Axel Springer (1912-1985) était un magnat allemand chrétien sioniste de la presse qui a bâti
un groupe européen médiatique puissant, Axel Springer AG, dont l’un des
fleurons est le célèbre quotidien Bild (plus de trois
millions de lecteurs). Un artisan de
la réunification allemande qui a renforcé les liens entre la République
fédérale d’Allemagne (RFA) et l’Etat d’Israël dont il était un fervent supporter. Un homme en quête spirituelle, intéressé par l'astrologie et marqué par la Shoah. Son groupe médiatique est dirigé par Mathias Döpfner qui se définit comme un "sioniste non-juif". En mars 2026, il a racheté le journal britannique Telegraph convoité par les Emirats Arabes Unis (EAU).
« Les trois vies d’Axel Springer »
« Les trois vies d’Axel Springer » (Drei Leben: Axel Springer. Verleger, Feindbild, Privatmann), est un documentaire (2012) de Manfred Oldenburg, Jobst Knigge et Sebastian Dehnhardt.
Une irrésistible ascension
Né le 2 mai 1912 près de Hambourg, Axel Cäsar Springer
débute en 1933 comme journaliste à l’Altonaer
Nachrichten jusqu’à la fermeture du journal en 1941.
Il travaille aussi
comme compositeur et éditeur dans la maison familiale d’édition Hammerich
& Lesser-Verlag (1941-1945). Et il complète sa formation dans l’agence de
presse Wolff's Telegraphisches Bureau et comme correspondant du journal Bergedorfer Zeitung.
Réformé - il souffre d'une maladie pancréatique -, il n'est pas intégré dans l'Armée du IIIe Reich.
En outre, il n'adhère pas au Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP)
Il travaille en
1941 comme projectionniste au cinéma Le Waterloo qui présente des films américains.
Sa première épouse était demi-juive selon les lois de Nuremberg. La Shoah le hantera.
Après la défaite du
IIIe Reich (1945), cet homme ambitieux, séducteur, obtient une licence des autorités britanniques et fonde en 1946 son entreprise d’édition Axel
Springer GmbH à Hambourg. Il débute dans un abri antiaérien de cette ville largement rasée par les bombardements alliés. Il vise un lectorat populaire. Il publie le Hamburger Abendblatt, et des magazines dont celui hebdomadaire et populaire sur les programmes de radio, puis de télévision, Hör zu (Die Rundfunkzeitung). Plus d'un million d'exemplaires.
Axel Springer lance en 1946 Die Welt (le monde, en
allemand), puis en 1952 le célèbre quotidien tabloïd allemand Bild (ou Bild-Zeitung, Journal image) - jusqu'à 12 millions de lecteurs par jour - à l’influence notable sur l’opinion
publique et critiqué pour tabler sur le sensationnel. Ses journaux représentent des idées conservatrices. Axel Springer amène les gents à lire quotidiennement un journal. En 1953, il compatit aux Allemands de l'Est qui se soulèvent à Berlin-Est.
Une telle pression pèse sur ses épaules qu'elle accentue sa fragilité psychique (dépression en 1957). Il entame une quête mystique, intéressé par les ermites médiévaux. Profondément religieux, il veut aider les opprimés - les Allemands vivant de l'autre côté du Rideau de Fer -, les pauvres. Cet homme énergique met son pouvoir et son influence au service de sa mission. C'est ce qui l'a guéri selon son épouse.
En janvier 1958,
Axel Springer rencontre Nikita Khrouchtchev
à Moscou (URSS) et tente vainement de
gagner l’appui du Kremlin à la réunification de l’Allemagne. Un entretien tendu de quatre heures. Axel Springer devient un éditeur politique.
En mai 1959, il
pose la première pierre du siège de son groupe à Berlin en présence de Willy
Brandt, maire de Berlin-Ouest et alors son allié dans cette ville divisée. La liberté devient un sujet de plus en plus central pour cet homme intuitif qui a méprisé les nazis. Ce démocrate modèle fait face au passé de l'Allemagne.
En juin 1966, il
effectue sa première visite en Israël. Au maire de Jérusalem Teddy Kollek, il
remet un million de dollars destinés à une bibliothèque et à une nouvelle aile
au musée d’Israël. Jérusalem sera la « deuxième patrie » d'Axel Springer. Honni en Allemagne, ce patriote est aimé en Israël.
En 1967, dans un discours à Hambourg, Axel Springer annonce
ses principes d’édition, qui seront modifiées en 1990 et 2001 : soutenir la
liberté et au droit en Allemagne, pays membre de l’Occident, et poursuivre
l’unification de l’Europe ; promouvoir la réconciliation des Juifs et des
Allemands et soutenir l’Etat d’Israël et son existence ; soutenir
l’Alliance transatlantique et la solidarité avec les Etats-Unis dans les valeurs
communes des nations libres ; rejeter toutes les formes d’extrémisme
politique et soutenir les principes de l’économique libre et sociale de marché.
Une philosophie inscrite dans les contrats de travail des employés de ce groupe
devenu le plus important en Europe.
Dans une Allemagne
divisée par les Etats vainqueurs, pendant la Guerre froide et la Détente, Axel Springer devient rapidement le
patron de presse le plus riche et le plus puissant de l’Allemagne fédérale, à l’ère
du miracle économique germanique dont il est l’une des grandes figures de proue.
« Ici, le roi » , annonce-t-il au début de sa conversation téléphonique.
En 1970, Axel Springer transforme sa compagnie en société
par actions dont il est le seul actionnaire. Avec 230 journaux et magazines et
des sites Internet, ce groupe est l’un des principaux vecteurs médiatiques
européens. Pour Axel Springer, les ennemis sont les « terroristes occidentaux », la Fraction armée rouge. Cet anticommuniste figure sur la listes des hommes à abattre par les gauchistes.
Axel Springer est la cible de violentes polémiques et d’attaques
politiques (1968-1975) – émeutes devant sa maison d’édition et ses domiciles, explosions devant le siège de son groupe, son chalet à Gstaad (Suisse) est incendié, menaces de mort - de
la part de jeunes gauchistes et communistes, opposant à la guerre du Vietnam. Le « groupe Springer fait campagne contre les étudiants ». « Expropriez Springer ! Springer assassin », crient les étudiants qui réclament le démantèlement du groupe et manifestent après l'attentat contre Rudi Dutschke en 1968. Des mouvements de révolte encouragés par la Stasi - police politique de renseignement et d'espionnage - de la RDA (République démocratique allemande).
Heinrich Böll évoque ce magnat de la presse allemande, puissant et redouté, dans
son roman L’honneur perdu de Katharina
Blum, Comment peut naître la violence
et où elle peut conduire (Die verlorene Ehre der Katharina Blum,
Wie Gewalt entstehen und wohin sie
führen kann, 1974), porté à l’écran par Volker Schlöndorff.
Axel Springer publie en 1971 son premier livre Von Berlin aus gesehen (Vu de Berlin),
et en 1980 Aus Sorge um Deutschland.
Grâce aux témoignages souvent inédits de sa famille, de ses
amis et adversaires, ce documentaire nous révèle des aspects inconnus de sa vie
personnelle - « fils à maman », séducteur, collectionneur, philanthrope - et familiale d’Axel Springer, marié à cinq reprises et divorcé quatre fois, père de trois enfants dont le photographe Sven Simon qui se suicide en 1980, après le décès de Rudi Dutschke (1940-1979, militant gauchiste.La motivation d'Axel Springer ? Ni l’argent - son groupe lui a rapporté 1,5 milliard de marks, selon un biographe - ni le pouvoir. Axel Springer se retire progressivement de la gestion de son groupe, organise sa succession et garde 26,1% de la société par actions nouvellement créée avant l'entrée en Bourse.
Son but suprême poursuivi toute son
existence, c’est la réunification de l’Allemagne, avec Berlin pour capitale dans une Europe en paix. Un objectif qu’il ne verra pas car il
meurt en 1985. Quatre ans avant la chute du mur de Berlin.
Un groupe de presse
sioniste
A l’initiative d’Axel Springer AG et de l’Institut pour le
dialogue stratégique présidé par Lord Weidenfeld se tient le dialogue européen-israélien.
Le 7 avril 2011, sa onzième édition a réuni 45 politiciens
– dont Avigdor Lieberman et Guido Westerwelle, ministres israélien et allemand
des Affaires étrangères, et Natan Sharansky -, journalistes, auteurs - Hamed
Abdel-Samad - et entrepreneurs – John Elkann - israéliens, européens et égyptien.
Au programme : les événements récents au Moyen-Orient,
le rôle de l’islam et d’éventuelles améliorations dans les relations politique
et économiques entre l’Europe et l’Etat d’Israël.
« A la lumière des développement récents au Moyen-Orient,
un échange européo-israélien d’idées est plus important que jamais. En fin de
compte, les deux régions ont des intérêts communs économiques, de politiques
étrangère et de sécurité », a alors déclaré Mathias Döpfner, journaliste allemand né en 1963, PDG d’Axel
Springer AG depuis 2002.
Le 8 avril 2012, Mathias Döpfner a déclaré au Jerusalem Post : Axel Springer
« pensait qu’une nouvelle Allemagne ne peut se développer que si elle
définit ses relations avec Israël… [Celui-ci] est la tête de point de la
démocratie au Moyen-Orient. Aussi, est-il dans l’intérêt de l’Europe de le
soutenir et de le renforcer. Nous partageons les mêmes racines culturelles et
les mêmes intérêts en terme de stratégie et de politique étrangère… L’Etat d’Israël
devrait être membre de l’Union européenne ».
Et de souligner la nécessité de ne pas oublier « ce que l’Allemagne a fait et sa responsabilité particulière pour soutenir Israël » et de définir de manière distincte un intérêt pour Israël :
société dirigée par l’éducation, l’entrepreneuriat…
Autre exemple de la philanthropie de ce groupe fidèle à son
fondateur : journaliste Juif allemand et président de la Fondation Axel Springer, Ernst Cramer a
créé un programme décennal destiné aux journalistes allemands et israéliens,
sponsorisé sous la forme de bourses par le groupe Axel Springer.
Quotidien le plus lu en Allemagne, le Bild Zeitung a publié le 11 août 2014, et sous le titre “La guerre d'Israël contre les terroristes du Hamas : Les visages de ceux qui sont tombés au combat”, les visages des 64 soldats israéliens tués lors du conflit dans la bande de Gaza lors de l'opération Bordure protectrice. De courtes biographies ont accompagné les visages. Signé par Anne-Christine Merholz, le reportage décrit ces soldats comme “64 fils, amis, époux qui ne retourneront jamais rejoindre leurs familles. Ils sont morts pour leur patrie, en combattant le Hamas à Gaza”. Diffusé à au moins 3,5 millions d'exemplaires chaque jour, le Bild Zeitung est publié par la compagnie Axel-Springer, à la ligne éditoriale pro-israélienne, visant à "promouvoir la réconciliation entre Juifs et non-Juifs en Allemagne et à soutenir le droit d'Israël à exister".
Quotidien le plus lu en Allemagne, le Bild Zeitung a publié le 11 août 2014, et sous le titre “La guerre d'Israël contre les terroristes du Hamas : Les visages de ceux qui sont tombés au combat”, les visages des 64 soldats israéliens tués lors du conflit dans la bande de Gaza lors de l'opération Bordure protectrice. De courtes biographies ont accompagné les visages. Signé par Anne-Christine Merholz, le reportage décrit ces soldats comme “64 fils, amis, époux qui ne retourneront jamais rejoindre leurs familles. Ils sont morts pour leur patrie, en combattant le Hamas à Gaza”. Diffusé à au moins 3,5 millions d'exemplaires chaque jour, le Bild Zeitung est publié par la compagnie Axel-Springer, à la ligne éditoriale pro-israélienne, visant à "promouvoir la réconciliation entre Juifs et non-Juifs en Allemagne et à soutenir le droit d'Israël à exister".
En 2019, le Conseil central des Juifs d'Allemagne a décerné le Leo Baeck Prize, doté de 10 000 €, au journaliste allemand Mathias Dopfner, qui se décrit comme étant un sioniste non-Juif, "pour son engagement envers Israël et les Juifs allemands", et pour avoir rendu "son combat contre l'antisémitisme sa cause personnelle". "Improvisant son discours, Döpfner a dit que sa première visite en Israël, en 1981, avait façonné le reste de sa carrière. Ses amitiés avec des survivants de la Shoah l’ont aussi influencé. Döpfner a indiqué avoir le sentiment qu’on n’en fait jamais assez pour condamner l’antisémitisme, il faut se dresser contre. « Pourquoi cela mérite-t-il un prix ? Cela devrait être une chose évidente », a-t-il déclarant en recevant sa récompense."
En 2020, Friede Springer, "héritière du groupe Axel Springer, veuve d'Axel Springer et mère de leur fille Ariane, a désigné Mathias Döpfner comme son successeur en lui cédant notamment 19,1% de ses parts dans l'entreprise, dont 15% à titre gracieux."
Président de la maison d'édition Springer, Mathias Doepfner a hissé, pendant une semaine, fin juin 2021, et en soutien à l'Etat Juif, le drapeau israélien sur le siège du groupe après des défilés antijuifs durant l'opération militaire "Gardien des murailles", guerre d'Israël contre le mouvement terroriste Hamas dans la bande de Gaza. Et ce, après des défilés antijuifs durant la guerre d'Israël contre le mouvement terroriste Hamas dans la bande de Gaza.
Et il a signifié aux employés du groupe en les invitant, en cas de désaccord, à quitter la maison d'édition. « Je pense, et je suis très franc avec vous, que ceux qui ont un problème avec le fait que le drapeau israélien sera hissé pendant une semaine ici suite à des manifestations antisémites, devraient se mettre en quête d’un nouvel emploi », a déclaré Mathias Doepfner, le président d’Axel Springer, lors d’une visioconférence avec des milliers de ses employés à travers le monde, a rapporté Israel Hayom.
En 2025, deux ans après l'agression djihadiste en Israël du 7 octobre 2023, le Président israélien Isaac Herzog a remis la Medal of Honor à Mathias Doepfner.
En octobre 2025, Mathias Döpfner a publié une tribune libre dans le média américain Politico. Il accusait l'aide de l'Union européenne (UE) à la "Palestine" d'avoir financé le terrorisme, et considérait qu'en réduisant son aide à Israël, l'UE se situait du « mauvais côté de l'histoire ». Dans une autre tribune libre de mars 2026 dans Politico, il affirmait son soutien à Israël et aux États-Unis en guerre contre le régime des mollahs iraniens.
Le 27 avril 2026, lors d'une réunion avec des dirigeants de Politico dont certains l'accusaient de "poursuivre un agenda politique", Mathias Döpfner a réitéré le caractère indéfectible du respect des principes guidant le groupe Springer. « Personne ne devrait travailler pour Axel Springer si ces principes fondamentaux ne lui conviennent pas ou s’il est en désaccord avec l’un d’entre eux. Si ces principes ne sont pas attrayants, s’ils n’ont pas un effet d’attraction, s’ils ne constituent pas une raison de travailler pour cette entreprise, je ne peux que recommander de travailler pour d’autres entreprises », a déclaré M. Döpfner.
Mathias Döpfner "a fait remarquer qu’il existait « de nombreuses options » où « les valeurs ne jouent pas un rôle aussi important – ou bien où d’autres valeurs priment », citant en exemple les organisations de gauche, les investisseurs financiers et d’autres éditeurs. « Nos valeurs sont très claires. Elles sont très transparentes, tant pour nos lecteurs que pour nos employés, et seuls ceux qui se sentent profondément attirés par ces valeurs devraient travailler pour nous », a-t-il déclaré."
Les "principes de l’entreprise comprennent le soutien à l’OTAN, à l’économie de marché, à la démocratie et à la lutte contre l’antisémitisme – le droit d’Israël à exister en tant qu’État juif sûr figurant en tête de liste. M. Döpfner a souligné : « Si le Parti vert en Angleterre affirme que le sionisme est du racisme, je tiens à préciser très clairement que nous considérons que le sionisme est, selon la définition officielle, le droit d’Israël à l’autodétermination et son droit d’exister en tant que refuge sûr pour les Juifs » – ces mêmes Juifs « qui ont failli être exterminés lors de l’Holocauste ». Il a toutefois ajouté que ce soutien ne signifiait pas que Politico ne pouvait pas critiquer Israël ou l’Occident, « comme il le fait chaque jour ».
Mathias Döpfner "a également critiqué la lettre du personnel elle-même, dans laquelle les employés affirmaient que qualifier l’Iran d’« agressif » était « trompeur et ne répondait pas à nos normes journalistiques ». Il a répondu : « Si vous dites qu’il ne faut pas affirmer que les dirigeants iraniens, les mollahs, sont des agresseurs, vous avez peut-être raison. Cette formulation relève davantage de l’euphémisme. Nous devrions plutôt dire qu’ils sont des terroristes, ou qu’ils sont des auteurs de massacres. Ce serait plus approprié, compte tenu de l’ampleur du terrorisme perpétré par les mandataires iraniens que sont le Hezbollah, le Hamas, les Houthis et d’autres organisations terroristes. Je pense que les qualifier d’agresseurs est une version édulcorée de la réalité. » Il a ajouté : « Ces deux faits — à savoir que les Iraniens travaillent à la bombe nucléaire et qu’ils sont des agresseurs depuis des décennies — sont tellement évidents, tellement prouvés à maintes reprises, qu’ils en sont presque… C’est comme dire que les États-Unis sont la plus grande démocratie du monde. »
Mathias Döpfner "a clairement indiqué qu’il comptait continuer à rédiger des tribunes libres – « encore plus à l’avenir, et non moins » – mais a souligné qu’elles ne dictaient pas la ligne éditoriale de Politico. « Cela ne signifie pas que nous ne critiquons pas le gouvernement israélien, ce qui arrive tous les jours. Mais nos valeurs sont claires. »
Le "nouveau rédacteur en chef, Jonathan Greenberg, s’est rangé du côté de M. Döpfner, déclarant que celui-ci « n’allait pas me dire quoi faire… C’est une ressource, et j’apprécie cela ». Il a ajouté que ces valeurs « coexistent » avec le journalisme, sans le compromettre." Les propos tenus lors de la réunion ont été révélés par Jewish Insider. Politico n’a pas souhaité faire de commentaire.
Dans un discours prononcé en mai 2026, Mathias Döpfner "a dénoncé la vague mondiale d’antisémitisme et a critiqué les médias qui « craignent les réseaux sociaux et leur public » – favorisant ainsi, selon ses propres termes, un discours partial et parfois dangereux. « Je suis allemand et je suis sioniste », a déclaré M. Döpfner. Il a souligné : « L’antisémitisme n’est pas seulement un problème juif, mais un problème pour l’humanité tout entière. L’antisionisme est du racisme. »
M. Döpfner a déclaré qu’« Israël a été désigné comme bouc émissaire alors même qu’il était attaqué ». Il a également critiqué le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, qui a déclaré après le 7 octobre que « les événements ne se sont pas produits dans le vide ». « En d’autres termes », a ajouté M. Döpfner, « c’est encore la faute des Juifs ». Il a averti que « l’antisémitisme s’est mondialisé – en particulier chez les jeunes ».
"Dans une attaque directe contre les réseaux sociaux, M. Döpfner a déclaré que TikTok « est l’une des machines de propagande les plus dangereuses au monde ». Il a fait valoir qu’après le déclenchement de la guerre, « il y avait 17 fois plus de publications pro-palestiniennes que pro-israéliennes » sur la plateforme, et a mis en garde contre le fait qu’une génération de jeunes soit systématiquement exposée à des contenus partiaux, incitant à la haine et parfois antisémites. Il a évoqué la décision américaine exigeant que TikTok soit vendu à des propriétaires non chinois et a déclaré : « L’Europe doit suivre cet exemple. »
Döpfner "n’a pas non plus épargné ses critiques à l’encontre des militants pro-palestiniens du monde entier. Dans une référence directe et inhabituelle à Greta Thunberg, Döpfner a déclaré qu’elle « ne se souciait pratiquement plus de l’empreinte carbone, mais se passionnait de plus en plus pour attiser les préjugés antisémites ». Selon lui, il s’agit là d’un exemple frappant d’un activisme occidental qui a perdu ses repères moraux et privilégie les discours populaires au détriment de la vérité. Döpfner a accusé ce qu’il a qualifié d’« activisme à la mode » de choisir ses combats en fonction des tendances plutôt que des valeurs. « Lorsque les Juifs sont attaqués, nous n’entendons que le silence. Mais c’est un choix – pas une erreur. Il y a des manifestations massives sur le climat, mais pas sur l’antisémitisme », a-t-il déclaré."
M. Döpfner "a également consacré une partie de son discours à critiquer les institutions internationales. « Il n’est pas sans ironie que nous nous réunissions ici aujourd’hui, à Genève précisément, pour débattre de ce sujet… Genève est également le siège du Conseil des droits de l’homme des Nations unies, où Israël a été de loin le pays le plus condamné au fil des ans — plus souvent que la Syrie, la Corée du Nord, l’Iran et le Venezuela réunis. Ils préfèrent se pencher sur de prétendues violations des droits de l’homme en Islande plutôt que sur les massacres commis dans des dictatures comme la Russie ou la Chine… Ce Conseil des droits de l’homme des Nations unies est devenu un conseil qui déforme les droits de l’homme », a-t-il déclaré."
« Trop de médias ont peur : peur des réseaux sociaux, peur de leur public, peur de dire la vérité », a-t-il déclaré. Il en résulte, selon lui, une couverture médiatique superficielle, partiale et parfois dangereuse".
M. Döpfner a averti que « l’Allemagne, la France et l’Angleterre ne sont pas véritablement des pays sûrs pour les Juifs », et a appelé l’Europe à encourager l’immigration et la naturalisation des Juifs afin de renforcer la société européenne et ses valeurs démocratiques. « Se souvenir est important, mais cela n’empêche pas la haine. Si nous n’agissons pas maintenant, nous nous retrouverons une fois de plus à dire “plus jamais ça”, sans que cela ait de sens. »
Véronique Cayla, présidente, Alain Le Diberder, directeur des programmes, et les responsables de secteurs d’Arte France, refusèrent de diffuser Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe, ("Auserwählt und ausgegrenzt - Der Hass auf Juden in Europa“) documentaire de 90 minutes écrit et réalisé par Joachim Schroeder et Sophie Hafner (Preview Production). Un refus datant du 26 avril 2017. « Motif : on y met trop en lumière la haine antijuive qui progresse dans la sphère arabo-musulmane et dans une certaine gauche obsédée par l’antisionisme ». Un « documentaire de quatre-vingt-dix minutes, produit et financé par Arte. Ce projet était porté par le pôle allemand d’Arte, et plus précisément par la chaîne publique Westdeutscher Rundfunk (WDR), membre de l’ARD, la première chaîne allemande. Il avait été validé en avril 2015 par la conférence des programmes. Pour Arte France, « la dénonciation de l’antisémitisme se limite à l’exploration répétitive de « ce ventre fécond dont est sorti la bête immonde », le nazisme archéo et néo, l’extrême droite dans toutes ses déclinaisons régionales, du FN français au Jobbik hongrois en passant par les néerlandais de Geert Wilders », a résumé Luc Rosenzweig, journaliste.Et de poursuivre :
"Le film de Joachim Schroeder et Sophie Hafner reçut pourtant l’aval, de justesse, de la conférence des programmes après que les auteurs ait accepté la suggestion de s’adjoindre comme co-auteur Ahmad Mansour, un psychologue d’origine arabe israélienne exerçant depuis dix ans en Allemagne. Ce dernier est une personnalité reconnue outre-Rhin comme porte-parole d’un islam des Lumières, modéré et violemment hostile au jihadisme. Il joue dans le débat public allemand un rôle similaire à celui tenu naguère dans le débat français par le regretté Abdelwahab Meddeb. Le courant passe entre les cinéastes allemands et Mansour, mais ce dernier n’accepte qu’un rôle de conseiller de ce documentaire, son emploi du temps ne lui permettant pas de participer à de chronophages phases de tournage à l’étranger et à d’interminables séances de montages. Mais il suit régulièrement la progression de la réalisation du film, et répond à toutes les demandes de conseils venant des réalisateurs. Dans l’esprit des dirigeants d’Arte, Mansour devait jouer le rôle de « commissaire politique » du film, veillant à ce que les auteurs restent bien dans les clous d’une vision de l’antisémitisme épargnant autant que faire se peut sa version arabo-islamique, et ce nouvel antisémitisme des banlieues européennes.
Il n’en a rien été, et Schroeder et Hafner, soutenus par la responsable de la coopération avec Arte au sein de la WDR, Sabine Rollberg ont persévéré dans leur projet de démasquer cet antisémitisme qui se camoufle sous le masque de l’antisionisme. Le couperet tombe en février 2017, sous la forme d’un sèche lettre de refus de diffusion du documentaire ainsi motivée : « Le film achevé ne correspond pas sur des points essentiels au projet accepté par la conférence des programmes. Par ailleurs on ne voit pas la trace de la collaboration d’Ahmad Mansour, qui devait garantir l’équilibre et l’impartialité du projet… » (Cet extrait est une traduction de la lettre adressée en allemand aux responsables du pôle allemand d’Arte, dont la direction, contactée par nos soins a refusé de nous transmettre sa version originale en français). Précisons qu’Alain Le Diberder ne parle pas un mot d’allemand, et que le film qu’il condamne n’a pas de version française…
Mis en cause, Ahmad Mansour réplique vertement aux assertions d’Alain Le Diberder dans un courrier adressé à Sabine Rollberg. Après avoir confirmé qu’il avait bien décliné la fonction de co-auteur pour des raisons personnelles, et que le contenu du film avait été établi avec son accord il poursuit. « Ce film est remarquable et arrive à point nommé. Certes, il révèle des réalités dérangeantes, les mêmes que je rencontre dans mon travail quotidien. Je suis surpris qu’une chaine publique de la réputation d’Arte puisse avoir tant de problèmes avec le réel. Dans mon activité professionnelle j’exige constamment que l’on prenne conscience politiquement de cette réalité pour alimenter un débat public dans la société et faire face à ces nouveaux défis. C’est pourquoi je trouve ce film important et nécessaire ».
Les auteurs du documentaire ont expliqué avoir accepté de remonter leur film conformément aux vœux d'Arte France. En vain.
Alain Le Dibernier a invoqué le non respect par les documentaristes de la commande d'Arte. Il a déclaré au Monde ne pas avoir peur de diffuser un « brûlot », « mais la n’est pas la question. Nous n’avons jamais eu peur de diffuser des films à thèse ».
« Il faut que vous compreniez que le sujet est très délicat. Nous sommes coincés entre les lobbys juifs et musulmans. C’est la raison pour laquelle la conclusion de ce documentaire doit rester indéterminée. », a déclaré un jour Marco Nassivera, directeur de l’information d’Arte.
WRD "avait expliqué sa décision de ne pas montrer le documentaire en disant qu'il ne répondait ni à ses exigences journalistiques ni à ses principes éditoriaux". La chaîne allemande WRD a allégué dans un communiqué "que le film ne répond ni à ses exigences journalistiques ni à ses principes éditoriaux. « Par exemple, sans citer de sources, il y est dit que "selon des estimations sérieuses, l'UE, des gouvernements européens, des églises européennes ainsi que des organisations onusiennes cofinancées par l'Union européenne auraient versé 100 millions d'euros par an à des ONG politiques connues pour mener des campagnes anti-israéliennes"». NGO Monitor (Observatoire des ONG) a prouvé les financements étrangers, notamment de l'Union européenne et d'Etats la composant, de mouvements israéliens.
Des organisations juives françaises ont exprimé leur indignation à l'égard de cette censure.
WRD "avait expliqué sa décision de ne pas montrer le documentaire en disant qu'il ne répondait ni à ses exigences journalistiques ni à ses principes éditoriaux". La chaîne allemande WRD a allégué dans un communiqué "que le film ne répond ni à ses exigences journalistiques ni à ses principes éditoriaux. « Par exemple, sans citer de sources, il y est dit que "selon des estimations sérieuses, l'UE, des gouvernements européens, des églises européennes ainsi que des organisations onusiennes cofinancées par l'Union européenne auraient versé 100 millions d'euros par an à des ONG politiques connues pour mener des campagnes anti-israéliennes"». NGO Monitor (Observatoire des ONG) a prouvé les financements étrangers, notamment de l'Union européenne et d'Etats la composant, de mouvements israéliens.
"Nous avons été stupéfaits et consternés d’apprendre qu’Arte ait refusé de diffuser le documentaire intitulé « Un peuple élu et mis à part : l’antisémitisme en Europe », réalisé par Joachim Schroeder et Sophie Hafner, d’autant plus qu’il fut produit à la demande d’Arte. Ce refus constitue une dissimulation de la réalité au public et une atteinte à son droit à l’information, surtout lorsqu’il s’agit de sujets importants tels que l’antisémitisme qui se répand à nouveau dangereusement en Europe, entraînant des conséquences graves sur les communautés juives, sur l’Etat d’Israël et sur l’ensemble des sociétés démocratiques. La France, Israël et d’autres Etats démocratiques luttent conjointement contre l’antisémitisme, au nom des valeurs qui nous unissent. Ce combat est d’autant plus crucial que l’antisémitisme tue encore aujourd’hui. En France, en 2012, des enfants ont été tués à Toulouse parce que Juifs ; à Paris, en 2015, des Français ont été tués parce que juifs, à l’Hyper Cacher ; et encore tant d’autres actes antisémites se produisent, en France et ailleurs, toujours guidés par la haine aveugle du Juif. De surcroît, l’antisémitisme, qui s’exprime de nos jours aussi à travers l’antisionisme, contribuent à nier et délégitimer le droit d’Israël à exister en tant qu’Etat-nation du peuple juif, portant atteinte à un pays allié et ami de la France et l’Europe. C’est pourquoi, au nom de nos valeurs de démocratie et de liberté d’expression, et conformément à ce que représente Arte, il est fondamental de diffuser ce documentaire".
Le 13 juin 2017, Bild a diffusé sur son site Internet, pendant 24 heures, ce documentaire en l'entourant d'explications. "Notre responsabilité historique nous oblige à nous confronter à l'indicible que nous révèle ce documentaire. Pour que nous puissions tous savoir de quoi il en retourne", a écrit Julian Reichelt, directeur des rédactions du Bild, qui qualifie la décision d'Arte de le déprogrammer de « dégoûtante et honteuse ». Ce fleuron du groupe de presse Springer a publié les soutiens aux documentaristes de nombreux politiciens, intellectuels et historiens allemands, tels Götz Aly, Matthias Küntzel, Ahmad Mansour et Michael Wolffsohn.
L'American Jewish Committee (AJC, Comité juif américain), le Centre Simon Wiesenthal (CSW) et le Conseil central des juifs d'Allemagne avaient exprimé leur indignation devant ce refus d'Arte.
Le 14 juin 2017, Arte a publié un communiqué de presse indiquant : « Arte ne veut légitimer a posteriori le documentaire en le diffusant sur son antenne, sachant qu’il s’éloigne considérablement du concept initialement convenu, lequel a été modifié sans qu’Arte n’en ait été informée ». Arte a ajouté qu’affirmer que « pour des raisons politiques le film n’aurait pas sa place dans le programme d’Arte est parfaitement absurde : la proposition acceptée par la Conférence des programmes prévoyait expressément, conformément à la ligne éditoriale d’Arte, chaîne européenne, de traiter de l’antisémitisme masqué derrière la critique d’Israël, et cela non pas au Proche-Orient, mais en Europe. ». La chaîne est surprise par cette diffusion par Bild; mais n’a élevé « aucune objection » à cette diffusion.
Arte "a balayé les accusations de censure, affirmant que le film s'était éloigné "considérablement du concept initialement convenu" et assurant ne pas en avoir été informée pendant sa phase de réalisation. "Insinuer que c'est pour des raisons politiques que le film n'aurait pas sa place dans le programme d'Arte est parfaitement absurde : la proposition acceptée par la Conférence des programmes prévoyait expressément, conformément à la ligne éditoriale d'Arte, chaîne européenne, de traiter de l'antisémitisme masqué derrière la critique d'Israël, et cela non pas au Proche-Orient, mais en Europe".
La version sous-titrée en français de ce documentaire a été publiée sur Youtube. Ce documentaire démontre le soutien, notamment financier, de l'Union européenne (UE) à la haine antisémite et l'incitation à cette haine de médias européens.
Le 15 juin 2017, le Centre Simon Wiesenthal (CSW) a écrit à Antonio Tajani, président du Parlement européen : «Visionnez le film d’Arte pour prouver que les arguments de la chaîne en faveur de la censure du film contreviennent à votre nouvelle Définition de l’antisémitisme » :
Le 16 juin 2017, ARD, "dont l'une des chaînes de son réseau de télévisions locales, WDR, avait commandé le film et avait également renoncé à le montrer", a publié un communiqué de presse. : "La Première (ARD, ndlr) va diffuser le 21 juin 2017, à 20 h 15, le documentaire produit pour Arte "Les nouveaux visages de l'antisémitisme. Le thème du documentaire est important pour nous (...) Nous avons examiné le film de façon intense et j'ai pris la décision de soumettre de façon transparente ce documentaire au débat", a déclaré Tom Buhrow, le directeur d'ARD, cité dans le communiqué. Un débat suivra cette diffusion. "Je pense qu'il est juste qu'un large public ait maintenant accès à ce documentaire controversé, et cela en dépit de ses défauts" afin que "chacun puisse se faire une idée", a poursuivi Volker Herres, directeur des programmes de cette chaîne de télévision, dans le communiqué.
Le 19 juin 2017, le Centre Simon Wiesenthal (CSW) a annoncé qu'il diffusera ce documentaire dans son Musée de la Tolérance.
Le 20 juin 2017, le CRIF a reçu en son siège Anne Durupty, vice-présidente du Comité de gérance et Alain Le Diberder, gérant et directeur des programmes. Son président Francis Kalifat, Gérard Unger, vice-président du Crif et Robert Ejnès, directeur exécutif, assistaient également à la rencontre. Arte avait annoncé sa décision de déprogrammer un documentaire sur l'antisémitisme en Europe. Le Crif avait été saisi de nombreuses réactions de responsables communautaires et de Français juifs qui s'étonnaient, voire s'indignaient de cette déprogrammation, considérant qu'il s'agissait pour Arte d'un refus d'aborder le sujet de l'antisémitisme d'origine islamiste. De plus le débat faisait rage en Allemagne – comme nous l'avions révélé dans la Newsletter du Crif – où le magazine Bild avait décidé de mettre le film sur le Net".
"Dès le début de l'entretien, Francis Kalifat a exprimé son indignation concernant cette déprogrammation, interpellant les responsables d'ARTE sur la difficulté de la chaîne de traiter de l'antisémitisme d'origine arabo-musulmane, directement lié à la situation au Proche-Orient. Dans le contexte actuel de violences et de recrudescence de l'antisémitisme, cette position paraissant irresponsable. Il a notamment fait valoir le récent vote au Parlement européen d'une définition de l'antisémitisme incluant l'antisionisme".
Les "responsables d'Arte ont voulu assurer Francis Kalifat de la bonne foi de la chaîne. La déprogrammation n'avait rien à voir avec le sujet de l'antisémitisme, mais avec le respect des procédures internes dans la programmation des émissions au sein de la structure de la Chaîne".
Francis Kalifat "a insisté sur la nécessité de diffuser ce documentaire qu'il avait pu visionner l'après-midi et qui décrit une situation alarmante qu'il faut présenter et dont il faut pouvoir débattre".
ARTE "a annoncé aujourd'hui par communiqué son intention de reprogrammer le documentaire mercredi 21 juin, suivi d'un débat. Le Crif en prend acte et salue cette décision".
Arte "a balayé les accusations de censure, affirmant que le film s'était éloigné "considérablement du concept initialement convenu" et assurant ne pas en avoir été informée pendant sa phase de réalisation. "Insinuer que c'est pour des raisons politiques que le film n'aurait pas sa place dans le programme d'Arte est parfaitement absurde : la proposition acceptée par la Conférence des programmes prévoyait expressément, conformément à la ligne éditoriale d'Arte, chaîne européenne, de traiter de l'antisémitisme masqué derrière la critique d'Israël, et cela non pas au Proche-Orient, mais en Europe".
La version sous-titrée en français de ce documentaire a été publiée sur Youtube. Ce documentaire démontre le soutien, notamment financier, de l'Union européenne (UE) à la haine antisémite et l'incitation à cette haine de médias européens.
Le 15 juin 2017, le Centre Simon Wiesenthal (CSW) a écrit à Antonio Tajani, président du Parlement européen : «Visionnez le film d’Arte pour prouver que les arguments de la chaîne en faveur de la censure du film contreviennent à votre nouvelle Définition de l’antisémitisme » :
« Ce mois-ci, le 1er juin, le Parlement européen (PE) a adopté une résolution dont le premier jet avait été élaboré en 2005 par l’Observatoire européen des phénomènes racistes et xénophobes – organe qui a ensuite été rebaptisé Agence des droits fondamentaux de l’Union européenne. Plus récemment, cette résolution allait être connue sous le nom de Définition de travail de l’antisémitisme de l’International Holocaust Remembrance Alliance (IHRA, Alliance internationale dédiée à la mémoire de l’Holocauste).Le Parlement européen s’est donc maintenant doté d’un indicateur pour évaluer l’argument apparemment tendancieux d’Arte. En outre, de nombreux universitaires et spécialistes de l’antisémitisme – notamment le musulman Ahmad Mansour, coauteur/consultant du film agréé par Arte, ainsi que le Centre Wiesenthal – ont apporté leur soutien enthousiaste à ce documentaire tant attendu.En 1989, on avait fait appel à nous pour organiser la projection du chef-d’œuvre de Claude Lanzman, Shoah, au Parlement européen. En 2008, feu votre prédécesseur, Bronislaw Geremek, avait présidé la séance de présentation de La vie et l’héritage de Simon Wiesenthal, film réalisé par notre propre Centre, dans cette même Chambre. Sur la base de ces deux précédents et en tant qu’organisation dont la division Moriah Films a déjà produit quatorze films et reçu deux Oscars, nous nous tournons vers vous – en accord avec le réalisateur, Joachim Shroeder – pour demander que Élus et exclus – la haine des juifs en Europe soit projeté en avant-première au Parlement européen afin de vérifier et de renforcer ainsi la propre Définition de l’antisémitisme du PE ».Le CSW proposait « de fournir la version intégrale du film et d’assurer la présence du réalisateur et du coauteur pour répondre à tout commentaire » : « Monsieur le Président, nous serions ravis de venir à Bruxelles pour organiser avec vous et avec votre personnel la logistique et la date de cette projection », concluait M. Samuels.
Le 19 juin 2017, le Centre Simon Wiesenthal (CSW) a annoncé qu'il diffusera ce documentaire dans son Musée de la Tolérance.
Le 20 juin 2017, le CRIF a reçu en son siège Anne Durupty, vice-présidente du Comité de gérance et Alain Le Diberder, gérant et directeur des programmes. Son président Francis Kalifat, Gérard Unger, vice-président du Crif et Robert Ejnès, directeur exécutif, assistaient également à la rencontre. Arte avait annoncé sa décision de déprogrammer un documentaire sur l'antisémitisme en Europe. Le Crif avait été saisi de nombreuses réactions de responsables communautaires et de Français juifs qui s'étonnaient, voire s'indignaient de cette déprogrammation, considérant qu'il s'agissait pour Arte d'un refus d'aborder le sujet de l'antisémitisme d'origine islamiste. De plus le débat faisait rage en Allemagne – comme nous l'avions révélé dans la Newsletter du Crif – où le magazine Bild avait décidé de mettre le film sur le Net".
"Dès le début de l'entretien, Francis Kalifat a exprimé son indignation concernant cette déprogrammation, interpellant les responsables d'ARTE sur la difficulté de la chaîne de traiter de l'antisémitisme d'origine arabo-musulmane, directement lié à la situation au Proche-Orient. Dans le contexte actuel de violences et de recrudescence de l'antisémitisme, cette position paraissant irresponsable. Il a notamment fait valoir le récent vote au Parlement européen d'une définition de l'antisémitisme incluant l'antisionisme".
Les "responsables d'Arte ont voulu assurer Francis Kalifat de la bonne foi de la chaîne. La déprogrammation n'avait rien à voir avec le sujet de l'antisémitisme, mais avec le respect des procédures internes dans la programmation des émissions au sein de la structure de la Chaîne".
Francis Kalifat "a insisté sur la nécessité de diffuser ce documentaire qu'il avait pu visionner l'après-midi et qui décrit une situation alarmante qu'il faut présenter et dont il faut pouvoir débattre".
ARTE "a annoncé aujourd'hui par communiqué son intention de reprogrammer le documentaire mercredi 21 juin, suivi d'un débat. Le Crif en prend acte et salue cette décision".
Rachat du Telegraph
"Après avoir postulé depuis plus de deux ans pour racheter le prestigieux titre londonien The Telegraph, le groupe américano-émirati RedBird IMI (contrôlé à 75 % par l’émirati IMI) a été contraint de céder sa place à un puissant groupe allemand, Axel Springer."
"Il faut savoir que RedBird IMI avait repris la dette des anciens propriétaires britanniques, mais n’a pas pu finaliser le rachat, suite à une campagne acharnée menée par des politiques et des députés hostiles à tout investissement étranger dans la presse locale, sous prétexte que cela en influencerait les lignes éditoriales. Ceux-ci arguaient du fait que les Émirats arabes unis, principal actionnaire du groupe, affichaient un bilan « peu glorieux » en matière de droits de l’homme et de liberté d’expression".
"Mais ce n’est pas le cas avec les Allemands ! En moins de deux mois, le groupe Springer, assuré du feu vert de Londres (mais aussi de Vienne et de Dublin), a annoncé avoir bouclé l’opération, le 30 juin dernier, en versant 575 millions de livres au groupe américano-émirati. La direction a été la première à s’en réjouir : « Le Telegraph est enfin en sécurité sous la direction ambitieuse d’Axel Springer », a écrit le quotidien londonien dans un éditorial."
« Chez Axel Springer, la liberté n'est pas seulement une valeur ; c'est notre principe directeur. Nous la défendons fermement, convaincus qu'elle est le moteur du progrès – dans les affaires, dans la société et, plus particulièrement, dans le journalisme.
L'héritage de notre fondateur, Axel Springer, perdure aujourd'hui dans nos valeurs. Il défendait le droit de chaque individu à une vie de libre choix et considérait ce droit comme la pierre angulaire de la démocratie, l'État en étant le garant et les médias, le défenseur.
Nous défendons ces principes aujourd'hui et assumons pleinement notre responsabilité sociale envers la démocratie, avec clarté et transparence. Axel Springer se distingue dans le secteur des médias par sa constitution d'entreprise unique, les Essentiels. Rédigée en 1967 par Axel Springer et légèrement adaptée au fil du temps, elle témoigne de nos valeurs fondamentales.
1. Nous défendons la liberté, la liberté d'expression, l'état de droit et la démocratie.
2. Nous soutenons le droit à l'existence de l'État d'Israël et nous nous opposons à toutes les formes d'antisémitisme.
3. Nous préconisons l'alliance entre les États-Unis d'Amérique et l'Europe.
4. Nous défendons les principes d'une économie de marché libre.
5. Nous rejetons l'extrémisme politique et religieux ainsi que toutes les formes de discrimination. »
« Les trois vies d’Axel Springer » (Drei Leben: Axel Springer)
Documentaire de Manfred Oldenburg, Jobst Knigge et Sebastian Dehnhardt
ZDF, 2012, 1 h 30
Diffusions les 1er mai 2012 à 22 h 30 et 15 mai 2012 à 10 h 30
Visuels :
Photos en noir et blanc
© Axel Springer AG et Sven Simon
De gauche à droite : Guido Westerwelle,
ministre des Affaires étrangères d’Allemagne et vice Chancelier, Mathias
Döpfner, CEO Axel Springer AG, et Avigdor Lieberman, vice-Premier ministre et
ministre des Affaires étrangères d’Israël.
© Fabian Matzerath
Articles
sur ce blog concernant :
Cet article a été publié le 30 avril 2012, puis les 15 août 2014, 16 juin 2017 et 29 juin 2021.
















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