Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 24 mai 2026

Barbra Streisand

Née le 24 avril 1942, Barbra Streisandcélèbre et talentueuse chanteuse, réalisatrice, productrice, compositrice, militante démocrate et philanthrope, Juive américaine alterne comédies musicales et drames, devant et derrière la caméra. Elle a interprété des standards de Broadway et de Hollywood dans son dernier album. Le 23 mai 2026, le festival de Cannes lui a rendu hommage par une Palme d'honneur. L'artiste est demeurée aux Etats-Unis où elle se rétablit d'une blessure au genou. Le 24 mai 2026 à 20 h, Arte rediffusera Barbra Streisand, naissance d'une diva 1942-1984, documentaire de Nicolas Maupied.

Fred Astaire (1899-1987)

Barbra Streisand est née en 1942, dans une famille Juive de Brooklyn, à New York.

Son père, Emmanuel Streisand, professeur estimé, meurt quand Barbra a 15 mois. Sa mère, Diana, se remarie en 1949 avec Louis Kind. Elle n'est pas une mère très aimante. Ce dont souffre sa fille, qui grandit aussi... dans la rue.

« Une actrice qui chante »
Adolescente, Barbra Streisand débute comme chanteuse de nightclub.

En 1960, elle se produit dans un club gay The Lion à Greenwich Village (Manhattan).

Elle chante aussi au Canada, puis revient aux Etats-Unis en 1961.

La télévision s’intéresse à cette jeune chanteuse.

1962 marque ses débuts à Broadway.

En 1963, son premier disque The Barbra Streisand Album reçoit deux Grammy Awards. Barbra Streisand obtient le contrôle artistique total sur ses disques. Exceptionnel à l'époque.

Barbra Streisand chante en duo avec Judy Garland à la télévision.

Retour à Broadway en 1964 en interprétant le rôle de Fanny Brice dans Funny Girl, aux côtés de Sydney Chaplin, avec des titres phares : People, composée par Jule Styne et Bob Merrill (“A feeling deep in your soul/says you were half, now you’re whole”), et Don't Rain on My Parade. Deux semaines après la première, Barbra Streisand fait la couverture d'un grand magazine américain. 


Quatrième album studio de l'artiste, People occupe le 7 novembre 1964 la  première place du Billboard, et y reste pendant cinq semaines. Avec plus d'un million de disques vendus, il devient disque de platine.


Un succès mondial qui l’amène à Londres et lui vaut ses premières émissions télévisées centrées sur elle. En 1965, Barbra Streisand a son show sur CBS. Son contrat stipule dix émissions en dix ans pour cinq millions de dollars.


En 1966, naît Jason Gould, le fils de Barbra Streisand et de son mari, le comédien Elliott Gould.


Barbra Streisand reprend le rôle de Fanny Brice dans le film Funny Girl réalisé par William Wyler (1968) avec Omar Sharif. La relation amoureuse entre l'actrice Juive et l'acteur égyptien, chrétien converti à l'islam, crée une polémique.


Je suis arrivée à Hollywood sans avoir fait modifier la forme de mon nez, sans avoir fait poser de couronnes sur mes dents, ou sans avoir changé mon nom. C'est très gratifiant pour moi”, a déclaré Barbra Streisand.

Ses deux films suivants sont tirés eux aussi de comédies musicales : Hello Dolly! de Gene Kelly (1969) avec Walter Matthau et Louis Armstrong, et On a Clear Day You Can See Forever (Melinda) de Vincente Minelli (1970) avec Yves Montand.

"Hello Dolly!"
"Hello, Dolly!" est une comédie musicale américaine réalisé par Gene Kelly (1969) avec Barbra Streisand, Walter Matthau, Michael Crawford et Louis Armstrong. 

A l'origine : "The Merchant of Yonkers", pièce de théâtre de Thornton Wilder (1938) que l'auteur a réécrite et retitrée en 1955 " The Matchmaker". Michael Stewart l'adapte pour la comédie musicale "Hello Dolly!" dont la musique et les lyriques sont signés par Jerry Herman.

La comédie musicale est créée au Fisher Theater de Detroit le 18 novembre 1963, dans une mise en scène et une chorégraphie de Gower Champion et une production de David Merric. En 1964, elle est présentée à Broadway et remporte 10 Tony Awards, dont celui du Best Musical.

"Seule depuis le décès de son époux, Dolly Levi a décidé de consacrer son existence à parfaire celle des autres femmes. C'est ainsi qu'elle s'est trouvée une vocation de marieuse. Un jour, un séduisant millionnaire sollicite ses services pour sa nièce. Dolly décide de lui trouver une épouse : elle-même..."


Comédies dramatiques 
Barbra Streisand intègre la pop culture, et entame un premier virage avec Stoney End.

De sa filmographie émergent des comédies, comme What’s Up, Doc ? (On s'fait la valise, Docteur ? 1972) avec Ryan O’Neal, The Way We Were (Nos plus belles années) avec Robert Redford (1973), une comédie dramatique sur fond de guerre froide et maccarthysme, et un remake de A Star Is Born (Une étoile est née, 1976) de Frank Pierson avec Kris Kristofferson.

"Nos plus belles années"
Le 16 avril 2017, Arte diffusa Nos plus belles années (The Way We Were), de Sydney Pollack. "De milieux et de tempéraments contraires, Hubbell et Katie s'aiment mais ne s'entendent pas... Un somptueux mélodrame de Sydney Pollack, sur fond de maccarthysme, avec Robert Redford et Barbra Streisand".

"New York, à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Fervente militante de gauche et employée à la radio, Katie n'a pas une minute à elle. Un jour, elle croise Hubbell, qu'elle a connu à la fac en 1937. À l'époque, cet étudiant doué pour l'écriture faisait partie d'une clique fortunée et frivole que Katie, prise entre son job, ses cours et le Parti communiste, réprouvait. Mais elle n'en pinçait pas moins pour le jeune homme. Aujourd'hui, elle est décidée à ne pas le laisser filer. Une liaison orageuse s'engage entre eux. Katie, par ses convictions et sa détermination, force l'admiration de Hubbell, en même temps qu'elle l'épuise".

"Ce film raconte à la fois une passion sans issue, une ségrégation sociale insidieuse et la dérive maccarthyste, le tout empaqueté dans une fresque nostalgique, en quête de l'Amérique perdue, thème récurrent chez Sydney Pollack. Le cinéaste nous entraîne d'un campus en automne (inventif générique qui embrasse en montage alterné les jeunesses parallèles de Katie et Hubbell) à un Hollywood veule qui se plie mollement à la délation. Ce mélo flamboyant repose aussi sur un casting en or : la rencontre entre le beau gosse Wasp (Robert Redford, remarquable de sensibilité) et la pasionaria juive, vif-argent au cœur de midinette, rôle à la mesure de l'explosive Barbra Streisand, qui offre au film une bande-son aux somptueux trémolos".

Nos plus belles années (The Way We Were, 1973) de Sydney Pollack "compte parmi les réussites de Pollack, cinéaste néo-classique attaché à prolonger un certain glamour hollywoodien – il a toujours cherché à travailler avec les grandes stars de son époque – tout en y ajoutant certaines notes critiques.
Ainsi, Nos plus belles années s’inscrit dans la tradition des mélodrames et des grandes histoires d’amour du cinéma américain des années 40 ou 50, avec aussi l’ambition d’évoquer le climat politique des Etats-Unis de 1937 à 1950. Nos plus belles années est en effet la première fiction sortie d’un studio à traiter de la sombre période du maccarthysme à Hollywood, lorsque Hubbell Gardiner, aspirant romancier, est invité à écrire pour le cinéma, en pleine « chasse aux sorcières ». Dalton Trumbo, l’une des victimes de cette page noire de Hollywood, a participé au scénario sans être crédité au générique. Cet épisode fut pourtant très réduit au montage par Pollack, au grand regret de Barbra Streisand qui souhaitait que le film reste une œuvre engagée. C’est sans doute la limite du cinéma de Pollack, cinéaste soucieux de ne pas faire de vagues, préoccupé par le succès au point d’accepter parfois trop de compromis", a écrit Olivier Père.

Et d'observer : "Mais le film gagne en romanesque ce qu’il a perdu en acuité politique, et baigne dans une touchante mélancolie. De leur rencontre sur les bancs de l’université jusqu’à des retrouvailles impromptues devant l’Hôtel Plaza à New York, le film suit la romance contrariée entre Katie (Barbra Streisand) et Hubbell (Robert Redford) que tout oppose au début de leur relation. Elle est juive, militante communiste, exaltée et issue d’un milieu modeste. Il est WASP, apolitique, flegmatique et appartient à la jeunesse dorée. Leur passion amoureuse souffrira de l’idéalisme de l’une et du carriérisme de l’autre".

"La scène au début du film où Katie observe lors d’une fête pendant la Seconde Guerre mondiale Hubbell en uniforme de la marine, d’un blanc immaculé, assoupi debout au comptoir indifférent à la foule autour de lui résume bien l’originalité de Nos plus belles années. C’est l’homme qui est transformé en icône inaccessible, objet de désir, beauté passive et presque irréelle, tandis que la femme joue le rôle de la combattante en perpétuel mouvement, aimante, maladroite mais forte de ses convictions. Les deux acteurs sont très à l’aise dans leurs personnages. Pollack encourage la nonchalance de Redford, tandis que Barbra Streisand déploie son énergie habituelle. Un beau couple de cinéma".


Réalisatrice
Productrice – Barbra Streisand cofonde First Artists Production Company en 1969 avec Paul Newman, Sidney Poitier et Steve Mc Queen -, elle devient réalisatrice en 1983 avec Yentl, inspiré par une nouvelle d’Isaac Bashevis Singer, The Prince of Tides (Le Prince des marées, 1991), avec son fils Jason Gould né de son mariage avec l’acteur Elliott Gould, et The Mirror Has Two Faces (Leçons de séduction, 1996).

Le 26 mai 2016, à 15 h 15, le Cercle Bernard Lazare a projeté Yentl de et avec Barbra Streisand (1983, 132 minutes), Inspiré de la nouvelle d'Isaac Bashevis Singer : Yentl, the Yeshiva Boy (1962), ce film a pour interprètes principaux : Mandy Patinkin, Amy Irving. La musique est signée de Michel Legrand. Les paroliers des chansons sont Alan et Marilyn Bergman. Barbra Streisand a du se battre quinze ans pour trouver le financement du film dédié à son défunt père.

Le 12 décembre 2018, est ressorti, notamment au cinéma Max Linder Panorama en une version restauré Yentl.


Disques
Barbra Streisand excelle à surfer sur les vogues – disco -, multipliant les duos avec Johnny Mathis, Donna Summer, Tony Bennett ou Neil Diamond – tout en restant fidèle à son style et attirant des compositeurs de mélodies (Guilty produit par Barry Gibb contient Woman in Love). Lors de ce concert, elle chante avec le quatuor Il Divo notamment Somewhere.

Sa carrière décrite sur son site Internet s’apparente au tableau d’honneur de la première de la classe.

« Une actrice qui chante ». C’est ainsi que se définit Barbra Streisand dont la vocation la destinait à la comédie.

Arte a rediffusé Barbra Streisand Live in Concert de Barbra Streisand et Gary Smith (2009). La célèbre et talentueuse chanteuse, réalisatrice, productrice, compositrice, militante démocrate et philanthrope, Juive américaine interprète des standards de Broadway et de Hollywood devant le public conquis d’un concert en Floride en 2006. Eblouissante.

Naturel, professionnalisme, sensibilité, humour, lyrisme, élégance… Barbra Streisand déploie tous ses talents de chanteuse devant un public enthousiaste lors de sa tournée en 2006.

En Floride, accompagnée magnifiquement par son orchestre admirablement dirigé par Bill Ross, entre deux anecdotes teintées d'humour, elle enchaine Starting Here, Starting Now, Come Rain Or Come Shine, Funny girl, My man, The Way We Were, titre-phare du film realise par Sydney Pollack (1973) avec Robert Redford, People, Somewhere ou Don't Rain On My Parade.

Le coréalisateur Gary Smith capte les enthousiasmes des spectateurs, célèbres ou anonymes, les préparatifs, l’activité dans les coulisses, la relation d’amour partagé entre une artiste exigeante, distinguée par de nombreux prix – Oscar, Tony Award, Emmy Award, Golden Globe, Légion d’Honneur - et son public au cours d’une carrière couronnée par 51 disques d’or et 30 de platine.

La perfection.

En 2012, est sorti l'album Release Me de Barbra Streisand, suivi par la tournée Back to Brooklyn.

Israël
Le 17 juin 2013, lors de son séjour en Israël, Barbra Streisand a reçu un diplôme docteur en philosophie honoris causa de l'université hébraïque de Jérusalem qui abrite The Emanuel Streisand Building for Jewish Studies.  Elle a rencontré le Président Shimon Peres qui a fêté son 90e anniversaire.

Cette chanteuse a donné ses deux premiers concerts en Israël, au Bloomfield Stadium à Tel-Aviv les 20 et 22 juin 2013, devant 16 000 spectateurs. Elle a notamment interprété Avinu Malkeinu et Peoplepuis a entonné la HaTikva.

"Hello, Gorgeous!"
En 2013, le Museum of Jewish Heritage à New York a présenté le festival cinématographique Hello, Gorgeous! centré sur Barbra Streisand.

"Partners"
Le 16 septembre 2014, est sorti Partners36e album de Barbra Streisand, Douze standards américains interprétés en duos avec notamment Stevie Wonder, Michael Bublé (It Had to Be You), Blake Shelton (I’d Want It to Be You), Billy Joel (New York State of Mind) et Lionel Richie (The Way We Were) et en virtuel avec Elvis Presley (Love Me Tender). Selon la firme discographique Warner, il pourrait se vendre à plus de 150 000 exemplaire en une semaine, soit avant le 21 septembre prochain. Barbra Streisand a vendu 72 millions de disques aux Etats-Unis et 140 dans le monde.

Dans le cadre de la programmation Du Shtetl à Broadwayle cinéma Le Balzac projeta le 10 février 2015, à 20 h, Funny Girl  de William Wyler, avec Barbra Streisand et Omar Sharif. Le film était  précédé d'une présentation par le journaliste Denis Jeambar.

Médaille de la liberté
Le 24 novembre 2015, à la Maison Blanche (Washington), le Président Barack Obama a remis en particulier à Barbra Streisand et au réalisateur Steven Spielberg la Médaille présidentielle de la Liberté, la plus haute distinction civile américaine. Celle-ci est distingue  des personnalités qui "ont contribué de manière particulièrement méritante  à la sécurité ou aux intérêts nationaux des Etats-Unis, à la paix mondiale, ou aux efforts culturels ou d'autres apports privés ou publics".

Le 16 mai 2016, Barbra Streisand a annoncé la sortie de son prochain album, intitulé Encore: Movie Partners. Elle y interprète des airs de Broadway où elle a débuté avant d'entamer une carrière cinématographique. Sorti les 26 août 2016, cet album réunit Alec Baldwin, Antonio Banderas, Jamie Fox, Anne Hathaway, Hugh Jackman, Seth MacFarlane, Melissa McCarthy, Chris Pine, Daisy Ridley, Patrick Wilson, et un duo "spectaculaire virtuel avec Anthony Newley". Ce disque s'est rapidement hissé à la première place des classements de meilleures ventes aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en Australie.

Barbra Streisand a publié la liste des dates des récitals lors de sa prochaine tournée.

Elle n'a pas apprécié la manière dont "l'application de commande vocale Siri de l'iPhone prononçait son nom. Elle a appelé Tim Cook, PDG d'Apple, pour réclamer une modification". Elle lui a expliqué vers le 20 août 2016: « [Siri] a mal prononcé mon nom. (...) C’est Streisand avec un "S" doux, comme du sable sur la plage. C’est comme cela que je l’ai prononcé toute ma carrière », et non comme un « z ».  Elle a relaté son intervention lors d'une interview sur la station musicale NPR, radio publique des États-Unis. Tim Cook s'est engagé à rectifier cette erreur "lors de la prochaine mise à jour du logiciel, prévue le 30 septembre".

Elle présidera le Centre d'arts qui sera édifié sur le site des attentats terroristes islamistes commis le 11 septembre 2001 par al-Qaïda à New York. Ce Centre devrait être inauguré en 2020.

Donald Trump
Barbra Streisand illustre ces Américains juifs fidèles au Parti démocrate.

Lors du premier concert de sa tournée, elle a décoché des flèches visant Donald Trump, candidat du Parti républicain à l'élection présidentielle de novembre 2016. Elle a participé à de nombreux événements en faveur d'Hillary Clinton, alors candidate du Parti démocrate à l’élection présidentielle américaine.

Fin août, dans « The Tonight Show », elle a chanté en duo avec Jimmy Fallon incarnant Donald Trump. Tous deux ont interprété « Anything You Can Do » où ils "ont critiqué un grand nombre de déclarations de Trump faites pendant la campagne électorale, y compris son intention de construire un mur le long de la frontière mexicaine".

Barbra Streisand a confié à Michael Usher durant "60 minutes", émission de la télévision australienne, qu’elle était « stupéfaite » par la popularité de Trump et espérait que ses partisans allaient « revenir à la raison ». « Il n’a pas de faits [à son compte]. Je ne sais pas, je ne peux pas le croire. Soit je viens dans votre pays, si vous me laissez, ou au Canada ».

Le 9 septembre 2016, lors d'une soirée de gala à Manhattan en faveur de Hillary Clinton, Barbra Streisad a parodié, de manière méchante, la chanson "Send in the Clowns" en évoquant Donald Trump. Extraits :
"Couplet 1
Is he that rich?
Maybe he's poor?
'Til he reveals his returns who can be sure?
Who needs this clown?
Couplet 2
Something's amiss
I don't approve
If he were running the free world, where would we move?|
Name me a town?
Just who is this clown?"
Parmi les invités : les stylistes Isaac Mizrahi, Donna Karan, et Diane von Furstenberg; les acteurs Michael Urie, Laverne Cox, Debra Messing, Mary Louise Parker, Cynthia Nixon, Zachary Quinto, Marisa Tomei, et Jesse Tyler Ferguson, et le mogul hollywoodien Harvey Weinstein.

Cette soirée a ciblé la communauté LGBT, gay, dont Barbra Streisand est "la plus grande icone".

Barbra Streisand présidera le Centre d'arts qui sera édifié sur le site des attentats terroristes islamistes commis le 11 septembre 2001 par al-Qaïda à New York.

"Barbra Streisand, naissance d'une diva 1942-1984"

Le 24 mai 2026 à 20 h, Arte rediffusera Barbra Streisand, naissance d'une diva 1942-1984, documentaire de Nicolas Maupied. "Avec une incroyable pugnacité, Barbra Streisand a raflé tous les succès sans jamais se renier. De son enfance difficile à Brooklyn aux comédies musicales de Broadway, de "Funny girl" à "Yentl", voici le récit d'une irrésistible ascension".

"Orpheline de père, mal aimée par une mère désargentée, Barbra Streisand a grandi dans le Brooklyn juif orthodoxe. À l'école, ses camarades se moquent de sa "laideur". Mais cette petite fille délurée en mal de reconnaissance, qui rêve déjà d'être une star, apprend vite les vertus de l'autodérision. Elle fait preuve d'une détermination étonnante. Dans le film, l'acteur Allan Miller se souvient que, lorsqu'il enseignait le théâtre, elle assistait à tous ses cours et le bombardait de questions. Mais elle est recalée à toutes les auditions. La jeune fille joue alors son va-tout en révélant un talent caché pour le chant. Dès lors, Barbra s'impose dans les cabarets, à la télévision, au hit-parade. Viennent aussi les comédies musicales de Broadway. De là à Hollywood, il n'y a qu'un pas que cette "entertaineuse" née franchit allègrement".

"En restant elle-même, en assumant tout – son nez, sa judéité et sa véhémence dans un show-biz à dominante blonde et anglo-saxonne –, en s'emparant du pouvoir sans complexe dans une industrie masculine, Barbra Streisand, incarnation sexy et pragmatique du girl power, a ouvert la voie aux mégastars actuelles. C'est un des enseignements de ce documentaire, qui met aussi l'accent sur son statut d'icône gay et sur son charisme. Retraçant sa carrière, des joyeux débuts de Funny girl à Yentl, film dédié à son père où elle cumule toutes les casquettes (actrice, réalisatrice, scénariste, productrice), ce documentaire comporte de nombreuses archives inédites. On y découvre une Barbra Streisand clownesque, vive, pleine d'éclat, captant immédiatement l'attention. Le récit glamour d'une vertigineuse ascension".


Michael Jackson
Le 22 mars 2019, Barbra Streisand a déclaré au quotidien britannique The Times à propos de Michael Jackson : « Ses besoins sexuels étaient ce qu’ils étaient, que ce soit à cause de son enfance ou de son ADN ». Et, concernant ses victimes, Barbra Streisand a ajouté : « C’est un mélange de sentiments. Je me sens mal pour eux. Je me sens mal pour lui (Michael Jackson). Je pense que c’est de la faute des parents, qui ont laissé leurs enfants dormir avec lui. Pourquoi Michael Jackson aurait-il eu besoin d’avoir avec lui ces petits enfants habillés comme lui, avec les mêmes chaussures, les mêmes chapeaux, qui dansent comme lui ? »

"Streisand va ensuite jusqu’à relativiser le traumatisme subi par Wade Robson et James Safechuck. « Vous pouvez utiliser le terme d’agression sexuelle. Mais ces enfants, comme ils le disent dans le documentaire, étaient ravis d’être avec lui. Aujourd’hui ils sont tous les deux mariés et ont des enfants, donc ça ne les a pas tués »… Ces derniers mots ont suscité une réaction directe du réalisateur de « Leaving Neverland » Dan Reed. Celui-ci a écrit sur Twitter : « Ça ne les a pas tués. Barbra Streisand, avez-vous vraiment dit ça ? »

A la suite de la vague d'indignation suscitée par ses propos, Barbra Streisand a exprimé le 23 mars 2019 sur Twitter ses regrets : « Je suis profondément désolée pour la peine ou les malentendus que j’ai causés en ne choisissant pas mes mots avec plus de précaution à propos de Michael Jackson et de ses victimes, parce que les mots qui ont été imprimés ne reflètent pas mes vrais sentiments. Je n’avais aucune intention de nier le traumatisme que ces garçons ont expérimenté. Comme tous ceux qui ont survécu à une agression sexuelle, ils en porteront le poids jusqu’à la fin de leurs jours. Je regrette profondément et j’espère que James et Wade savent que je les respecte vraiment et que je les admire d’avoir dit leur vérité. »

Palme d'honneur 
Le 23 mai 2026, le festival de Cannes a rendu hommage par une Palme d'honneur à Barbra Streisand restée aux Etats-Unis pour sa convalescence après une blessure au genou. La comédienne Isabelle Huppert  remis symboliquement cette Palme après avoir dit un discours admiratif, soulignant son féminisme.

Barbra Streisand "a révélé comment elle était tombée amoureuse du cinéma étranger grâce à un cinéma près de son lycée qui projetait des films en noir et blanc de réalisateurs tels que François Truffaut, Ingmar Bergman, Federico Fellini et Akira Kurosawa. « J'étais fascinée par ces images à l'écran », a-t-elle déclaré. « Elles étaient si puissantes qu'elles restent gravées dans ma mémoire. Je rêvais d'être actrice et de vivre dans ces autres univers, plus intéressants. »

"Des années plus tard, devenue actrice, elle confia avoir réalisé qu'elle envisageait toujours le film dans son ensemble, se posant beaucoup de questions et faisant des suggestions. « Je ne m'en rendais pas compte à l'époque, mais je pensais comme une réalisatrice. J'essayais de trouver comment raconter l'histoire. Et j'avais des histoires à raconter. » Parmi ces histoires figurait « Yentl » (1981), son premier film en tant que réalisatrice, pour lequel Streisand est devenue la première femme à remporter le Golden Globe de la meilleure réalisation. Mais c'était un film qu'elle a décrit comme ayant été très difficile à mettre en œuvre. « J’étais une femme, ce qui représentait un obstacle pour beaucoup », a-t-elle déclaré. « Pire encore, j’étais une actrice qui voulait réaliser. Du coup, tous les studios m’ont refusée. Pendant quinze ans, le projet a failli s’effondrer. Mais je devais absolument faire ce film. » Mais elle a déclaré que la « passion » qu’elle avait pour réaliser « Yentl » était partagée par tous les cinéastes présents à Cannes."

« Dans ce monde fou et instable qui semble se fracturer chaque jour davantage, il est rassurant de voir les films captivants de ce festival, réalisés par des artistes de nombreux pays », a-t-elle déclaré. « Le cinéma a ce pouvoir magique de nous unir, d'ouvrir nos cœurs et nos esprits. Je suis si fière de faire partie de cette communauté, alors merci beaucoup et vive le cinéma ! » 

« Sur les conseils de mes médecins, et alors que je poursuis ma convalescence suite à une blessure au genou, je suis malheureusement dans l’impossibilité d’assister au Festival de Cannes cette année », a-t-elle déclaré dimanche dans un communiqué. « Mais je suis profondément honorée de recevoir la Palme d’Or d’honneur et j’avais tellement hâte de célébrer les films remarquables de la 79e édition. »

Elle a ajouté : « J'avais également très hâte de passer du temps avec des collègues que j'admire tant, et bien sûr, de retourner en France, un pays que j'ai toujours adoré. Bien que je regrette de ne pouvoir être présente en personne, je tiens à adresser mes plus chaleureuses félicitations à tous les cinéastes du monde entier dont le talent extraordinaire et la vision créative sont célébrés cette année. Un grand merci au Festival et à tous ceux qui continuent de soutenir et de défendre l'art du cinéma. »

Barbra Streisand "est la troisième lauréate de la Palme d'Or d'honneur cette année, après le légendaire réalisateur du « Seigneur des Anneaux », Peter Jackson, lors de la soirée d'ouverture, et John Travolta, qui a reçu cette distinction à la surprise générale suite à la première de son premier film en tant que réalisateur, « Propeller One-Way Night Coach ». « C'est bien plus qu'un Oscar », a déclaré Travolta, les larmes aux yeux. « Je n'arrive pas à y croire. C'est la dernière chose à laquelle je m'attendais. »


"Hello, Dolly!" de Gene Kelly 

Etats-Unis, 1969, 2 h 18
Production : 20th Century Fox
Scénario : Ernest Lehman, d'après la comédie musicale de Michael Stewart et la pièce de Thornton Wilder
Musique et paroles : Jerry Herman
Chorégraphie : Michael Kidd, assisté de Shelah Hackett
Avec Barbra Streisand, Walter Matthau, Michael Crawford et Louis Armstrong. 
Sur Ciné + Classic le 13 mai 2020 à  22 h 30.
Disponible jusqu'au 29/06/2020

Nos plus belles années (The Way We Were), de Sydney Pollack
Rastar Productions, Columbia Pictures, 1973, 114 min
Image : Harry Stradling Jr.
Montage : John F. Burnett
Musique : Marvin Hamlisch
Producteur/-trice : Ray Stark
Réalisation : Sydney Pollack
Scénario : Arthur Laurents
Avec Patrick O'Neal, Bradford Dillman, Barbra Streisand, Robert Redford, Lois Chiles, Viveca Lindfors
Sur Arte le 16 avril 2017 à 20 h 55

Visuels 
Hubbell (Robert Redford) et Katie (Barbra Streisand)
Katie (Barbra Streisand)
Katie (Barbra Streisand) et Hubbell (Robert Redford)
© Columbia Pictures Industries, Inc./All rights reserved

Barbra Streisand, naissance d'une diva 
1942-1984, de Nicolas Maupied

Roche Productions, Arte France, 2015, 59 min
Sur Arte le 16 avril 2017 à 22 h 50, les 6 juillet à 23 h 10 et 8 juillet 2018 à 9 h 5513 août 2021 à 22 h 25, 24 mai 2026 à 20 h, 05 juin 2026 à 23 h 10
Disponible du 01/07/2021 au 11/10/2021
Sur arte.tv du 20/04/2026 au 10/11/2026
Visuels 
Portrait de Barbra Streisand par le photographe Steve Shapiro
© Steve Shapiro

Du 26 juin au 6 août 2013
Au Museum of Jewish Heritage à New York
Edmond J. Safra Plaza. 36 Battery Place. New York, NY 10280
Tél. :  646.437.4202  

Etats-Unis, 2009, 108 minutes
Diffusions les 31 juillet 2011 à 22 h 35, 4 août 2011 à 2 h 15, 20 mai 2013 à 0 h 30

Photos : © Sony Music Entertainment-Steve Shapiro

Articles sur ce blog concernant :
- Culture
- Judaïsme/Juifs
- Monde arabe/Islam
- Articles in English

Cet article a été publié pour la première fois le 31 juillet 2011. Il a été republié le :
- 29 octobre 2012 en raison de la sortie de l'album Release Me et de la tournée Back to Brooklyn de Barbra Streisand,
- 14 mai, 17 et 25 juin, 28 juillet et 8 novembre 2013, 24 avril et 20 septembre 2014, 9 février et 30 novembre 2015, 25 mai et 11 septembre 2016, 16 avril 2017, 8 juillet 2018, 3 janvier 2019, 13 mai 2020, 6 août 2021.
Il a été modifié pour la  dernière fois le 24 mai 2026.

jeudi 21 mai 2026

Les juifs de Champagne au Moyen-âge

Dans l’ancien comté de Champagne, des communautés juives ont vécu du XIe au XIIIe siècles, actives sur les plans économiques et spirituels. Le CARAN (Centre d’accueil et de recherche des Archives nationales) accueille l’exposition « Les juifs de Champagne au cœur de la vie médiévale  ». Entrée gratuiteDans ce cadre, le 21 mai 2026, de 09h30 à 17h30, le musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahJ) a accueilli la Journée d'études « Les juifs en Champagne au Moyen Âge. Enjeux et héritages d’une présence pluriséculaire ». 

« Louise Weiss, une femme pour l’Europe » par Jacques Malaterre 
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama 
Les mutilations génitales féminines
« La femme, la république et le bon Dieu » d’Olivia Cattan et d’Isabelle Lévy

Documentaires sur l'avortement sur Arte 

La Champagne est située au nord-est de la France, près de la frontière avec la Belgique. 

Rachi et les Communautés juives du comté de Champagne
En 2020, Aube en Champagne Tourisme et Congrès ont édité la brochure Rachi et les Communautés juives du comté de Champagne.

L’Aube, une histoire juive exceptionnelle
« Au cœur de l’Aube, l’ancien comté de Champagne a compté de prestigieuses communautés juives du XIe au XIIIe siècles. »
« Rachi, Rabbi Salomon fils d’Isaac, immense commentateur des textes sacrés du judaïsme, y naît à Troyes en 1040. Il donne une impulsion inattendue à la créativité intellectuelle des Juifs de Champagne. »
« Après lui, de nombreux érudits qui se réclament de son École champenoise, influencent les autres communautés juives dans l’interprétation de la Bible et du Talmud. Le nom de l’illustre comté de Champagne se propage alors dans tout l’Occident. »
Leurs commentaires et leurs décisions juridiques sont les uniques témoignages de cette époque, attestant d’une activité intellectuelle intense et d’une vie juive locale florissante. »

La Champagne, carrefour intellectuel du Moyen Âge
« Au XIe siècle, la Champagne est un territoire dirigé par les comtes de Champagne et de Brie, puissants vassaux du roi de France. Les Juifs y vivent depuis plusieurs siècles et jouissent de conditions de vie plutôt favorables. » 
« De nombreux échanges animent les relations entre les communautés juives et chrétiennes qui parlent la même langue, pratiquent les mêmes métiers et vivent dans les mêmes quartiers. »
« Dès le XIIe siècle, les comtes Thibaud II de Champagne puis Henri Ier le Libéral, favorisent l’effervescence intellectuelle du comté. Ils partagent la compagnie de nombreux érudits tels que Bernard de Clairvaux, Chrétien de Troyes, Pierre le Mangeur (Petrus Comestor) ou Abélard, et communiquent avec les Sages des communautés juives de Champagne dans une certaine convivialité. »
« Jusqu’au XIIIe siècle, les familles juives produisaient le vin nécessaire à leur consommation courante. On ignore si Rachi était vigneron de métier, mais la vigne faisait partie de son quotidien : il décrit abondamment la plante et ses maladies, les outils et techniques de la récolte et de la production de vin, l’ambiance des vendanges ou encore le goût du vin. Il est attesté que Rabbenou Tam percevait des revenus commerciaux liés aux produits de ses vignes. Cette proximité avec la vigne et le vin s’illustre par de nombreux mots techniques en champenois qui figurent dans leurs écrits. »

Les autres communautés juives médiévales de Champagne
« Au XIIIe siècle, la Champagne riche et puissante, regroupe près de 50 communautés juives prospères : Troyes, Ramerupt*, Dampierre, Villenauxe-la-Grande, Lhuître, Ervy-le-Châtel, Chappes, St-Mardsen-Othe, Bar-sur-Aube, Mussy-sur-Seine, Briennele-Château, Plancy-l’Abbaye, Trannes... En dehors de l’actuel Département de l’Aube, l’ancien comté de Champagne et de Brie comptait d’autres communautés juives à Vitry, Provins, Joinville, Sens ou Château-Thierry… »
« A Troyes, la vie juive s’organise dans le quartier de la Broce-aux-Juifs, aujourd’hui Quartier Saint-Frobert. Un autre quartier a probablement existé près de l’actuelle église Saint-Pantaléon (rue de la Synagogue). »
« Les conditions changent sous Louis IX qui limite drastiquement les droits des Juifs. Puis, Philippe le Bel et Charles VI expulsent les Juifs du royaume de France respectivement en 1306 puis à nouveau en 1394 pour une période de quatre siècles. La Champagne va progressivement oublier ces temps de partage féconds avec les Juifs qui y vivaient depuis des siècles. »
« Aujourd’hui, les élèves des Yeshivot du monde entier (Ecoles talmudiques) apprennent toujours les noms de ces villages de l’Aube, que les Sages portaient fièrement accolés à leur prénom. »

* « La prétendue tombe de Rabbenou Tam n’est pas avérée historiquement ni reconnue par le Consistoire Israélite de Paris. »

« La vie champenoise médiévale mise à l’honneur dans les textes juifs »
« La langue natale des Juifs de Champagne est le champenois, dialecte de la langue d’oïl. Ils parlent et connaissent mal l’hébreu. Aussi, dans leurs commentaires, les Sages des communautés juives traduisent souvent des mots hébreux en champenois et y décrivent des situations de la vie quotidienne. Une méthode qui facilite l’accès à la lecture et à l’étude des textes sacrés.
Les commentateurs nous transmettent ainsi les mots d’une langue vivante oubliée et de très nombreux témoignages sur la vie locale de l’époque : métiers, vêtements, faune, flore, relations entre Juifs et Chrétiens, organisation du comté,... »
« Ne maîtrisant pas l’alphabet latin, les commentateurs juifs transcrivent ces nombreux mots champenois en lettres hébraïques. Voici quelques mots retrouvés dans leurs commentaires. Devinez leur sens aujourd’hui : kalve sorits, viz, menusière, faldestole, esterles, loche, bevrone, bot, garove, paveil, déintière, chout... Réponses : « chauve-souris, escalier en colimaçon, couper en petits morceaux, chaise pliante, lacets, lampe, castor, crapaud, loup, jonc, friandises, chut »

L’incroyable destin de Rachi dans la petite ville de Troyes en Champagne
« Rachi quitte Troyes pour parfaire ses études religieuses en Rhénanie. De retour dans sa ville natale, il fonde un cercle d’étude dans lequel il formera une vingtaine d’élèves à une méthode d’exégèse* révolutionnaire. »
« Depuis Troyes, il consacre toute sa vie à commenter le Talmud et la Bible hébraïque. »
« Érudit accompli, il est consulté par de nombreuses communautés. »
« Ses trois filles lui assurent une descendance nombreuse. Il meurt à 65 ans, le 13 juillet 1105. Enterré à Troyes avec tous les honneurs, sa tombe a disparu, le cimetière juif du quartier Preize ayant été détruit au XVIe siècle pour agrandir la ville. Rachi reste aujourd’hui lu et étudié par les Juifs du monde entier qui le considèrent comme le « commentateur par excellence ».

L’école des Tossafistes, pur produit champenois
 « A la suite de Rachi, ses gendres et ses petits-fils, tels que Rabbenou Tam et Rachbam, fondent l’école des Tossafistes, « ceux qui rajoutent ». L’école rayonne d’abord depuis le village de Ramerupt jusqu’en 1146. Dampierre avec Isaac, arrière-petit-fils de Rachi, puis Sens, alors situé dans le comté ecclésiastique voisin, en reprennent ensuite le flambeau. »
« Lorsque le comté entre dans le royaume de France entre 1285 et 1305, Paris en devient l’épicentre. Présents en France du Nord, en Angleterre et en Rhénanie, les Tossafistes s’inspirent de la méthode d’exégèse de Rachi pour produire de manière collective, un brillant commentaire du Talmud. Il va traverser les siècles pour devenir une référence jusqu’à nos jours, complétant le commentaire de Rachi. »
« Rachi et les Tossafistes sont de grands pédagogues. Ils utilisent parfois des dessins et décrivent leur quotidien pour mieux expliquer les lois et les concepts des textes sacrés. Ainsi ils donnent de nombreuses informations sur les outils et les techniques permettant de travailler la vigne et de produire du vin, mais aussi de fabriquer du pain, de travailler le verre ou de construire des maisons ou des puits. Ils sont de véritables passeurs d’histoire ! »

La synagogue de Troyes et la Maison Rachi
« Les synagogues médiévales n’existent plus en Champagne. »
« Depuis 1960 une synagogue est installée rue Brunneval à Troyes dans un ancien immeuble aristocratique du XVIIe siècle. Les 2000 m2 de bâtiments ont été magnifiquement restaurés en 2016.
Depuis 2017, parallèlement au culte, la synagogue offre dans ses murs, un parcours muséographique audacieux pour découvrir Rachi, son histoire et son oeuvre grâce à une scénographie immersive et numérique innovante, « la Maison Rachi ».

Abel LAMAUVINIERE
"Premier diplômé de l'institut Rachi, présidé par le grand rabbin Sirat, et de l'université de Bourgogne", Abel Lamauvinière est "professeur, puis docteur d'histoire médiévale. Après une période comme formateur doctoral à l'EHESS, il mène des recherches sur la foi et les pratiques religieuses au Moyen Âge classique au sein d'une équipe de médiévistes, labellisée par l'Agence nationale de la recherche (COL&MON).

Il est l'auteur du livre Les juifs et le judaïsme à Troyes du XIe au XIVe siècle (L'Harmattan, 2021, 264 pages) : "Dans ce monde très chrétien, où vivent les juifs et comment vivent-ils leur foi à Troyes au Moyen Âge ? Y a-t-il des échanges entre chrétiens et juifs du temps de l'illustre rabbin Rachi ? Quel est le rôle des comtes de Champagne et du roi de France sur la vie des juifs champenois ? À une période où les comtes gouvernent depuis leur palais princier, permettant l'essor d'un genre littéraire et des célèbres foires de Champagne, cet ouvrage restitue l'histoire d'un vécu individuel mais également collectif. Troyes offre des singularités politiques pour les juifs, expliquant en partie leur rayonnement spirituel communautaire."
Il a contribué à un "colloque à Ay, au cours des années 2010, publié en 2013, sur la vigne au Moyen Age en Champagne, où j'évoquais la vigne au temps de Rachi, les globes et le rite de cacherisation aux XI-XII siècles.. Bref, une très belle époque avec des rabbins très respectueux", m'a confié cet historien.
Abel Lamauvinière a aussi œuvré pour des colloques portant sur le judaïsme champenois :
- Lyon II, Du concile de Latran IV à l’autodafé de 1288 : l’exclusion des Juifs en Champagne méridionale ;
- Sedan, Pouvoir se défendre en tant que Juif en Champagne méridionale ;
- Helsinki, Les juifs et le traité sur l’usure de Robert de Courçon: prolégomènes autour du prêt numéraire au XIIe siècle en Champagne méridionale. In: XIV International Economic History Congress, Helsinki 2006, 4e session, “Le Crédit au Moyen Âge”.
Curieusement, cet historien n'a pas été invité au colloque au mahJ. 

« Les juifs de Champagne au cœur de la vie médiévale »
Le CARAN (Centre d’accueil et de recherche des Archives nationales) accueille l’exposition « Les juifs de Champagne au cœur de la vie médiévale  ». Entrée gratuite.

« S’appuyant sur des sources toponymiques, de riches documents d’archives latines et hébraïques ainsi que sur les dernières découvertes matérielles, l'exposition « Les juifs de Champagne au cœur de la vie médiévale » recense la présence juive dans pas moins de 77 localités du comté de Champagne et restitue la réalité du quotidien de ces communautés. Insérées dans la société champenoise, elles participent pleinement à son essor économique, social et culturel : agriculture, artisanat, commerce et nouveaux métiers liés à l’urbanisation témoignent de leur implication dans la vie locale. Elle met également en lumière une créativité intellectuelle exceptionnelle, incarnée par Rachi de Troyes et son école de pensée, dont le rayonnement dépasse largement les frontières de la Champagne médiévale. »

Co-conçue par les Archives départementales de l’Aube, la Route médiévale de Rachi en Champagne et Aube en Champagne Attractivité, l'exposition « Les juifs de Champagne au cœur de la vie médiévale » « s’inscrit dans l’Itinéraire culturel du Conseil de l’Europe « Route du Patrimoine juif ».

Alors que les juifs et le judaïsme sont occultés ou marginalisés dans le "récit national", cette exposition est la bienvenue.

Journée d'études
Dans ce cadre, le 21 mai 2026, de 09h30 à 17h30, le musée d'art et d'histoire du Judaïsme (mahJ) accueille le colloque « Les juifs en Champagne au Moyen Âge. Enjeux et héritages d’une présence pluriséculaire ». Une Journée d'étude organisée sous la direction scientifique de Claire Soussen (Centre Roland Mousnier, Sorbonne Université). Claire Soussen est "professeure d’histoire du Moyen Âge à Sorbonne Université. Elle est spécialiste des relations entre juifs et chrétiens à la fin du Moyen Âge en Occident, et en particulier en péninsule Ibérique. Ses recherches portent sur la polémique religieuse, l’histoire politique et sociale de la présence juive en chrétienté, les relations entre les juifs et les pouvoirs. Après avoir dirigé pendant 4 ans un programme ANR consacré à la visibilité et l’invisibilisation des minoritaires en péninsule Ibérique à travers l’évolution des quartiers juifs, les orientations actuelles de sa recherche portent sur l’histoire des juifs en Champagne et les modalités de leur insertion, ainsi que sur les juifs et/dans l’iconographie médiévale."

Elle dirige la thèse de Benjamin Grigis intitulée "Quartiers juifs en Champagne médiévale : étude archéologique et topographique". "A partir du XIe siècle, la province de Champagne est témoin d'un essor culturel majeur. Le Sage connu sous le surnom de Rachi de Troyes instigue un mouvement appelé « tossaphisme ». Il s'agit de savants juifs qui se sont consacrés à l'étude de la Torah et du Talmud et qui ont fondé de nombreux cénacles d'étude fréquentés par des disciples originaires de tout le royaume de France et au-delà. Les historiens, philologues et théologiens reconnaissent largement que la Champagne à cette période devient une capitale de la culture juive à l'échelle européenne. De plus, l'abondance de toponymes liés à la présence juive comme les « Rue des Juifs », « Juiverie » et « Champs des Juifs », dans cinquante-quatre communes de la région témoigne d'une présence juive répartie sur l'ensemble de la région. Vingt-deux « écoles talmudiques », cinq synagogues et six cimetières sont également attestés au Moyen-âge en Champagne, ce qui indique la présence de communautés peuplées, pouvant disposer d'édifices communautaires. L'absence d'étude archéologique et topographique contraste fortement avec cette hypothèse. Le caractère central des communautés de Champagne dans la vie intellectuelle du judaïsme médiéval est ainsi très bien documenté, mais pas les lieux de culte, de vie, ou de sépulture de ses représentants. Les indices qui permettent d'étudier les quartiers juifs au Moyen âge sont discrets mais loin d'être absents. Cette étude nécessite néanmoins une réelle interdisciplinarité. Elle débutera par l'étude complète des vestiges archéologiques des communautés juives, notamment deux bassins rituels (mikveh) et deux synagogues potentielles. Dans un second temps, une étude de la documentation archivistique aidera à dresser une topographie des quartiers juifs en Champagne médiévale. Cette définition topographique permettra de comprendre comment les juifs s'intègrent dans la ville, comment ils interagissent avec les différentes composantes de la société urbaine médiévale. Cette étude permettra donc d'appréhender la vie quotidienne des juifs du Comté. Notre étude portera sur les principales cités de cet espace : Troyes et Provins (les deux capitales du comté) Reims, Châlons-en-Champagne, Château-Thierry, Bar-sur-Aube, Chaumont, Epernay et Meaux. L'étude d'une multitude de villes permettra de confronter la situation de plusieurs quartiers juifs et d'y repérer des différences ou des similitudes, afin d'en déduire une dynamique empirique ou systématique. Dans un troisième temps, les implantations juives seront analysées à l'échelle de la région. L'articulation des communautés urbaines avec des implantations rurales permettra de comprendre les interactions à une échelle plus large. La confrontation des lieux de la présence juive avec les routes commerciales et les grandes communautés hors du Comté permettra également de compléter l'analyse."

Journée d'études en partenariat avec la Nouvelle Gallia Judaica, équipe de recherche du Laboratoire d'études sur les monothéismes (LEM, UMR 8584), et le Centre Roland Mousnier, UMR 8596, Sorbonne Université ».

« Les juifs semblent avoir été bien plus présents dans les campagnes qu’on ne l’a longtemps pensé. Et en ville, loin de vivre en vase-clos derrière les murs de leurs quartiers, ils échangeaient de manière quotidienne avec leurs contemporains non-juifs dont ils partageaient la langue, les conditions et les modes d’existence, ou dans le cadre des échanges intellectuels et commerciaux qui animaient cet espace ouvert aux circulations européennes qu’était le comté de Champagne au Moyen Âge. »

« Les aspects matériels, économiques et politiques de la présence des juifs en Champagne et leur inscription dans le monde médiéval seront examinés à travers la relecture de sources connues au prisme de questionnements renouvelés, à la faveur de documents inédits ou de témoignages matériels, tel que le miqveh découvert à Châlons-en-Champagne. »

« Alors que lhéritage religieux et intellectuel de Rachi et de sa postérité, lécole des Tossafistes, a fait lobjet de travaux nombreux et approfondis depuis des décennies voire des siècles si lon inclut la discussion talmudique et le commentaire biblique les aspects concrets, matériels, économiques et politiques de la présence juive en Champagne médiévale et son inscription dans le monde social, méritent dêtre examinés à nouveaux frais. »

« Dans le sillage des travaux impulsés dans les années 1970 par Bernhard Blumenkranz cherchant à faire une histoire décloisonnée des juifs médiévaux, des études plus récentes ont contribué à réévaluer les espaces et les modalités dinsertion de la présence juive à toutes les échelles et dans tous les espaces de la chrétienté latine, notamment en Champagne. À rebours des impressions laissées par létude ancienne de quelques types de sources textuelles, les juifs semblent avoir été plus présents dans les campagnes quon ne la longtemps pensé. En ville, loin de vivre en vase clos derrière les murs de leurs quartiers qui, le plus souvent, consistaient dans le regroupement de quelques maisons ou infrastructures communautaires, ils échangeaient de manière quotidienne avec leurs contemporains non-juifs dont ils partageaient la langue, les conditions et les modes dexistence, ou dans le cadre des échanges intellectuels et commerciaux qui animaient cet espace ouvert aux circulations européennes quétait le comté de Champagne au Moyen Âge. »

« Sur le plan politique, si leur qualité de sujets des princes chrétiens avait pour corollaire une tutelle fiscale et juridique, sapparentant parfois à lextorsion pure et simple de fonds, lexercice dune certaine autonomie leur était reconnue notamment pour gouverner leurs communautés et juger les affaires internes ou ressortissant à la loi juive. »

« De même, il semble quavant le dernier quart du xiie siècle, synonyme de durcissement de la situation des juifs, certaines personnalités juives ont été présentes dans lentourage des comtes de Champagne, à linstar de Rabbenu Tam, sollicité par Henri le Libéral, selon des modalités qui restent à explorer. »

« La relecture de sources connues au prisme de questionnements renouvelés, la découverte de nouveaux documents textuels ou de témoignages matériels, tel le miqveh médiéval découvert à Châlons-en-Champagne, les tendances récentes de la recherche historique appliquées à lhistoire des juifs en Occident, seront ainsi exposées aux spécialistes et non-spécialistes. »

9h30
Introduction
Paul Salmona (mahJ) et Claire Soussen (Sorbonne Université)
Matinée présidée par Pierre Savy (Université Gustave Eiffel)

10h-10h30
Les juifs de Champagne au Moyen Âge : entre Tsarfat et Ashkénaze, tutelle comtale et pouvoir royal
Claire Soussen (Sorbonne Université)

10h30-11h
Les sources hébraïques de la présence juive en Champagne
Judith Kogel (IRHT-CNRS)

11h-11h30
Discussion et pause

11h30-12h
Le miqveh de Châlons-en Champagne et son contexte archéologique
Claude de Mecquenem (Inrap)

12h-12h30
Juifs et juives à Provins, XIIe-XVe siècles
Marie Fontaine-Gastan (Institut historique allemand)

12h30-13h
Discussion

Après-midi présidée par Claire Soussen (Sorbonne Université)

14h30-15h
Circulations exégétiques entre savants juifs et théologiens chrétiens en Champagne (XIe-XIIIe siècles) : état de la question et pistes exploratoires
Axelle Neyrinck (Université de Reims Champagne-Ardenne)

15h-15h30
Cartulaires de chancellerie, cartulaires ecclésiastiques et censiers des XIIIe-XIVe siècles : des sources pour documenter la présence des juifs dans les campagnes champenoises ?
Thomas Lacomme (Université Lyon 3)

15h30-16h
Discussion et pause

16h-16h30
L’exploitation financière de « leurs » juifs par les comtes et comtesses de Champagne au xiiie siècle
Marie Dejoux (université Paris-I-Panthéon-Sorbonne)

16h30-17h
Les communautés juives du comté de Champagne. Enjeux de mémoire et de valorisation patrimoniale, culturelle et touristique
Arnaud Baudin (Archives départementales de l’Aube) et Delphine Yagüe (Groupement d’intérêt public Rachi - Troyes et l’Aube en Grand Est)

Conférences et visites guidées
Trois conférences sont proposées pour « comprendre les dynamiques politiques, économiques et sociales d’un territoire majeur du royaume de France. Un focus inédit sur la vie des communautés juives entre protections et contraintes fiscales » :

- Le 15 avril 2026 à 14h00, « L’implantation des communautés juives en Champagne médiévale » par Judith KOGEL, Directrice de recherches émérite à l’IRHT, présidente de la Société des Etudes Juives, Présidente du Conseil scientifique du Groupement d’Intérêt Public Rachi.

- Le 04 juin 2026 à 15h00 « Le statut des juifs en Champagne médiévale et les rapports au pouvoir temporel » par Claire SOUSSEN, Professeure en histoire médiévale à Sorbonne Université, Directrice de la Nouvelle Gallia Judaica, Présidente du Conseil scientifique de la Route médiévale de Rachi en Champagne.

- Le 26 juin 2026 à 15h00 « Passavant le meilleur ! La Champagne au temps des comtes » par Arnaud BAUDIN, Directeur adjoint des Archives départementales de l’Aube, Docteur en histoire médiévale, Membre du conseil scientifique de la Route médiévale de Rachi en Champagne.
Réservation obligatoire.

Sont aussi organisées des visites guidées avec Delphine Yagüe, co-commissaire de l’exposition, cheffe de projet de la Route médiévale de Rachi en Champagne (portée par Aube en Champagne Attractivité et intégrée à l’Itinéraire européen du Patrimoine Juif du Conseil de l’Europe) et directrice du Groupement d’Intérêt Public « Rachi-Troyes et l’Aube en Grand Est ». « A partir de documents d’archives, la visite guidée vous invite à comprendre la place des communautés juives du comté de Champagne, au cœur du monde social, agricole et économiques de l’époque, et à rencontrer des personnages phares dont Rachi de Troyes et ses disciples, célèbres exégètes, témoins de l’effervescence intellectuelle de la Renaissance du XIIe siècle. » Rendez-vous dans le Hall du Caran, tarif 10 €, 1 h de visite. 



Du 25 mars au 30 juin 2026
Salle Albâtre
11, rue des Quatre-Fils – 75003 Paris
Visite libre et gratuite du lundi au samedi de 9h00 à 16h45
Visuels :
Crédit de l’image de l’affiche Passavant : Statue de Jeanne, reine de France et de Navarre, comtesse de Champagne, en fondatrice du Collège de Navarre (Paris, vers 1310). Berlin, Staatliche Museen zu Berlin, Skulpturensammlung und Museum für Byzantinische Künst, inv. M 296. © Anthe Voigt-SMB-Skulpturensammlung

Le jeudi 21 mai 2026
Au mahJ
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Visuel :
Scène d’entrainement d’un chevalier sous la représentation d’une Menorah, au bas d’une page de Mishneh Torah.
Mishneh Torah, MS 77A fol. III. 3v., collection David Kaufmann, 
Bibliothèque de l’Académie hongroise des sciences, Budapest À retrouver sur Akadem et sur la médiathèque du mahJ