Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 11 février 2026

Roger Corbeau (1908-1995)

Roger Corbeau (1908-1995) était un photographe de plateau (cinéma, télévision) français juif. En cinquante ans de carrière, il a travaillé sur plus de 160 films de réalisateurs français et américains - 
Marcel Pagnol, Sacha Guitry, Abel Gance, Jean Delannoy, Julien Duvivier, Max Ophüls, Jean Cocteau, Henri Verneuil, Alex Joffé, Jules Dassin, Orson Welles, René Clément -, auprès des plus grandes stars : Brigitte Bardot, Sophia Loren, Jean Gabin... Ses portraits montrent son style expressionniste, sa maîtrise de la lumière et des ombres dans des photographies souvent en noir et blanc. La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé propose l’exposition « L’œil de Roger Corbeau : photographies de cinéma ».

 
Avec Raymond Voinquel (1912-1994) qui avait collaboré au Studio Harcourt (1940-1944)Roger Corbeau (1908-1995) est le plus célèbre photographe de plateau français.

Roger Corbeau (1908-1995) est né à Haguenau dans une famille bourgeoise juive alsacienne : son père bibliophile est industriel, et sa mère est passionnée pour le cinéma 

Après des études à Nancy, il est recruté en 1931 par une entreprise d'importation de thé et de café à Amsterdam (Pays-Bas).

L'année suivante, il s'installe à Paris, et débute dans le monde cinématographique comme habilleur, puis accessoiriste pour Marcel Pagnol. Quand ce réalisateur découvre fortuitement des clichés saisis par Roger Corbeau avec le Kodak folding  de son père durant le tournage du Gendre de M. Poirier, il l'emploie comme  photographe de plateau de son film, Jofroi (1933). Débute une collaboration de six ans.

Roger Corbeau débute ainsi sa carrière d'une oeuvre prolifique de photographies de plateau : ces photos étaient placées dans la devanture des salles de cinéma, et, comme l'affiche, visaient à attirer le public. Des années 1930 aux années 1970, il photographie dans un style expressionniste, accentuant les contrastes noir et blanc, usant de lumière et d'ombres pour sculpter les visages des acteurs qui contribuent par leur expressivité à ces photographiques. Il scénarise ou met en scène ses portraits en isolant l'acteur à la posture grave, dans un cadre parfois inquiétant. Il met son art au service de Marcel Pagnol (La Femme du boulanger) à Claude Chabrol (Violette Nozière) en passant par Jean Cocteau (Orphée), Robert Bresson (Journal d'un curé de campagne) ou Orson Welles (Le Procès), pour des films aux genres différents, souvent des drames. Il photographie aussi en couleurs, même s'il préfère le noir et blanc.

« Fasciné par le visage, ce grand portraitiste développe un art où se mêlent un sens dramatique très aigu et la recherche d'un idéal de beauté. La plupart du temps réalisées au format carré 6x6 cm avec un Rolleiflex, les images sont ensuite recadrées par le photographe. Il accorde beaucoup d'importance au tirage : celui-ci est souvent très dense, Roger Corbeau aimant aussi flouter la scène, en plaçant notamment un bas de soie sous l'objectif de l'agrandisseur. Ces caractéristiques participent pleinement d'un univers et d'une grammaire visuelles uniques et aisément reconnaissables. De tels partis pris justifient aussi le fait que ce soient les tirages, et non les négatifs du corpus présenté ici, qui ont été numérisés. Il a photographié 160 films de 1933 à 1980, dont des longs métrages » célèbres.

Après 1984, il cesse de photographier : "Aujourd'hui les actrices ne sont pas des beautés ou des 'natures' comme avant et, en général, les acteurs n'ont plus la même disponibilité".

Nommé en 1985 chevalier de la Légion d'honneur au titre des Arts et des Lettres, Roger Corbeau choisit le comédien Daniel Gélin pour la remise de sa décoration à la Cinémathèque française.

En 1994, Roger Corbeau a fait don de l'ensemble de son œuvre photographique à l'État français.

Décédé à 86 ans, il est enterré au cimetière israélite de Haguenau (Bas-Rhin).

« L’œil de Roger Corbeau : photographies de cinéma »
La Fondation Jérôme Seydoux-Pathé propose l’exposition « L’œil de Roger Corbeau : photographies de cinéma ».

« Après son exposition consacrée aux affiches de films (« Faire impression, quand l’affiche de cinéma s’invente »), la Fondation Jérôme Seydoux-Pathé dédie ses espaces aux photographies de Roger Corbeau (1908-1995). » 

« Considéré comme l’un des plus importants photographes de cinéma des années 1930 à 1980, Roger Corbeau a débuté sa carrière avec Marcel Pagnol et a contribué à l’univers esthétique de films tels que Toni de Jean Renoir, De Mayerling à Sarajevo de Max Ophuls, Macadam de Marcel Blistène et Jacques Feyder, Le Journal d'un curé de campagne de Robert Bresson, Pattes blanches de Jean Grémillon, La Fête à Henriette de Julien Duvivier, Les Parents terribles et Orphée de Jean Cocteau, Gervaise de René Clément, Les Sorcières de Salem de Raymond Rouleau, Les Misérables de Jean-Paul Le Chanois, mais aussi Le Procès d'Orson Welles et Violette Nozière de Claude Chabrol. Plus de 160 films en 50 ans de carrière ! »

« Reconnu dès ses débuts en 1933 comme un photographe qui révèle le film auquel il participe, Roger Corbeau s’affirme comme un portraitiste hors-pair. Nombre de ses épreuves passeront à la postérité. » 

« Par son regard, il fait accéder les images de promotion des films au rang d’un nouvel art. » 

« Précis, exigeant parfois jusqu’à l’obsession, Roger Corbeau  ne choisit pas un instant mais élabore son propre film en le racontant comme une histoire. »

« Célébré de son vivant, Roger Corbeau n’a plus été exposé depuis son décès, il y a trente ans. La Fondation Pathé présente un choix de plus de 120 photographies : des tirages originaux choisis dans le fonds d’archives du photographe. Cette matière merveilleuse est pour la première fois dévoilée. Elle s’accompagne de documents personnels, de matériel photographique, d’affiches, et de nombreux extraits de films. »

« Réalisée à partir du fonds Roger Corbeau et de ses collections, l’exposition de la Fondation Pathé rend hommage à un illustre photographe dont l’œuvre est à redécouvrir. »

Le commissariat d’exposition est assuré par Isabelle Champion et Stéphanie Salmon.

Autour de l’exposition : un catalogue de 150 pages, des visites guidées sur rendez-vous et la visite de l’exposition pendant les journées découverte, la journée d’étude Photographies de cinéma et de télévision (janvier 2026) et une programmation de films muets et parlants (décembre 2025-janvier 2026).


PARCOURS DE L'EXPOSITION

« Je suis monté à Paris en 1932, avec l’idée fixe de faire du cinéma, d’approcher les comédiens. »

Un cinéphile devenu photographe
« Fasciné depuis son adolescence par le cinéma et les acteurs, Roger Corbeau collectionne les photographies, les livres et les revues. Le cinéma muet ne cessera de l’inspirer. »

« L’exposition débute avec des épreuves de sa collection : des portraits de stars américaines et européennes des années 1920, d’une exceptionnelle qualité de tirage. »

« En 1931, Roger Corbeau quitte son Alsace natale pour Paris. Engagé comme accessoiriste sur les plateaux de tournage, il est repéré par Marcel Pagnol, qui l’engage comme photographe pour ses réalisations et ses productions. Corbeau va aussi travailler avec Jean Renoir, Sacha Guitry, Pierre Chenal, Max Ophuls, Jacques de Baroncelli ou encore Marcel L’Herbier. Appartenant à une génération montante de photographes de plateau comme Sam Lévin et Raymond Voinquel, il s’impose comme un grand portraitiste. Ses photographies d’Arletty deviennent iconiques. Sur les tournages, il saisit la dramaturgie des films à travers le visage des acteurs. »

« La fin du rêve pendant cinq ans »
« La guerre marque, selon son expression, « la fin du rêve pendant cinq ans ».

« Persécuté en tant que juif, il n’exerce pas sa profession et se cache avec sa famille, puis s’engage dans le maquis. L’exposition présente des aspects méconnus de cette période de sa vie. »

« Cette étape l’entraîne sur le film de Raymond Bernard, Un ami viendra ce soir, consacré à la Résistance. Puis, après une rencontre avortée, il travaille pour le deuxième grand réalisateur de sa carrière, Jean Cocteau. »

Grammaire des formes
« Après la guerre, Roger Corbeau donne la pleine mesure de son art. Son implication dans l’élaboration des films se mesure au degré de perfection de ses tirages photographiques. Auteur de photographies posées, il apporte sa touche personnelle, modifie la lumière des chefs-opérateurs, et recrée l’univers du film mais sans le trahir. Il travaille alors avec Robert Bresson, Jean Grémillon, Julien Duvivier, Orson Welles ou pour des noms plus inattendus comme Jean Faurez et Raymond Rouleau. »

« Une grammaire de signes, de silhouettes, d’éléments de décor et de contre plongées se retrouve d’un jeu de photographies à l’autre, qui identifie immédiatement le style de Roger Corbeau. »

Maître des portraits
« Pour chaque film, il faut former une série de portraits des principaux personnages de l’histoire comme s’il s’agissait d’un album de famille. (..) Un portrait réussi est le triomphe de la nuance, du détail. » (R. Corbeau, 1947).

« Les photographies de Corbeau sont le résultat d’un échange avec l’acteur, où la perfection du visage cède la place à l’expression, pour mettre en avant l’incarnation du personnage. »

« Maitre du noir et blanc, roi des ombres et des nuances de lumière, Roger Corbeau réalise aussi de nombreux portraits en couleurs à l’aide du procédé Ektachrome. Son goût pour les contrastes, les teintes acidulées et les tirages diffusés font merveille, en particulier pour ses portraits d'actrices. Il l’utilise aussi bien pour des fresques comme Les Misérables de Jean- Paul Le Chanois, des aventures populaires comme Fantomas d’André Hunebelle, ou des films plus intimistes comme La Prisonnière de Henri-Georges Clouzot. Il sublime et immortalise Brigitte Bardot, Danielle Darrieux, Louis de Funès, Jean Gabin, Jean Marais, Sophia Loren, mais aussi de jeunes actrices comme Isabelle Huppert et Jodie Foster. »

Interview donnée au journal L'Alsace en 1983 par Roger Corbeau, à l'occasion d'une exposition de ses clichés à Haguenau et à Strasbourg

« Comment vous est venue cette vocation de photographe ?
 Je n'ai pas eu la vocation de photographe, jamais. En fait, ce devait être en 23 ou en 24, mon père m'avait offert un petit Kodak. Je l'utilisais pour photographier la famille le dimanche, tous ces dimanches où l'on allait en voiture du côté de Lembach et où, je m'en souviens, on mangeait tout le temps la même chose. Non. Ce que je voulais, c'était faire du cinéma. Une idée qui m'était venue tout jeune. Il faut vous dire que j'allais très souvent au ciné, la semaine à Haguenau - il y avait deux salles - et, les jours de vacances, à Strasbourg.

Et que pensaient vos parents d'une telle carrière ?
Mon père voulait me transformer en homme d'affaires. C'est d'autant plus curieux que lui-même était un intellectuel, bibliophile avisé, collectionneur d'objets d'art. Mais il ne voulait pas, mais alors pas du tout, que je devienne artiste. Par contre, je dois dire que je bénéficiais du soutien inconditionnel de ma mère qui, elle, trouvait cela très bien. Il faut vous dire qu'elle était une vraie fan de cinéma. Elle y allait beaucoup et voyait surtout des films allemands. C'était l'époque de la gloire d'Henny Porten. C'était au temps du cinéma muet...

Une enfance heureuse en somme ?
Une enfance très très heureuse. J'avais la chance d'avoir pour père un homme généreux. Je me souviens que tous les samedis, nous recevions, ma sœur et moi, notre argent de poche. Le mien - et le sien, parce que je le lui empruntais à fonds perdus - passait dans les magazines de cinéma et ces merveilleuses cartes postales d'acteurs que je faisais venir d'Angleterre. En secret de mon père, bien entendu, qui ne mit quand même pas longtemps à découvrir le pot aux roses...

Mais le cinéma, le vrai, c'est Paris. Donc, vous partez.
Oui. En 32. J'avais 24 ans et me voilà décidé à "monter", si l'on peut dire, vu la position géographique de Haguenau, à Paris. J'avais obtenu l'accord passif de mon père et ma sœur m'avait donné ses économies. Et je partais pour faire du cinéma. Mais attention : pas comme acteur. Cela, je n'y ai jamais pensé. Ce que je voulais, c'était entrer dans le rêve, y participer, le faire. Parce que c'était cela, le cinéma autrefois. Aujourd'hui, tout est dit. Il y a trop de sang, de sexe, de violence... Mais à l'époque, quelle merveille.

Mais comment avez-vous fait pour pénétrer ce monde du cinéma? Vous aviez un piston ?
Ah ! mais non, pas du tout. J'ai tout bonnement acheté la Cinématographie française : il y avait toutes les adresses pour les films qui étaient en train de se tourner. Et j'y suis allé, tout bonnement. J'avais repéré un remake de Violettes impériales. Oh ! J'adorais... Je me suis présenté rue Anatole-de-la-Forge, près de la Grande-Armée, où ce film était annoncé.

Et là, vous trouvez du travail ?
Eh là ! Doucement ! Je suis tombé sur une jeune fille, une secrétaire. Elle était absolument charmante, moi aussi je présume. Nous sommes devenus copains. Comme elle était amie avec le costumier, qui était un homme très gentil, je me suis retrouvé aide-costumier. Et voilà ! J'avais fait mon entrée, ma toute petite entrée, dans le cinéma : je passais mon temps à ranger.

Un temps qui n'a pas été très long...
Non. Grâce à ma rencontre avec Marcel Pagnol. Il était aux studios de Billancourt pour terminer Fanny, qui était mis en scène par Marc Allégret. C'était juste avant qu'il ne décide de tourner ses films lui-même pour ne pas être trahi. Un beau jour, voilà qu'il me remarque. J'ai toujours eu le goût d'être soigné, je m'habillais le mieux possible. Cela l'a frappé. Et hop ! me voilà bombardé accessoiriste. Je n'en revenais pas moi-même. Je rentrais dans le rêve... Vous savez, au fond, à Haguenau, je me demandais quand même si les acteurs existaient vraiment ou non...

Et ce fut le rêve d'une vie ?
Il a duré en tout cas, longtemps, et il dure encore. Mais, depuis un an environ, il s'est fendillé. Tout est vraiment devenu trop brutal. Et puis, cette manie du nu. Vous savez, les actrices étaient bien plus désirables quand elles étaient habillées. Maintenant, il n'y a même plus de distance. Les acteurs ressemblent aux gens de la rue, à tout le monde. Oh ! Je ne suis pas contre : c'est l'évolution.

Comment fut votre rencontre avec Pagnol ?
Extraordinaire. C'était au moment du tournage du Gendre de M. Poirier. Pour mon plaisir, en souvenir de mes dimanches à Haguenau, j'avais fait des photos. Je m'en souviens très exactement : cent onze négatifs 6x9... Je les donne à un photographe et le jour où je reçois le paquet en retour, pour une raison ou pour une autre, le frère de Marcel Pagnol, René, était près de moi. Il avise les photos, les prend, les regarde et explose : "Formidable, tu viens de sauver la publicité du film". Deux ou trois jours plus tard, je rencontre Marcel Pagnol qui n'y va pas par quatre chemins : Vas acheter un appareil, me dit-il, tu es le photographe de mon prochain film." J'étais sidéré: je n'avais jamais suivi un seul cours de photo. Mais Marcel Pagnol parlait si souvent de "don de Dieu". Allez savoir, je l'avais peut-être...

Quel accueil vous ont réservé les acteurs ?
Il vous faut essayer d'imaginer ce qu'était le climat de Pagnol. Lui, c'était le soleil. Il ne faut pas oublier le mot d'Orson Welles : "La femme du boulanger, a-t-il dit, c'est le chef-d'oeuvre." Pagnol, c'était Pagnol. Tenez. Il aimait les travelling, eh bien, il aidait à poser les rails. Il adorait ça même. Les scènes d'Angèle, il les écrivait au coup par coup et les comédiens apprenaient leurs rôles en mangeant. Et puis on tournait. Parfois jusqu'à quatre, cinq heures du matin. Les jeunes à qui j'ai raconté cela m'ont dit : "Comment ! Mais ce n'est pas syndical." Pas syndical ! Mais on n'avait rien ! Pas de contrat, pas de syndicat. On était payé à la semaine. Mais c'était merveilleux, fantastique. Et puis, il y avait Pagnol, ce conteur extraordinaire. Tout ce qu'il racontait ! C'était tellement plus beau que la réalité.

Vous avez travaillé longtemps avec lui ?
Oui, mais pas exclusivement. A l'époque, je travaillais en même temps pour Sacha Guitry et Abel Gance. Pagnol n'était pas content, mais moi j'avais aussi mon idée : aller à Paris. C'était cela qui me plaisait et j'ai toujours eu pour habitude de faire ce qui me plaisait.

En somme, vous faisiez la promotion des films.
C'est simple : les photos étaient la vente du film. Parce que ces photos exaltaient la prise de vue. Il fallait toute l'interprétation du thème du film dans la photo. C'était un sacré travail et croyez-moi, on n'y faisait pas fortune ! Mais aussi, que de bonheur !

Combien de films avez-vous fait ?
Je ne le sais même plus... Disons, cent soixante, et certainement plus. J'ai fait aussi des téléfilms. Vous savez, on peut en faire des choses en cinquante ans.

Comment se passe le contact photographe-acteur sur un plateau ?
Les actrices, surtout, sont des personnes fascinantes. Oui, c'est un monde fascinant. Mais quand les acteurs arrivent sur le plateau, il faut tout oublier, on oublie tout, on ne sait plus rien de leur vie privée et c'est là qu'opère la magie, brusquement, on se retrouve tous bien ensemble.

C'est toujours facile ?
Pas forcément, non. Tenez, je me souviens d'une séance avec Raimu. Il s'approche de moi et me demande : "Qu'est-ce que tu veux que je fasse ?" Aussitôt je lui réponds : "Tout à l'heure, quand vous avez dit telle chose, vous avez fait un certain geste." Le voilà qui explose : "Espèce de petit imbécile, si tu crois que je sais toujours ce que je fais." La colère est montée... J'ai posé mon appareil à chambre 18x24 et je suis parti. Ont suivi diverses ambassades et l'orage s'est dissipé. Après, pour se montrer gentil, Raimu m'a redemandé la photo douze fois.

Vous avez travaillé avec Cocteau.
Oui. J'avais fait sa connaissance après la Libération, au métro des Invalides. Je venais juste de donner mon accord à Louis Daquin pour travailler avec lui quand je rencontre Cocteau. Il fonce aussitôt : "Ah ! Cela fait huit jours que je vous cherche. Je vous veux pour La Belle et la Bête." J'étais ennuyé comme tout, j'avais pris un engagement, je devais tenir ma parole. J'ai donc dit non. Mais Cocteau est revenu pour Les parents terribles et ensuite Orphée.

Vous y êtes allé, cette fois ?
Ah ! Evidemment. Mais tout de même, les premiers jours, j'étais pris de panique. A tel point qu'au moment de la photo, il y a eu une espèce de flottement. Cocteau s'est alors tourné vers moi et m'a dit : "Tu as toute ma confiance". Là, je suis immédiatement remonté à la hauteur de la tour Eiffel. Et puis, il y avait tant de beauté quand on était avec Cocteau. Il nous donnait toujours raison.

On venait vous chercher, vous faisiez des colères... Est-ce que vous ne vous conduisiez pas un peu en enfant gâté ?
En enfant gâté ? Ma foi, je ne sais pas. Je ne pourrais pas vous le dire. Ce que je sais, c'est que lorsqu'on cherchait à me bousculer, à coup sûr, je mettais encore plus de temps... Ce que je sais aussi, c'est que je ne suis jamais satisfait, que je vis dans la recherche permanente de l'absolu tout en me disant que cela doit être horrible d'y arriver. Là, on doit être un monstre... A tout prendre mieux vaut ne pas être satisfait, non ?

Quelle est votre définition de l'image ?
En fait, je vois tout. Il me faudrait un filtre...

Vous avez dû faire des milliers de photos.
J'ai surtout été obsédé par les photos avec les acteurs dessus. Je crois que je suis terriblement possessif avec les acteurs. Ce sont au reste les seuls personnages que j'ai photographiés. C'est vrai. Les vedettes de la politique ? Pas intéressant : il n'y a aucune beauté à sublimer. Mais les acteurs... Et ce que je dis vaut aussi pour mes proches, ceux que j'aime. Tenez, je n'ai jamais photographié les enfants de ma soeur par exemple et c'est pourtant ma seule famille. J'en ai honte.

Faisiez-vous beaucoup de photos pour obtenir la bonne ?
Pour les portraits, cinq ou six négatifs, pas plus. Mais j'étais là toute la journée, je regardais tout, je repérais tout. J'étais passionné. J'aurais voulu dévorer ce que j'avais devant moi... C'était moi qui choisissais les accessoires et le moment de la photo. Quand j'ai tourné Gervaise de René Clément, le travail des acteurs se terminait à 19 h 30, le mien commençait à 20 h 30 . J'avais eu tout le temps d'observer. Il ne me restait plus qu'à rendre tout ce que j'avais vu, ressenti, absolument clair dans la photo.

Est-ce que vous avez beaucoup évolué ?
Mon style en fait est là depuis le début. Mon coeur en tout cas y est, même s'il ne sort pas toujours très bien, au début. Bien sûr, au fil des années, j'ai appris. Mais quand je regarde les premiers portraits que j'ai faits - c'était pour Angèle, mon tout premier film - je les trouve conformes à ceux que j'ai faits vingt ans plus tard. Je crois que j'ai eu la très grande chance de ne jamais perdre ma spontanéité. C'est la passion, encore et toujours la passion, qui ressort. Mais vous savez, il faut aussi faire la part des choses : les comédiens aident beaucoup par leur métier qui leur permet d'accéder à une sorte de passivité apparente. Et puis, ils savent qu'il y a un résultat. Enfin, certains.

Certains ?
Oui. Prenez les Américains par exemple. Avant tout, ce sont des professionnels. Quand j'ai tourné avec Jody Foster, une fille charmante, joyeuse, éclatante de santé, je lui ai expliqué ce que je voulais, comment il fallait travailler. Elle a compris tout de suite. Elle m'a regardé et m'a dit tout simplement : "OK ! Tu dis, je fais". Quand j'ai tourné Lady L avec Paul Newman, à plusieurs reprises, parce que je suis poli, il m'est arrivé de lui demander pardon, en manière d'excuse pour le dérangement que je lui imposais. Il a été tout simple, très direct : "Pourquoi me demander pardon, nous sommes là pour travailler, n'est-ce pas ?

Les Français sont plus capricieux ?
Non, je ne dirai pas. Mais il y a eu parfois des orages. Ainsi, lors de ma première rencontre avec Suzy Delair. Elle était dans sa chambre d'hôtel, je vais me présenter. Accueil glacé. "Mon photographe préféré est untel", me lance-t-elle. Sans me départir de mon calme, j'ai rétorqué aussitôt : "Mon actrice préférée est Yvonne de Bray". Après, tout s'est passé le mieux du monde.

Avec qui avez-vous préféré tourner ?
Je crois que c'est avec Faye Dunaway. Oui, c'est avec elle. Une actrice, une femme merveilleuse. Mais c'était formidable aussi avec Sophia Loren, une vraie, une très grande actrice. Et puis avec Michèle Morgan, Danielle Darieux. Elle, quand elle ne tournait pas, elle s'installait dans un coin du studio avec un livre. C'est drôle : elle se mettait de dos, mais elle savait quand même tout ce qui se passait... Et puis, Gina Lollobrigida. Gina... Elle n'a pas changé. J'ai eu aussi la chance de photographier Simone Signoret toute jeune. Ce qu'elle pouvait être belle ! Chez les hommes, il y a eu Raimu bien sûr, Michel Simon, Eric von Stroheim. Jean Marais aussi et son immense talent d'avoir su faire passer sa grande beauté, et bien sûr Jean-Claude Brialy.

N'est-ce pas à la longue un peu angoissant de passer sa vie parmi des gens qui jouent, de chercher à vouloir en capter le reflet ?
Oh ! Je suis un perpétuel angoissé. C'est ainsi, je vis dans l'angoisse constante. C'est à un point tel qu'il m'arrive de me réveiller brutalement en me demandant : "Mais quel est le problème ?" Il n'y en a pas... Alors là, c'est l'angoisse. Cela doit venir de mon signe. Je suis Scorpion. Il paraît que c'est très égoïste et angoissé.

Qu'avez-vous préféré ? Le noir et blanc ou la couleur ?
Mes références sont bien sûr en noir et blanc, mais j'ai tourné en couleur à partir de 1953. Cela étant, je crois que les spectateurs interprètent mieux en noir et blanc. »

SOUVENIRS D'ACTEURS
Extrait de Roger Corbeau, portraits de cinéma, Editions du Regard, Paris, 1982.

« Il sait qu'il m'a mis à nu, qu'il a saisi mon âme ; il sait aussi que la vérité dérange, personne ne se voit tel qu'il est, dans mon métier pas davantage que dans un autre. Je me suis souvent senti rougir de moi même vu par Roger Corbeau, de confusion et parfois, je l'avoue sans gêne, de plaisir, stupéfait de découvrir des aspects insoupçonnés de ma personnalité. »
Jean Marais

« Je dois à Roger Corbeau certains de mes plus beaux portraits. Si je suis parvenue dans la Symphonie Pastorale à ce que mes yeux paraissent vides de tout regard, son objectif, lui, a su ravir l'âme de Gertrude, l'héroïne aveugle d'André Gide.
En cet instant comme en d'autres, je garde de Roger Corbeau, le souvenir d'un homme drôle et subtil dont l'œuvre demeurera l'important témoignage d'un cinéma français auquel avec quelques amis, nous avons eu, Roger et moi même, la chance de participer. »
Michèle Morgan

« Ce sont ses acteurs qui se soumettent à sa dictature, qui acceptent sa lenteur, heureux de partager avec lui son souci de perfection.
Ils savent le poids de la seule présence de Corbeau sur un tournage. Il rehausse en quelque sorte la qualité de tout le film; son ascendant s'exerce à tous les niveaux, pousse chacun à se surpasser.
Tant de rigueur inquiète porte ses fruits. Ses photos ont contribué au succès d'un très grand nombre de films ; parce qu'elles sont fortes, avec tout ce que cela comporte de non-dit, - de non montré, - de profondeur en somme. »
Claude Chabrol

« Roger Corbeau » par Isabelle Champion, co-commissaire de l’exposition « L’œil de Roger Corbeau »

« Roger Corbeau (1908-1995) est devenu photographe grâce à sa passion pour le cinéma. Fasciné par les actrices, les acteurs, mais aussi par cet ensemble qui les met en scène et les magnifie - lumières, décors, accessoires, costumes, maquillages, coiffures - l'œil du jeune Corbeau photographie et enregistre ce qu'il voit pour n’avoir de cesse, par la suite, de reproduire cette perfection.
Grâce à ce cycle - florilège de l'art du muet et miroir de l’exposition - la Fondation Pathé nous invite à découvrir ou à redécouvrir aujourd’hui les films que Roger Corbeau voyait enfant avec sa mère à Haguenau puis adolescent à Strasbourg. Nous revisiterons ainsi les images inaugurales des visages bouleversants et des paysages inoubliables ; autant de fulgurances et d’éblouissements qui ont créé l’imaginaire d’un grand photographe. C’est un privilège rare.
Alors comment choisir entre le serial en deux parties de Fritz Lang (Les Araignées) ou son film-fleuve fondateur (Les Nibelungen), entre les vicissitudes du couple Janet Gaynor/Charles Farrell chez Borzage (L’Heure suprême) ou l'errance de Lillian Gish chez Griffith (A travers l’orage), entre le vent, le ciel et les tempêtes d’Epstein (Finis Terrae) ou les chefs-d’œuvre de Dreyer (Vampyr, La Passion de Jeanne d’Arc) ?
Deux magnifiques raretés avec Conrad Veidt redécouvertes ici il y a peu, seront programmées : Les Maudits avec Jenny Hasselquist, dont la seconde partie est hélas, à ce jour, considérée comme perdue, et Le Violoniste de Florence, tourné en décors naturels avec les incomparables Elisabeth Bergner et Nora Gregor.
Les deux idoles du photographe seront aussi mises à l’honneur : l’Américaine Pearl White - française de cœur enterrée au cimetière de Passy où Corbeau s’était recueilli - dans son serial mythique Les Mystères de New-York, dont nous ne verrons que quelques épisodes (compte tenu de sa durée et de la disponibilité des copies), et l’Allemande Henny Porten – avec qui Corbeau a entretenu une correspondance au début des années 1950 jusqu’à sa mort en 1960 - que l’on retrouve comme actrice et productrice du remarquable classique Escalier de service.
On peut encore citer Casanova le rôle-clé d’Ivan Mosjoukine – que Corbeau aura le bonheur de photographier dans Nitchevo – ou les deux versions muettes et parlantes de Violettes Impériales avec Raquel Meller ; pour la première Corbeau est un jeune spectateur admirateur dans une salle de cinéma, pour la deuxième huit ans plus tard, il est un aide-costumier débutant passé de l’autre côté de l’écran, qui a fait de son rêve une réalité.
Il y a aussi trois merveilleuses comédies américaines de mise en abyme entre cinéma, théâtre et cirque : Mirages (Show People), Ella Cinders, Bessie à Broadway (The Matinee Idol),avec trois grandes comédiennes (Marion Davies, Colleen Moore, Bessie Love) signées par King Vidor, Alfred E. Green et Frank Capra. Côté comédies on citera encore Je ne voudrais pas être un homme de Lubitsch dont Ossi Oswalda – la Mary Pickford allemande – est l’interprète idéale, ainsi que la somptueuse « viennoiserie » ou satire aristocratique de Stroheim avec Mae Murray et John Gilbert (La Veuve joyeuse). Ne sont pas oubliées les Allemandes Kate de Nagy (Rails de l’Italien Camerini), Lil Dagover (Tartuffe de Murnau avec Emil Jannings dans le rôle-titre) et Brigitte Helm (L’Argent du Français L’Herbier). Les dive italiennes Pina Meniccheli (Le Feu) et Francesca Bertini (Sang bleu) sont aussi représentées, comme les Françaises Musidora, interprète et réalisatrice de Pour Don Carlos, Catherine Hessling, mise en scène par son mari Jean Renoir dans La Petite marchande d’allumettes et la si émouvante Sandra Milowanoff chez René Clair (La Proie du vent).
La Rue sans joie enfin, qui cristallise encore les fantasmes des cinéphiles en réunissant les stars Greta Garbo et Asta Nielsen (Hamlet), les géniaux seconds rôles Valeska Gert (Telle est la vie) et Werner Krauss et la figurante Marlene Dietrich, dont l’apparition dans le chef-d’œuvre de Pabst est toujours sujet à controverse.

Dans les années 1960, Corbeau avait obtenu l’accord de Garbo puis de Dietrich pour les photographier mais, contre toute attente, il ne donnera jamais suite, ni dans un cas ni dans l’autre. Avait-il peur d’être confronté au réel, au mythe, au passage du temps ? Sans doute tout cela à la fois. Restent les films, les images en mouvements des projections et celles, fixes, recréées et inventées par Roger Corbeau. Toutes appartiennent désormais à l’éternité. »


Du 23 octobre 2025 au 21 février 2026 
73, avenue des Gobelins. 75013 Paris
Tél. : +33 1 83 79 18 96
Mercredi et jeudi 14h - 19h Mardi et vendredi 14h - 20h30
Samedi 11h30 - 19h
Visuels :
[Corbeau sur le taxi} : Roger Corbeau, c. 1930-1935. Photographe non identifié © tous droits réservés

Mylène Demongeot, Les Sorcières de Salem (Raymond Rouleau) © 1957 – PATHE FILMS – DEFA © Photo Roger Corbeau

Romy Schneider, Le Procès (Orson Welles) © 1962 - Paris-Europa Productions - Hisa Films – FICIT © Photo Roger Corbeau

Max Haufler, Le Procès (Orson Welles) © 1962 - Paris-Europa Productions - Hisa Films – FICIT © Photo Roger Corbeau

De Mayerling à Sarajevo de Max Ophüls 1940. © Photo Roger Corbeau

Arletty, portrait pour Fric-Frac (Maurice Lehmann) © 1939 M. Lehmann - 1958 Les Films de la Pléiade distribution Les Films du Jeudi © Photo Roger Corbeau

Jean Marais, tournage d'Orphée © Photo Roger Corbeau

Orane Demazis, Angèle (Marcel Pagnol) © 1934 CMF-MPC © Photo Roger Corbeau

Jean Carmet, Violette Nozière (Claude Chabrol) © 1977 Filmel Production / Editions René Chateau Vidéo © Photo Roger Corbeau

Claude Laydu, Yvette Etiévant, Journal d’un curé de campagne (Robert Bresson) © 1951 Studiocanal © Photo Roger Corbeau

Brigitte Bardot, La Femme et le Pantin (Julien Duvivier) © 1958 - Pathé Films – Studiocanal © Photo Roger Corbeau

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Les citations proviennent du dossier de presse.

mardi 10 février 2026

Documentaires et livre sur la Chine

Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU, influente au sein de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé), dirigée par un pouvoir communiste, convoitant Taïwan, active en Afrique, la Chine est un Etat disposant de l'arme nucléaire et installant sa "Nouvelle route de la soie". Elle domine politiquement l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) liée à l'ONU (Organisation des Nations unies), est devenue la première exportatrice de biens au monde, et est membre des 
BRICS+Arte diffusera le 10 février 2026 à 21 h « Chine, la fabrique d'une nation », série documentaire en deux parties de Anne Loussouarn, puis à 23 h « Les travailleurs chinois : les oubliés de 14-18 », documentaire de Jordan Paterson.


Membre permanent du Conseil de sécurité de l'ONU et des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), influente au sein de l'OMS (Organisation mondiale de la Santé), la Chine est un Etat disposant de l'arme nucléaire et qui a contribué au programme nucléaire iranien. Elle est devenue la première exportatrice au monde. 

Dirigée par le Parti communiste, la République de Chine a ouvert une partie de son économie dès 1979 (zones économiques spéciales, ZES) au capitalisme. Riche de minerais rares, elle dispose d'atouts géostratégiques. 

Lancée en 2013, sa "Nouvelle route de la soie" (« One Belt, One Road »« Une ceinture, une route »OBOR) assure une infrastructure, terrestre et maritime, à ses échanges commerciaux mondiaux. La Chine a obtenu des chantiers stratégiques, notamment dans des ports, dans de nombreux pays dont Israël. Ce qui se traduit, dans des Etats africains, par un endettement élevé.  

En 2017, la "Belt and Road Initiative" (Initiative de la ceinture et de la route, BRI) s'est substituée à la « One Belt, One Road » (« une ceinture, une route ») ou OBOR.

La faible démographie de la Chine obère son avenir.

Au sein des Nations unies, la Chine domine l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) comme l'a montré la gestion onusienne de la pandémie de coronavirus originaire du laboratoire de virologie P4 de Wuhan, édifié grâce à l'aide financière de la France. Des articles ont allégué que des armes biologiques auraient été conçues dans ce laboratoire, et ce, dans l'opacité, sans surveillance internationale. Une carence dans la sécurité, aurait induit la sortie d'un virus sur lequel travaillaient des scientifiques. Et la gestion aberrante, liberticide, du coronavirus en Chine - opacité, confinements, crédit social - a été copiée par des Etats démocratiques.

La Chine n'a pas coupé ses relations avec la Russie après l'invasion de l'Ukraine en février 2022, et construit avec le Président russe Vladimir Poutine un espace minant l'importance géostratégique des Etats-Unis et du dollar. Elle menace Taïwan et l'Australie.

Utilisant l'affaiblissement des Etats-Unis, elle vise à imposer son hégémonie dans le monde. Une revanche contre un Occident qui l'avait humiliée au XIXe siècle.

Bénéficiant des politiques, nationales et européennes, de désindustrialisation et pro-"énergies naturelles, propres ou renouvelables", s'affranchissant des normes environnementales, la Chine a révélé sa domination sur la production de produits essentiels et sophistiqués, de voitures électriques. 

La Chine "a indiqué soutenir l’Iran dans la défense de ses « intérêts » et face à l' »intimidation », selon un communiqué publié le 6 février 2026 par la diplomatie chinoise, avant d’importants pourparlers entre Téhéran et Washington. Pékin « soutient l’Iran dans la défense de sa souveraineté, de sa sécurité et de sa dignité nationale ainsi que de ses droits et intérêts légitimes », a indiqué un vice-ministre chinois des Affaires étrangères, Miao Deyu, lors d’une rencontre le 5 février 2026 dans la capitale chinoise avec son homologue iranien Kazem Gharibabadi.« La Chine s’oppose à toute intimidation unilatérale ou recours à la force dans les relations internationales », a souligné M. Miao auprès de son interlocuteur iranien, qui lui a présenté la situation intérieure en Iran et celle du programme nucléaire de Téhéran."

Le 3 janvier 2026, la capture du Président du Venezuela, Nicolás Maduro, puis son incarcération dans une prison américaine ont fragilisé l'approvisionnement en pétrole de la Chine.

Nucléaire
La 
 "Russie et les Etats-Unis concentrent à eux deux 80% des ogives nucléaires mondiales, mais la Chine rattrape son retard à marche forcée. Le traité New Start est le dernier accord de maîtrise des armements liant Washington et Moscou. Signé en 2010, il limitait chaque partie à 800 lanceurs et bombardiers lourds et 1.550 ogives stratégiques offensives déployées, avec un mécanisme de vérification. Mais il était déjà dans les limbes depuis que les inspections ont été suspendues en 2023, après l'offensive russe en Ukraine lancée l'année précédente. L'expiration du traité a semé l'inquiétude à travers le monde, le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, ayant parlé d'un "moment grave pour la paix et la sécurité internationales".

Le 6 février 2026,  lors de la Conférence du Désarmement au siège de l'ONU à Genève, "les Etats-Unis ont appelé au lancement de négociations multilatérales de contrôle des armements nucléaires incluant la Chine, qu'ils accusent d'avoir mené des essais nucléaires cachés, notamment en 2020". 

"Au lendemain de l'expiration du traité New Start entre les Etats-Unis et la Russie qui avive les craintes de prolifération, Moscou n'a pas exclu de telles discussions avec Pékin, mais les a conditionnées à la participation de la France et du Royaume-Uni." 

"Les violations répétées du traité New Start par la Russie, l'augmentation des stocks mondiaux et les lacunes de sa conception et de sa mise en œuvre imposent aux États-Unis l'impératif clair de réclamer une nouvelle architecture (...) A cette heure, l'arsenal nucléaire chinois, dans son intégralité, est sans limite, sans transparence, sans déclaration et sans contrôle", a déclaré le sous-secrétaire d'Etat chargé du contrôle des armements, Thomas DiNanno, devant la Conférence du Désarmement au siège de l'ONU à Genève. Il a accusé également Pékin d'avoir mené, notamment en juin 2020, des tests nucléaires cachés. "La Chine a procédé à des essais nucléaires, notamment en vue d'essais d'une puissance de plusieurs centaines de tonnes", a-t-il déclaré, accusant même l'armée chinoise d'avoir "cherché à dissimuler ces essais" en utilisant une "méthode visant à réduire l'efficacité de la surveillance sismique". En novembre 2025, le président Trump avait déjà affirmé que la Chine, comme la Russie, faisait des essais "mais ils n'en parlent pas", sans fournir plus de précisions. Pékin avait alors démenti.

Le "chef de la diplomatie américaine, Marco Rubio, a estimé que "le contrôle des armements ne peut plus être une question bilatérale entre les Etats-Unis et la Russie... D'autres pays ont la responsabilité de contribuer à garantir la stabilité stratégique, et aucun plus que la Chine", dans un article en ligne détaillant la proposition américaine à Genève".

"Les capacités nucléaires de la Chine sont loin d'atteindre le niveau de celles des États-Unis ou de la Russie; par conséquent, la Chine ne participerait pas à des négociations sur le désarmement nucléaire à ce stade", a répété le 6 février 2026 à Genève le représentant de la Chine, Shen Jian.

A Moscou, le Kremlin a indiqué que Russie et Etats-Unis étaient d'accord pour garder une approche "responsable" et restaient prêts à négocier sur le sujet.

Le 9 février 2026, la Chine "a démenti les allégations américaines selon lesquelles elle aurait mené en secret des essais nucléaires, les qualifiant de « mensonges » et accusant les États-Unis de chercher des prétextes pour relancer leurs propres essais. « Les accusations des États-Unis sont totalement infondées et ne sont que mensonges purs et simples », a réagi le ministère chinois des Affaires étrangères dans un communiqué transmis à l'AFP. « La Chine s'oppose fermement à cette tentative des États-Unis de fabriquer des prétextes pour justifier la reprise de leurs propres essais nucléaires», a-t-il affirmé, appelant Washington à « mettre immédiatement fin» à ces « pratiques irresponsables ». La Chine avait exclu la semaine dernière de participer « à ce stade » à des discussions de désarmement nucléaire avec les deux autres puissances, soulignant qu'elles avaient des arsenaux bien plus importants.

Groenland
"L’Arctique englobe l’océan Arctique et les régions les plus septentrionales du Canada, du Groenland (Danemark), de l’Islande, de la Norvège, de la Suède, de la Finlande, de la Russie et des États-Unis. Ces huit États forment le Conseil de l’Arctique , un forum intergouvernemental créé en 1996, où la Chine a le statut d’observateur."
John Richardson, chercheur basé aux États-Unis, a écrit dans "Communist China's Quest for Dominance in Antarctica" (La quête de domination de la Chine communiste en Antarctique) pour le Gatestone Institute (28 avril 2021) :
"Les ambitions de la Chine dans l'Arctique sont multiples : en 2018, elle a publié son premier document de politique arctique, intitulé « Politique arctique de la Chine », se déclarant sans ambages « État quasi-arctique » et aspirant à la création d'une « Route de la soie polaire ». Or, la Chine se situe à quelque 3 000 kilomètres du cercle polaire arctique [1] . Cette « Route de la soie polaire » créerait de nouvelles voies maritimes reliant l'Asie et l'Europe via l'Arctique, dans le cadre de l'initiative « la Ceinture et la Route », un gigantesque projet de développement, d'infrastructures et d'investissement visant à accroître considérablement l'influence mondiale de la Chine en rendant les pays du monde entier de plus en plus dépendants d'elle.
La Route de la Soie polaire semble également fortement motivée par la volonté de la Chine d'accroître son accès au pétrole, au gaz et aux autres ressources naturelles de la région arctique. Le Groenland, par exemple, joue un rôle clé dans les projets chinois relatifs à la Route de la Soie polaire, car ce territoire autonome, qui fait partie du Danemark, posséderait les plus importants gisements non exploités de terres rares au monde, en plus d' uranium et d'importantes réserves de pétrole et de gaz supposées se trouver au large de ses côtes. Les terres rares sont des composants essentiels à la fabrication de divers équipements tels que les avions de combat, les systèmes d'armement, les éoliennes et les véhicules électriques, entre autres. Elles sont disponibles dans différentes régions du monde, mais leur traitement est complexe. L'année dernière, la Chine a produit 90 % des terres rares mondiales."
"La Chine, qui ne possède aucun territoire au-delà du 54e parallèle, se revendique désormais comme une « puissance quasi-arctique ». En juillet 2024, les garde-côtes américains ont croisé des navires de la marine chinoise en mer de Béring. La Chine déploie des brise-glaces dans l'Arctique depuis cinq ans et, plus récemment, a commencé à utiliser la route maritime du Nord pour recevoir des cargaisons de pétrole brut, évitant ainsi  à ses pétroliers de passer  par la mer Rouge et le canal de Suez. Ni le Danemark ni l'Union européenne ne peuvent se défendre contre une agression russe ou chinoise au Groenland ou dans l'Arctique. Seuls les États-Unis le peuvent, mais cette protection a un prix", a analysé Kenneth R. Timmerman dans Yes, Greenland is Strategic (FrontPage magazine, 15 janvier 2025). 

Canada
Auteur de Plan Red : le projet chinois de détruire l'Amérique, chercheur principal émérite du Gatestone Institute et membre de son conseil consultatif, Gordon G. Chang a écrit dans "La Chine est profondément enracinée dans l'Arctique canadien" (28 janvier 2026) :.
"Lors d'un débat électoral fédéral en avril dernier, [le Premier ministre canadien] Mark Carney n'a pas hésité à désigner la Chine comme la principale menace pour la sécurité de son pays. Pourtant, à Davos, il a refusé d'évoquer le danger que représente la Chine pour son pays.
La Chine étudie et explore actuellement les eaux arctiques afin d'aider ses sous-marins à naviguer et à échapper à la détection.
Pékin a le Canada dans son viseur depuis longtemps et ne limite pas ses activités menaçantes aux mers.
Dans une grande partie de l'Arctique, le Canada constitue la première ligne de défense des États-Unis. La Chine étudie et cartographie actuellement les eaux arctiques afin d'améliorer la navigation et la discrétion de ses sous-marins et, d'ici quelques années, sera en mesure d'envoyer des sous-marins armés au pôle Nord . Là, ils se trouveront à proximité de cibles nord-américaines potentielles
Avant de se rendre à Davos, le Premier ministre canadien s'est rendu à Pékin où il a conclu un accord commercial et évoqué un « nouvel ordre mondial ». Il a également évoqué un « nouveau partenariat stratégique Canada-Chine dans un esprit de respect mutuel, d'égalité et d'avantages réciproques afin d'apporter des résultats plus positifs aux deux peuples ».
Certains affirment que Carney croit sincèrement que son pays devrait s'aligner sur la Chine, tandis que d'autres pensent que son voyage dans la capitale chinoise n'était qu'une manœuvre de négociation pour inciter le président américain Donald Trump à modérer ses menaces commerciales de plus en plus alarmistes. Dans les deux cas, le dirigeant canadien minimise un danger bien réel pour le Canada, notamment dans l'Arctique.
Au sommet du monde, la Russie et la Chine sont des partenaires étroits.
En 2024, les forces armées chinoises et russes ont effectué pour la première fois des patrouilles aériennes près de l'Alaska. Des bombardiers chinois ont décollé et atterri sur une base aérienne russe.
L'été dernier, des sous-marins de recherche chinois ont également navigué pour la première fois sous la banquise arctique. La Chine étudie et explore actuellement les eaux arctiques afin d'améliorer la navigation de ses sous-marins et de les rendre plus discrets.
D’ici quelques années, la Chine sera capable d’envoyer des sous-marins armés au pôle Nord . Là, ils pourront atteindre des cibles nord-américaines potentielles. La Chine patrouille également l'Arctique avec des navires des garde-côtes qui, bien que peints en blanc civil, ressemblent à des frégates de la marine à coque grise.
Pékin a le Canada dans son viseur depuis longtemps et ne limite pas ses activités menaçantes aux mers.
« Si l’attention portée à la Chine et à l’Arctique s’est surtout concentrée sur les zones maritimes, Pékin s’emploie depuis des années à développer des liens entre les peuples sur terre, notamment avec les Premières Nations canadiennes, qui possèdent ou contrôlent de vastes étendues de territoire », a déclaré Cleo Paskal, de la Fondation pour la défense des démocraties, à Gatestone ce mois-ci. « Les Chinois ont évoqué des points communs, y compris la possibilité d’être “apparentés”, à l’instar des premiers Canadiens ayant traversé le détroit de Béring depuis l’Asie. »
À l'automne 2008, rapporte Paskal, plus d'une vingtaine de chefs et de représentants des Premières Nations se sont rendus en Chine. Selon le chef de la délégation, Calvin Helin, « l'accueil et le traitement que nous avons reçus sont tout à fait incroyables et historiques ».
Historique ? Oui. Incroyable ? Non.
La Chine, dans plusieurs pays, a courtisé les populations autochtones afin de s'implanter puis de les diviser. Le Canada est l'une de ces cibles.
« Le désintérêt d’Ottawa pour les peuples de l’Arctique est un problème de longue date, et c’est précisément le genre de situation qui permet à la Chine de prospérer », déclare Paskal.
Ce sont ces populations qui constituent l’épine dorsale de la défense du Canada dans ses régions arctiques, qui représentent 40 % du territoire national et plus de 70 % de son littoral. Là-bas, Ottawa compte sur les 5 000 Rangers canadiens, une unité paramilitaire composée d’Inuits, de Dénés, de Cris, d’Anishinaabe, de Métis et d’autres résidents des régions nordiques et côtières éloignées.
(...)
« Le Canada figurait parmi les pays de l'OTAN qui consacraient le moins de ressources à la défense, n'allouant qu'environ 1,4 % de son produit intérieur brut avant ses récents engagements », a souligné Burton, auteur de l'ouvrage récemment paru « Le Castor et le Dragon : Comment la Chine a déjoué la diplomatie, la sécurité et la souveraineté du Canada ». « Ce sous-investissement militaire s'explique par la complaisance héritée de l'après-guerre froide, la dépendance envers les États-Unis et la priorité accordée aux programmes sociaux au détriment de la défense militaire. »
Le principal problème du Canada dans l'Arctique n'est pas le manque de financement, mais l'insouciance. Jusqu'en 2020, les forces armées chinoises et canadiennes s'entraînaient conjointement au combat en hiver à la base des Forces canadiennes de Petawawa, une base militaire située en Ontario, à environ 170 kilomètres au nord-ouest d'Ottawa.
La vaste région arctique du Canada demeure sans défense, et aujourd'hui, les dirigeants du pays ne peuvent pas parler ouvertement de la source de la menace.
Cette réticence pose également problème aux États-Unis : dans une grande partie de l'Arctique, le Canada constitue la première ligne de défense américaine."
« La Chine, rêves et cauchemars »
Arte diffusa le 23 mai 2023 à 20 h 55 « La Chine, rêves et cauchemars », série documentaire de Karim Miske et Ilana Navaro.

« De la fragilisation de l’empire de Chine dès le milieu du XIXe siècle à son essor économique et géopolitique actuel, en passant par la guerre civile ou la révolution culturelle de Mao, la série revient sur 150 ans d'histoire méconnues et bouleverse le regard que l'Occident porte sur la Chine. Celle-ci n’a de cesse de se réinventer pour préserver sa place de grande puissance mondiale. »

Du milieu du XIXe siècle à nos jours, sous l’impulsion de multiples figures, célèbres ou méconnues, l’Empire du Milieu n’a cessé de se réinventer pour reconquérir son statut de puissance mondiale. En trois volets, une fresque documentaire portée par les coauteurs de Décolonisations et la réalisatrice de Joséphine Baker. »

« Pendant plus de deux mille ans, la Chine s’est imaginée au centre du monde, sans égal et sans rival, hermétique aux étrangers ». 

« Loin d’admettre sa défaite dans sa confrontation avec les Européens au XIXe siècle, elle va absorber les idées nouvelles venues des quatre coins de la planète, du Japon à la Russie, de l’Allemagne à l’Amérique, avant de les digérer et de les mettre à profit. »

« Au fil des décennies, des chefs rebelles ou des intellectuels exilés, des femmes artistes ou de pouvoir, des officiers ou des cadres du parti, des maoïstes d'Afrique, d'Amérique ou d'Europe vont proposer de multiples voies pour reconstruire un nouvel empire ». 

« Déjà réunis pour Décolonisations, l’historien Pierre Singaravélou et le réalisateur Karim Miské (Juifs et musulmans – Si loin, si proches) retracent avec la documentariste Ilana Navaro (Joséphine Baker – Première icône noire) près de deux siècles d’une histoire tumultueuse et tragique au cours de laquelle l’Empire du Milieu n’a eu de cesse de se réinventer pour reconquérir son statut perdu ».
 
« Nourrie d’archives inédites et d’interventions de chercheurs, pour la plupart d’origine chinoise, cette fresque en trois volets éclaire le rôle joué par des femmes et des hommes, célèbres ou méconnus, dans l’édification d’une nation redevenue aujourd’hui centrale dans la géopolitique du monde. »


1ère partie : « La chute (1853-1906) »
« Au début du XIXe siècle, la Chine, s’estimant le pays le plus élevé spirituellement de la planète, interdit l’accès de son empire à ceux qu’elle considère comme des "barbares" – Indiens, Arabes ou Européens. Depuis Canton et Macao, ses deux seuls ports internationaux, s'exportent les cargaisons de thé, de porcelaine ou de soie, produits prisés par les Occidentaux. » 

« Au pouvoir depuis deux siècles, la dynastie mandchoue des Qing règne sans partage sur 400 millions de sujets qui appartiennent à l’ethnie Han. Mais l’empereur Xianfeng ne se méfie pas des périls qui menacent son immense empire. À l’intérieur, la fronde gronde. Emmenés par le rebelle Hong Xiuquan, les Taiping se soulèvent contre l’oppression mandchoue ». 

« À l’extérieur, les grandes puissances européennes exigent de pénétrer son marché. Pour la déstabiliser, le Royaume-Uni a déjà inondé illégalement le pays de l’opium produit dans sa colonie des Indes. En 1860, un corps expéditionnaire franco-britannique parvient aux portes de Pékin. Le palais d’été est incendié et Xianfeng prend la fuite et se réfugie dans sa résidence d’été de Chengde, où il meurt, un an plus tard. »

« Tongzhi, l’héritier désigné n’ayant que six ans, sa mère, concubine de Xianfeng, assure la régence ». 

« Impératrice douairière, Cixi conservera le pouvoir contre vents et marées jusqu’à sa mort, en 1908. »


2e partie : « La guerre des Chines (1907-1965) »
« Le deuxième épisode de cette fresque documentaire couvre la période de 1907 à 1965, un moment de vérité où la Chine, convoitée par les Occidentaux, agressée par les Japonais, va choisir sa voie. »

« Aveuglées par leur puissance, les élites chinoises ne mesurent pas à quel point, avec leurs canons, leurs machines et leurs idées, les Européens ont ébranlé leur société traditionnelle ».

« Le révolutionnaire Sun Yat-sen, lui, ne pense qu’à détruire cette caste dépassée de privilégiés. Traqué par la police impériale, lui qui n’a pas remis les pieds en Chine depuis 1895 arpente le monde sans relâche pour organiser des révoltes contre les Qing. Depuis 1905, il a fait de Tokyo sa base arrière. Pour lui comme pour nombre d’intellectuels et d’opposants en exil, le Japon, qui a su s’ouvrir à l’Occident, incarne un modèle. »

« En 1911, un groupe d’officiers acquis à sa cause prend le contrôle de la ville de Wuhan et proclame la république. Pour ces révolutionnaires, tous les Chinois, quelle que soit leur ethnie ou leur croyance – Mandchous, Han, Tibétains, Mongols, Ouïghours... – doivent s’unir pour refonder la nation. »

« Après avoir créé le Kuomintang (“parti nationaliste chinois”) à la chute du pouvoir impérial, Sun Yat-sen est élu président provisoire. »

« Un mois plus tard, il est destitué par le général Yuan Shikai, qui lui succède. »

« Mais "les seigneurs de la guerre" qui tiennent d’une main de fer une dizaine de provinces se livrent une guerre féroce, plongeant la Chine dans le chaos. »

« En 1920, Mao Zedong, un fils de paysans se revendiquant anarchiste, arrive à Shanghai. Il ne tarde pas à être convaincu que son pays doit suivre la voie marxiste empruntée en Russie depuis la révolution d’Octobre 1917. »

« Une terrible guerre civile va déchirer un pays dont une partie sera, dix-sept ans plus tard, occupée par les troupes japonaises. »


3e partie : « Made in China (1966-2021) »
« Lancé par Mao Zedong à la fin des années 1950, le Grand Bond en avant s’est soldé par une famine colossale et des millions de morts. »

« Avec le soutien d’autres membres du comité central, Liu Shaoqi et Deng Xiaoping veulent redresser l’économie du pays. » 

« Se sentant menacé, Mao Zedong mobilise la jeunesse pour défendre un nouveau concept : la révolution culturelle. De jeunes maoïstes, les gardes rouges, débusquent les contre-révolutionnaires. Enseignants, intellectuels, hauts fonctionnaires et potentiels opposants au régime sont battus, déportés ou exécutés. »

« Mais se débarrasser des ennemis de classe ne suffit pas. Pour qu’un nouveau pays émerge, tout ce qui évoque le passé immémorial de la Chine doit disparaître. Dans cette entreprise de destruction, Jiang Qing, l’épouse de Mao Zedong, se montre la plus diligente. Elle en paiera le prix après la disparition, en 1976, du Grand Timonier. »

« Succédant à Mao, Deng Xiaoping initie une révolution capitaliste sans remettre en cause l’orthodoxie maoïste. »

« Après son admission en 1971 à l’ONU, la République populaire de Chine adhère en 2001 à l'Organisation mondiale du commerce (OMC). »

« Douze ans après le massacre de la place Tian’anmen, la Chine, transformée en atelier du monde, devient pour l’Occident un redoutable rival commercial. »

« Arrivé au pouvoir en 2012 grâce à son combat contre la corruption, Xi Xinping s’engage à réaliser "le rêve chinois" : rendre sa place de première puissance mondiale à la Chine. »



« Karim Miské et Ilana Navaro, coréalisateurs de la série, décrivent les influences, les frottements et les tournants qui ont posé les bases de la Chine actuelle. Propos recueillis par Raphaël Badache ».

« Quelle Chine avez-vous voulu dépeindre à travers cette fresque documentaire ?  
Karim Miské : À partir de l'intrusion occidentale sur le territoire chinois, symbolisée par la première guerre de l'opium (1839-1842), la Chine a connu un long déclin. Elle s'est alors considérablement transformée en s'appropriant des concepts venus de l'extérieur de ses frontières pour les intégrer à sa propre culture, les siniser. Nous avons voulu raconter cette histoire connectée, nourrie d’échanges d'idées et de cultures. On se représente parfois la Chine comme un monde insondable : c'est tout l'inverse.
Ilana Navaro : Nous avons également évité de faire un récit uniquement officiel de la Chine. Nous racontons les histoires des dirigeants mais aussi celles des rebelles, avec leurs rêves et leurs utopies. Nous nous intéressons aux idéologies venues du peuple et aux nombreux mouvements sociaux, à l'image de la révolte des Taiping, qui a éclaté en 1851 et causé la guerre civile la plus meurtrière au monde.

Souhaitiez-vous montrer un pays qui se cherche, testant de nombreux modèles ?
I. N. : Comme tout empire en train de chuter, la Chine a essayé de se moderniser pour s'adapter au monde. Elle s'est tournée vers des sources d'inspiration diverses au gré des décennies : christianisme, nationalisme, restauration de Meiji, communisme soviétique, fascisme européen, libéralisme occidental… en y ajoutant des éléments chinois issus du confucianisme et du taoïsme. Le choc de ces influences parfois contradictoires a déclenché des guerres civiles, des rébellions, et c'est dans cet affrontement que la Chine s'est construite.

Mao est-il celui qui a réussi à unifier le pays et à le stabiliser ?
I. N. : Mao a su se servir de sa connaissance de l’histoire chinoise pour transformer la révolution soviétique en la sinisant. Sa grande intuition a été de penser que la révolution n'arriverait pas par les ouvriers mais par les paysans. Lui-même étant fils de paysan, certes aisé, il connaissait bien la Chine profonde, ses légendes et ses aspirations.
K. M. : À l'époque, 90 % des Chinois étaient paysans. D'où un soutien massif du peuple, une unification de fait, alors que son adversaire nationaliste, Tchang Kaï-chek, les méprisait. Mao a su en appeler au peuple et avait un grand talent pour cela, mais il a également terrorisé les personnes susceptibles de lui résister, instaurant un système implacable, développé ensuite par ses successeurs, et que personne aujourd'hui ne peut contrer.

Pourrait-on définir le modèle actuel de la Chine, instauré par Xi Jinping ?
K. M. : Il est toujours difficile de catégoriser. Il s'appuie sur le nouveau deal construit par le successeur de Mao, Deng Xiaoping, qui, lui, s'est adressé aux classes moyennes, leur promettant une prospérité économique en échange d'une absence de liberté politique. On peut par ailleurs affirmer que la volonté de puissance de la Chine d'aujourd'hui est réelle, et s'appuie sur un désir de revanche historique. Pour qualifier la période qui va de la première guerre de l'opium à la victoire communiste, en 1949, les Chinois parlent de "siècle de l'humiliation" par les Japonais et l'Occident. En s'affirmant comme possible première puissance mondiale, ils prennent leur revanche.

Vous consacrez une partie de votre film aux Chinoises. Quel rôle jouent-elles dans cette histoire ?
K. M. : La Chine fut dirigée par une femme, l'impératrice Cixi, de 1861 à 1908. À l'intérieur de la révolte nationaliste des Boxers, au tournant des XIXe et XXe siècles, on retrouve un mouvement constitué uniquement de femmes, les Lanternes rouges, qui voyaient là un moyen de se libérer de l'oppression patriarcale…
I. N. : Nous racontons aussi l'histoire tragique de Ruan Lingyu, grande star du cinéma chinois des années 1930, qui incarnait des rôles de femmes tiraillées entre les promesses du monde occidental et le modèle traditionnel. Pour effacer ces contradictions, le communisme a joué plus tard un rôle fondamental en s'appuyant sur les aspirations de ces femmes dites "nouvelles", qui ont rejoint en masse la guérilla de Mao. Néanmoins, lorsqu'on voit leur nombre aux postes à responsabilité dans l'appareil d'État, on constate que le communisme n'a pas été à la hauteur de leurs espoirs ». 

https://www.arte.tv/fr/videos/119556-000-A/les-travailleurs-chinois-les-oublies-de-14-18/
« Les travailleurs chinois : les oubliés de 14-18 »
Arte diffusera le 10 février 2026 à 23 h « Les travailleurs chinois : les oubliés de 14-18 », documentaire de Jordan Paterson.
« Ils ont entretenu les tranchées, fait tourner les usines, alimenté les chantiers… puis ramassé les morts, au milieu des munitions non explosées. À partir du journal intime de l'un d'entre eux, le destin oublié des 140 000 ouvriers chinois envoyés en France pendant la Première Guerre mondiale. »

« Entre 1916 et 1918, 140 000 ouvriers chinois partent travailler en Occident, envoyés par le gouvernement de Pékin pour soutenir l'effort de guerre sur le front de l'Ouest. »

« Alors toujours meurtrie par son "siècle de la honte" (cent ans de crise politique, économique et guerrière), la Chine propose cet afflux de main-d'œuvre dans l’espoir de retrouver un siège à la table des puissants. »

« Avant d'arriver à destination, les ouvriers, pour la plupart analphabètes, ignorent qu'ils ont été recrutés pour participer à l'effort d'une guerre dont ils n'ont même pas connaissance. Pour un franc de 1916 par jour, ils travaillent quotidiennement dix heures, sept jours sur sept. Entretien des tranchées, production à l’usine, chantiers en tout genre, travaux de docker… »

« Déployée sur tout le continent, la main-d'œuvre chinoise, mal considérée et mal traitée, permet pourtant à la logistique française de tenir durant les deux dernières années du conflit ».

« Après la guerre, ces mêmes ouvriers sont employés à nettoyer les champs de bataille et y ramasser les morts. Au prix de leur vie, souvent, du fait du nombre incalculable de munitions non explosées fichées dans le sol. »

« À partir du journal intime de l'ouvrier Gu Xingqing, débuté en 1917, et des travaux du jeune historien Zhang Yan, parti sur les traces de travailleurs dont sa génération ignore tout, le documentariste Jordan Paterson ravive un épisode méconnu de l'histoire de la Grande Guerre ».

« En mettant en lumière les motivations personnelles et le destin individuel des ouvriers, notamment grâce aux témoignages de leurs descendants, on entrevoit ce qu'a produit la rencontre de deux cultures – occidentale et chinoise – qui ne s'étaient jusqu'ici jamais fréquentées à cette échelle. »

« Outre la passionnante enquête historique, il faut souligner le soin particulier accordé à l'image, aux couleurs et au cadre de ce documentaire, qui inclut des reconstitutions dignes d'un long métrage de cinéma. »

« Les travailleurs chinois : les oubliés de 14-18 »
Arte diffusera le 10 février 2026 à 23 h « Les travailleurs chinois : les oubliés de 14-18 », documentaire de Jordan Paterson.

« Ils ont entretenu les tranchées, fait tourner les usines, alimenté les chantiers… puis ramassé les morts, au milieu des munitions non explosées. À partir du journal intime de l'un d'entre eux, le destin oublié des 140 000 ouvriers chinois envoyés en France pendant la Première Guerre mondiale. »

« Entre 1916 et 1918, 140 000 ouvriers chinois partent travailler en Occident, envoyés par le gouvernement de Pékin pour soutenir l'effort de guerre sur le front de l'Ouest. »

« Alors toujours meurtrie par son "siècle de la honte" (cent ans de crise politique, économique et guerrière), la Chine propose cet afflux de main-d'œuvre dans l’espoir de retrouver un siège à la table des puissants. »

« Avant d'arriver à destination, les ouvriers, pour la plupart analphabètes, ignorent qu'ils ont été recrutés pour participer à l'effort d'une guerre dont ils n'ont même pas connaissance. Pour un franc de 1916 par jour, ils travaillent quotidiennement dix heures, sept jours sur sept. Entretien des tranchées, production à l’usine, chantiers en tout genre, travaux de docker… »

« Déployée sur tout le continent, la main-d'œuvre chinoise, mal considérée et mal traitée, permet pourtant à la logistique française de tenir durant les deux dernières années du conflit ».

« Après la guerre, ces mêmes ouvriers sont employés à nettoyer les champs de bataille et y ramasser les morts. Au prix de leur vie, souvent, du fait du nombre incalculable de munitions non explosées fichées dans le sol. »

« À partir du journal intime de l'ouvrier Gu Xingqing, débuté en 1917, et des travaux du jeune historien Zhang Yan, parti sur les traces de travailleurs dont sa génération ignore tout, le documentariste Jordan Paterson ravive un épisode méconnu de l'histoire de la Grande Guerre ».

« En mettant en lumière les motivations personnelles et le destin individuel des ouvriers, notamment grâce aux témoignages de leurs descendants, on entrevoit ce qu'a produit la rencontre de deux cultures – occidentale et chinoise – qui ne s'étaient jusqu'ici jamais fréquentées à cette échelle. »

« Outre la passionnante enquête historique, il faut souligner le soin particulier accordé à l'image, aux couleurs et au cadre de ce documentaire, qui inclut des reconstitutions dignes d'un long métrage de cinéma. »

« Chine, la fabrique d'une nation »
Arte diffusera le 10 février 2026 à 21 h « Chine, la fabrique d'une nation », série documentaire en deux parties de Anne Loussouarn.

« Après la chute de la dynastie Qing en 1911, la Chine se trouve face à un tournant historique : alors que Tchang Kaï-chek se bat pour l’abolition des concessions étrangères et le rétablissement de la souveraineté nationale, la République de Chine, corrompue et brutale, est bientôt vaincue par la guerre civile de Mao Zedong, qui tente à son tour de modeler la Chine moderne. Un bras de fer qui se poursuit bien après leur mort. »

« De la révolution qui a mis fin à la dynastie impériale Qin jusqu’à l’ère de Xi Jingping, la Chine a traversé une mue d’un siècle pour reconquérir sa grandeur. Au travers du combat sans merci que se sont livré les deux tyrans que furent le nationaliste Tchang Kaï-chek et le communiste Mao Zedong, une fresque historique passionnante. »

"Le ciel n'a pas deux soleils, le peuple n'a pas deux souverains", a écrit Mencius, un penseur chinois confucéen. Le "soleil bleu", c’est la République de Chine de Tchang Kaï-chek. Le "soleil rouge", la République populaire de Chine de Mao Zedong. »

« Des années 1920 à la décennie 1970, la vision d’une Chine nationaliste, défendue par le premier, et celle d’une Chine communiste, portée par le second, ont remodelé en profondeur le visage de l’Empire du Milieu. »

« Riche d’archives et ponctué d’éclairages d’historiens et de spécialistes (sinologue, ancien directeur adjoint de la CIA...), ce documentaire en deux parties retrace sur plus d’un siècle, de la chute de la dynastie impériale Qing jusqu’à l’ère de Xi Jinping, l’histoire moderne de la Chine au travers de la rivalité qui a opposé les deux dictateurs. Réalisée par Anne Loussouarn (Asie-Pacifique – La nouvelle poudrière), une fresque historique passionnante qui éclaire les enjeux contemporains du conflit sino-taïwanais. »

« En 1911, l’empire millénaire des Qin est balayé par une révolution au profit d’une république, présidée jusqu’à sa mort, en 1925, par Sun Yat-sen. »

« Dans son sillage depuis des années, un jeune militaire de carrière, Tchang Kaï-chek, s’impose comme son héritier naturel. Pétri de valeurs confucéennes, l’ambitieux officier a une obsession : redonner à la Chine sa puissance en rétablissant sa souveraineté et en abolissant les concessions étrangères qui mitent son territoire depuis les guerres de l’opium du milieu du XIXe siècle. Il lui faut aussi mettre un terme au chaos qui embrase des régions entières du pays, où des chefs rebelles se livrent des guerres incessantes. » 

« Après avoir lancé des expéditions militaires contre eux, Tchang Kaï-chek remet un semblant d’ordre dans le pays. Mais d’autres menaces vont bientôt planer sur le "soleil bleu" de la Chine nationaliste qu’il représente : l’agression japonaise en 1931 d’abord, puis l’émergence de Mao Zedong, un communiste révolutionnaire qui rallie à lui les campagnes… »

2e partie  : « Le soleil rouge »
« En 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, le "soleil bleu" de la Chine nationaliste semble au firmament : elle a récupéré les concessions étrangères et est devenue l’un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies (ONU). Mais c'est une illusion... »

« Après des années de guerre et de destructions, corrompue et brutale, elle va être balayée par le "soleil rouge" de Mao Zedong en moins de quatre ans. Surfant sur le sentiment national né pendant la guerre contre les Japonais, les communistes se sont renforcés. »

« En décembre 1949, un mois après la proclamation d’un nouveau régime par son rival honni, Tchang Kaï-chek se réfugie à Taïwan avec 600 000 hommes. C’est une défaite, mais pour lui, la République de Chine incarne toujours la seule légitimité. »

« Pour Mao Zedong, la page de la guerre civile ne sera pas tournée tant que les derniers feux du régime nationaliste subsistent à Taïwan. »

« Alors que le leader communiste tente à son tour de modeler la Chine moderne, le bras de fer entre les deux frères ennemis va se poursuivre après leur mort : les braises de la guerre civile couvent aujourd’hui encore dans le détroit de Taïwan. »


« Depuis plus d’un siècle, les dirigeants chinois ont eu pour obsession de restituer au pays sa grandeur passée. Deux hommes ont incarné cette quête : Tchang Kaï-chek et Mao Zedong. Ces frères ennemis se sont livré un combat sans merci pour bâtir une Chine nouvelle, libérée des emprises impériales et occidentales. Par Christine Guillemeau ».


« Les débuts
Tchang Kaï-chek (1887-1975)
Le nationaliste
Fils de commerçant aisé, il entre dans l’armée après avoir passé quatre ans à l’Académie militaire de Tokyo. Rentré en Chine en 1911, Tchang Kaï-chek participe aux combats qui finiront par faire tomber la dynastie Qin. En 1918, il rejoint le chef du parti nationaliste Kuomintang Sun Yat-sen, devenu le premier président de la République de Chine. Envoyé en URSS étudier les institutions du pays et l’Armée rouge, il crée à son retour l’académie militaire du Kuomintang sur le modèle soviétique, à Canton.
 
Mao Zedong (1893-1976)
Le communiste
Fils de paysans enrichis, Mao Zedong obtient en 1917 un diplôme d’instituteur à l’école normale de Changsha, la capitale du Hunan. En 1919, en visite à Pékin, il assiste au mouvement du 4 Mai au cours duquel des étudiants s’insurgent contre les prétentions du Japon sur la Chine. Décidant de ne pas retourner dans sa province, il accepte un emploi d’aide-bibliothécaire à l’université où Yang Changji, son futur beau-père, est professeur. Il lit beaucoup, se familiarise avec les théories communistes et fonde une revue avec des amis. En 1920, il adhère au marxisme et participe l’année suivante à la première session du congrès du Parti communiste chinois à Shanghai.
   
L'ascension
Tchang Kaï-chek (1887-1975)
Le nationaliste
À la mort de Sun Yat-sen, en 1925, des tensions éclatent au sein du Kuomintang entre communistes et nationalistes. Commandant en chef de l’armée révolutionnaire, Tchang Kaï-chek, qui s’est imposé comme l’héritier naturel du président défunt, chasse les communistes et lance une expédition militaire contre les "seigneurs de la guerre" qui ravagent le nord du pays. Quand ses troupes entrent à Pékin trois ans plus tard, il prend la direction d’un nouveau gouvernement nationaliste, qu’il établit à Nankin, où il instaure un régime dictatorial, inspiré des modèles fascistes européens et nourri des valeurs confucéennes. Au début des années 1930, son autorité est contestée à la fois par les "seigneurs de la guerre", qui n’ont pas été complètement écrasés, et par les communistes, qui se sont repliés en masse dans les campagnes. Négligeant l’occupation japonaise de la Mandchourie depuis 1931, Tchang Kaï-chek continue de faire de la lutte contre l’idéologie marxiste sa priorité. En 1937, il se résout pourtant à faire alliance avec le Parti communiste chinois (PCC), cofondé par Mao Zedong, pour déclarer la guerre au Japon.

Mao Zedong (1893-1976)
Le communiste
Envoyé en 1927 dans le Hunan par le comité central du PCC, Mao Zedong y lève l’armée révolutionnaire des travailleurs et des paysans et lance une insurrection contre les propriétaires fonciers. Ses troupes affrontent celles, féroces, de Tchang Kaï-chek, mais Mao reconstitue ses forces en ralliant des chefs rebelles locaux et met sur pied l’Armée rouge chinoise. Tout en faisant taire par des purges les oppositions qui s’élèvent contre lui dans la branche du PCC au Jiangxi, il rallie à sa cause les peuples des marges soumis jadis par les empereurs Qin (Tibétains, Mongols, Ouïghours…) en leur promettant l’indépendance. Ayant établi au Jiangxi une république soviétique chinoise, il contrôle dans les années 1930 une dizaine de régions contre lesquelles Tchang Kaï-chek lance cinq campagnes militaires qui vont mobiliser plus d’un million de soldats. Au cours de la Longue marche, entre 1934 et 1935, les troupes communistes perdent près de 100 000 hommes. Après s’être allié aux nationalistes pendant la guerre sino-japonaise, et bénéficiant d’un prestige accru, Mao Zedong relance à partir de 1945 la guerre civile contre les nationalistes de Tchang Kaï-chek. Victorieux, il proclame, le 1er octobre 1949, à Pékin, la République populaire de Chine.

La consécration et l'héritage
Tchang Kaï-chek (1887-1975)
Le nationaliste
En 1943, Tchang Kaï-chek devient président de la République de Chine. Deux ans plus tard, la capitulation japonaise offre au pays un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. En 1946, il reprend son combat contre les communistes : une guerre civile féroce, entamée en 1927 et mise entre parenthèses depuis 1937. Quand les forces communistes menées par Mao Zedong s’emparent en 1949 de toute la Chine continentale, il fuit avec les troupes nationalistes sur l’île de Taïwan, où il instaure un régime réactionnaire, soutenu plusieurs décennies durant par les États-Unis, et toujours titulaire d’un siège permanent au Conseil de sécurité des Nations unies. Taïwan le perdra en 1971 au profit de la République populaire de Chine. Après la mort de Tchang Kaï-chek, son fils, qui lui succédera à la présidence en 1978, assouplit peu à peu le régime. En vigueur à Taïwan depuis 1949, la loi martiale n’y a été levée qu’en 1987.

Mao Zedong (1893-1976)
Le communiste
Devenu président de la République populaire de Chine en 1954, Mao Zedong continue de s’attaquer à la bourgeoisie, aux intellectuels et aux nationalistes du Kuomintang de Tchang Kaï-chek. Du Grand Bond en avant (1958-1960) à la révolution culturelle (1966-1976), son régime aurait fait quelque 50 millions de morts. En 2019, quarante-trois ans après la disparition du "Grand Timonier", Xi Jinping, président depuis 2013, n’excluait pas de recourir à la force pour reprendre Taïwan et réunifier l’Empire du Milieu. Sa menace plane toujours. »

« Mao, l’empereur rouge »
Arte diffusera le 17 septembre 2024 à 20 h 55 « Mao, l’empereur rouge », série documentaire de Paul Wiederhold et Annette Baumeister. 

« Portrait  en trois volets de Mao Zedong, fils de paysan devenu révolutionnaire puis dirigeant totalitaire. Le récit d’un destin qui conte l'histoire collective de la Chine moderne. »

« Au centre de l'histoire récente de la Chine, Mao Zedong s'est appuyé sur la classe rurale pour engager sa révolution communiste. Animé par la doxa marxiste qu'il adapte à l’Empire du Milieu, il est convaincu que la prospérité de son pays passe par la redistribution des terres. » 

« Le "Grand Timonier" (son surnom officiel à partir de 1966, largement exploité par la propagande) lance des réformes qui engendrent une certaine stabilité politique et une croissance économique. »

« Mais le dirigeant totalitaire installe également un climat de terreur et de chaos. Comment ses idées ont-elles pu faire couler tant de sang ? » 

« Nourrie de riches archives, d’éclairages de spécialistes et de témoignages bouleversants de victimes du régime, cette série documentaire, en trois volets, offre un tableau passionnant de cette période cruciale qui continue de façonner la Chine contemporaine, avec celui qui s’en proclame l'héritier : Xi Jinping. »

1ère partie. « La Longue Marche »
« Mao Zedong naît en 1893 dans une Chine rurale en proie à l'instabilité politique et aux bouleversements sociaux. » 
« Après la révolution de 1911, qui précipite la chute de l'Empire, le pays est dominé par des puissances impérialistes. Le jeune Mao, dont la conscience politique s'éveille, rêve alors de voir la Chine renouer avec sa grandeur passée. » 
« Marqué par la révolution russe d'octobre 1917 et rallié à l’idéologie marxiste, le militant cofonde le Parti communiste chinois, dont il s'imposera bientôt comme le dirigeant suprême, notamment lors de la Longue Marche qui s'achève en 1935. » 
« En 1949, après la guerre qui oppose les nationalistes du Kuomintang aux communistes, il s’empare du pouvoir et proclame la République populaire de Chine. » 

2e partie  : « Grand Bond en avant »
« Les années 1950, avec la proclamation de la République populaire de Chine, la guerre de Corée, la "campagne des Cent Fleurs" et le "Grand Bond en avant".
« Après la proclamation de la République populaire de Chine, l'heure est à la réorganisation du pays. Environ un million de nationalistes se réfugient sur l'île de Taïwan, en quête d'indépendance – un conflit auquel le président Xi Jinping ambitionne aujourd’hui de mettre un terme, en s'inspirant du rêve d'unification de Mao. » 
« En 1950, la guerre de Corée constitue pour le leader chinois une première mise à l'épreuve. Affaibli politiquement, il engage des réformes brutales. Dans une démarche de "rectification", le "Grand Timonier " lance en 1957, la "campagne des Cent Fleurs", invitant les intellectuels à s'exprimer librement sur le Parti. »
« Mais la critique du pouvoir, virulente, déclenche une nouvelle vague de répression sanglante, avant que la politique économique du "Grand Bond en avant", en 1958, ne provoque l'une des plus grandes famines de l'histoire, causant des millions de morts. »


3e partie  : « La Révolution culturelle »
«  Après le désastre du "Grand Bond en avant", Mao, menacé par une opposition interne au sein du Parti, se retire dans sa villa. Mais le leader va s’appuyer sur la jeunesse et les étudiants – ses "gardes rouges", qui traquent inlassablement dans la rue les contre-révolutionnaires, pour mettre en oeuvre sa redoutable "révolution culturelle".
« Entre humiliations et destructions, la Chine plonge dans un climat de terreur et de violence, tandis que le dictateur reste une icône pour les mouvements de révoltes étudiantes en Occident. »
« À sa mort en 1976, il ne parvient pas à désigner un successeur. Qu’importe : s'autoproclamant son héritier presque quatre décennies plus tard, Xi Jinping s’appuiera, lui aussi, sur le culte de la personnalité et les méthodes de Mao pour installer son règne totalitaire. »

« Chine - Les couleurs de la révolution »
Arte diffusera le 2 octobre 2024 à 22 h 55 « Chine - Les couleurs de la révolution. Une histoire d'amour chinoise » de James Bradley.
« Le peintre Shen Jiawei est devenu mondialement célèbre grâce à ses toiles dépeignant la Révolution culturelle. Retour sur la vie d’un homme épris de vérité. »  
« Né en 1948 à Shanghai, Shen Jiawei est connu pour ses tableaux sur la Révolution culturelle, notamment Standing Guard for Our Great Motherland ("Monter la garde pour notre grande patrie", 1974), exposé au musée Guggenheim à New York. »
« Élevé sous le drapeau rouge, le peintre croit ardemment aux valeurs du communisme. Membre des gardes rouges, il commence à se faire un nom comme artiste propagandiste pendant la Révolution culturelle. »
« Mais à l’université, il s’éprend de Lan Wang, qui, accusée d'être une "ennemie du peuple", n'a pu accéder aux études supérieures qu’après la mort de Mao, en 1976. »
« Aujourd’hui âgé de 76 ans et établi en Australie avec sa femme, Shen Jiawei continue de peindre l’histoire, dans une quête perpétuelle de vérité. »   
« Depuis une vingtaine d'années, Shen Jiawei s’attelle à une œuvre monumentale : La tour de Babel. Ce projet, qui doit mettre en scène l'histoire du communisme au XXe siècle, est composé de quatre peintures murales de très grand format : "Utopie", "L’Internationale", "Goulag" et "Saturne". 
« La représentation critique des crimes maoïstes – et plus largement de l’histoire de la Chine communiste – étant encore taboue, l’artiste dédie cette œuvre politique aux générations futures, conscient que le public chinois contemporain ne la verra peut-être jamais. »
« Inscrit dans une perspective historique, ce documentaire tissé de témoignages et d’archives conte le parcours passionnant d'un artiste désormais sino-australien. » 

« Monsieur Li, trafiquant d'armes »
Arte diffusa le 19 mai 2023 à 09 h 25 « Monsieur Li, trafiquant d'armes », documentaire passionnant de Philipp Grüll.

« Trois journalistes d’investigation se lancent sur les traces de l’un des hommes les plus recherchés au monde : un mystérieux trafiquant chinois, qui aurait vendu des armes de destruction massive à l’Iran. Digne d’un thriller, un documentaire saisissant, riche en rebondissements troublants. »

« À lui seul, il menace l’équilibre international et les relations entre les grandes puissances : le trafiquant d’armes chinois Li Fangwei, aussi connu sous le nom de Karl Lee, aurait permis à l’Iran de constituer un imposant arsenal de missiles. »

« Activement recherché par le FBI depuis plusieurs décennies, l’homme est un véritable fantôme : les renseignements ne détiennent de lui qu’une photo et un numéro de passeport. »

« Né en 1972 dans l’extrême nord-est de la Chine, Karl Lee commence à attirer l’attention des services secrets américains au début des années 2000 en effectuant des transactions financières suspectes. »

« Rapidement, Washington prend conscience de l’ampleur de ses activités et une coopération avec d’autres États, dont la Chine, est mise en place sous l’administration Bush pour l’arrêter ».

« Mais alors que Pékin, membre du conseil de l’ONU, soutient les sanctions votées en 2006 contre l’Iran – qui refuse d’arrêter l’enrichissement d’uranium –, Karl Lee n’est aucunement inquiété par les autorités chinoises. »

« Capables de transporter des têtes nucléaires, les missiles qu’il fournit à Téhéran menacent directement la sécurité d’Israël. » 

« Pendant cinq ans, les journalistes Bastian Obermayer et Frederik Obermaier, connus notamment pour avoir révélé les "Panama Papers", et leur confrère Philipp Grüll, ont enquêté avec obstination sur le trafiquant d’armes, interrogeant d’anciens agents du FBI, des chercheurs britanniques en relations internationales et des membres du gouvernement américain. »

« À partir des informations collectées, le trio tente de s’approcher au plus près du mystérieux criminel, en retraçant toutes les étapes de sa dangereuse traque. Captivant d’un bout à l’autre, ce documentaire à suspense dévoile les coulisses d’une investigation aux rebondissements aussi rocambolesques que troublants. »

« L’invasion silencieuse - La Chine et sa stratégie pour les Balkans »
Arte diffusa le 23 mai 2023 à 23 h 40 « L’invasion silencieuse - La Chine et sa stratégie pour les Balkans » de Michael Wech.

« Alors que la Serbie et le Monténégro piétinent à la porte de l’Union européenne, la Chine leur offre une aide intéressée à coups d’investissements massifs. Avec quelles conséquences ? Enquête sur un jeu d'influence préjudiciable à l’Europe. »

« En mars 2020, alors que la pandémie de Covid-19 se répand à travers le monde, le président serbe Aleksandar Vucic accueille à Belgrade une livraison chinoise de vêtements de protection et de masques. Au cours des semaines précédentes, l’Union européenne, elle-même en proie à la pénurie, en a interrompu l’exportation vers les Balkans occidentaux, et la Chine s’est engouffrée dans la brèche, se présentant en sauveuse. »

« Cet exemple illustre la posture adoptée par Pékin depuis plusieurs années, dans ces pays européens (Serbie, Monténégro, Bosnie) qui piétinent à la porte de l’UE. »
 
« Au nord de Belgrade, le chantier d’une immense usine chinoise de pneus, la plus vaste sur le Vieux Continent, est en passe de s’achever. Les riverains n’en ont pratiquement jamais vu les ouvriers : coupés du monde, ces travailleurs migrants chinois et vietnamiens ont travaillé et vécu dans l’enceinte du chantier dans des conditions terrifiantes. »

« Au Monténégro, c’est un projet démesuré d’autoroute qui a attiré les investisseurs chinois, pour un prêt d’un montant de 1 milliard d’euros à l’État. Là encore, les conditions de travail sont désastreuses, et le chantier s’affranchit de toutes normes environnementales, dans un petit pays qui s’affirme pourtant très attaché à l’écologie. "Tout se passe comme si cette autoroute avait fait de nous une colonie chinoise", résume amèrement un des protagonistes de ce documentaire. »

« Entre projets de “ville intelligente" bardée de dispositifs de surveillance made in China, contrats de prêts draconiens accordant des garanties étendues à Pékin en cas de non-remboursement et livraisons de matériel militaire, ce tour d’horizon d’une “invasion silencieuse” dans les Balkans occidentaux montre comment la Chine des “routes de la soie” y assoit son influence, face à une Union européenne dangereusement passive. »


Evelyne Tschirhart
Les éditions Balland ont publié "Quand le « Soleil rouge » les aveuglait" de Evelyne Tschirhart (2022). Évelyne Tschirhart est une enseignante certifiée d'arts-plastiques retraitée. Elle a été institutrice puis a enseigné le français en Chine pendant la Révolution culturelle. Elle a publié plusieurs livres : "Deuxième retour de Chine" ( Seuil, 1979), "L'école à la dérive" (éditions de Paris Max Chaleil, 2004), "Des élèves malades de l'école ou la médicalisation abusive des élèves" (éditions de Paris Max Chaleil, 2012).

"Soixante ans après la Révolution culturelle, la Chine refait parler d’elle et renoue avec les années maoïstes. Charles se souvient de ces années où il s’était engagé pour la Révolution culturelle. Adossé à une expérience réelle en Chine maoïste, vécue par une équipe d'enseignants français et étrangers fascinés initialement par Mao et sa révolution ce témoignage romancé rappelle la réalité des fondements du régime chinois au moment où la communauté internationale s'inquiète de sa persistance et de ses ambitions." 

« Il m’a semblé judicieux de faire comprendre, de façon charnelle et psychologique, les motivations d’étrangers venus en Chine par enthousiasme et adhésion au maoïsme, pour aider à la construction du socialisme. Or, le contact avec la réalité va très vite enclencher leur “désenchantement”. L’élément le plus déstabilisant étant la quasi-impossibilité de nouer des rapports amicaux entre les “experts étrangers” et leurs collègues chinois. Bien que forcés de vivre dans une “prison dorée”, coupés de la vie de leurs collègues et de la population, les protagonistes vont découvrir une vie qu’ils n’avaient pas imaginée et qui va détruire, peu à peu, leurs illusions concernant la Révolution Culturelle, censée s’opposer au révisionnisme soviétique, et conduire à l’avènement d’un homme nouveau. Chacun devra tirer à sa manière, les conséquences de cette expérience qui remet en question leur vision du monde, le pourquoi de leur engagement, mais aussi, malgré la douleur du renoncement à un rêve, la liberté retrouvée de penser. Ce livre devrait contribuer à faire mieux comprendre que si la Chine a changé, concernant son développement économique et sa position de deuxième puissance mondiale, elle n’a pas renoncé à sa volonté de puissance hégémonique qu’elle entend imposer au monde, tout en réprimant férocement sa population. »

L'auteure évoqua son livre à Paris les :
- Lundi 13 janvier 2025 à 14 h 30 à la synagogue Adath Shalom, 8 rue Georges Bernard Shaw (75015, métro Duplex) ;
- Jeudi 16 janvier 2025 à 16 h 30 au café des Psaumes 16ter rue des Rosiers (75004). 


Evelyne Tschirhart, "Quand le « Soleil rouge » les aveuglait". Editions Balland, 2022. 320 pages. 14 x 22,5 cm. EAN 9782940719181

« La Chine, rêves et cauchemars » de Karim Miske et Ilana Navaro
France, 2022
Coproduction : ARTE France, Program33, AT-Prod
Sur Arte 
1ère partie (54 min) : les 23 mai 2023 à 20 h 55, 02 juin 2023 à 9 h 25, 21 juin 2023 à 9 h 25
2e partie (55 min) : les 23 mai 2023 à 21 h 45, 02 juin 2023 à 10 h 20, 21 juin 2023 à 10 h 20
3e partie (52 min) : les 23 mai 2023 à 22 h 40, 02 juin 2023 à 11 h 15, 21 juin 2023 à 11 h 20
Disponible du 09/05/2023 au 18/12/2023

Chine, France, Canada, 2024, 52 min
Production : Rare Earth Media Production, en association avec Omni Television, ECPAD France, CCTV 10 China
Sur Arte le 10 février 2026 à 23 h 
Sur arte.tv du 09/02/2026 au 10/05/2026
Visuels : © Rare Earth Media Inc./Norm Li/Jordan Paterson
« Chine, la fabrique d'une nation » de Anne Loussouarn
France, 2025
Coproduction : ARTE France, 02B Films
Visuels :
© Hulton Archive - Getty Images
© PETERKIN
1ère partie (61 min) : le 10 février 2026 à 21 h
Visuels :
© CHINE NOUVELLE - SIPA
© Alamy - Pictures From History - CPA Media Pte Ltd - Photo12
2e partie (60 min) : le 10 février 2026 à 22 h
Visuels :
© LI Zhensheng - PRESSE IMAGE
© Alamy - Geopix - Photo12
Sur arte.tv du 03/02/2026 au 11/08/2026

« Mao, l’empereur rouge » de Paul Wiederhold et Annette Baumeister
Allemagne, 2024 
Coproduction : SWR/ARTE, Looks Film
Sur Arte le 
1ère partie (52 min) : 17 septembre 2024 à 20 h 55, 05 octobre 2024 à 1 h 10
2e partie (52 min) : 17 septembre 2024 à 21 h 50, 05 octobre 2024 à 2 h 05
3e partie (53 min) : 17 septembre 2024 à 22 h 40, 05 octobre 2024 à 3 h 00
Sur arte.tv du 16/09/2024 au 27/02/2025

Allemagne, 2024, 54 mn
Coproduction : ZDF/ARTE, Lichtblick Film, Mayfan Films  
Sur Arte le 2 octobre 2024 à 22 h 55
Disponible à partir du 18/09/2024
Sur arte.tv du 18/09/2024 au 30/12/2024


« Monsieur Li, trafiquant d'armes » de Philipp Grüll
Allemagne, 2023, 91 min
Coproduction : ARTE, BR
Auteurs : Philipp Grüll, Frederik Obermaier, Bastian Obermayer
Sur Arte le 19 mai 2023 à 09 h 25
Disponible du 02/05/2023 au 30/07/2023
Visuels : © BR

Allemagne, 2023, 
Sur Arte le 23 mai 2023 à 23 h 40 
Sur arte.tv du 23/05/2023 au 20/08/2023
Visuels © Broadview TV

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié les 18 mai 2023, 16 septembre 2024, 10 janvier 2025