Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 30 mars 2026

Nora Herman

Née à Buenos Aires (Argentine), dans une famille Juive d’origine polonaise, Nora Herman explore et loue, via la peinture, la sculpture, la gravure, le dessin et l'écriture, la genèse, la germination, le processus naturel, dynamique, évolutif de la vie, ce qu'elle recèle de potentialités. Le Musée des Beaux-arts d’Angoulême proposera l’exposition « Traces laissées par le mouvement du corps, de l’âme et de la vie » de Nora HermanVernissage le 31 mars 2026 à partir de 18 h. Visite guidée le 7 mai 2026.


C’est le jaillissement de la vie que célèbre Nora Herman, née à Buenos Aires (Argentine), dans une famille Juive d’origine polonaise. Son père est dessinateur humoristique.

Nora Herman a commencé à sculpter dès l’âge de trois ans.

A 17 ans, elle quitte l’Argentine de la junte militaire pour Madrid (Espagne), où elle ouvre son atelier. Puis, vers 1980, elle apprend la technique de la sculpture à la Parsons School (New York).

Depuis 1982, cette artiste vit et travaille à Paris. Vers 1990, après avoir maîtrisé la gravure, elle aborde la peinture dans des œuvres odes à la vie, à la nature, et interrogatives ou optimistes.

« J’aime beaucoup l’œuvre de Henry Moore, sculpteur anglais et Federico Garcia Lorca poète espagnol, qui avec un art inégalé lient la vie vive aux formes artistiques. J’aime aussi Rothko, de Kooning, Joan Mitchell, Juan Gris, Julio González… et bien sûr, nos ancêtres Leonardo de Vinci, Fra Angelico », confie Nora Herman en février 2011.

« Son œuvre, consacrée simultanément à la peinture, la sculpture, la gravure, le dessin et l'écriture, tisse un discours visuel ininterrompu qui ne se laisse pas emprisonner en une expression unique.
Sculpteur, ses bronzes entre équilibre et instabilité écrivent la vulnérabilité de notre lien avec la terre.
Peintre, elle exprime cette confusion de la terre et de l’eau, cet “ océan-univers ” dont naissent ses toiles.
Graveur, elle se risque au delà de la maîtrise technique, de la surface, au cœur de la matière, pour créer dans la fragilité.
Dessinateur, elle forge une dentelle subtile transmuant le plan en volume, dans lequel… on songe à se plonger.
Auteur, elle cisèle la matière de l'âme nous émouvant dans ses différentes textures.
Façonnée par l'entrelacement de ses ressources sensibles et culturelles, elle nous livre une œuvre définitivement emplie d'invitations où les sens et l’esprit se trouvent conjointement, ou tour à tour, saisis dans la douce et forte vague qu'engendre la rencontre avec ses œuvres. »

Parmi ses distinctions : le Prix Pollock-Kranser à New York City, les Prix de sculpture du ministère espagnol de l’Education nationale (1979) et Lacourière du Cabinet des Estampes de la Bibliothèque Nationale de France (1993), et le concours de sculpture monumentale de la Ville de Paris (2001).

Nora Herman a exposé à Madrid, Kyoto, Paris, La Haye, etc. Ses œuvres figurent dans des collections publiques et privées.

Hymnes à la vie
Pourquoi cet intérêt pour la graine, pour la genèse ? « Cela me produit un grand bonheur de voir la vie s’agréger, se développer, se magnifier. Au commencement, les êtres ont une infinité de possibilités. Ils peuvent s’ils le désirent, et si les conditions sont favorables, devenir le meilleur d’eux-mêmes. Cette possibilité est très porteuse d’espoir, et c’est bien le reflet de ma manière de voir la vie, et ce que l’on peut faire avec elle », déclare cette « observatrice émerveillée ».

Au fil des ans, Nora Herman élabore une œuvre hymne à la Nature dans des séries : « Les eaux profondes » (1995), « Germination » (1997) et « Et ces quelques fleurs... » (2002).

La peinture abstraite d’« Et ces quelques fleurs... » stylise des motifs floraux aux couleurs souvent « pop ». Des reliefs accentuent un mouvement fort. Son œuvre est un hymne à la vie et à la communion avec l’univers.

C’est une fascination admirative, parfois interrogative, pour la vie. Les fleurs s’épanouissent et gravitent. Souvent d’un rose éclatant, les pétales s’ouvrent et irradient un halo, plus clair ou dans une couleur tranchée. Soit elles emplissent l’espace en élévation spirituelle, soit elles sont un élément d’un « océan-univers » où elles flottent. Les graines de pollen jaune « volent ». Des formes circulaires sont en suspension. Les matières se superposent : apports de la sculpteur, les reliefs confèrent mouvement, vie et profondeur. Souvent composé de petits ronds, le fond vert lumineux teinté de jaune fonce en s’excentrant. Nora Herman use aussi de couleurs foncées, denses. Tout est imbriqué et va vers l’infini...

Ce dynamisme anime ses gravures sur papier de Japon très léger. Le mouvement vertical noir strie un fond vert printemps.

« Etres », sculptures en bronze, sont patinés en nuances de vert très doux et laissent deviner une femme ou un arbre. Dans les sculptures « Les liens qui nous unissent » (1994), les personnages étaient enveloppés dans des cercles quasi-tutélaires. Les « êtres » sont en général seuls, indépendants...

L’automne 2003 a été dense pour Nora Herman : deux expositions, dont l’une au Sénat, l’installation d’une sculpture commandée par la Ville de Paris - « Ceci est une barque pour s’en aller » au Passage Piver (75011) - et deux livres dont l’un rassemble des écrits sur les œuvres de Nora Herman et les réflexions de celle-ci : « … Et l’origine était l’eau » (Ed. d’écarts) et « Les terres de l’en-deçà » (Ed. Tiempo).

« Les couleurs des peintures (« Mais tu reçois la graine ») sont plus sourdes, car la terre s’y mêle, et lumineuses », confiait l’artiste qui peint la confusion entre terre et eau en un univers quasi-aérien…

Une quête sur le pourquoi
Après La germination, les cercles de feu, Terres de l’en-deçà, cette artiste s’interroge sur L’origine des origines. Et explore la genèse, approfondit sa réflexion sur le temps et l’espace, recherche de nouvelles formes nourrissant sa thématique.

En 2011, la galerie AROA (Aide à la recherche d’œuvres d’art) a présenté l’exposition Origines avec des sculptures et gravures de Nora Herman et des peintures de Sung Pil Chae. Y étaient exposées des oeuvres épurées aux lignes fines et douces, d’une fragilité émouvante. Une alliance paradoxale de force et de vulnérabilité, de contrastes dynamiques et complémentaires, de conquête d’espaces et de défi à la pesanteur par leur équilibre suspendu au temps et leur lien affirmé avec la terre.

« J’ai fait des formes très dépouillées, ouvertes, couchées à même le sol. Aujourd’hui, les sculptures ont une base comprise en elles mêmes, tel un piédestal pour les mettre en valeur, en hauteur, et elles sont plus complexes. Les gravures de la série précédente étaient en couleur ; celles actuelles sont en Noir et blanc, comme celles que j’avais fait dans les années 1980-1990... Encore ce mouvement d'aller et de retour. Quant aux dessins, c'est un travail très méticuleux à la mine de plomb avec des repentirs, un travail méditatif », explique Nora Herman.

De la graine, ronde ou ovale, s’échappent des formes fines, effilées, arrondies, en ellipses, riches d’un avenir prometteur, et en partie accompli. Une réflexion sur l’origine de son art, sur la naissance du processus créatif et les mouvements l’affectant, le nourrissant, le faisant évoluer. Sur des possibilités d’épanouissement multiples et variées.

Galerie Leizorovici
En ce printemps 2012, la Galerie Leizorovici présenta la nouvelle série de dessins de Nora Herman au Salon Chic Dessin. 

« Ce nouvel ensemble est la prolongation naturelle de la série précédente. Intitulées « L’Origine des Origines ». Ces dessins sont une évocation poétique matérialisée.  Réalisés à la mine de plomb sur papier Japon très léger (6 g.) ils sont  posés sur du Moulin de Gué coloré (600g.) » - un papier chiffon que l'artiste colore et retravaille très épais-, avec des inclusions végétales. Ce songe de l’Origine se révèle à nous avec une finesse extrême en même temps que toutes ces valeurs, couleurs, fragrances et textures. L’on s’interroge dans quel souvenir ancestral, l’artiste a pu puiser intact L’ORIGINE DE LA VIE  ».

En 2013, la galerie Herzog a présenté « Pépitas », exposition d'une série de dessins, sculptures et gravures récents réalisés par Nora Herman dans l'exposition L'origine des Origines.

Nora Herman a présenté, du 28 au 30 mars 2014, dans son atelier parisien ses dessins, peintures, sculptures et gravures récents réalisés par dans sa série L'origine des Origines.

Le laboratoire de recherche de l’Institut Curie "lui a passé commande en 2014 de deux œuvres sur la morphogenèse, la potentialité et l’épigénétique, intitulées : Chemin de Vie -Vive et Tissu de Vie -Vive".

Cité Internationale des Arts
La Cité internationale des Arts présenta l'exposition collective "#Visions épigénétiques" (16-27 mai 2015), avec des œuvres de Nora Herman. Cette exposition "laisse libre cours à l’interprétation d’artistes contemporains sur la plasticité du vivant. dont Nora Herman. Ces artistes "se sont confrontés au monde scientifique afin d’établir un pont entre l’art et l’épigénétique, une discipline qui s’interroge sur le destin de nos cellules".

Cette exposition "s’inscrit dans la démarche Art-Science du réseau d’excellence européen EpiGeneSys, elle implique plusieurs chercheurs de l’Institut Curie, du CNRS et de PSL. Aujourd’hui, l’épigénétique est un domaine en pleine évolution. Après avoir décrypté le code génétique de nombreuses espèces dont l’homme, les scientifiques ont réalisé qu’ils ne tenaient pas encore la clé pour expliquer tous les mystères de la vie, des maladies et de notre évolution… En effet, il existe encore un autre niveau de complexité qui permet une régulation fine de l’expression des gènes. Actuellement, ces phénomènes sont très étudiés pour comprendre de nombreuses maladies comme les cancers ou pour savoir si nos comportements influenceront ou non nos descendants".

"Pour que cette thématique d’avenir ne reste pas seulement dans les laboratoires de recherche, l’exposition présentera de nombreuses oeuvres mêlant l’art et la science pour éveiller l’intérêt du grand public à l’épigénétique. L’exposition évoquera des aspects de l’épigénétique et de la biologie des systèmes tels que : qu’est-ce que l’épigénétique ? Quels en sont les principes ? Comment ces principes sont associés à des questions sociales et de vie quotidienne ? Quel est le rôle de l’épigénétique dans la médecine d’aujourd’hui et de demain ? Les travaux présentés sont le fruit de projets collaboratifs, d’interactions au cours de workshops et de travaux personnels. L’imagination, le jeu et la soif de connaissances seront sollicités notamment via des sculptures, des dessins, des installations, des applications interactives ou des animations pour éveiller l’intérêt de chacun aux mécanismes épigénétiques responsables de l’évolution de notre destinée et à leurs retombées dans le domaine médical".

L’exposition "s’inscrit dans la démarche Art-Science du réseau d’excellence européen EpiGeneSys coordonné par Geneviève Almouzni, spécialiste de l’épigénétique, directrice CNRS du laboratoire Dynamique du noyau (CNRS/Institut Curie)et directrice du Centre de Recherche de l’Institut Curie. Le réseau d’excellence européen EpiGeneSys, financé dans le cadre du programme FP7 de la commission européenne, regroupe aujourd’hui plus de 160 laboratoires répartis dans toute l’Europe. Il a été créé pour favoriser les échanges et ainsi l’efficacité de cette nouvelle communauté de recherche en pleine ascension. Une de ses nombreuses missions est de sensibiliser le grand public grâce à des interactions avec des artistes inspirés par les possibilités de l’épigénétique".

Galerie Aroa
La Galerie Aroa présenta l'exposition Rencontre entre Nora Herman et Philippe Petitfrère (28 septembre-12 novembre 2017). L' artiste Nora Herman poursuit son exploration symbolique de la genèse, la germination, le processus naturel, dynamique, évolutif de la vie et à ses formes parfois surprenantes et émouvantes, sobres ou exubérantes. "Dans cette exposition automnale, Constellations Intimes, nous pourrons découvrir un ensemble de gravures, de dessins et de sculptures à travers lesquelles l’artiste nous livre une vision poétique sur la Vie et ses Origines".

"Où commence l’existence ? D’où viennent les formes, les matières, les couleurs qui nous entourent ? Autant de questions que Nora Herman explore dans ses œuvres. Ses sculptures faites de conjonctions de bronze et de galets, ses dessins à la mine de plomb sur papier Japon posés sur Moulin de Larroque coloré, ses gravures très élaborées et réalisées à la suite de plusieurs résidences au Danemark, à l’Institut Curie, puis, en Suède, offriront, chacun à sa manière des visions cosmogoniques".

"Ce sont des visions éphémères, des pulsions de vie, des particules innombrables se répandant dans l’espace. Un tout minéral, animal et spatial et c’est sans doute ce qui a amené l’artiste à travailler ensuite sur les constellations. Un jaillissement de formes et des promesses de vie en flottement dans l’univers".

"Ce travail-miroir, dans lequel chacun saura trouver un reflet de sa propre existence, révèle la fragilité, la légèreté, l’équilibre, l’harmonie… Apprivoiser l’essence de la Vie est la source du travail de Nora Herman et ses oeuvres sont une invitation à nous plonger dans l’Origine du Tout".

"…Mais, depuis ce commencement désolé jusqu’à nos jours… Combien de changements se sont produits pour qu’autant de formes nous occupent". (Extrait de …Et l’origine était l’eau de Nora Herman, éditions d’écarts, Paris, 2003

« Traces laissées par le mouvement du corps, de l’âme et de la vie »
Le Musée des Beaux-arts d’Angoulême proposera l’exposition « Traces laissées par le mouvement du corps, de l’âme et de la vie » de Nora HermanVernissage le 31 mars 2026 à partir de 18 h. Visite guidée le 7 mai 2026.

 « Le Musée de Beaux-arts d'Angoulême niché au cœur de l’ancien évêché de la cathédrale Saint-Pierre, a été fondé en 1136 et rénové en 2008. Aujourd’hui ce joyau architectural abrite des œuvres qui vous invitent à découvrir la Paléontologie de la Charente, les Beaux-arts et les arts extra-européens. Dans l’aile dédiée aux Beaux-Arts, une salle nommée « Angoulême vu par… », présente des expositions d’art contemporain. De 2026 à 2030, elle hébergera les œuvres du Centre Georges Pompidou, offrant une parenthèse enchantée aux Angoumoisins, pendant la fermeture de ce dernier. »

« L’exposition personnelle de Nora Herman, sera précédée et suivie dans la programmation par les expositions des œuvres du Centre Georges Pompidou, favorisant ainsi un dialogue enrichissant entre les différentes œuvres. Elle sera composée d’un ensemble récent de peintures, dessins et sculptures, explorant les traces laissées par le corps en mouvement, par les mouvements de l’âme et de la vie, et par des rêveries poétiques. »

« Cette exposition, qui s’inscrit dans la démarche de l’artiste, s’attèle à créer un refuge, un espace d’apaisement, un lieu de contemplation pour les êtres qu’elle accueillera. »

« Le travail de Nora Herman gravite autour de l’Origine, de la pulsion de vie et de ces lieux où la vie s’agrège, en sommes toutes, de la Vie -Vive. »

En partenariat avec l’Artothèque. »



Du 1er avril au 31 mai 2026
Vernissage le 31 mars 2026 à partir de 18 h
Square Girard II - rue Corneille - 16000 - Angoulême
Tel : 05 45 95 79 88
Mardi au vendredi de 10h à 12h30 - 13h45 à 18h
Samedi et dimanche : 14h à 17h30
Gratuit : 1er dimanche du mois
Visuels : © NoraHerman-ADAGP - 2026


Du 28 septembre au 12 novembre 2017. Vernissage le 27 septembre 2017 de 18 h à 22 h
A la Galerie Aroa 

38 bd. Inkermann - 92200 Neuilly-sur-Seine
Tél. : 01 74 63 00 18

Du 15 au 27 mai 2015. Vernissage le 15 mai 2015 de 18 h à 22 h.
A la Cité internationale des Arts   
Galerie au 18 rue de l'Hôtel-de-Ville. 75004 Paris
Entrée libre de 14 h à 19 h. Fermeture les dimanches 17 et 24 mai.

Du 28 au 30 mars 2014
A l'atelier de Nora Herman
92 bis quai de la Loire, 75019 Paris
Code 1547. Interphone Herman
Vendredi et samedi de 11 h à 21 h 30. Dimanche de 11 h à 20 h et sur rendez-vous.
Vernissage le 27 mars 2014 de 18 h 30 à 21 h30.

Du 22 mars au 14 avril 2013
A la galerie Lucette Herzog
Passage Molière
157, rue Saint-Martin, 75003 Paris
Tél. : 01 48 87 39 94
Du mardi au samedi de 15 h 30 à 19 h et sur rendez-vous
Vernissage le 21 mars 2013 à 18 h 30. Finissage le 7 avril 2013 de 16 h à 18 h 30.

L'origine des Origines
Les 29 mars, 30 mars et 1er avril 2012
Chic Dessin
Galerie Leizorovici - Stand A2
L'Atelier Richelieu
60, rue de Richelieu, 75002 Paris
Jeudi 29 mars : Preview de 14 h à 18 h. Vernissage de 18 h à 21 h 
Vendredi 30 mars-dimanche 1er avril : de 11 h à 20 h

Jusqu’au 26 février 2011
38, boulevard d’Inkermann. 92200 Neuilly-sur-Seine
Vendredi et samedi de 13 h à 19 h
Tous les autres jours, y compris le dimanche, sur rendez-vous
Tél. : 01 74 63 00 18

Visuels de haut en bas : oeuvres de Nora Herman © DR
Origine des origines, sculpture
Ensemble de sculptures
Germination, sculpture
Origine des origines, gravure

Constellations intimes III  noir Gravure Fabriano- 72 x 20 cm -2014 - Nora Herman

« L’Origine des Origines »
Mine de plomb sur Japon sur Moulin de Gué
 2010
93 x 32 cm

Un tissu de vie-vive
2015
250 x 125 cm

Semi bourrache danesas B.  EA I_II. 36 x 20 cm. 2014

L'Origine des Origines XVI (2)

Et ces êtres là qui gravitent dans l’univers I Série Suédoise. - Gravure -79 x 22 cm -s_ Hanhnemühle - Nora Herman - 2016

Et ces êtres là qui gravitent dans l’univers II - Série Suédoise - Gravure - Nora Herman - 2016

L'Origine des Origines XV (2)

Lavandas danesas.  EAI_II.  36 x 20 CM. 2014

Constellations intimes I noir.j Gravure s_Fabriano- 72 x 20 cm -2014 -  Nora Herman

Abrojos daneses A.  N° 1_6. 36 x 20 CM. 2014

Articles sur ce blog concernant :
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Publié sur ce blog les 20 février 2011, 28 mars 2012, 19 mars et 7 avril 2013, 28 mars 2014 et 14 mai 2015, cet article a été modifié le 24 septembre 2017.

dimanche 29 mars 2026

« Migrations et climat. Comment habiter notre monde ? »

Le Palais de la Porte Dorée propose « l’exposition artistique et scientifique » partiale « Migrations et climat. Comment habiter notre monde ? », assurant la promotion du réseau immigrationniste, gauchiste et anti-policiers No Borders. Un discours "politiquement correct" interdisant toute analyse différente des "migrations" ou du "réchauffement climatique" prétendument anthropique, occultant les raisons djihadistes de migrations ou l'attrait pour des "migrants" de systèmes sociaux très généreux de pays en voie de tiers-mondisation.

« OGM - Mensonges et vérités » de Frédéric Castaignède 

« Pour la première fois, le Palais de la Porte Dorée déploie dans l’ensemble de ses espaces, Musée et Aquarium, une exposition monde : Migrations et climat. Celle-ci explore les dynamiques des migrations humaines mais aussi du vivant qui sont liées au dérèglement climatique. » 

Bref, une exposition au croisement de directives étatiques : accepter la politique migratoire en favorisant "le vivre ensemble" car "l'immigration est une chance pour la France", et faire accepter l'idée d'un "dérèglement climatique" induisant des mesures juridiques - statut de "réfugié climatique" ? -, économiques, etc. Les facteurs politiques, notamment djihadistes, des "migrations" sont absents de l'exposition. Si l'exposition fustige l'extrême-droite européenne anti-immigration, elle occulte l'extrême-gauche et son agenda politique et les risques que des djihadistes parviennent en Europe dans des groupes de "migrants", comme ce fut le cas à l'été 2015 pour un terroriste islamiste des attentats du 13 novembre 2015. En outre, l'intégration ou l'assimilation des "migrants" sont deux mots absents du dossier de presse, comme si la vision du monde de migrants était compatible avec les principes de la République française : liberté, égalité, fraternité. De même, le coût de ces "migrants" est ignoré par l'exposition qui allègue qu'ils sont pauvres, dont "leur impact sur l'environnement est faible". Et sur les sociétés d'accueil ? Et sur les économies des pays d'arrivée ? Quels coûts ? 

Et, en fin du parcours, le visiteur est invité à s'engager avec le réseau immigrationniste, anti-police et d'extrême-gauche No Borders - le site Internet homonyme vend des vêtements au slogan « All cops are bastards » (« Tous les flics sont des salauds ») !? Quid de la neutralité d'un établissement culturel financé par de l'argent public ? Pourquoi ce discours partial, et déjà daté. 

En effet, le 26 mars 2026, le Parlement européen, en session plénière, a « approuvé par 389 voix pour, 206 contre et 32 abstentions, l'ouverture de négociations avec le Conseil de l'Union européenne (UE) sur le nouveau cadre juridique visant à muscler les procédures de retour des personnes en séjour irrégulier dans les États membres » : création de « hubs ou plateformes de retour » situés dans des pays « sûrs » hors de l’espace de l’UE pour les migrants en séjour irrégulier après le rejet de leur demande de statut de réfugiés. Chaque État pourra conclure des accords bilatéraux de réadmission avec ces pays, destination finale ou étape dans le retour vers le pays final. Ce règlement prévoit de renforcer les sanctions pour les migrants qui refuseraient de quitter le territoire européen. Ces migrants « pourront se voir refuser ou réduire certaines prestations et allocations, permis de travail, ou encore imposer des sanctions pénales, y compris des peines d'emprisonnement. »

Missions nouvelles 
Depuis quelques décennies, les musées sont invités à multiplier les actions envers des publics variés (Mission Vivre ensemble), à favoriser le « vivre ensemble », à contribuer à la « transition écologique »... On en arrive à regretter les musées à la scénographie classique de notre enfance où les familles se rendaient sans méfiance…

De l’écoconception - recyclage de matériaux d'expositions précédentes - à la « programmation responsable et durable » via le fonctionnement du musée, tout doit révéler une « conscience environnementale » et un engagement pour la Cause, voire un panthéisme anti-biblique car l’Homme dominant la Nature (Genèse) est fustigé, rendu responsable de tous les maux. 

Désormais, les statistiques de fréquentation ne sont plus l’objectif principal attestant de l’heureuse rencontre entre un sujet, éternel ou dans l’air du temps, et le public, d’une administration en phase avec les attentes de visiteurs et soucieuse de satisfaire leur curiosité, mais un indicateur parmi d’autres, dont « l’impact carbone des visiteurs internationaux », dans l’objectif de « se verdir » à l’ère du « changement climatique » prétendument "anthropique". Or, le climat a toujours changé, et l’Homme a eu l’intelligence de s’y adapter. Rien ne prouve que l'Homme soit responsable du "dérèglement climatique" - cette expression suggère que le climat aurait été réglé une fois pour toute, et par qui ? Mystère. Accuser l'Homme traumatise des esprits faibles, et occulte des raisons scientifiques aux évolutions climatiques, notamment les variations du rayonnement solaire.

Et, malgré tous leurs actes vertueux pour une "neutralité carbone ou climatique", des musées sont victimes ou redoutent des militants écologistes (« Last Generation », "Dernière génération") qui visent, à coups de jets de peinture, des œuvres d'art, certes pour le moment protégées par des vitres. Mais ces activistes se limiteront-ils à des tableaux protégés ? Force est de constater le faible soutien des autorités politiques, locales ou nationales, et judiciaires au respect de la loi et de l'Art. Combien d'arrestations et de condamnations judiciaires sévères ? Et qui a inculqué à ces activistes, de l'école aux médias via des expositions muséales, de la COP 21 à la Convention citoyenne pour le climat, cette peur de l'avenir, ce sentiment d'"urgence climatique" en occultant les enjeux sous-jacents politiques, notamment en termes démocratiques - transferts de souveraineté à des instances supranationales (Union européenne, Organisation des Etats-Unis) ou lobbys privés -, économiques - "décarboner" par la décroissance ou "croissance zéro", "empreinte carbone" justifiant des mesures réduisant la liberté de circulation et induisant une inflation normative jugulant l'esprit d'entreprise, destruction de filières industrielles (véhicules thermiques) -, financiers (fiscalité), sociaux - "gueux" pénalisés, paupérisation -, etc. ?

Cet engagement muséal risque de réduire les prêts d'œuvres entre musées, et ressemble à l’embrigadement de tous les pans et membres de la société française intimée de « sauver la Terre », « quel qu’en soit le coût », ou de s’adonner à un culte cruel où des troupeaux de bovins ou d'ovins sont/seront sacrifiés ou des couples pessimistes, atteints d'"écoanxiété", refusent d’enfanter pour sauver non les êtres humains, mais une Nature ou une planète quasi-déifiées, ou cible d'anthropomorphisme. 

Cette idéologie ostracisant toute voie "climatosceptique", distillant l'"éco-anxiété", est en adéquation avec l'éducation au développement durable (EDD) qui "permet d'appréhender la complexité du monde dans ses dimensions scientifiques, éthiques et civiques. Transversale, elle figure dans les programmes d'enseignement. Enseignants et personnels d'encadrement y sont formés et l'intègrent dans le fonctionnement des établissements". Et remplace parfois les sciences naturelles.

Le succès de cette idéologie montre des esprits décérébrés, ignorant la science, des scientifiques qui majoritairement adoptent des thèses infondées mais leur permettant d'obtenir des subventions publiques, un business lucratif aux allures "vertueuses", et la raréfaction de l'esprit critique et de l'attachement aux libertés.

Au printemps 2023, je me promenais dans le Marais, un quartier boboïsé, gentrifié, parisien au centre de la capitale, quand j'ai vu un groupe d'enfants de huit à dix ans, encadrés par deux adultes, en temps périscolaire. Ces enfants brandissaient des panneaux sur lesquels étaient écrits ces slogans : "Protégeons la Terre que nous chérissons tant", "Liberté, Egalité, Fraternité, Biodiversité". Une passante était émue : "Ils sont trop gnons" (mignons, Ndlr). Ces enfants révélaient un embrigadement idéologique inquiétant, contraire à la démocratie, opposé au libre débat.

Art et sciences
« Plus de 200 photographies documentaires, œuvres d’art dont certaines inédites, témoignages, vidéos, infographies et installations sont rassemblées pour une expérience de visite documentée, incarnée et sensible. »

« Les créations d’artistes internationaux comme Lucy + Jorge Orta, Inès Katamso, Margaret Wertheim, Ghazel ou encore Quayola, dialoguent avec les enjeux propres à différentes parties du monde, ici mises en lumière, du Sénégal aux Îles du Pacifique en passant par le Groenland ou bien sûr la France. Le parcours donne à voir et à entendre, dans leur diversité, des réalités souvent méconnues de nous comme des populations directement concernées. »
« L’exposition a été conçue avec une grande rigueur scientifique, reposant sur les données issues d’organisations spécialisées*, un conseil constitué d’experts internationaux dont François Gemenne, rapporteur du GIEC spécialiste reconnu des migrations environnementales, Sylvie Dufour, biologiste marine, directrice de recherche émérite au CNRS. Ce travail repose également sur des échanges nourris avec des témoins, des activistes et des personnes directement concernées. »
« En croisant les regards artistiques, scientifiques et citoyens, Migrations et climat éclaire un débat de société majeur, invitant à replacer l’humain et le vivant au coeur des préoccupations climatiques, culturelles et sociales et à imaginer collectivement des réponses face aux bouleversements en cours. »

« UNE RÉFLEXION CRITIQUE NOURRIE PAR L’ART, LA SCIENCE ET LES QUESTIONS DE SOCIÉTÉ »
« Quatre grandes sections viennent rythmer l’exposition et invitent le public à découvrir comment le vivant fait face depuis toujours aux bouleversements de son environnement, à travers des oeuvres, des cartes, des témoignages ou encore des objets de mémoire. Conçue pour être accessible à toutes et tous, l’exposition est également pensée pour toucher aussi des publics jeunes et propose notamment un espace dédié afin de leur offrir une découverte ludique et pédagogique des enjeux abordés. »
« La première partie de l’exposition « Migrations climatiques, rien de nouveau sous le soleil ? » retrace l’histoire longue des migrations liées à l’environnement et interroge les représentations contemporaines de ces phénomènes. La seconde partie explore les stratégies d’adaptation développées par les populations concernées. La section « Que faire ? » présente les réponses institutionnelles, entre aide humanitaire et évolution du droit. Enfin, à l’Aquarium, une section dédiée explore les enjeux de biodiversité à travers trois régions du monde. »

« DES MIGRATIONS À TRAVERS LE CLIMAT ET LE TEMPS : UNE HISTOIRE ANCIENNE, DES RÉPONSES CONTEMPORAINES »
« L’exposition met en lumière une réalité souvent oubliée : les migrations liées au climat ne sont pas un phénomène nouveau. Depuis des millénaires, les sociétés humaines et les êtres vivants ont été contraints de se déplacer en raison de bouleversements environnementaux : sécheresses prolongées, glaciations, catastrophes naturelles, transformations des sols… Elles s’inscrivent dans des dynamiques complexes, où les facteurs environnementaux s’entrelacent avec des causes économiques, politiques ou sociales. »

FACE AU CLIMAT : STRATÉGIES D’ADAPTATION ET RÉSILIENCE COLLECTIVE
« Cette mise en perspective historique permet aussi de mieux comprendre les réponses apportées aujourd’hui face à ces bouleversements. Car si les migrations liées au climat sont une constante de l’histoire humaine, les formes d’adaptation le sont tout autant. Agriculture repensée, relocalisation des habitats, réseaux de solidarité, revitalisation des savoirs traditionnels… les solutions, souvent ancrées dans le territoire et portées par les communautés elles-mêmes, témoignent d’une inventivité face à l’urgence. »
« À ces initiatives locales s’ajoutent des actions menées à plus grande échelle : politiques de prévention des risques, réaménagements urbains, reconnaissance de nouveaux droits pour les déplacés, accords de coopération régionale ou internationale. »
« L’exposition interroge également la notion de « réfugié climatique », terme largement utilisé dans le discours public mais absent du droit international. »

« COMPRENDRE LES MÉCANISMES, DÉCONSTRUIRE LES IDÉES REÇUES »
« À travers plusieurs études de cas, accessibles à tout âge, l’exposition permet de comprendre la réalité complexe des mobilités qui dépendent de dynamiques sociales, politiques et économiques et varient d’un territoire à l’autre. »
« Dans le delta du Mékong, au Vietnam, la montée du niveau de la mer et la salinisation des sols contraignent des agriculteurs à modifier leur activité ou à migrer vers la capitale. Au Soudan du Sud, l’alternance d’épisodes de sécheresses et d’inondations provoque une raréfaction des terres cultivables et pousse des populations au départ, dans un pays où les conflits armés sont déjà sources de déplacements forcés. Tandis que la France, notamment à Mayotte ou en Vendée, fait face à une recomposition littorale due à l’artificialisation des sols et la montée du niveau de la mer. Ces études de cas viennent montrer que les migrations ne se résument pas à un exil brutal et du Sud vers le Nord. Les migrations peuvent être temporaires, saisonnières ou internes et sont souvent une réponse ultime à une pression environnementale croissante. »

« DES OCÉANS EN MUTATION : IMPACTS ET ADAPTATIONS »
« Dans les espaces de l’Aquarium tropical, l’exposition s’attache à poser un regard attentif sur les bouleversements qui affectent les écosystèmes marins et côtiers à l’échelle mondiale et sur les communautés humaines qui en dépendent. »
« Trois régions viennent illustrer la diversité des impacts du changement climatique sur les littoraux, les ressources et les modes de vie. Au Sénégal, la diminution des ressources aquatiques, liée à la surpêche et au réchauffement des eaux, bouleverse les pratiques et fragilise les communautés côtières. Dans le Pacifique, les petites îles de basse altitude comme Tuvalu, Kiribati ou Vanuatu luttent pour leur survie face à la montée des eaux qui submerge ses terres. Enfin, au Groenland, le comportement erratique de la nature perturbe les modes de vie des populations autochtones. »
« Des installations interactives, des témoignages sonores et visuels et une projection immersive permettent de percevoir ces réalités souvent invisibles et offrent une vue d’ensemble de l’évolution des océans, croisant données scientifiques et récits personnels. »

Le commissariat est assuré par Bruno Girveau, conservateur général du patrimoine honoraire, commissaire général, Élisabeth Jolys-Shimells, conservatrice en chef du patrimoine, commissaire, et Gabriel Picot, responsable du développement culturel et pédagogique de l’Aquarium tropical, commissaire, accompagnés par Olivier Bedoin, assistant d’exposition.

Conseil scientifique
Sylvie Dufour, directrice de recherche émérite, CNRS ; chargée de mission mer, Musée National d’Histoire naturelle (MNHN)
François Gemenne, Professeur à HEC Paris, Chercheur FNRS et directeur de l’Observatoire Hugo à l’université de Liège
Pour l’Agence Française de Développement (AFD) :
• Mathilde Bord-Laurans, Responsable de la division Climat et Nature
• Matthieu Buratti, Chargé de mission Gouvernance



PARCOURS DE L’EXPOSITION

RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL ? 
« La première partie de l’exposition s’attache à replacer les phénomènes de migration du vivant, humain et non-humain, liés au climat dans le temps long. » 
« De nombreux objets magiques, conçus pour se protéger des intempéries, ainsi que des oeuvres d’art représentant la puissance des forces naturelles, rappellent combien la vulnérabilité des populations face aux aléas climatiques a toujours été source de crainte. » 
« Toutefois, les changements du climat ne constituent que rarement l’unique cause des déplacements. Bien souvent, les facteurs économiques, sociaux et politiques s’entremêlent aux conditions environnementales. »
« Les animaux, eux aussi, se déplacent en fonction des variations climatiques, qu’il s’agisse de migrations spontanées ou encadrées. Ces phénomènes sont observables depuis la préhistoire. »

Zoom sur
Inuvialuit Abraham Anghik Ruben, Shared Migration, 2013 © Bern, Musée Cerny
« Originaire d’un village des Territoires du nord-ouest du Canada, Abraham Anghik Ruben est un artiste inuit. Arraché de force à sa culture durant l’enfance en raison des politiques coloniales canadiennes, il consacre désormais son oeuvre à un travail de mémoire et de reconnexion identitaire, en reliant traditions inuites et mythologies nordiques. »
« Réalisée en 2013, la sculpture Shared Migration (Migration partagée) qui ouvre l’exposition incarne cette démarche. Elle représente le dieu scandinave Odin, figure centrale du panthéon nordique, connu pour ses pouvoirs chamaniques, sa capacité de métamorphose et ses nombreux voyages entre les mondes. » 
« Odin devient ici le symbole d’un voyage partagé entre humains, animaux et esprits — une migration commune où chaque être est lié à un destin collectif. » 
« Cette migration n’est pas seulement géographique. Elle est aussi spirituelle, identitaire et culturelle. Elle évoque les déplacements subis, choisis ou symboliques que vivent les peuples, notamment autochtones. »

À SUIVRE 
→ Dialoguer avec la nature 
→ Les migrations animales et le climat 
→ Le climat, un facteur de migration parmi d’autres 

Dialoguer avec la nature
« Dépendants de leur environnement pour survivre, les humains cherchent en permanence à comprendre et maîtriser les événements climatiques pour s’en protéger ou en tirer profit. Demander la pluie, protéger les récoltes des intempéries, préserver les habitations des incendies causés par la foudre ou épargner les terres des vagues géantes des tsunamis : les demandes d’intercession sont aussi variées qu’abondantes. À travers le temps et dans de nombreuses cultures, des objets et des rituels ont été conçus pour s’adresser aux forces de la nature. Si des connaissances précises et étendues sont produites en sciences météorologiques, ces croyances ne faiblissent pas pour autant et continuent d’exister pour donner du sens à l’inexplicable et espérer agir sur les éléments. »

Les migrations animales et le climat
« La migration est intrinsèque à l’existence des espèces vivantes. Chaque espèce est issue d’un groupe d’individus qui s’est adapté à un nouvel environnement et s’est déplacé pour survivre. Quand le climat change, les espèces capables de se déplacer cherchent rapidement des zones plus hospitalières. »
« Certaines migrations, comme celles des oiseaux migrateurs, des baleines à bosse ou des gnous d’Afrique de l’Est, sont inscrites dans leurs gènes. Ces espèces se déplacent chaque année pour trouver de meilleures conditions pour se nourrir, ou pour se reproduire. C’est souvent un aller-retour répété tous les ans, parfois accompagné par les humains, pour lesquels les transhumances permettent de mieux nourrir le bétail. » 

Zoom sur
La Migration des Caribous de Katie Orlinsky 
« Depuis plus de dix ans, Katie Orlinsky photographie les communautés Inupiat, Gwich’in et Inuvialuit en première ligne de la crise climatique en Alaska et au Canada. L’américaine explore notamment la manière dont le changement climatique transforme la relation entre les humains, les animaux et la terre. Depuis 2020, elle s’est concentrée sur le des caribous de l’Arctique passés d’une population de 5 millions à environ 2 millions d’animaux entre la fin des années 1990 et 2018. »

Le climat, un facteur de migration parmi d’autres
« Dans l’histoire, le climat est rarement apparu comme la cause unique de migrations humaines. Il se combine souvent à d’autres facteurs, comme des crises politiques ou sociales. En Irlande, entre 1845 et 1852, le mildiou ravage les cultures de pommes de terre, base de l’alimentation rurale. Le climat humide favorise sa propagation, et l’inaction des autorités britanniques transforme la crise en grande famine. » 
« Plus de 1,5 million d’Irlandais prennent le chemin de l’exil. Dans les années 1930, aux États-Unis, des sécheresses exceptionnelles frappent les terres agricoles des grandes plaines du Sud. Du fait des pratiques agricoles mécanisées, les sols exposés sont friables. Le vent soulève d’immenses nuages de poussière, le Dust Bowl, qui contraignent des milliers de familles à tout abandonner et à fuir vers la Californie. »

Le saviez-vous ?
Dorothea Lange – Migrant Mother, 1936
© Library of Congress Prints and Photographs Division Washington, D.C. USA
« Mère migrante, ou Migrant Mother, est une photographie très connue de Dorothea Lange prise en 1936, représentant Florence Owens Thompson et ses enfants, devenue l’image emblématique de la Grande Dépression aux États-Unis dans le cadre du programme de la Farm Security Administration. »

DÉSÉQUILIBRES : QUAND LE CHANGEMENT CLIMATIQUE MENACE LE VIVANT 

« Migrer a toujours été une stratégie des êtres vivants pour s’adapter aux conditions changeantes de leur environnement. Aujourd’hui, les bouleversements du climat causés par les humains sont si rapides que les espèces vivantes peu ou non mobiles peinent à s’adapter, et celles qui peuvent se déplacer migrent de plus en plus vite. » 
« Ces changements mettent en péril les moyens de subsistance, et transforment le mode de vie des communautés humaines, étroitement liées à la nature. » 
« Le climat n’est pourtant jamais la seule cause des départs. La migration résulte toujours d’un enchevêtrement de causes économiques, sociales ou politiques préexistantes. » 
« De la Vendée à Mayotte, du Groenland à la Louisiane, du Soudan du Sud jusqu’à la vallée du Mékong, l’exposition présente ici des témoignages de l’ampleur des catastrophes ou de la dégradation progressive de l’environnement, jusqu’à le rendre parfois inhabitable. » 
« Ces expériences, relatent la douleur de la perte, mais aussi le courage de s’adapter, de résister ou de partir. Face à cela, le débat public s’enflamme souvent, polarisant les questions migratoires et privilégiant les images-choc à la compréhension des causes profondes. » 

À SUIVRE 
→ Vulnérabilité et résilience des territoires français 
→ Louisiane, coconstruire son futur lieu de vie 
→ Soudan du Sud, exil politique, exil climatique 
→ Le Mékong, un fleuve aux multiples enjeux 
→ Arctique, le vivant déréglé 
→ Images médiatiques, instrumentalisation politique 

Vulnérabilité et résilience des territoires français
« En France, le changement climatique menace progressivement l’habitabilité de certains territoires. L’élévation du niveau de la mer accélère l’érosion du littoral. Le recul du trait de côte entraîne la submersion de zones dont les habitations ou les activités doivent être relocalisées. D’autres régions subissent davantage de sécheresses, de canicules ou de phénomènes extrêmes, comme des tempêtes rendues plus intenses par les effets croisés du réchauffement de l’océan et de l’humidité accrue dans l’air. Face à ces événements, les habitants cherchent à comprendre ce qui leur arrive, à tirer les leçons du passé et à construire l’avenir. C’est le cas en Vendée après la tempête Xynthia (2010), ou à Mayotte après les passages du cyclone Chido et de la tempête Dikeledi (2024-2025). » 

Louisiane, coconstruire son futur lieu de vie
« Au sud de la Louisiane, l’Isle de Jean Charles disparaît peu à peu sous la mer. Elle est rongée par les ouragans, l’érosion côtière et la montée des eaux, conséquences directes du dérèglement climatique. Parallèlement, l’affaissement des sols s’intensifie sous l’effet de plusieurs décennies d’exploitation pétrolière. » 
« En 2016, les derniers habitants de l’île reçoivent une aide fédérale pour être relogés à 70 km au nord. Présenté comme un modèle face aux déplacements climatiques, ce projet soulève des tensions. La communauté autochtone majoritaire, la Jean Charles Choctaw Nation, dénonce son exclusion des décisions et la perte de contrôle sur ses terres ancestrales. »
Zoom sur
Sandra Mehl, Louisiane, les premiers réfugiés climatiques des États-Unis, 2016-2023© Sandra Mehl
« Denecia et Wenceslaus Billiot ont toujours vécu à l’Isle à Jean-Charles et se sont promis d’y passer la fin de leurs jours. Lui s’est éteint un an après cette photo, elle dans l’année suivante, avant que l’ouragan Ida en 2021 n’emporte une partie de leur maison. (2017) ». 

Soudan du Sud, exil politique, exil climatique
« Le Soudan du Sud est l’un des pays au monde les plus touchés par le changement climatique. Les sécheresses et les inondations extrêmes ravagent les cultures. Les habitants sont contraints de partir pour trouver des ressources ailleurs, sur des territoires habités par d’autres et où la nourriture manque aussi. Des conflits apparaissent également entre éleveurs et agriculteurs pour l’accès à l’eau. » 
« La dégradation de l’environnement aggrave les tensions dans un pays déjà fragilisé par des années de guerre civile. » 
« Les données actualisées en 2024 font état de plus de 4 millions de personnes déplacées, dont la moitié à l’intérieur du pays. Dans les pays voisins, de vastes camps de réfugiés ont été créés. Ils sont parmi les plus peuplés du monde. Celui de Bidi Bidi, en Ouganda, accueille près de 240 000 personnes. »
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Peter Caton, Une famille migre vers un terrain plus élevé avec son bétail.Unyielding Floods © Peter Caton, 2020
« Le Soudan du Sud connaît depuis 2019 des inondations dévastatrices qui ne cessent de s’amplifier. Elles déplacent des centaines de milliers de personnes et détruisent tout sur leur passage. Leur intensité est telle que certaines régions se retrouvent désormais inondées de façon quasi permanente. »

Le Mékong, un fleuve aux multiples enjeux
« Au Vietnam, le delta du Mékong est touché par la montée du niveau de la mer, aggravée par l’affaissement des sols. Dans ce territoire de mousson, les inondations sont habituellement perçues comme des ressources pour la pêche et l’agriculture. Aujourd’hui, elles perturbent les écosystèmes locaux et menacent d’engloutir une partie du delta.
La construction de nombreux barrages en amont du fleuve, notamment en Chine et au Laos, pose aussi problème, car elle réduit le débit d’eau douce et bloque les sédiments indispensables à la fertilité des terres agricoles. Les changements environnementaux associés à des facteurs socio-économiques et culturels alimentent des flux d’émigration importants, notamment vers la métropole de Hô Chi Minh-Ville. »
Zoom sur
Clara Jullien, Bassins aquacoles accompagnés de cabanes dédiées à leur surveillance non loin de la côte sud du delta du Mékong, dans la province de Ben Tre, district de Binh Dai, commune de Thoi Thuan, le 26 mars 2022 © Clara Jullien
« Clara Jullien étudie la migration humaine dans un contexte de changements environnementaux. Ici, elle capture en 2022 les bassins aquacoles, accompagnés des cabanes dédiées à leur surveillance, non loin de la côte sud du delta du Mékong (province de Ben Tre, district de Binh Dai). La salinisation des sols et des eaux pousse certains agriculteurs à transformer leurs rizières d’eau douce en bassins d’eau salée pour l’élevage des crevettes. » 

Arctique, le vivant déréglé
« Au nord du continent américain, les peuples autochtones du cercle polaire – Inuit du Groenland, Yupik d’Alaska, Inuvialuit de l’Ouest canadien – sont directement affectés par la crise écologique. Bien que peu responsables du réchauffement climatique, ils en subissent directement les effets. La fonte du pergélisol (une couche de terre habituellement gelée en permanence) fragilise les sols et les habitations. En outre, le recul de la banquise bouleverse la répartition spatiale des espèces. »
« Ces transformations rapides affectent la sécurité alimentaire de ces populations et leur mode de vie, étroitement lié à la chasse et à la pêche. Elles perturbent également les repères spirituels. Dans les cultures animistes du cercle polaire, la nature est vue comme un réseau de relations entre humains et non-humains. Quand cette relation se dérègle, c’est tout leur lien au vivant qui est remis en cause. »

Images médiatiques, instrumentalisation politique
« Dans les médias, les migrations et le changement climatique sont souvent traités de manière similaire : des images fortes, parfois stéréotypées ou inquiétantes, qui suscitent l’émotion plutôt que la réflexion. » 
« Cette approche réductrice rend plus difficile la compréhension des causes profondes et des liens entre les phénomènes. Elle freine aussi la construction de réponses communes, politiques, à l’échelle internationale, réponses qui sont pourtant indispensables. »
« Un nouveau discours appelé « écofrontiérisme », qui tire son origine de l’extrême-droite européenne, décrit les personnes migrantes comme une menace écologique, oubliant qu’elles sont souvent elles-mêmes victimes du changement climatique. Et parce qu’elles vivent dans la pauvreté, leur impact sur l’environnement est bien plus faible que celui des populations riches et sédentaires. »

Zoom sur 
© Arnaud Finistre /AFP. Photo non disponible pour la presse
« En avril 2024, une crue exceptionnelle de l’Armançon a inondé une ferme à Aisy-sur-Armançon (Yonne), causant d’importants dégâts à la suite de fortes pluies. » 
Quid des décisions désastreuses d'escrologistes qui ont refusé de drainer des canaux en alléguant la protection d'animaux ou d'espèces végétales, qui ont détruit des haies ou arbres qui retenaient l'eau de pluie, ont délaissé les barrages, etc. ?

QUE FAIRE ? 
« Pour limiter le réchauffement climatique, il faut réduire fortement les émissions de gaz à effet de serre dans le monde entier. Mais en l’absence de choix politiques coordonnés et rigoureusement appliqués, les populations les plus exposées sont contraintes d’inventer des solutions pour s’adapter. » 
« Les réponses varient selon les contextes et les capacités d’adaptation des sociétés. Dans les zones menacées par la sécheresse, on développe par exemple des techniques pour récupérer l’eau des nuages ou des glaciers. » 
« La migration est aussi une forme d’adaptation. Elle intervient généralement en dernier recours, de manière temporaire ou définitive, lorsqu’une communauté considère que son milieu de vie n’est plus habitable. »
« Ces démarches doivent alors relever deux défis : préserver la culture liée au lieu d’origine, et protéger les zones nouvellement urbanisées. »
« Face à ces enjeux, le rôle des organisations internationales fait débat. Leur soutien financier et logistique aux initiatives locales est essentiel, mais certaines voix demandent d’aller plus loin et réclament la création de voies de migration sûres et une meilleure protection des personnes concernées. »

À SUIVRE 
→ Chercher des solutions
→ Une gouvernance internationale en germe

Chercher des solutions
« Loin de se cantonner au rôle de victimes impuissantes, les personnes et les États directement affectés par le changement climatique mettent en oeuvre des solutions pour faire face. Préserver les écosystèmes est essentiel pour maintenir l’habitabilité des territoires. »
« Par exemple, les récifs coralliens protègent les côtes de la montée des eaux et de l’impact des vagues lors des tempêtes de plus en plus violentes. » 
« La nature, résiliente par excellence, inspire aussi des idées d’adaptation. Des techniques sont mises au point par les humains pour reproduire le mécanisme des glaciers, tels les stupas de glace, ou pour capter l’humidité des nuages afin de lutter contre le manque d’eau. »
Zoom sur
Abir Abdullah, Boat school, 2022 © Abir Abdullah
« Situé dans le delta du Gange, le Bangladesh est en grande partie à moins de 10 m au-dessus de la mer. Le nord subit des crues annuelles, le sud des cyclones, et des millions d’habitants, exposés aux inondations aggravées par le changement climatique, peinent à accéder aux services essentiels. Des bateaux accueillent aujourd’hui des écoles, bibliothèques, espaces de jeu. Ils sont devenus des solutions pour plusieurs milliers de personnes des régions inondables de Natore, Pabna et Sirajganj au Bengladesh. » 

Une gouvernance internationale en germe
« Longtemps négligées dans les politiques internationales, les migrations liées au changement climatique ont gagné en visibilité à partir de 2010, lors du sommet de la COP16. L’accord de Cancún marque la première reconnaissance officielle internationale de l’impact du changement climatique sur les migrations. En revanche, à ce jour, la Convention de Genève, qui définit le statut de réfugié depuis 1951, ne reconnaît toujours pas le climat comme motif valable pour obtenir l’asile. »
Une "gouvernance internationale" est-elle compatible avec la démocratie ? Ne risque-t-elle pas d'aboutir à une oligarchie ? Les intérêts d'un pays du sud-est asiatiques sont-ils identiques à ceux d'une contrée sud-saharienne ?
Et pourquoi ne pas interroger les citoyens, premiers concernés, sur cette immigration de masse ?

Le 8 mai 2025, Yaël Braun-Pivet, Présidente de l’Assemblée nationale, avait déclaré : « Immigration, fin de vie... Je suis favorable à ce qu’on étende le champ du référendum »
Le 23 mars 2026, elle déclarait sur BFM TV et postait sur X, ex-Twitter :
"Élection après élection, le RN est obligé de faire le ménage dans ses rangs. Ajoutez à ça ses propositions contraires à nos valeurs et notre constitution comme le référendum sur l’immigration, évidemment qu’il reste en dehors du champ républicain."
Le "en même temps macronien"... In fine, les citoyens sont contraints d'accepter des "migrants" sans avoir été consultés.

Le 27 mars 2026, l'éditorialiste et essayiste Mathieu Bock-Côté expliquait sur CNews :
"Depuis 40 ans, on a infligé à la France, une immigration de masse qui a transformé fondamentalement le substrat démographique de nos pays. Une immigration qui entraîne la mise en minorité du peuple historique dans plusieurs quartiers, on en voit aujourd'hui les effets politiques, une sorte de logique de communautarisation généralisée. Au même moment, on dénonce sans cesse les extrêmes qui notamment voudraient faire un référendum sur l'immigration justement. Est ce que la politique la plus extrême qu'on ait connue depuis 40 ans, ce n'est pas cette politique d'immigration massive? Vouloir donner au peuple français de vouloir reprendre en main les paramètres de sa politique migratoire ça le place à l'extérieur du champ républicain. Il n'y a pas que le RN, tous ces gens-là sont-ils anti- républicains parce qu'ils veulent donner aux français de se prononcer sur leur avenir, sur la définition même de leur identité. Qui sont les extrémistes? Est ce que ce sont ceux qui disent pourrions nous consulter le peuple ou est ce que les extrémistes sont ceux qui disent vous voulez qu'on vous consulte, vous êtes des extrémistes, taisez vous, au nom de la démocratie, de l'état de droit".
Zoom sur
Lucy + Jorge Orta, Antarctic Village – No Borders © Courtesy Lucy + Jorge Ortaet Musée national de l’histoire de l’immigration. Photo Thierry Bal © ADAGP, Paris, 2025
« Territoire démilitarisé, entièrement dédié à la recherche et à la préservation de l’environnement, l’Antarctique bénéficie d’une gouvernance interétatique unique, fondée sur le Traité sur l’Antarctique (1959) et le Protocole de Madrid (1991). Inspirés par ce modèle de coopération entre les nations, les artistes Lucy et Jorge Orta ont conçu Antarctic Village – No Borders, une installation temporaire réalisée avec le concours des scientifiques de la base internationale Marambio. » 
« Cinquante tentes disposées à même la glace, recouvertes de drapeaux et de vêtements du monde entier forment un village ouvert, lieux d’accueil universel pour toutes les personnes contraintes à l’exil par les dégradations de leur lieu de vie. »

MER, MIGRATIONS ET CLIMAT 

« Le milieu marin est un milieu ouvert, qui ne connaît pas de frontières. Les courants font circuler librement les masses d’eau et répartissent la chaleur tout autour du globe. Ainsi, l’océan est le grand régulateur du climat, un équilibre établi depuis des milliers d’années ». 
« Cet équilibre est en passe d’être rompu à cause des activités humaines. Depuis le début de l’ère industrielle, l’océan a absorbé 90 % de l’excès de chaleur dû aux gaz à effet de serre, limitant à ses dépens le réchauffement de l’atmosphère. » 
« Aujourd’hui, les eaux de l’océan sont surchauffées, plus acides, moins oxygénées, plus diluées et plus stratifiées. Elles deviennent moins favorables à la vie marine. Les espèces capables de se déplacer migrent vers les régions plus fraîches, souvent vers les hautes latitudes. Celles qui ne peuvent pas bouger subissent de plein fouet ces changements rapides, sans avoir le temps de s’adapter. » 
« Les humains qui vivent près du littoral ou qui dépendent des ressources marines sont les premiers à subir les conséquences de ces déplacements et dérèglements. La montée du niveau de la mer, les tempêtes et cyclones plus intenses, ainsi que la fragilisation de la banquise rendent le littoral moins habitable. La raréfaction ou la migration des espèces pêchées provoquent des tensions sociales, économiques et diplomatiques. » 
« Face à ces bouleversements, les humains font preuve d’inventivité et de résilience. Pour d’autres, la migration devient la seule option — au risque de perdre une part de leur identité culturelle. » 

À SUIVRE 
→ Sénégal : pêcher ou partir 
→ Groenland : vivre avec une nature dérèglée 
→ Îles du Pacifique : naufrage inéluctable ? 
→ Les espèces marines et le changement climatique 

Sénégal : pêcher ou partir
« Historiquement dépendante de la pêche, cette région subit depuis une cinquantaine d’année de nombreuses perturbations : la surpêche artisanale et industrielle, le réchauffement des eaux qui déplace des espèces marines vers le nord, la montée du niveau de la mer qui submerge le littoral lors d’événements extrêmes... » 
« Les conséquences sont dévastatrices pour tous les professionnels parmi lesquels pêcheurs, mareyeurs, transformateurs, fabricants de matériel. Beaucoup doivent changer de métier, quitter le littoral, et parfois abandonner leurs traditions et leurs cultures ancestrales liées à l’océan. »
« Certains décident de s’exiler vers l’Europe dans l’espoir d’y construire un avenir meilleur. »

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Julien Beneyton, Mauritania, la petite pêche, 2010. Galerie Michel Giraud© Julien Beneyton © ADAGP, Paris, 2025
« Au cours d’un voyage en Mauritanie, Julien Beneyton est témoin, le temps d’une journée, de la vie d’une communauté de pécheurs. L’artiste observe alors avec fascination la chorégraphie des allées et venues de ces hommes et femmes au travail. Frappé par le décalage entre l’énergie déployée par cette population, dont la survie au quotidien dépend de la générosité de l’océan, et la pêche du jour pour le moins modeste, il décide d’en restituer toute la dimension tragique. Son sens aigu de l’observation, à partir de cette micro-société, lui permet ainsi de rendre visible une réalité qui s’impose à échelle mondiale, celle de la fragilisation et de l’appauvrissement des écosystèmes marins. »

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Guillaume Collanges, Transformation du poisson aux abords du port de Joal au sudde Dakar (Sénégal) © Guillaume Collanges
« Sur les plages de Joal-Fadiouth, au Sénégal, le ballet des pirogues se fait de plus en plus discret. Les sardinelles, pilier de la sécurité alimentaire nationale, se raréfient. Cette crise frappe de plein fouet les femmes, au coeur de la transformation du poisson. Leur activité s’effondre, menaçant un tissu économique fragile. » 

Groenland : vivre avec une nature déréglée
« Comme toutes les populations arctiques, les Inuits sont à l’origine un peuple de migrants. Ils sont venus par vagues successives des régions arctiques asiatiques, en passant par le détroit de Behring. Chasseurs nomades, ils se sont stabilisés au Groenland, vivant de pêche et de chasse au caribou, au boeuf musqué, au phoque ou à la baleine. Leurs déplacements sur la banquise, les périodes de chasse et de pêche, l’abondance des captures dépendent entièrement des conditions climatiques. » 
« Aujourd’hui l’Arctique est l’un des endroits les plus touchés par le réchauffement climatique t l’ensemble de la société inuite est affectée par ces dérèglements de la nature. Chacun s’adapte comme il le peut, modifie ses activités, ses coutumes, migre vers la capitale ou à l’étranger, ou choisit de rester pour faire vivre les traditions de la culture inuite. »

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David Buckland, Another World is Possible - Ice Text projection, 2005-2009 © David Buckland
« Lors de l’une des expéditions menées dans le cercle polaire arctique à bord de la goélette Noorderlicht, l’artiste britannique David Buckland projette des mots sur les parois d’icebergs, puis capture ces créations éphémères. La phrase Another World Is Possible, empruntée au mouvement altermondialiste, s’inscrit sur la glace comme un manifeste poétique. Le relief irrégulier du glacier transforme le texte en une apparition fragile, évoquant dans le même temps la vulnérabilité des glaciers, mais également la fragilité du message d’espoir soumis aux publics. » 

Îles du Pacifique : naufrage inéluctable ?
« Tuvalu, Kiribati, îles Cook, îles Marshall…Ces myriades de petites îles perchées à seulement quelques mètres au-dessus du niveau de la mer sont bien vulnérables face à la montée des eaux. Le niveau moyen de la mer augmente actuellement à raison de 3 mm par an à cause de la fonte des glaces continentales et de la dilatation de l’eau de mer du fait de son réchauffement. » 
« Cette hausse devrait s’accélérer au cours du siècle : d’ici 2100, elle pourrait atteindre au moins 1,40 mètre, et jusqu’à 2 ou 3 mètres dans les siècles suivants. » 
« De multiples solutions sont à l’étude : rehaussement des terres, construction de digues, déplacement de certaines zones habitées, accords d’accueil avec d’autres États, relocalisations… »
Zoom sur
Nick Brandt, Petero by Cliff,Fiji, 2023. © Nick Brandt - Galerie Polka
« Le photographe anglais Nick Brandt dénonce depuis plusieurs années les bouleversements infligés à la planète, en particulier le dérèglement climatique. Avec sa série SINK/RISE (Fidji, 2023), il met en lumière la vulnérabilité mais aussi la détermination des populations du Pacifique face à l’élévation inexorable des océans et à la disparition annoncée de leurs îles. Ces portraits sous-marins montrent des hommes et des femmes dans un décor étrange : seuls ou en duo, assis sur un mob lier froid et inadapté, plongés dans un monde aquatique vidé de toute autre forme de vie. »

Les espèces marines et le changement climatique
« L’océan se réchauffe, entraînant en cascade de nombreuses perturbations : courants marins modifiés, désoxygénation, cyclones dévastateurs, montée du niveau de la mer, impacts massifs sur les espèces marines car la plupart ne peuvent pas réguler leur température. »
« Si des espèces déplacent leurs zones d’habitat pour conserver leurs conditions de vie habituelles, toutes ne peuvent pas se déplacer assez rapidement pour survivre. Certains écosystèmes n’ont alors d’autres solutions que de disparaître, entraînant la chute de la biodiversité qu’ils abritent. » 
« Ces changements ont des effets directs sur les sociétés humaines, notamment sur la pêche. Dans les zones tropicales, les ressources halieutiques chutent fortement, touchant des populations parmi les moins responsables du changement climatique. En même temps, les zones de pêche migrent vers les hautes latitudes, attisant les tensions entre les pays. Même dans les régions tempérées, des espèces commerciales vitales peuvent disparaître à moyen terme. »

Le spot
Une projection immersive sur les migrations marines
« Sur un mur numérique géant de 13 × 3 m, le public pourra explorer la remontée des espèces marines vers des latitudes plus élevées. La vue globale, enrichie de zooms sur des zones intertropicales, tempérées et polaires, révèle les bouleversements liés au réchauffement climatique.
Les visiteurs constateront la perte de biodiversité et de ressources halieutiques dans les zones intertropicales, le déplacement des zones de pêche des zones tempérées vers les pôles, la disparition de certaines espèces dans les régions polaires, ainsi que les risques de conflits pour l’exploitation de ces ressources.
Des projections basées sur différents scénarios d’émission de gaz à effet de serre permettront de visualiser les trajectoires possibles de ces migrations et leurs impacts sur les écosystèmes marins. »

L’ESCALE DE L’ENGAGEMENT
Médiation
« Dans la continuité de la troisième section de l’exposition dédiée aux solutions multiples, la salle de médiation sera axée sur l’engagement individuel : « Et moi dans tout ça : qu’est-ce que je veux, peux, dois faire » ? 
« Au sein de cette salle, un parcours guidera le visiteur à travers une progression de contenus et de questionnements sur sa capacité et sa volonté à s’engager face aux changements climatiques. »
« À la fin de l’exposition, il pourra évaluer son état d’esprit via un « Data string wall » : se sent-il inspiré, découragé ? Son environnement lui semble-t-il menacé ? Se sent-il concerné par les migrations liées au climat ? Quelles actions mène-t-il aujourd’hui, et demain ? »
« Elle offre une visibilité aux associations qui oeuvrent à l’intersection du changement climatique et des migrations. »
« Des ouvrages (romans graphiques, albums jeunesse) seront également proposés pour approfondir le sujet. »
« Un « Mur d’expression » lui permettra enfin de laisser un message aux générations futures. »
« Les plus jeunes pourront colorier de petites tentes inspirées de l’oeuvre de Lucy + Jorge Orta, Antarctic Village – No Borders »

ÉDITORIAL
Constance Rivière
Directrice générale du Palais de la Porte Dorée

« Le Palais de la Porte Dorée, en ce qu’il réunit un Aquarium tropical et le Musée national de l’histoire de l’immigration, est par définition au coeur de grandes questions contemporaines, qu’il s’agisse des mouvements humains ou des questions environnementales. À travers notre nouvelle exposition, Migrations et climat, nous avons souhaité donner à cet étrange mariage entre un aquarium et un musée, fruit de l’histoire mouvementée du Palais depuis près d’un siècle, un sens et une portée qui éclairent la place singulière qu’occupe notre établissement culturel aujourd’hui : être un lieu où les croisements de l’art, de la science et des témoignages individuels viennent éclairer des sujets aussi souvent débattus qu’ils sont mal connus. 
D’emblée trois choix structurants ont été faits par les commissaires et le conseil scientifique : sur le plan historique, remonter le temps long à travers des oeuvres d’art et des objets rituels pour donner à voir la persistance de l’impact des phénomènes naturels sur les circulations humaines ; d’un point de vue géographique, adopter une perspective mondiale, en faisant une large place aux populations concernées, pour montrer l’immense diversité du sujet, de la Vendée à Mayotte, du delta du Mékong aux îles du Pacifique ; enfin, développer une approche holistique du vivant, humain et non humain, en ouvrant à l’Aquarium une partie de l’exposition consacrée à l’impact du réchauffement sur les mondes marins, affectant les écosystèmes comme les populations qui en vivent. 
Mais surtout, c’est une exposition pensée en forme de question : comment habiter notre monde ? Une exposition qui bouscule les idées reçues non pas en cherchant à en imposer d’autres, mais en ouvrant les imaginaires et les possibles, en invitant le visiteur à prendre conscience de l’importance des défis qui sont devant nous et à dialoguer avec ceux qui y font déjà face aujourd’hui. Poser les bonnes questions, assumer le doute et la variété des points de vue, refuser les certitudes assénées à coup de marteau pour tétaniser la pensée, mettre en regard des données scientifiques et des visages humains, voilà le pari de cette exposition, qui se termine encore par une autre question : que faire ? A chacune, chacun, de s’en emparer à sa manière pour poursuivre son chemin une fois sorti du Palais. »

QUESTIONS AUX COMMISSAIRES DE L’EXPOSITION

Bruno Girveau, conservateur général du patrimoine honoraire
Élisabeth Jolys Shimells, conservatrice en chef du patrimoine
Gabriel Picot, responsable du développement culturel et pédagogique de l’Aquarium tropical 
Olivier Bedoin, assistant d’exposition

« Pourquoi cette exposition aujourd’hui et au Palais de la Porte Dorée ?
Ce sujet entre à l’évidence dans le champ des problématiques contemporaines abordées par l’Établissement. Les liens entre climat et migrations sont l’objet de travaux de plus en plus nombreux de la part de chercheurs depuis une douzaine d’années mais aussi de beaucoup de questions et d’inquiétudes chez nos concitoyens. Cette exposition revient sur l’histoire longue de ces phénomènes et sur les réponses contemporaines, tentant par la même occasion de tordre le cou à un grand nombre d’idées reçues et d’instrumentalisations sur cette question. 

En quoi les migrations humaines et les bouleversements climatiques sont-ils aujourd’hui indissociables ?
Les migrations ont presque toujours des causes multiples, politiques, économiques, sociales, qui se combinent. Les bouleversements climatiques prennent toutefois une part croissante dans les motifs de déplacement et de migration. Sécheresses, montée des eaux, réchauffement des océans, recul de la biodiversité : les causes de nouvelles migrations, provisoires ou définitives, sont désormais encore plus nombreuses, et ce sont elles que l’exposition éclaire.

Le vivant migre lui aussi : pourquoi était-il important d’élargir le regard au-delà des migrations humaines ?
Cette exposition était une opportunité rare de traiter un même sujet à la fois dans le musée et à l’Aquarium tropical. En effet, tout le vivant est concerné : les migrations climatiques touchent aussi bien les humains que les animaux et les végétaux. Nous avons choisi de nous concentrer sur le monde marin, qui illustre à quel point le réchauffement climatique provoque des changements et des interactions qui affectent à la fois les humains et le vivant marin. 

Œuvres d’art, données scientifiques rigoureuses et voix de témoins concernés : Qu’apporte cette approche transversale à la compréhension des enjeux ?
Deux enjeux importants sont apparus très rapidement au-delà de la dimension scientifique, qui constituait un préalable essentiel. Le premier était celui de l’incarnation. Nous avons voulu le plus possible donner la parole aux gens directement touchés par les migrations climatiques, via des vidéos et des témoignages. Le deuxième enjeu était celui de rendre vivant et sensible un sujet en apparence «austère». Les artistes, tout autant que les scientifiques, s’intéressent à cette question des migrations provoquées par les changements climatiques mais ils y apportent des approches différentes, plus intuitives et capables de toucher plus directement le public.

Qu’est-ce que les artistes amènent à l’exposition ?
Ils apportent une vision sensible et intuitive qui peut parler aux visiteurs. Je pense que l’adaptation au changement climatique peut être un projet de société enthousiasmant si chacun, citoyen, acteur politique, acteur économique, artiste, s’en empare. Or, malgré des données incontestables, les scientifiques peinent encore à éveiller les consciences. Peut-être ont-ils besoin d’un coup de pouce des artistes qui sont aujourd’hui nombreux à travailler eux aussi sur ces notions. 
Migrations & climat est donc une exposition scientifique qui emprunte des formes inattendues pour sensibiliser et montrer à quel point ce sujet est devenu central pour tous. J’ai été surpris par exemple du nombre de jeux vidéo traitant de la thématique. Dans le parcours, j’ai donc veillé à ce que de grosses installations artistiques ainsi que des projections de films viennent régulièrement ponctuer la visite accessible dès l’âge de 10 ans. Les dessins animés de Miyazaki, dont l’oeuvre est irriguée par une réflexion sur les liens entre nature et civilisation, sont tout aussi efficaces qu’un rapport du GIEC (1) ! 

Y a-t-il pour vous une oeuvre emblématique dans le parcours ?
Baden Baden Satellite Reef des soeurs Wertheim, qui représente de grands coraux en laine, est remarquable pour sa dimension à la fois plastique et participative. C’est un morceau d’une oeuvre spectaculaire et engagée Crochet Coral reef TOXIC SEAS, qui sensibilise à la disparition des coraux due au réchauffement climatique. Elle n’a pu être réalisée que grâce à la mobilisation de milliers de volontaires qui dans le monde entier en ont crocheté des morceaux. C’est une bonne illustration de la convergence entre artistes et citoyens pour produire une oeuvre forte et immédiatement compréhensive. »
(1) GIEC : Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat
Nyaba Léon Ouedraogo, Le pêcheur, 2022© Nyaba Léon Ouedraogo

ILS ONT FAIT L’EXPOSITION

« Les commissaires 
« Bruno Girveau 
Bruno Girveau est conservateur général du patrimoine honoraire et ancien directeur du Palais des Beaux-Arts de Lille de 2013 à 2024. Historien de l’architecture de discipline, il a longtemps travaillé pour les Monuments Historiques. Il a été le commissaire de nombreuses expositions, en tentant de mêler le plus possible culture populaire et culture savante. Il a fortement engagé le Palais des Beaux-Arts de Lille dans une démarche systémique de durabilité mais aussi dans une politique de renouvellement des publics en créant l’Open Museum et en favorisant la consultation des publics. Il est aujourd’hui commissaire d’expositions indépendant. 

Élisabeth Jolys Shimells
Élisabeth Jolys Shimells est conservatrice en chef du patrimoine, spécialisée dans la muséologie de société, ses travaux scientifiques s’articulent autour des enjeux patrimoniaux du témoignage ainsi que de la relecture des collections au prisme des évolutions historiographiques et sociales. Ceux-ci trouvent notamment un écho au sein du groupe de travail national « Patrimoine des migrations humaines », qu’elle a mis en place et pilote depuis 2019.
Avant d’intégrer son poste actuel de cheffe du département des publics au Centre des Monuments Nationaux, Élisabeth Jolys Shimells a été cheffe du service des collections du Musée national de l’histoire de l’immigration et directrice du Musée alsacien de Strasbourg puis de l’Alliance française de Kampala (Ouganda).

Gabriel Picot
Gabriel Picot est Ingénieur des Services Culturels et du Patrimoine, responsable du développement culturel et pédagogique de l’Aquarium tropical. Il a d’abord travaillé comme scientifique dans les Terres Australes, puis comme professeur de Sciences de la Vie et de la Terre. Par la suite, il s’est consacré à la diffusion de la culture scientifique, notamment au Rectorat de Versailles, au Palais de la découverte, à Ifremer et au Palais de la Porte Dorée. Familier du milieu marin et navigateur expérimenté, il a participé à de nombreuses expéditions scientifiques en mer et en zones polaires. Membre de la Plateforme Océan et Climat, il s’engage à mieux faire connaître et protéger le monde marin auprès du grand public.
Ils sont tous les trois assistés d’Olivier Bedoin, chargé d’exposition au Musée national de l’histoire de l’immigration. Diplômé en histoire, sciences politiques et en gestion du patrimoine culturel à l’université Paris 1 Panthéon – Sorbonne, il a notamment participé à la préparation d’expositions au musée Carnavalet – Histoire de Paris ainsi qu’à la réalisation du parcours permanent du Musée national de l’histoire de l’immigration et de l’exposition Olympisme, une histoire du monde. »

Les conseillers scientifiques 
« Sylvie Dufour
Sylvie Dufour, Directrice de recherche émérite au CNRS, Chargée de mission Mer au Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN), est physiologiste et biologiste de l’évolution. Ancienne élève de l’ENS Ulm-Sèvres, Agrégée de Sciences Naturelles, Docteure d’Etat du MNHN et Sorbonne Université (SU), elle a fondé et dirigé le Laboratoire BOREA (Biologie des organismes et écosystèmes aquatiques, MNHN, SU, CNRS, IRD, Univ Caen-Normandie, Univ Antilles) et co-dirigé l’Institut de l’Océan de l’Alliance Sorbonne Université. Elle est lauréate du Grand Prix de l’Académie des Sciences pour la coopération scientifique France-Taiwan et Chevalier de la légion d’honneur. Ses recherches portent sur l’origine et l’évolution des systèmes de régulations neuro-hormonales et leurs rôles dans l’adaptation des cycles biologiques, en particulier dans le contexte des effets du changement global sur la biodiversité marine. Elle est engagée dans la diffusion des connaissances scientifiques envers tous les publics. 

François Gemenne
François Gemenne, spécialiste de géopolitique de l’environnement et des migrations, est professeur à HEC Paris et chercheur qualifié du FNRS à l’Université de Liège, où il dirige l’Observatoire Hugo. Auteur principal du 6e rapport du GIEC, il enseigne aussi à Sciences Po et à la Sorbonne. Il co-dirige l’Observatoire Défense et Climat et préside l’Alliance pour la Décarbonation de la Route Ses recherches sont essentiellement consacrées à la gouvernance internationale du climat et des migrations. Il a notamment beaucoup travaillé sur les déplacements de populations liés aux dégradations de l’environnement, sur les politiques d’adaptation au changement climatique, ainsi que sur les politiques d’asile et d’immigration. Très engagé, il préside le Conseil scientifique de la FNH, l’Observatoire de la Finance durable et l’ONG Climate Voices. Il est chroniqueur radio et dirige la collection « Politiques de la Terre » aux Presses de Sciences Po. Docteur en sciences politiques, il a enseigné dans plusieurs universités et publié de nombreux ouvrages, dont L’écologie n’est pas un consensus, l’Atlas des migrations environnementales et l’atlas de l’Anthropocène. »

PROGRAMMATIONAUTOUR DE L’EXPOSITION

« Rencontres, projections, spectacles
L’exposition est rythmée par une programmation de rencontres, spectacles et projections cinéma ou documentaire pour mettre en lumière les thématiques au coeur de l’exposition 
Grand weekend d’ouverture de l’exposition 
L’océan, lien entre tous les vivants ?Samedi 18 octobre à 15h30 | Forum
Que l’on vive au bord de la mer ou loin des côtes, notre lien à l’océan est organique, vital, et souvent méconnu. L’air que nous respirons, l’eau que nous buvons, le climat que nous subissons, la nourriture que nous consommons… tous portent l’empreinte de l’océan. Cette rencontre animée par Mathieu Vidard propose d’explorer, à travers des approches croi¬sées – scientifiques, culturelles, écologiques, juri¬diques – les transformations profondes qui affectent les milieux marins et leurs répercussions sur nos vies. Des échanges pour mieux comprendre ces intercon¬nexions, souvent invisibles mais fondamentales, et pour imaginer ensemble comment préserver et ren¬forcer cette relation indispensable.
Avec Nadia Améziane, Joaquim Claudet, Sylvie Dufour, Sophie Gambardella, Vincent Message…

Migrations et climat : entre écran et vérité Forum
Pour cette rencontre, François Gemenne se livre à un exercice inédit : à partir d’une sélection d’extraits de films cultes et de séries marquantes, il déconstruit les idées reçues sur le lien entre changement climatique et migrations. Spécialiste reconnu du sujet et auteur principal du sixième rapport du GIEC, il propose une lecture critique des représentations souvent catastrophistes véhiculées par la fiction, en les confrontant aux données scientifiques. En dialogue avec la journaliste Chloé Nabédian, cette séance est aussi l’occasion d’explorer l’influence du cinéma sur notre perception du réel.

Le Palais invite Féris Barkat | Forum
En quelques années, Banlieues Climat s’est impo¬sée comme une référence de l’écologie populaire, en même temps que son cofondateur, Féris Barkat. L’association, basée sur l’éducation populaire et un ancrage local développé, est désormais incontournable dans le débat environnemental. Construite autour de temps forts mêlant mobilisation citoyenne et expression artistique, la soirée mettra à l’honneur les jeunes de l’association qui participeront à la COP30. Un concours d’éloquence inspiré de l’exposition verra s’affronter plusieurs jeunes et parents autour de leurs histoires, celles qui nous différencient et celles qui nous lient, face à un jury présidé par Abd Al Malik. 
Il sera ponctué du témoignage poétique et sensible de Coumba Sarr qui racontera selon la tradition des griots son parcours migratoire du Sénégal à la France. Elle sera accompagnée de la kora et flûte peule du musicien burkinabé Simon Winsé ainsi que de l’Orchestre du Nouveau Monde. Dirigé par Etienne Jarrier, cet ensemble de jeunes musiciens de conservatoires nationaux et régionaux, est le premier à montrer son engagement fort pour la justice sociale et climatique. La soirée se poursuivra par une lecture d’Abd Al Malik avant un concert acoustique de la chorale de gospel Voice2gether.

Le Dimanche des solutions Forum, auditorium, galerie jardin, ateliers
Makesense est une association qui inspire et outille des citoyens, entrepreneurs et organisations pour construire une société inclusive et durable. Depuis 10 ans, elle développe des programmes de mobilisation collective pour favoriser l’action en faveur de la transition écologique. Makesense et ses partenaires s’associent à ce week-end d’ouverture de l’exposition Migrations et climat avec un programme d’expériences participatives, ludiques et incarnées pour stimuler l’action, la résilience et la solidarité face aux bouleversements climatiques. Au programme : des ateliers fresque du climat, fresque des migrations, fresque océane, des ateliers jeu Bonbons migrations by Singa, des ateliers Balance ton flip autour de l’éco-anxiété, une conférence de Christian Clot, un grand atelier danse sans frontières avec l’association Kabubu.

Climate sense | Parvis
Que ressent-on par 50°C à l’ombre ? Avec son camion Climate sense, Christian Clot propose au public de faire l’expérience de ce scénario climatique probable en France dans quelques années. L’explorateur-chercheur, expert de l’adaptation humaine aux changements climatiques, a imaginé cette capsule immersive en partant du constat que la prise de conscience et le changement ne viendront que par une expérience sensorielle vécue. Si être informé est nécessaire, ce sont nos émotions ressenties qui déclenchent l’action. Alors venez faire l’expérience : pendant toute une journée, le camion Climate sense fait une halte sur le parvis du Palais.

Ateliers jeunesse
Un drapeau pour demain | 6-10 ans
Après la découverte de l’exposition Migrations et climat, les enfants sont invités à créer leur propre drapeau, symbole d’un monde plus solidaire et plus écologique. Tissu, fil, feutres… tout est là pour imaginer un drapeau à leur image ! 

Rencontres En BD ou en photo, regarder le monde changer | Auditorium
En résonnance avec l’exposition Migrations et climat, Emmanuel Lepage, auteur de BD et peintre officiel de la marine, et Olivier de Sépibus, photographe et plasticien, passionné de glaciers, croisent leurs regards le temps d’une soirée mêlant performance dessinée et projection de photographies. Dans son dernier album Danser avec le vent (Futuropolis), Emmanuel Lepage retourne en Terres australes avec l’envie de montrer les conséquences du réchauffement climatique sur ces terres éloignées. Olivier de Sépibus s’est quant à lui associé à l’anthropologue Nastassja Martin pour le livre Les Sources de glace (Paulsen) afin d’aller à la rencontre des glaciers alpins, qu’il fréquente depuis vingt ans. Ses images sans humains, sublimes et choquantes, sont le témoignage d’une planète en feu qui perd sa mémoire de glace.

Images du dérèglement climatique : Allons-nous perdre pied ? Auditorium
Au début c’était l’ours blanc en manque de banquise, désorienté et affamé. Il occupait la une des médias et les campagnes des ONG consacrées au dérèglement climatique. Depuis les années 2020, ce sont les humains sont au coeur de l’iconographie médiatique pour incarner le dérèglement climatique. Des personnages se dressent face caméra et occupent nos écrans : le pompier, la victime, le politicien, le climatologue, et même… l’influenceur météo. Certains sont dans l’objectif des journalistes, d’autres produisent eux-mêmes des vidéos. Quel est le pouvoir de cette imagerie ? Quels sont ses leviers et ses ratés ?
Avec Magali Reghezza-Zitt, géographe, et André Gunthert, chercheur en histoire visuelle.
Rencontre animée par Emmanuelle Walter.
En partenariat avec Arte / Le Dessous des images. 

Cinéma Patience de Valentin Guiod | Auditorium
Le court-métrage Patience de Valentin Guiod explore les liens entre épuisement des ressources halieutiques au Sénégal et migrations, à travers le regard d’un jeune homme jeté sur les routes migratoires. Ce film puissant, au casting exceptionnel réunissant Omar Sy, Alassane Diong, les musiciens Amadou & Mariam et DJ Snake interroge l’urgence de partir et le coût de l’exil. Au programme de cette soirée en écho à l’exposition Migrations et climat : projection du film et du making-of, suivie d’une rencontre avec l’équipe. »

« Le Palais s’engage pour une exposition plus responsable »
 
« S’inscrivant dans une démarche RSO (responsabilité sociétale des organisations), l’exposition Migrations & Climat illustre l’engagement concret du Palais de la Porte Dorée en faveur du développement durable, de l’inclusion et de l’accessibilité ». 

« UNE SCÉNOGRAPHIE PENSÉE POUR DURER Pour limiter notre impact environnemental, nous avons fait le choix d’une scénographie éco-conçue : 
• La durée d’exposition a été allongée.• 50 % des éléments utilisés (comme les cloisons et les cimaises) proviennent d’anciennes expositions. Les 50 % restants ont été fabriqués spécifiquement pour celle-ci. Les anciens éléments arrivés en fin de vie ne permettaient plus leur réemploi. 
• 100 % des nouveaux éléments seront réemployés dans notre prochaine exposition prévue en 2026. 

UN TRANSPORT D’OEUVRES PLUS RESPONSABLE 
• 0 % de transport aérien : aucune oeuvre n’a voyagé en avion pour cette exposition, afin de réduire au maximum les émissions de CO2 liées à la logistique. 
• Les prêts proviennent exclusivement d’Europe : 88 % de France et 12 % d’autres pays européens (Irlande, Suisse et Allemagne). 

UN CLIMAT MAÎTRISÉ… SANS SURCONSOMMATION 
Afin de préserver les oeuvres dans des conditions optimales, il est nécessaire de contrôler le taux d’humidité à l’intérieur des vitrines. Pour cela, les musées utilisent du gel de silice, un matériau absorbant qui régule l’humidité ambiante. Traditionnellement, ce gel doit être régulièrement remplacé, ce qui génère des coûts et une quantité importante de déchets. Pour limiter cet impact, le Palais s’est doté d’une station de régénération du gel de silice, ce qui permet de « réactiver » le gel déjà utilisé, en le séchant et en restaurant sa capacité d’absorption. Cette innovation garantit non seulement la bonne conservation des collections, mais elle réduit aussi la consommation de matériaux neufs et la production de déchets. 

SENSIBILISER POUR MIEUX COMPRENDRE 
Grâce à des ateliers, des visites, des projets EAC (éducation artistique et culturelle) ou encore des formations à destination des enseignants et des relais associatifs, le Palais accompagne les publics de tous âges pour mieux comprendre les liens entre migrations, climat et société.

UNE EXPOSITION ACCESSIBLE À TOUTES ET TOUS 
En cohérence avec sa politique d’accessibilité, le Palais propose des formats et des offres adaptés au plus grand nombre : 
• Des vidéos explicatives en LSF (langue des signes française) en introduction de chaque grande section, ainsi que la traduction systématique des contenus audiovisuels en LSF. 
• Des visites en LSF et en audio-description proposées aux visiteurs.
 • Des cartels FALC (faciles à lire et à comprendre), rédigés avec des élèves de l’établissement spécialisé Maurice Coutrot (Bondy, 93). 
• Des cartels enfants testés et illustrés par des enfants de la maison de quartier Balavoine (Bondy, 93), pour une découverte ludique et pédagogique ».

ILS SOUTIENNENT L’EXPOSITION

Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale
« Créée en 2021, la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale soutient des projets d’intérêt général sur deux domaines d’intervention : la Solidarité sur les Territoires et l’Environnement. » 
« Elle accompagne des initiatives qui rayonnent sur l’ensemble du territoire français ou des actions à dimension nationale qui luttent contre le réchauffement climatique et ses impacts sur la santé ou qui favorisent l’inclusion sociale. » 
« Abritée par la Fondation de France, la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale est la preuve d’un mutualisme efficace où s’exprime toute la force du collectif du groupe, en cohérence avec son statut d’entreprise à mission. Grâce à la mise en oeuvre du dividende sociétal, les ambitions de la Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale permettent d’accompagner des projets de transformation ambitieux, dans la durée, pour construire un monde plus juste et plus durable. »
« L’exposition Migrations et Climat est une fenêtre ouverte sur les bouleversements climatiques auxquels nous devons faire face aujourd’hui et leurs impacts sur les populations. Si les migrations liées au climat sont certes historiques, elles s’inscrivent aujourd’hui dans des dynamiques économiques, politiques et sociales qui en complexifient l’analyse et parfois la compréhension. »
« La Fondation Crédit Mutuel Alliance Fédérale a souhaité soutenir ce projet car il est au carrefour de ses deux priorités d’intervention : agir pour l’environnement et s’engager pour la solidarité. L’exposition Migration et Climat met en lumière les réalités oubliées tout en apportant des clés de compréhension aux visiteurs. Elle interroge également la notion de « réfugié climatique » en plaçant le visiteur face aux inégalités climatiques mondiales. 
Au déploiement initial en Ile-de- France, succédera une version mobile en région selon le concept de l’aller-vers. Cette itinérance favorisera un ancrage territorial plus fort et fait écho à notre volonté d’accompagner les associations au plus près des territoires »
Daniel Baal, Président de Crédit Mutuel Alliance Fédérale
Agence Française de Développement - AFD
« Le groupe AFD finance et accélère les transitions pour un monde plus juste, sûr et résilient, en s’engageant pour les populations avec ses partenaires, partout dans le monde. Fort de ses entités complémentaires – l’Agence française de développement pour les financements publics, Proparco pour l’investissement privé responsable, et Expertise France pour l’expertise technique – le Groupe répond à tous les enjeux liés au développement durable. »
« Engagé dans plus de 160 pays ainsi que dans les Outre-mer, il adapte ses interventions aux réalités du terrain, soutenant activement les initiatives locales. Avec plus de 4 000 projets alignés sur les Objectifs de développement durable (ODD), le groupe AFD, au nom des Français, mobilise tous les acteurs engagés dans le développement économique et la préservation des biens communs : le climat, la biodiversité, la paix, l’égalité femmes-hommes ou encore la santé mondiale. Du côté des autres, pour un monde en commun. »
« Je me réjouis que le compagnonnage entre le Palais de la Porte Dorée et l’AFD s’amplifie d’année en année. Nos métiers sont différents, bien sûr, mais notre mission est la même : éveiller et agir, depuis Paris, face aux enjeux globaux. Le Palais de la Porte Dorée nous ressemble, nous accueille et nous inspire. Il contribue à l’indispensable travail, fondé sur la science, sur notre histoire coloniale et post-coloniale. Il le confronte aux enjeux de notre temps. Cette exposition et son catalogue viennent consolider notre travail commun depuis 2021, à l’occasion notamment des journées internationales des migrations. Merci à Constance Rivière et à toutes les équipes engagées dans ce beau projet, qui nous montre, avec lucidité et responsabilité, à quel point migrations et climat structurent désormais notre monde en commun. »
Rémy Rioux, directeur général de l’AFD

LE PALAISDE LA PORTE DORÉE

« Institution culturelle pluridisciplinaire, l’Établissement public du Palais de la Porte Dorée est constitué d’un monument historique, le Palais de la Porte Dorée, d’un musée, le Musée national de l’histoire de l’immigration et d’un aquarium, l’Aquarium tropical. Véritable lieu de familiarités, le Palais de la Porte Dorée est tout à la fois : lieu d’exposition, de diffusion de la connaissance, forum d’expression et espace de sociabilité, lieu de programmation de spectacles et de festivals et lieu de conservation d’espèces menacées et de sensibilisation. »

Le Musée national de l’histoire de l’immigration
« Le Musée national de l’histoire de l’immigration a rouvert en 2023 sa galerie permanente avec un espace entièrement renouvelé, plus didactique et évolutif intégrant les recherches récentes sur l’immigration en France. Plus grand et plus accessible, notamment au jeune public, le nouveau musée déroule un récit chronologique, thématique et sensible en 11 dates repères – de 1685 à nos jours – qui montrent que l’histoire de l’immigration est une composante indivisible de l’histoire de France, à partir de données scientifiques, d’évènements, de récits de vie. Mêlant documents d’archive, photographies, peintures, sculptures, affiches, parcours de vie, créations artistiques contemporaines et outils de médiations numériques pour tous les âges, le nouveau Musée apportera à chaque visiteur les éléments essentiels pour connaître et comprendre une part essentielle de l’identité française. »

L’Aquarium tropical
« L’Aquarium tropical fait partie des grands aquariums français renommés. Ses missions s’appuient aujourd’hui sur 3 piliers : émerveillement et sensibilisation, bien-être animal, conservation des espèces et recherche scientifique. »
« Avec ses 85 bassins, environ 5 000 animaux et 500 espèces l’Aquarium présente des écosystèmes aquatiques tropicaux et les espèces qui les peuplent. Présentés comme des tableaux vivants, ces bassins d’eau douce, d’eau de mer et terrariums, reconstituent le plus fidèlement possible des milieux naturels. Les espèces animales et végétales qui les peuplent sont représentatives et parfois endémiques à ces milieux. L’Aquarium tropical s’associe et participe activement à des programmes de sauvegarde des espèces en danger d’extinction, par ses bassins ou sur le terrain. »


Du 17 octobre 2025 au 5 avril 2026
Musée national de l’histoire de l’immigration
Aquarium tropical
293, avenue Daumesnil – 75012 Paris
Tél. : 01 53 59 58 60
Du mardi au vendredi 10h - 17h30
Samedi et dimanche 10h - 19h
Visuel :
Baden Baden Satellite Reef “Toxic Reef” and « The deep », from the Crochet Coral Reef project by Christine and Margaret Wertheim
© Institute For Figuring and Museum Frieder Burda Photo de Cyril Zannettacci


Les citations proviennent du dossier de presse.