sur le camp de Dachau, où sont assassinées lors de la guerre environ 30 000 personnes.
Les déclarations des dirigeants sur l’extermination voulue des juifs se multiplient. Les convois sillonnent l’Europe vers les camps nazis, en partance de gares, notamment de Berlin, où sont présents des délégués du CICR qui informent celui-ci par des rapports factuels précis.
Le CICR demeure silencieux en alléguant sa neutralité et l’absence de mandat international pour les prisonniers civils. Or, son statut l’autorise à toute action humanitaire jugée nécessaire.
Huber et Burckhardt restent indifférents et envoient leurs instructions à leurs délégués à Berlin : s’assurer que « les prisonniers de guerre sont bien traités par les Allemands ».
Maurice Rossel, alors jeune médecin et délégué du CICR, explique que celui-ci est alors « responsable de six millions de prisonniers de guerre pour lesquels des conventions avaient été signées et étaient respectées ». Et d’alléguer que la Croix-Rouge a demandé « sans arrêt » à visiter les camps de concentration et s’est vue opposer des refus des autorités nazies pour lesquelles il s’agit d’une « affaire strictement nationale ».
Pourtant, « Genève aurait pu faire pression sur les Allemands » en raison de la dépendance du IIIe Reich à l’égard du CICR et de sa volonté d’éviter tout clash avec ce dernier.
Ce n’est qu’à la fin de la guerre que le CICR « intervient en faveur des victimes des nazis » car ses dirigeants ne veulent pas « compromettre leurs bonnes relations avec les Allemands à cause des juifs et des communistes ».
L’une des missions du CICR consiste à rechercher les personnes portées disparues. Ses recherches concernent « presque exclusivement les soi-disant aryens. Des millions de juifs ont disparus depuis longtemps sans laisser de trace ». En avril 1942, la Croix-Rouge allemande reconnaît officiellement son incapacité de « communiquer des informations sur les détenus non aryens et n’est pas en mesure de donner suite à ce type de demandes ». Son directeur est « très impliqué dans l’assassinat d’innocents » : médecin SS, il « participe activement au programme d’euthanasie et aux prétendues expériences médicales sur les prisonniers des camps ».
A l’été 1942, lors du Congrès juif mondial, Gerhart Riegner, directeur de son bureau genevois, est informé de la Solution finale visant l’extermination des juifs « dans les pays contrôlés ou occupés par l’Allemagne », et en prévient Londres et New York. Il se rend compte que Burckhardt « est au courant depuis longtemps, et par deux sources d’information, et disait qu’il fallait ‘libérer le territoire des ses juifs’ », c’est-à-dire les exterminer.
Burckhardt dissimile au Comité ses informations, mais les femmes « insistent depuis longtemps pour lancer un appel public contre le génocide juif ». Le 14 octobre 1942, Philippe Etter, membre du CICR et du Conseil fédéral suisse, « se déplace exceptionnellement pour voter. Il veut empêcher à tout prix cet appel ». Pour ne pas heurter les Allemands… « Aujourd’hui, il est prouvé, documents à l’appui, que certains membre du Comité étaient antisémites », constate Aram Mattioli, historien. Une majorité du CICR s’oppose à cet appel public.
Quel aurait pu être la portée de cet appel ? « Le monde aurait été informé, et c’était important. Quand les Alliés ont annoncé en décembre 1942 que les juifs étaient exterminés. On pouvait dire : c’est une horrible opération de propagande contre l’Allemagne. Pourquoi le croire ? Si c’était venu d’une institution neutre comme le CICR, c’aurait pu convaincre beaucoup de monde », rappelle Saul Friedländer, historien et ancien enfant juif caché dans un internat catholique en France.
En février 1943, « en quelques mois, les nazis tuent trois millions de juifs et n’en font même pas mystère ».
Plus « la situation des juifs est désespérée, plus la Suisse durcit sa politique à l’égard des réfugiés ». Les parents de Saul Friedländer « sont refoulés à la frontière, et déportés à Auschwitz où ils sont assassinés ». Et cet historien d’indiquer que les autorités suisses savaient le destin mortel des juifs refoulés.
Le CICR a archivé près de 100 000 accusés de réception aux colis envoyés aux détenus des camps nazis. Seuls 10% des colis du CICR sont parvenus à ces détenus, et « presqu’aucun d’eux n’était juif ».
Depuis l’automne 1941, la ville de garnison Theresienstadt, dont la population tchèque avoisinait avant guerre 7 000 âmes, est transformée en camp de concentration où survivent 60 000 prisonniers.
En mai 1944, le chef des SS Heinrich Himmler « autorise la visite d’une délégation de la Croix-Rouge. Les préparatifs » débutent dès l’automne 1943. Pour ne pas donner l’image d’une ville surpeuplée, 15 000 détenus sont déportés à Auschwitz. « On prévoit minutieusement ce qui doit être vu le long d’un parcours bien défini ».
Doris Grozdanovičovà, à Theresienstadt depuis 1942, se souvient : « On a nettoyé les rues. On a construit un café. Bref, on a embelli la ville. Au début, on ne savait même pas ce qui se passait. Puis, on a appris que la Croix-Rouge allait venir. Et on a tous pensé que ce serait peut-être bénéfique pour nous ». Mais Jiři Kosta, prisonnier, relève l’absence d’une telle délégation en 1943.
Le 23 juin 1944, à 11h, Maurice Rossel, jeune délégué du CICR débute sa visite de Theresienstadt. Une ville qu’il prend en photos et qu’il juge « presque normale ». Il demande de ne pas séparer les chanteurs de la chorale, qui seront… « gazés ensemble à Auschwitz ».
Après cette mascarade, le soir, il « savoure le grand banquet » à Prague et rédige un rapport élogieux, vantant les « excellents soins médicaux prodigués ». Les détenus de Theresienstadt sont désespérés. Les convois reprennent…
Début juillet 1944, Maurice Rossel « remercie ses hôtes allemands » et les rassure sur la teneur de son rapport, jugeant les « conditions de vie satisfaisantes ». Il leur envoie quelques unes de ses photos qui servent la propagande nazie.
A ce jour, Maurice Rossel maintient sa version de « camp modèle » pour « riches juifs » : à Theresienstadt, « camp de théâtre, les gens n’étaient pas torturés, ne mouraient pas de faim ». Or, sur les 141 000 personnes détenues, plus de 30 000 meurent de faim et de maladie ; 90 000 sont déportés vers les camps d’extermination.
Forts de la réussite de leur mascarade entérinée par le CICR, les nazis réalisent un film, surnommé ironiquement par les détenus Le führer offre une ville aux juifs, vantant la qualité de vie des juifs à Theresienstadt. Doris Grozdanovičovà y joue le rôle d’une bergère. Seuls les délégués du CICR verront alors ce film en avril 1945, et jugent la propagande excessive.
En mai 1945, Himmler propose au CICR de visiter un camp à l’est de l’Europe. Le CICR ne lui répond pas.
Au cas où Maurice Rossel souhaite voir la destination des juifs déportés de Theresienstadt, les Allemands font construire à Auschwitz un « camp familial où les gens semblaient vivre normalement. Quand Eichman a compris que la Croix-Rouge ne viendrait jamais, toutes ces personnes ont été tuées dans ces chambres à gaz », explique Saul Friedländer.
En septembre 1944, lors d’une rapide visite à Auschwitz, Maurice Rossel apprend par les prisonniers britanniques que des déportés « sont gazés dans des douches ». Aujourd’hui, il reconnaît savoir à l’époque qu’il s’agissait d’un « camp final », d’extermination. Il demeure alors silencieux, remarque qu’à la Kommandantur, ils sont « fiers du travail qu’ils faisaient » et l’assurent que les « colis sont bien distribués ». Convaincu, Maurice Rossel le consigne dans son rapport. Dès son arrivée au camp, Jiři Kosta est mis au courant de l’extermination dans les fours crématoires que des déportés lui désignent.
A l’été 1944, les « détails du génocide sont révélés à l’opinion publique. Le rapport de deux prisonniers qui ont pu s’évader d’Auschwitz arrive à Genève. La presse suisse parle sans cesse de l’extermination des juifs hongrois ». La pression croît sur le CICR.
Un appel au gouvernement hongrois « permet d’arrêter les déportations ». Le CICR envoie le délégué Friedrich Born. Celui-ci parvient à sauver à l’automne 1944 de la déportation des juifs restants menacés de déportation par les nazis.
Dès 1942, la Croix-Rouge slovaque avait sollicité l’aide du CICR. En vain.
A l’automne 1944, Georges Dunand, délégué du CICR à Bratislava (Slovaquie) est tourmenté par son dilemme : aider les juifs persécutés ou respecter la neutralité du CICR. La plupart des 90 000 juifs slovaques ont été déportés, 5 000 se cachent, errent d’une cachette (bunker) – armoire, - à une autre, craignant d’être découverts ou dénoncés.
Laci Rotter se souvient de son cousin qui avait passé la guerre caché dans une chambre, sous un lit. A la libération, son cousin ne savait plus parler, car il n’avait communiqué avec personne pendant des années.
Du siège de la Gestapo, Alois Brunner « fait la chasse aux juifs ».
Arnold « Bumi » Lazar, Juif résistant, fait confiance à Georges Dunand qui lui remet ses sommes d’argent provenant d’organisations juives humanitaires et destinées à nourrir les juifs slovaques, etc. Georges Dunand sait qu’il prend des risques sans le soutien de sa hiérarchie ; il sauve plus de 1 000 juifs à Bratislava.
La défaite des nazis est chaque jour plus prévisible. Le CICR négocie avec les nazis « pour venir en aide aux déportés » et parvient à un accord peu avant la fin de la guerre. Burckhardt est autorisé à envoyer du personnel dans les camps.
Délégué du CICR envoyé au camp de Mauthausen, Louis Haefliger a connaissance d’une rumeur selon laquelle les SS vont tuer tous les déportés vivants. Il sait que les Alliés sont à proximité du camp. Et c’est lui qui va chercher les Américains qui libèrent le camp le 4 mai 1945.
Limogé après guerre pour n’avoir pas respecté les statuts et avoir enfreint les ordres de sa hiérarchie, Louis Haefliger qui en 1989 confie avoir « humainement bien agi ».
Après la Seconde Guerre mondiale, le droit international se dote d’instruments pour protéger les victimes civiles : le 8 décembre 1949, est adoptée la nouvelle convention de Genève, mais l’entrée du Magen David Adom, organisation juive humanitaire, est refusé.
Après la guerre, le CICR « prétend ignorer tout de l’ampleur du génocide juif ». Ce n’est que dans les années 1990, après la mort de ses dirigeants, qu’il reconnaît ses erreurs. Burckhardt, qui a succédé à Huber, à la présidence du CICR (1945-1948) a « empêché ce travail de mémoire ». Aram Mattioli précise : « On sait aujourd’hui, preuves à l’appui, dans les années 1950, Burkard a fait disparaître des dossiers des archives du CICR. Il s’agit sans doute de documents présentant la politique du CICR sous un jour défavorable ».
Après la guerre, des millions de réfugiés et d’apatrides victimes des nazis cherchent un havre qui les accueille. Les anciens nazis recherchés aussi, et sollicitent un passeport du CICR en usant de faux noms : « Ricardo Clemente, alias Eichmann, qui a organisé le génocide des Juifs d’Europe, Helmut Gregor alias Josef Mengele qui sélectionnait les Juifs à Auschwitz et les torturait en réalisant des expériences ‘médicales’ sur eux ».
Uki Goňi, historien, évoque l’accord entre l’Argentine et Heinrich Rothmund, directeur de la police suisse : « Les Nazis ne pouvaient pas quitter l’Allemagne parce que les forces d’occupation américaines et britanniques ne leur délivraient pas de visa. L’Argentine a donc proposé à Rothmund d’accueillir un certain nombre de réfugiés, à condition qu’il accepte de laisser entrer en Suisse des nazis sans papiers, pour qu’ils puissent de là gagner l’Italie. Rothmund a dit « Oh oui, nous avons environ 9 000 réfugiés ici, des rescapés des camps de concentration, et nous n’en voulons pas, surtout des juifs. Les Argentins ont répondu : « Nous ne voulons pas des juifs, mais des autres ».
Par cet accord, de nombreux criminels de guerre recommandés souvent par un « fasciste notoire » fuient, via le bureau du CICR génois, embarquent à Gênes en direction de l’Argentine intéressée par le savoir-faire allemand.
Après la guerre, « la Croix-Rouge allemande se consacre entièrement aux soldats allemands portés disparus ».
Les Alliés confient au CICR la direction du Service international des recherches (ITS) auquel s’adressent les victimes des nazis. L’ITS conserve les documents saisis après guerre sur les crimes nazis : dossiers des camps de concentration, liste des déportés et morts, pièces d’identité des détenus, etc. Plus de « 17 millions de données personnelles ne sont toujours pas traitées à ce jour. Le CICR a encore manqué une occasion d’aider les victimes. Depuis des années, les demandes [d’informations] s’accumulent par centaines de milliers ». Depuis 2006, le CICR s’efforce de résoudre ses dysfonctionnements : de nombreux survivants de la Shoah sont décédés sans avoir de réponse à leurs questions.
Dans le jardin des Justes, à Yad Vashem (Jérusalem), sont honorés quelques membres de la Croix-Rouge, dont Friedrich Born.
Plus qu’un échec, c’est d’une faute morale de la Croix-Rouge que ce documentaire intéressant démontre. Le CICR n’a pas seulement « abandonné à leur sort les victimes de la Shoah », mais aussi les futures victimes qu’il aurait pu/du sauver.
On peut regretter que ce documentaire ne mentionne pas l'inaction du CICR à l'égard des camps de prisonniers en Afrique.
Pour répondre à cette question, la réalisatrice Christine Rütten cite des archives et des témoins, anciens responsable de cette célèbre organisation internationale et survivants de la Shoah.
Antisémitisme et défense des intérêts de la Suisse
Dès 1934, lors de sa 15e conférence à Tokyo (Japon), les femmes du CICR proposent d’assurer une protection juridique aux civils prisonniers à l’instar de celle dont bénéficient les soldats prisonniers. Malgré la montée des périls – Hitler arrive au pouvoir en 1933 -, le CICR reporte la décision.
Malgré la Nuit de cristal qui coûte la vie à plus de 400 juifs, malgré les alertes – Max Braun écrit en décembre 1938 au CICR pour dénoncer les conditions inhumaines infligées aux milliers de détenus juifs dans les camps de concentration allemands -, Max Huber, président du CICR (1928-1944), minimise le problème dans une lettre bienveillante à la Croix-Rouge allemande. Il sait pourtant l’étroit contrôle de cette organisation nationale par les dirigeants nazis : les juifs en ont été exclus, la Croix-Rouge allemande est indifférente à l’égard des détenus de ces camps et ses membres exécutent le salut nazi.
Président du Tribunal international à La Haye, Max Huber dirige « deux grandes entreprises suisses et fait de bonnes affaires avec l’industrie allemande d’armement ».
Carl Jacob Burckhardt, vice-président du CICR, est très lié à l’Allemagne : jusqu’au début de la guerre en 1939, il est haut commissaire de la Société des Nations à Dantzig. « Suisse alémanique, il se montre très germanophile. Il admire la culture allemande et aprouve l’hostilité du IIIe Reich à l’égard de l’Union soviétique », explique Aram Mattioli, historien. Ainsi, quand le Conseil fédéral suisse refuse d’accueillir Goebbels, Burckhardt intervient. En 1935, il rencontre dans un camp le Prix Nobel de la paix (1935), le journaliste et pacifiste Karl von Ossietzky (1889-1938), « une chose tremblante et livide… avec un œil enflé, les dents cassées ». Ainsi le décrira-t-il après guerre dans ses Mémoires.
En 1936, invité du Führer en Allemagne, Burckhardt est enthousiasmé par son séjour d’une semaine. Dans son rapport au Comité, il estime inchangée la situation des prisonniers des camps de concentration et passe sous silence les persécutions visant les juifs dont il est au courant. Pour Daniel Palmieri, historien au CICR, les élites du CICR assimilent souvent juifs et communistes. Un amalgame qu’il juge « néfaste, car le CICR des années 1930 et 1940 est anti-communiste ». Pire, un rapport du CICR est élogieux sur le camp de Dachau, où sont assassinées lors de la guerre environ 30 000 personnes.
Les déclarations des dirigeants sur l’extermination voulue des juifs se multiplient. Les convois sillonnent l’Europe vers les camps nazis, en partance de gares, notamment de Berlin, où sont présents des délégués du CICR qui informent celui-ci par des rapports factuels précis.
Le CICR demeure silencieux en alléguant sa neutralité et l’absence de mandat international pour les prisonniers civils. Or, son statut l’autorise à toute action humanitaire jugée nécessaire.
Huber et Burckhardt restent indifférents et envoient leurs instructions à leurs délégués à Berlin : s’assurer que « les prisonniers de guerre sont bien traités par les Allemands ».
Maurice Rossel, alors jeune médecin et délégué du CICR, explique que celui-ci est alors « responsable de six millions de prisonniers de guerre pour lesquels des conventions avaient été signées et étaient respectées ». Et d’alléguer que la Croix-Rouge a demandé « sans arrêt » à visiter les camps de concentration et s’est vue opposer des refus des autorités nazies pour lesquelles il s’agit d’une « affaire strictement nationale ».
Pourtant, « Genève aurait pu faire pression sur les Allemands » en raison de la dépendance du IIIe Reich à l’égard du CICR et de sa volonté d’éviter tout clash avec ce dernier.
Ce n’est qu’à la fin de la guerre que le CICR « intervient en faveur des victimes des nazis » car ses dirigeants ne veulent pas « compromettre leurs bonnes relations avec les Allemands à cause des juifs et des communistes ».
L’une des missions du CICR consiste à rechercher les personnes portées disparues. Ses recherches concernent « presque exclusivement les soi-disant aryens. Des millions de juifs ont disparus depuis longtemps sans laisser de trace ». En avril 1942, la Croix-Rouge allemande reconnaît officiellement son incapacité de « communiquer des informations sur les détenus non aryens et n’est pas en mesure de donner suite à ce type de demandes ». Son directeur est « très impliqué dans l’assassinat d’innocents » : médecin SS, il « participe activement au programme d’euthanasie et aux prétendues expériences médicales sur les prisonniers des camps ».
A l’été 1942, lors du Congrès juif mondial, Gerhart Riegner, directeur de son bureau genevois, est informé de la Solution finale visant l’extermination des juifs « dans les pays contrôlés ou occupés par l’Allemagne », et en prévient Londres et New York. Il se rend compte que Burckhardt « est au courant depuis longtemps, et par deux sources d’information, et disait qu’il fallait ‘libérer le territoire des ses juifs’ », c’est-à-dire les exterminer.
Burckhardt dissimile au Comité ses informations, mais les femmes « insistent depuis longtemps pour lancer un appel public contre le génocide juif ». Le 14 octobre 1942, Philippe Etter, membre du CICR et du Conseil fédéral suisse, « se déplace exceptionnellement pour voter. Il veut empêcher à tout prix cet appel ». Pour ne pas heurter les Allemands… « Aujourd’hui, il est prouvé, documents à l’appui, que certains membre du Comité étaient antisémites », constate Aram Mattioli, historien. Une majorité du CICR s’oppose à cet appel public.
Quel aurait pu être la portée de cet appel ? « Le monde aurait été informé, et c’était important. Quand les Alliés ont annoncé en décembre 1942 que les juifs étaient exterminés. On pouvait dire : c’est une horrible opération de propagande contre l’Allemagne. Pourquoi le croire ? Si c’était venu d’une institution neutre comme le CICR, c’aurait pu convaincre beaucoup de monde », rappelle Saul Friedländer, historien et ancien enfant juif caché dans un internat catholique en France.
En février 1943, « en quelques mois, les nazis tuent trois millions de juifs et n’en font même pas mystère ».
Plus « la situation des juifs est désespérée, plus la Suisse durcit sa politique à l’égard des réfugiés ». Les parents de Saul Friedländer « sont refoulés à la frontière, et déportés à Auschwitz où ils sont assassinés ». Et cet historien d’indiquer que les autorités suisses savaient le destin mortel des juifs refoulés.
Le CICR a archivé près de 100 000 accusés de réception aux colis envoyés aux détenus des camps nazis. Seuls 10% des colis du CICR sont parvenus à ces détenus, et « presqu’aucun d’eux n’était juif ».
Depuis l’automne 1941, la ville de garnison Theresienstadt, dont la population tchèque avoisinait avant guerre 7 000 âmes, est transformée en camp de concentration où survivent 60 000 prisonniers.
En mai 1944, le chef des SS Heinrich Himmler « autorise la visite d’une délégation de la Croix-Rouge. Les préparatifs » débutent dès l’automne 1943. Pour ne pas donner l’image d’une ville surpeuplée, 15 000 détenus sont déportés à Auschwitz. « On prévoit minutieusement ce qui doit être vu le long d’un parcours bien défini ».
Doris Grozdanovičovà, à Theresienstadt depuis 1942, se souvient : « On a nettoyé les rues. On a construit un café. Bref, on a embelli la ville. Au début, on ne savait même pas ce qui se passait. Puis, on a appris que la Croix-Rouge allait venir. Et on a tous pensé que ce serait peut-être bénéfique pour nous ». Mais Jiři Kosta, prisonnier, relève l’absence d’une telle délégation en 1943.
Le 23 juin 1944, à 11h, Maurice Rossel, jeune délégué du CICR débute sa visite de Theresienstadt. Une ville qu’il prend en photos et qu’il juge « presque normale ». Il demande de ne pas séparer les chanteurs de la chorale, qui seront… « gazés ensemble à Auschwitz ».
Après cette mascarade, le soir, il « savoure le grand banquet » à Prague et rédige un rapport élogieux, vantant les « excellents soins médicaux prodigués ». Les détenus de Theresienstadt sont désespérés. Les convois reprennent…
Début juillet 1944, Maurice Rossel « remercie ses hôtes allemands » et les rassure sur la teneur de son rapport, jugeant les « conditions de vie satisfaisantes ». Il leur envoie quelques unes de ses photos qui servent la propagande nazie.
A ce jour, Maurice Rossel maintient sa version de « camp modèle » pour « riches juifs » : à Theresienstadt, « camp de théâtre, les gens n’étaient pas torturés, ne mouraient pas de faim ». Or, sur les 141 000 personnes détenues, plus de 30 000 meurent de faim et de maladie ; 90 000 sont déportés vers les camps d’extermination.
Forts de la réussite de leur mascarade entérinée par le CICR, les nazis réalisent un film, surnommé ironiquement par les détenus Le führer offre une ville aux juifs, vantant la qualité de vie des juifs à Theresienstadt. Doris Grozdanovičovà y joue le rôle d’une bergère. Seuls les délégués du CICR verront alors ce film en avril 1945, et jugent la propagande excessive.
En mai 1945, Himmler propose au CICR de visiter un camp à l’est de l’Europe. Le CICR ne lui répond pas.
Au cas où Maurice Rossel souhaite voir la destination des juifs déportés de Theresienstadt, les Allemands font construire à Auschwitz un « camp familial où les gens semblaient vivre normalement. Quand Eichman a compris que la Croix-Rouge ne viendrait jamais, toutes ces personnes ont été tuées dans ces chambres à gaz », explique Saul Friedländer.
En septembre 1944, lors d’une rapide visite à Auschwitz, Maurice Rossel apprend par les prisonniers britanniques que des déportés « sont gazés dans des douches ». Aujourd’hui, il reconnaît savoir à l’époque qu’il s’agissait d’un « camp final », d’extermination. Il demeure alors silencieux, remarque qu’à la Kommandantur, ils sont « fiers du travail qu’ils faisaient » et l’assurent que les « colis sont bien distribués ». Convaincu, Maurice Rossel le consigne dans son rapport. Dès son arrivée au camp, Jiři Kosta est mis au courant de l’extermination dans les fours crématoires que des déportés lui désignent.
A l’été 1944, les « détails du génocide sont révélés à l’opinion publique. Le rapport de deux prisonniers qui ont pu s’évader d’Auschwitz arrive à Genève. La presse suisse parle sans cesse de l’extermination des juifs hongrois ». La pression croît sur le CICR.
Un appel au gouvernement hongrois « permet d’arrêter les déportations ». Le CICR envoie le délégué Friedrich Born. Celui-ci parvient à sauver à l’automne 1944 de la déportation des juifs restants menacés de déportation par les nazis.
Dès 1942, la Croix-Rouge slovaque avait sollicité l’aide du CICR. En vain.
A l’automne 1944, Georges Dunand, délégué du CICR à Bratislava (Slovaquie) est tourmenté par son dilemme : aider les juifs persécutés ou respecter la neutralité du CICR. La plupart des 90 000 juifs slovaques ont été déportés, 5 000 se cachent, errent d’une cachette (bunker) – armoire, - à une autre, craignant d’être découverts ou dénoncés.
Laci Rotter se souvient de son cousin qui avait passé la guerre caché dans une chambre, sous un lit. A la libération, son cousin ne savait plus parler, car il n’avait communiqué avec personne pendant des années.
Du siège de la Gestapo, Alois Brunner « fait la chasse aux juifs ».
Arnold « Bumi » Lazar, Juif résistant, fait confiance à Georges Dunand qui lui remet ses sommes d’argent provenant d’organisations juives humanitaires et destinées à nourrir les juifs slovaques, etc. Georges Dunand sait qu’il prend des risques sans le soutien de sa hiérarchie ; il sauve plus de 1 000 juifs à Bratislava.
La défaite des nazis est chaque jour plus prévisible. Le CICR négocie avec les nazis « pour venir en aide aux déportés » et parvient à un accord peu avant la fin de la guerre. Burckhardt est autorisé à envoyer du personnel dans les camps.
Délégué du CICR envoyé au camp de Mauthausen, Louis Haefliger a connaissance d’une rumeur selon laquelle les SS vont tuer tous les déportés vivants. Il sait que les Alliés sont à proximité du camp. Et c’est lui qui va chercher les Américains qui libèrent le camp le 4 mai 1945.
Limogé après guerre pour n’avoir pas respecté les statuts et avoir enfreint les ordres de sa hiérarchie, Louis Haefliger qui en 1989 confie avoir « humainement bien agi ».
Après la Seconde Guerre mondiale, le droit international se dote d’instruments pour protéger les victimes civiles : le 8 décembre 1949, est adoptée la nouvelle convention de Genève, mais l’entrée du Magen David Adom, organisation juive humanitaire, est refusé.
Après la guerre, le CICR « prétend ignorer tout de l’ampleur du génocide juif ». Ce n’est que dans les années 1990, après la mort de ses dirigeants, qu’il reconnaît ses erreurs. Burckhardt, qui a succédé à Huber, à la présidence du CICR (1945-1948) a « empêché ce travail de mémoire ». Aram Mattioli précise : « On sait aujourd’hui, preuves à l’appui, dans les années 1950, Burkard a fait disparaître des dossiers des archives du CICR. Il s’agit sans doute de documents présentant la politique du CICR sous un jour défavorable ».
Après la guerre, des millions de réfugiés et d’apatrides victimes des nazis cherchent un havre qui les accueille. Les anciens nazis recherchés aussi, et sollicitent un passeport du CICR en usant de faux noms : « Ricardo Clemente, alias Eichmann, qui a organisé le génocide des Juifs d’Europe, Helmut Gregor alias Josef Mengele qui sélectionnait les Juifs à Auschwitz et les torturait en réalisant des expériences ‘médicales’ sur eux ».
Uki Goňi, historien, évoque l’accord entre l’Argentine et Heinrich Rothmund, directeur de la police suisse : « Les Nazis ne pouvaient pas quitter l’Allemagne parce que les forces d’occupation américaines et britanniques ne leur délivraient pas de visa. L’Argentine a donc proposé à Rothmund d’accueillir un certain nombre de réfugiés, à condition qu’il accepte de laisser entrer en Suisse des nazis sans papiers, pour qu’ils puissent de là gagner l’Italie. Rothmund a dit « Oh oui, nous avons environ 9 000 réfugiés ici, des rescapés des camps de concentration, et nous n’en voulons pas, surtout des juifs. Les Argentins ont répondu : « Nous ne voulons pas des juifs, mais des autres ».
Par cet accord, de nombreux criminels de guerre recommandés souvent par un « fasciste notoire » fuient, via le bureau du CICR génois, embarquent à Gênes en direction de l’Argentine intéressée par le savoir-faire allemand.
Après la guerre, « la Croix-Rouge allemande se consacre entièrement aux soldats allemands portés disparus ».
Les Alliés confient au CICR la direction du Service international des recherches (ITS) auquel s’adressent les victimes des nazis. L’ITS conserve les documents saisis après guerre sur les crimes nazis : dossiers des camps de concentration, liste des déportés et morts, pièces d’identité des détenus, etc. Plus de « 17 millions de données personnelles ne sont toujours pas traitées à ce jour. Le CICR a encore manqué une occasion d’aider les victimes. Depuis des années, les demandes [d’informations] s’accumulent par centaines de milliers ». Depuis 2006, le CICR s’efforce de résoudre ses dysfonctionnements : de nombreux survivants de la Shoah sont décédés sans avoir de réponse à leurs questions.
Dans le jardin des Justes, à Yad Vashem (Jérusalem), sont honorés quelques membres de la Croix-Rouge, dont Friedrich Born.
Plus qu’un échec, c’est d’une faute morale de la Croix-Rouge que ce documentaire intéressant démontre. Le CICR n’a pas seulement « abandonné à leur sort les victimes de la Shoah », mais aussi les futures victimes qu’il aurait pu/du sauver.
On peut regretter que ce documentaire ne mentionne pas l'inaction du CICR à l'égard des camps de prisonniers en Afrique.
Le 26 janvier 2016, Histoire diffusa Un vivant qui passe. "En 1979, alors qu'il réalise "Shoah", Claude Lanzmann rencontre Maurice Rossel avec qui il s'entretient longuement. Délégué à Berlin par la Croix-Rouge pendant la guerre, Rossel se rendit à Auschwitz, en 1943, avant de visiter le "ghetto modèle" de Theresienstadt, en 1944, avec le plein accord des autorités allemandes. Il se laissa alors totalement aveugler par la mise en scène nazie, incapable de déceler la vraie nature des lieux. Claude Lanzmann revient avec lui sur ces instants pour essayer de comprendre comment il a pu se laisser ainsi abuser par les autorités nazies".
Le CICR et l’Etat Israël
Séquelles de cette attitude discriminatoire à l’égard des juifs ? Le CICR a accueilli tardivement, en 2006, le Maguen David Adom et l’a admis en son sein avec le Croissant-Rouge palestinien, et en refusant que l’étoile de David soit son troisième emblème.
Quant au soldat franco-israélien Gilad Shalit otage du mouvement terroriste islamiste Hamas dans la bande de Gaza, le CICR a été critiquée pour son inaction et son inefficacité.
En outre, depuis deux mois, dans ses bureaux à Jérusalem (Israël) en juillet 2017, il a abrité des terroristes de ce mouvement islamiste en avançant la 4e convention de Genève...
Enfin, le CICR a maintenu, notamment dans son rapport annuel, la dénomination erronée de "territoires occupés" de la Judée, de la Samarie, et de la bande de Gaza même après le retrait total des Israéliens de ce lieu en 2005. Et lors même que des experts en droit international réunis par le CICR refusent cette dénomination pour la bande de Gaza.
Visuels de haut en bas :
© DR
Logo du CICR
Carte officielle de Maurice Rossel
Doris Grozdanovičovà en bergère
Maurice Rossel interviewé
Logo du MDA
Les trois emblèmes du CICR
Cet article a été publié le 26 septembre 2010, puis les 21 octobre 2013 et 27 janvier 2016, 19 juillet 2017, 4 janvier 2024.
Séquelles de cette attitude discriminatoire à l’égard des juifs ? Le CICR a accueilli tardivement, en 2006, le Maguen David Adom et l’a admis en son sein avec le Croissant-Rouge palestinien, et en refusant que l’étoile de David soit son troisième emblème.
Celui-ci est, aux côtés de la croix rouge et du croissant rouge, un cristal rouge.
Quant au soldat franco-israélien Gilad Shalit otage du mouvement terroriste islamiste Hamas dans la bande de Gaza, le CICR a été critiquée pour son inaction et son inefficacité.
En outre, depuis deux mois, dans ses bureaux à Jérusalem (Israël) en juillet 2017, il a abrité des terroristes de ce mouvement islamiste en avançant la 4e convention de Genève...Enfin, le CICR a maintenu, notamment dans son rapport annuel, la dénomination erronée de "territoires occupés" de la Judée, de la Samarie, et de la bande de Gaza même après le retrait total des Israéliens de ce lieu en 2005. Et lors même que des experts en droit international réunis par le CICR refusent cette dénomination pour la bande de Gaza.
Le 22 juin 2017, Palestinian Media Watch (PMW) a révélé que "l'Autorité palestinienne abuse de la bonne volonté de la Croix-Rouge internationale pour payer les salaires aux terroristes palestiniens dans les prisons israéliennes". PMW a écrit au Premier ministre israélien Netanyahu pour l'en informer et lui suggérer un moyen de mettre un terme à cette situation.
La loi de l'Autorité palestinienne (AP) précise que tous les Palestiniens arrêtés, dont ceux ayant commis des attentats terroristes, reçoivent un salaire de l'AP de la date de leur arrestation jusqu'au jour de leur libération. Le montant de ce salaire varie selon la durée de l'emprisonnement et va de 1 400 shekels à 12 000 shekels par mois. Or, l'AP allègue aux gouvernements étrangers que ces versements sont des "allocations sociales". Le Comité de Croix-Rouge internationale (ICRC) fournit les formulaires qui permettent le paiement de ces salaires aux terroristes.
La Régulation 18 (2010), qui a fixé les procédures pour les paiements par l'AP aux terroristes palestiniens, précise qu'un "wakil" - un "agent autorisé" ou "mandat d'allocation" - sera désigné par le prisonnier pour déterminer qui reçoit le salaire. Elle autorise le prisonnier à désigner d'autres personnes que son épouse ou ses parents. La désignation d'un "agent" peut être autorisée seulement par un formulaire signé par le prisonnier. Le CICR, qui visite les prisonniers, leur apporte ce formulaire. Or, fournir ce formulaire n'est pas inclus dans le travail humanitaire du CICR.
PMW a interrogé le CICR. "Dans sa réponse, le CICR a établi une distinction entre deux types de prisonniers : les « internés » et les « détenus ». La catégorie des « détenus » comprend les personnes arrêtées, inculpées ou condamnées pour terrorisme (voir les articles 66, 69 et 76 de la quatrième Convention de Genève – CG IV), ce qui inclut les terroristes palestiniens incarcérés. Dans sa réponse au PMW, concernant les « détenus », le CICR a fait référence à l’article 10 de la CG IV, qui dispose ::
« Les dispositions de la présente Convention ne font pas obstacle aux activités humanitaires que le Comité international de la Croix-Rouge ou toute autre organisation humanitaire impartiale peut, sous réserve du consentement des Parties au conflit concernées, entreprendre en vue de la protection des personnes civiles et de leur secours. » (C'est nous qui soulignons.)"
"Étant donné que faciliter le versement des salaires aux terroristes n'est pas une obligation imposée au CICR par la IVe Convention de Genève, et que cela ne relève certainement pas de son action humanitaire, toute prestation de services aux « détenus » nécessite le « consentement des Parties ». Cela signifie que le CICR ne peut pas faciliter ces versements aux terroristes sans le consentement du gouvernement israélien".
"Bien qu'il ne soit pas certain que le CICR ait su, avant la demande de PMW, que l'Autorité palestinienne utilisait le formulaire qu'il lui fournissait pour verser les salaires des terroristes, la réponse du CICR à la demande de PMW indiquait que l'organisation fournissait ce service dans le cadre d'une activité « humanitaire ».
PMW « a informé le Premier ministre Netanyahu des activités du CICR ». Comme indiqué, les activités du CICR concernant les « détenus » se fondent sur l’article 10 de la IVe Convention de Genève, qui exige le consentement des autorités israéliennes. Étant donné que le Premier ministre Benjamin Netanyahou a appelé à plusieurs reprises l’Autorité palestinienne à cesser de verser des salaires aux prisonniers terroristes, PMW a écrit aujourd’hui au Premier ministre pour l’informer que le CICR facilite en réalité le versement de ces salaires aux prisonniers terroristes. Nous avons demandé au Premier ministre, en sa qualité de ministre des Affaires étrangères, de vérifier si Israël avait donné son consentement au CICR pour qu’il fournisse ce formulaire d’autorisation aux terroristes, ce qui leur permet de percevoir leurs salaires de l’Autorité palestinienne. Il est certain que si ce consentement a été donné par le passé, il devrait désormais être révoqué, conformément à la politique israélienne actuelle. »
Après le djihad du 7 octobre 2023 dans le sud d'Israël, le CICR n'a effectué aucune visite des centaines d'otages, enfants et adultes, du Hamas dans la bande de Gaza, a refusé de prendre des médicaments destinés aux otages malades, et a exprimé sa sollicitude envers les Gazaouis.
"Raz et Ohad Ben Ami ont été kidnappés à leur domicile du kibboutz Be'eri le 7 octobre et détenus séparément à Gaza. Ohad (55 ans) est toujours en captivité, tandis que Raz (57 ans), sa femme, a été libérée après 57 jours. Détenue dans des conditions inhumaines, sa santé s'est détériorée car elle n'a pas reçu les médicaments dont elle avait besoin pour traiter sa maladie."
"Pendant ce temps, des membres de sa famille ont supplié les responsables de la Croix-Rouge en Israël, en Allemagne et aux États-Unis d'essayer de lui livrer les médicaments en question. En réponse, l'un des responsables a envoyé un mail à la famille dans lequel il est écrit : "Je vous souhaite de réussir à rétablir le contact avec les membres de votre famille." Par l'intermédiaire de l'organisation Shurat Hadin, une plainte a été déposée auprès du tribunal de district de Jérusalem au nom de Raz et Ohad Ben Ami et de leurs familles contre le Comité international de la Croix-Rouge (CICR)."
"La Croix-Rouge est accusée de ne pas avoir rempli ses fonctions qui consistent notamment à rendre visite aux otages détenus à Gaza, à garantir leur sécurité et à agir pour leur libération. Selon la plainte, les rôles et pouvoirs du Comité international de la Croix-Rouge lui confèrent non seulement des droits, mais impliquent également la responsabilité d'agir dans des cas comme les enlèvements."
"Les membres de l’organisation ont commencé à intervenir activement quelques semaines seulement après l’enlèvement, perdant un temps précieux, d'après les termes de la plainte. "Ils n'ont pas agi avec le respect dû aux familles des otages, n'ont pas essayé de leur livrer aux captifs les médicaments nécessaires - même lorsqu'ils ont été fournis aux représentants de l'organisation -, ils n'ont pas agi avec fermeté pour rendre visite aux otages - même lorsque cela était convenu dans l'accord pour la libération des personnes kidnappées entre Israël et le mouvement terroriste Hamas", dit la plainte."
"Depuis le début de la guerre, l’organisation Shurat Hadin se bat pour faire face à la réponse passive de la Croix-Rouge internationale et à son manque d’intérêt pour le sort des plus de 240 Israéliens kidnappés le 7 octobre. L’un de ces efforts, qui a bénéficié d’une couverture médiatique internationale, a été une lettre signée par plus de 1 500 avocats du monde entier, exigeant une action en faveur des otages israéliens. "La Croix-Rouge internationale revit ses erreurs de la Shoah, elle a abandonné le peuple juif dans la période la plus sombre de son histoire", a déclaré Nitsana Darshan Leitner, fondatrice et présidente de l'ONG Shurat Hadin. "Nous ne pouvons pas accepter ce mépris et ce manque de respect pour la vie humaine, simplement parce qu'ils sont juifs. La Croix-Rouge internationale est tout simplement partiale. Elle opère quotidiennement à Gaza, et n'a aucun problème pour accuser Israël de soi-disant violations. Elle exige aussi que les terroristes palestiniens qui ont kidnappé des Israéliens reçoivent une visite, alors qu'elle ne se soucie pas de ceux qu'ils ont kidnappés", a-t-elle souligné" en décembre 2023.
« Davantage d’otages auraient pu être libérés vivants de Gaza si des pressions en faveur de leur libération avaient été exercées plus tôt », a déclaré Mirjana Spoljaric, présidente du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), au New York Times dans une interview publiée le 10 octobre 2026.
"Mirjana Spoljaric a également évoqué les efforts déployés par le CICR pour inciter Israël et le groupe terroriste palestinien du Hamas à donner la priorité à la libération des otages, ainsi que l’impossibilité pour l’organisation de leur rendre visite pendant leur captivité à Gaza, ce qui lui a valu de vives critiques de la part d’Israël. « Rendre visite aux otages est bien plus compliqué que de les ramener. Et à mon avis, ils auraient dû être libérés sans condition dès le premier jour. Mais ce n’est pas la réalité dans laquelle nous évoluons, et nous devons donc travailler avec les moyens dont nous disposons », a-t-elle déclaré."
"Les 251 otages enlevés par le Hamas le 7 octobre 2023 ont été libérés dans le cadre de plusieurs accords conclus au cours de ces deux années de guerre, le premier d’entre eux intervenant quelques semaines seulement après le pogrom perpétré par le groupe terroriste palestinien et le dernier en octobre 2025. Parmi les otages enlevés vivants, 40 ont été tués pendant leur captivité, la plupart par leurs geôliers, mais certains également par erreur, à la suite de tirs de l’armée israélienne."
"Selon Mirjana Spoljaric, cela aurait probablement pu être évité. « Nous savons à quel point il est important de négocier leur libération le plus rapidement possible. L’objectif doit donc toujours être de ramener les otages. Et plus cela prend du temps, plus la situation se complique. Je pense personnellement que la pression aurait dû s’exercer plus tôt dans les négociations. Nous aurions pu sauver davantage de vies », a-t-elle déclaré."
"Elle a indiqué qu’au cours de la guerre, elle avait rencontré à la fois le dirigeant du Hamas de l’époque, Ismaïl Haniyeh, et le Premier ministre Benjamin Netanyahu, et qu’elle avait eu des « discussions difficiles » avec chacun d’eux."
"Le CICR, organisme international neutre dédié à l’aide aux victimes de la guerre, a fait l’objet de vives critiques en Israël pendant la guerre contre le Hamas à Gaza pour n’avoir pas réussi à obtenir d’aide significative pour les otages – que ce soit en surveillant leurs conditions de détention ou en leur fournissant une aide humanitaire de base, notamment des médicaments.
En représailles, Israël a empêché le CICR de rendre visite aux prisonniers palestiniens détenus dans les prisons israéliennes, un problème qui a commencé à être résolu lorsque la Haute Cour de justice a jugé cette interdiction invalide".
"Évoquant cette interdiction, Mirjana Spoljaric a déclaré au New York Times que, quelle que soit la raison invoquée par Israël pour justifier le refus d’accès aux prisonniers palestiniens, ce pays avait « une obligation légale » et, selon elle, « également une obligation morale » d’autoriser les visites de la Croix-Rouge, conformément aux Accords de Genève".
"Mirjana Spoljaric a également évoqué la situation actuelle dans la bande de Gaza, où un cessez-le-feu négocié par les États-Unis a mis fin aux principaux combats il y a un an, mais où l’armée continue de frapper presque quotidiennement quiconque est considéré comme une menace pour ses soldats ou les civils israéliens."
"Faisant référence aux propos qu’elle avait tenus à la BBC en 2025, lorsqu’elle avait déclaré que Gaza était « l’enfer sur Terre » , Mirjana Spoljaric a affirmé que son évaluation restait inchangée. « Ce que j’ai dit à propos de Gaza reste valable aujourd’hui. Ce qui est arrivé à Gaza et, à Gaza, aux Palestiniens et aux Israéliens, dépasse toutes les normes juridiques, morales et humaines. Le pire aujourd’hui, c’est que les gens sont privés de leur dignité humaine », a-t-elle indiqué au New York Times."
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