Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 5 juillet 2026

L'Iran

Constitué de 31 provinces (ostan), l'Iran détient une position géostratégique sensible (détroit d'Ormuz). Après le départ du shah, la République islamique d'Iran a été proclamée par l'ayatollah Khomeiny le 1er avril 1979. Négationniste, le régime des mollahs ambitionne de restaurer un empire perse, une puissance régionale et dotée de l'arme nucléaire ainsi que de missiles à longue portée. Par ses proxys - Hezbollah au Liban, Hamas dans la bande de Gaza, Houthis au Yémen -, ce régime chiite à la vision eschatologique déstabilise la région. Il vise la destruction d'Israël, qualifié de "petit Satan" et plus généralement l'Occident. Arte diffusera le 7 juillet 2026 dès 21 h 00 « Gardiens de la révolution - Les maîtres de l’Iran », série documentaire en deux parties de Julie Lerat, à 22 h 40 « Iran, la guerre intérieure » de Anne-Charlotte Gourraud, Mortaza Behboudi et Kajin Azadi et à 23 h 35 « Iran : que restait-il du nucléaire ? » de Sebastian Walker et Adam Desiderio (2025).

Vers un « vote halal » en France, en Belgique, en Grande-Bretagne et en Israël ? 
« Humoristes et musulmans » de Frank Eggers  
« Nouvelle génération, la bande dessinée arabe aujourd’hui » 
« Riad Sattouf. L’écriture dessinée »
« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein 
« Pour Allah jusqu’à la mort. Enquête sur les convertis à l’islam radical » par Paul Landau
L'Etat islamique 
Interview de Bat Ye’or sur le califat et l’Etat islamique/ISIS 
« Les armes des djihadistes » par Daniel Harrich 
« L'argent de la terreur »
« Alger, la Mecque des révolutionnaires (1962-1974) » par Ben Salama 
« Pictures for Peace. La douleur après l’attentat - Hocine Zaourar » par Rémy Burkel 
« Cheikh Zayed, une légende arabe » par Frédéric Mitterrand
« Emirats, les mirages de la puissance », par Frédéric Compain
L’Arabie saoudite 
Hajj, le pèlerinage à La Mecque
L’Irak, une ex-mosaïque ethnico-religieuse 
« Iran-Irak, la guerre par l'image » par Maryam Ebrahimi
« Oman, au pays des contes » par Nadja Frenz
Le keffieh, c'est tendance !

Pays à la civilisation ancienne, fort d'une population hétérogène de cent millions d'habitants, l'Iran détient une position géostratégique sensible : ancienne route de la Soie, 
détroit d'Ormuz, gisements pétroliers, zone convoitée par la Russie et l'Angleterre aux XIXe et XXe siècles, etc. 

Après la fuite du shah d'Iran Reza Pahlavi, la République islamique d'Iran a été proclamée par l'ayatollah Khomeiny le 1er avril 1979. Négationniste, le régime des mollahs ambitionne de restaurer un empire perse, une puissance régionale qui, par ses affidés - Hezbollah au Liban, mouvement du djihad islamique dans la bande de Gaza, etc. - a créé un "arc chiite" hostile à des Etats sunnites arabes, telle l'Arabie saoudite. 

Dans une vision apocalyptique, eschatologique (mahdaviat), par haine des Juifs, ce régime des mollahs vise à détruire l'Etat d'Israël par l'arme nucléaire. Et ensuite l'Occident des mécréants.

Le régime des ayatollahs a défié les Etats-Unis, encouragé le terrorisme islamiste et la haine du "Grand Satan" et du "Petit Satan", organisé des concours de dessins révisionnistes, développé un programme nucléaire militaire, etc.

Après une politique d'apaisement menée notamment par les Etats-Unis, en particulier sous la présidence de Barack Hussein Obama, la France et l'Allemagne - signature du JCPoA, accord de Vienne sur le programme militaire nucléaire iranien (2015) qui ne concernait pas les missiles balistiques -, le Président Donald Trump avait renforcé les sanctions économiques visant ce régime, soutenu notamment par la Corée du nord et menaçant la paix mondiale.

Le Président Joe Biden avait levé des sanctions 
visant le régime des mollahs à l'économie exsangue, ce qui s'est traduit par l'afflux d'une manne financière : il a donc renfloué un régime à l'économie défaillante. Le régime des mollahs a ainsi pu continuer à financer ses proxys déstabilisant le Proche-Orient et le Moyen-Orient : Hezbollah au Liban, Hamas dans la bande de Gaza, Houthis au Yémen.

Guerre "Sword of Iron"
En avril 2024, alors que se poursuit la guerre existentielle israélienne "Sword of Iron" (Glaive de fer) dans la bande de Gaza menée en réaction à l'agression djihadiste du 7 octobre 2023 dans le sud d'Israël, "après un raid meurtrier contre un bâtiment diplomatique iranien en Syrie, imputé à Israël, l'Iran avait mené une attaque inédite sur le sol israélien. "Plus de 300 drones et missiles" avaient alors été lancés, et presque tous interceptés, selon l'armée israélienne".

Le 31 juillet 2024, les Gardiens de la Révolution iraniens "ont annoncé qu'Ismaïl Haniyeh, responsable du bureau politique du Hamas, avait été tué au cours de la nuit à Téhéran. Haniyeh venait d'assister à la cérémonie d'investiture du nouveau président iranien, Massoud Pezeshkian". Israël n'a pas reconnu être responsable de cette élimination ciblée, alors qu'il a "revendiqué, quelques heures plus tôt, la mort du haut gradé du Hezbollah Fouad Chokr, tué dans une frappe contre un immeuble de Beyrouth, au Liban. Selon Israël, la victime était "le commandant responsable du massacre de Majdal Shams", quatre jours plus tôt, quand un tir de roquette venu du Liban a causé la mort de douze enfants sur le plateau syrien du Golan occupé". "Il est de notre devoir de venger le sang qui a été versé sur le territoire de la République islamique d'Iran", a assuré le guide suprême iranien, Ali Khamenei, peu de temps après l'annonce de la mort du leader palestinien. Depuis les attaques du Hamas en Israël le 7 octobre, ce n'est pas la première fois que Téhéran est visé par l'Etat hébreu, ni qu'il promet des représailles."

Selon des experts en géopolitiques, dont le professeur israélien Mordechai Kedar, Ismaïl Haniyeh aurait demandé en urgence aux dirigeants iraniens des armes, du matériel et des munitions contre Israël, car l'armée israélienne avait détruit une très grande partie de son arsenal militaire. Les dirigeants chiites iraniens lui auraient reproché avec colère d'avoir initié seul, sans les prévenir, sans leur autorisation, son agression djihadiste le 7 octobre 2023 sans concertation avec le régime des mollahs, et donc contrecarré leur plan militaire, en coordination avec leurs proxys au Liban, en Syrie, en Irak, contre l'Etat d'Israël. Ils auraient alors ordonné aux Gardiens de la Révolution iranienne d'assassiner Ismaël Haniyeh. Ce qui expliquerait l'absence de riposte militaire iranienne depuis des semaines.

Depuis l'agression djihadiste en Israël du 7 octobre 2023, l'Iran et Israël, soutenu par les Etats-Unis parfois avec l'aide de la France, du Royaume-Uni et de la Jordanie, se sont affrontés militairement à quatre reprises :
1er – 19 avril 2024 (18 jours). Le
31 juillet – 26 octobre 2024 (2 mois et 25 jours)
13 – 24 juin 2025 (guerre dite des 12 jours)
Depuis le 28 février 2026. 
 
Durant ces opérations militaires, le régime des mollahs a réprimé durement en janvier 2026 les manifestations populaires réclamant notamment des libertés - dizaines de milliers de victimes. Ses alliées - Chine, Russie, Corée du Nord -, sont restées plutôt inactives. Ses dirigeants ont été éliminés par Israël.

Le régime iranien a bloqué le détroit d'Ormuz par où passent 20% du commerce mondial de pétrole et de gaz. Les Etats-Unis ont répliqué par un blocus naval des ports iraniens. Les économies de nombreux pays ont subi les conséquences de ces blocus. Et celle iranienne aussi.
 
Le 17 juin 2026, le Président américain Donald Trump et le président iranien Massoud Pezeshkian ont signé à distance le Mémorandum d'Islamabad suspendant de manière temporaire les hostilités.  A la fin de la réunion du G7, le 18 juin au château de Versailles, le Président américain Donald Trump a signé le Mémorandum en présence du Président français Emmanuel Macron. Parmi les Etats ayant agi en médiateurs entre les Etats-Unis et l'Iran : le Pakistan, le Qatar, l'Arabie saoudite, la Turquie et l'Égypte. 

La signature de ce Memorandum a marqué la victoire d'un courant anti-israélien à Washington. Une hudna, trêve islamique, qui n'empêche pas les attaques du Hezbollah, avantagé par des drones sophistiqués, contre Israël.

Israël n'a pas été partie à ces négociations et a découvert tardivement le Mémorandum. L'Etat Juif est privé d'une victoire militaire décisive et son Premier ministre Benjamin Netanyahou a souligné. Lors d’une réunion avec des officiers de réserve en Cisjordanie, Netanyahu a déclaré le 23 juin 2026 lors d’une réunion avec des officiers de réserve en Judée et Samarie : « J’apprécie énormément le soutien que nous avons reçu – et que j’ai obtenu au fil des ans – de la part de nos amis américains. Mais aujourd’hui, j’affirme que nous avons besoin de notre propre système de production d’armes indépendant. Nous devons fabriquer nos propres armements... Nous sommes aujourd’hui confrontés à l’Iran et à ses proxys. Nous les avons durement frappés. Cette lutte n’est pas encore terminée, et son issue dépend de notre force. » Israël doit se « libérer » de sa dépendance militaire vis-à-vis des États-Unis et développer ses propres capacités de production d’armes, a déclaré le Premier ministre Benjamin Netanyahu. Une telle démarche est nécessaire, a-t-il ajouté, pour mener à bien la lutte en cours contre l’Iran et ses proxys. J’apprécie énormément le soutien que nous avons reçu – et que j’ai obtenu au fil des ans – de la part de nos amis américains. Mais aujourd’hui, j’affirme que nous avons besoin de notre propre système de production d’armes indépendant. Nous devons fabriquer nos propres armements...  Nous sommes aujourd’hui confrontés à l’Iran et à ses proxys. Nous les avons durement frappés. Cette lutte n’est pas encore terminée, et son issue dépend de notre force ».

Lors d’une conférence de presse tenue la semaine précédente, le vice-président américain JD Vance "a fait remarquer que ces derniers mois, « les deux tiers des armes défensives qui ont permis de protéger [Israël] » étaient de fabrication américaine et financées par les contribuables américains. Des responsables américains et israéliens ont récemment fait savoir que les discussions qui viennent de s’ouvrir sur un nouveau cadre de coopération en matière de sécurité entre les États-Unis et Israël, d’une durée de dix ans, visent à opérer une « transition progressive » de ce cadre « d’une aide vers un partenariat entièrement réciproque ». 

Cette trêve de 60 jours renouvelable ne peut pas perdurer : les Etats-Unis et Israël ne veulent pas d'un Iran nucléaire et qui perfectionne ses missiles balistiques, la première puissance mondiale ne peut pas accepter une menace sur une voie stratégique car ce serait autoriser tacitement d'autres Etats à menacer d'autres détroits stratégiques, notamment en Asie du sud-est. Et le régime des mollahs refuse de renoncer à son idéologie djihadiste et eschatologique (mahdaviat), et ses dirigeants aux avantages financiers liés à leur pouvoir. Le fils du shah d'Iran, Reza Pahlavi, s'est engagé à accompagner la transition éventuelle de l'Iran vers un régime démocratique en cas de renversement du régime des mollahs. Les opposants au régime des mollahs sont divisés, sans qu'une figure unificatrice ait émergé.

Comme l'a résumé un expert : "Avec l'Iran, soit on fait la guerre pour vaincre, soit on ne fait pas la guerre. Mais on ne négocie pas".

Le 13 juin 2026, le Gatestone Institute  a publié "Iran's Regime Is Irreformable: Time to End It Once and For All" ("Le régime iranien est irréformable : il est temps d'y mettre fin une fois pour toutes") de Majid Rafizadeh, politologue, analyste diplômé de Harvard et membre du comité de rédaction de la Harvard International Review :
"Les dirigeants iraniens pourraient signer un document – ​​comme l'a fait Yasser Arafat, président de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP), avec le Premier ministre israélien Yitzhak Rabin lors des accords d'Oslo de 1993 – mais, à l'instar de l'OLP, leurs objectifs fondamentaux resteront inchangés.
Le régime ne peut abandonner les slogans « Mort à l'Amérique » ou « Mort à Israël » sans renoncer à sa raison d'être. Les maintenir ne fait que renforcer son emprise, surtout après le départ du président Donald J. Trump et lorsque son successeur se tournera peut-être vers des intérêts plus plaisants que la « application de la loi ».
Le régime iranien ne changera pas, surtout pas pour les « infidèles ». Les accords ne font que lui donner le temps de se rétablir. Ils ne modifient en rien son comportement fondamental.
Si le régime souhaitait se réformer, il aurait facilement pu renoncer à ces slogans et cesser de financer le terrorisme. Toute négociation ou tout accord qui laisse le système actuel intact ne fait que lui donner les moyens et le temps nécessaires pour reconstituer ses capacités visant à anéantir ses ennemis, tant étrangers qu'intérieurs.
La décision la plus importante pour l'Occident, et notamment pour les États-Unis, est de reconnaître que le régime iranien est irréformable. Aucun accord ne pourra le modifier fondamentalement. Il poursuivra ses objectifs, son terrorisme et son oppression. Il ne faut pas se laisser abuser par les prétendus « modérés » qui servent de façade aux Gardiens de la révolution.
L'identité révolutionnaire du régime n'a apporté que souffrance – aux Américains, aux voisins de l'Iran dans le Golfe, aux Israéliens et surtout au peuple iranien. La chute de ce régime est la seule voie vers la paix."

Le 24 juin 2026, dans l'interview de Daniel Pipes "Accordo catastrofico così l'Occidente è più debole" par Francesco Subiaco pour Il Tempo (The Catastrophic U.S.-Iran Deal Weakens the West ; L'accord catastrophique entre les États-Unis et l'Iran affaiblit l'Occident, avec une adaptation française de Gilles de Belmont), le fondateur du Middle East Forum a analysé : 
"C'est Téhéran qui, en pratique, dicte les conditions à Washington. Il s'agit là d'une situation extraordinaire compte tenu de la domination américaine dans la guerre armée. Cette évolution confirme que, quand il s'agit de supporter la douleur, une dictature peut surpasser une démocratie.
Si l'accord entre les États-Unis et l'Iran est mis en œuvre – chose dont on peut sérieusement douter – cela ferait de la République islamique d'Iran un pays plus pauvre mais beaucoup plus fort et disposant de sources de revenus plus importantes qu'avant le déclenchement de la guerre. Encore une fois, si l'accord se maintient, l'influence américaine diminuera considérablement, à la fois en raison de la puissance iranienne et du contrecoup des alliés américains. L'héritage de Donald Trump sera celui d'avoir supervisé le pire résultat militaire de l'histoire américaine
La Turquie va bien s'en sortir grâce à sa géographie, ses liens économiques avec l'Iran et son appartenance à un bloc sunnite qui vient de gagner en légitimité. La Chine va prospérer aussi, principalement grâce à la position renforcée de Téhéran et à celle diminuée de Washington.
L'opposition massive à l'accord, tant en Iran qu'aux États-Unis, laisse penser que les relations entre les deux pays resteront toxiques pendant longtemps.
Voilà bien une conséquence imprévue de la guerre ! L'assaut israélo-américain contre l'Iran a fait passer le détroit d'Ormuz de non-sujet à préoccupation mondiale majeure, statut qu'il conservera probablement encore longtemps.
Les dirigeants iraniens ont habilement manœuvré l'administration Trump pour restreindre les ripostes d'Israël aux attaques du Hezbollah. Cette situation plonge le gouvernement israélien dans un dilemme : soit il laisse le nord de son pays devenir inhabitable soit il résiste aux exigences de Trump. À mon avis, Israël combattra le Hezbollah, quel qu'en soit le prix diplomatique.
Le Premier ministre Benjamin Netanyahou a placé sa confiance en Donald Trump et s'est retrouvé, comme tant d'autres avant lui, utilisé et mis de côté. Cette crise pourrait nuire aux relations entre Israël et les États-Unis dans les prochaines années.
Sous Recep Tayyip Erdoğan, la Turquie est devenue un adversaire majeur d'Israël avec qui elle est en conflit sur de nombreux théâtres, notamment en Syrie. Avec sa puissante armée et son statut de membre de l'OTAN, la Turquie représente pour Israël une menace bien plus grande que ne l'a jamais été celle de l'Iran."

Le 5 juillet 2026, le Centre BESA a publié le document de synthèse n° 2391 "The Implications of the US-Iran Memorandum of Understanding and Its Consequences for Israel" ("Les implications du mémorandum d'entente entre les États-Unis et l'Iran et ses conséquences pour Israël") par le colonel (réserviste) Shay Shabtai et le professeur Eitan Shamir :
"La portée du mémorandum d'entente signé entre les États-Unis et l'Iran est très limitée. Ce mémorandum instaure une désescalade transitoire entre les deux pays, dans un cadre informel et non contraignant, en vue de futures négociations pour un règlement permanent. Malgré ses limites, il constituera le principal moteur stratégique de la situation au Moyen-Orient et au-delà pendant au moins les six prochains mois. Une analyse globale de ses implications révèle que, si les États-Unis ont réussi à obtenir des avantages significatifs grâce à l'emploi de la force militaire et n'ont accepté qu'un cadre temporaire qui ne les empêche pas de maintenir leurs exigences envers Téhéran, la manière dont cet accord a été conclu, ainsi que son contenu même, représentent un recul. Il érode le véritable levier d'influence de Washington sur l'Iran, une situation qui exigera des efforts américains considérables à l'avenir – y compris une probabilité accrue de recours à la force militaire – pour parvenir à un accord durable et raisonnable. Concernant les relations américano-israéliennes, ce n'est pas la première fois que Washington instrumentalise les succès militaires israéliens pour servir ses propres intérêts. Cependant, le défi majeur réside dans l'avenir : Donald Trump sera probablement le dernier président israélien à apporter un soutien sans équivoque."

ARTE
Sous le titre « Guerre en Iran », Arte diffuse des documentaires souvent partiaux. « Après des années de tensions, Israël et les États-Unis ont lancé une vaste offensive militaire contre l'Iran le 28 février 2026, qui a tué plusieurs dirigeants de haut rang, dont le guide suprême Ali Khamenei. Téhéran a riposté en visant le territoire israélien ainsi que des cibles américaines au Moyen-Orient, du Koweït à Dubaï. L'onde de choc s'est étendue à toute la région. Après de nombreuses tentatives, l'Iran et les Etats-Unis se sont accordés sur une fin des combats le 15 juin, renvoyant les sujets qui fâchent à une négociation ultérieure. Retrouvez ici une sélection de nos documentaires et décryptages pour mieux comprendre ce qui se joue au Moyen-Orient. » Arte omet d'indiquer que l'Iran n'a cessé d'attaquer Israël et les Etats-Unis soit militairement, soit politiquement par la corruption de personnalités occidentales.

« Gardiens de la révolution - Les maîtres de l’Iran »
Arte diffusera le 7 juillet 2026 dès 21 h 00 « Gardiens de la révolution - Les maîtres de l’Iran », série documentaire en deux parties de Julie Lerat.

« Architectes et piliers de la dictature iranienne, les "gardiens de la révolution" ont réussi à accaparer tous les pouvoirs. Alors que la guerre lancée par les États-Unis et Israël en février 2026 se poursuit malgré un cessez-le-feu fragile, le documentaire « Gardiens de la révolution. Les maîtres de l’Iran  » révèle  la puissance d’une organisation tentaculaire qui tient, jusqu'à nouvel ordre, le destin de l’Iran entre ses mains. »

« Nés dans le chaos postrévolutionnaire, encensés pour leur bravoure sur le front irakien, architectes du programme nucléaire et de la politique régionale iranienne, les "gardiens de la révolution" ont très vite su se rendre indispensables et s'arroger les clefs du pays. Réprimant toute contestation dans le sang, ils cultivent l'art de la dissuasion et de la manipulation auprès de leurs ennemis occidentaux. »

« Ce documentaire en deux parties retrace l'ascension des pasdaran à travers les témoignages de certains partisans de la première heure, complétés par des archives et des vidéos de propagande éclairant les méthodes radicales de l’organisation. On y découvre la réalité derrière les uniformes, par l’analyse de l’empire économique méthodiquement construit, fondamental dans leur quête du pouvoir. »

« Le récit historique se transforme alors en enquête, notamment sur les techniques de contournement des sanctions occidentales, permettant d’appréhender sous un jour nouveau – et via un regard critique – les grandes décisions prises par les chancelleries européennes et américaines. »

« Les deux épisodes offrent également un éclairage humain avec, en fil rouge, les récits des proches de deux victimes emblématiques des "gardiens de la révolution" : le mari de l’otage Nazanin Zaghari-Ratcliffe, engagé dans un long combat pour sa libération, et la fille du dissident Rouhollah Zam, exécuté par le régime. »

1ère partie : « L’État dans l’État »
« En 1979, des manifestations renversent le régime du Shah d’Iran, souverain à la fois modernisateur et autocratique. »

« L'ayatollah Khomeyni, 76 ans, exilé en France, s’empare du pouvoir et crée une milice chargée de traquer les ennemis de la révolution islamique, actant, déjà, la bascule autoritaire et rigoriste du nouveau pouvoir. »

« Ses "gardiens de la révolution" (pasdaran) sont envoyés sur le front lors de la guerre contre l’Irak (1980-1988) et deviennent un rouage essentiel de l’État. Bientôt, ils développent dans le plus grand secret un programme destiné à acquérir la bombe nucléaire. »

« Au fil des décennies, les pasdaran mettent la main sur l’économie du pays, développent leur propre service de renseignement, gagnent des élections locales et nationales, dont la présidentielle de 2005. »

« Fidèles à leur doctrine de réprimer toute forme de contestation, ils misent également sur une redoutable diplomatie des otages. Les destins tragiques de Rouhollah Zam, dissident politique arrêté et exécuté en décembre 2020, et de Nazanin Zaghari-Ratcliffe, citoyenne irano-britannique emprisonnée pour espionnage entre 2016 et 2022, illustrent leurs méthodes. »

2e partie : « Les agents du chaos »
« Pour affirmer son hégémonie sur le monde musulman, la République islamique d'Iran, d’abord isolée, a fait de la lutte contre Israël l’un de ses grands combats. Depuis plus de quarante ans, les "gardiens de la révolution" mettent en place cette stratégie en finançant un réseau de milices à travers le Moyen-Orient. »

« En 2019, les États-Unis, une cible majeure des pasdaran, les inscrivent sur la liste des organisations terroristes, alors que l’Iran doit déjà faire face à un arsenal de sanctions économiques. »

« Isolés du système financier international, les Gardiens de la révolution construisent un mécanisme complexe de contournement des sanctions qui leur permet de continuer à exporter leur or noir et continuer à soutenir les milices de la région. »

« En parallèle, sur le territoire national, où la pauvreté croît, les pasdaran voient leur autorité contestée, mais la répression dans le sang permet d’endiguer les révoltes. »

« Les attaques du Hamas contre Israël du 7 octobre 2023 ont désormais conduit à l’effondrement ou la paralysie d’alliés historiques comme le Hezbollah. »

« Depuis les bombardements du 13 juin, l'Iran, déjà affaibli, semble désormais engagé dans une guerre non-souhaitée contre Israël, qui a déjà causé la mort de quelques-uns des "gardiens" les plus importants. »


« Comment les pasdaran sont-ils parvenus à étendre leur empire sur l’Iran et au-delà ? Aperçu des étapes historiques qui leur ont donné jusqu'à présent les clés du pays. Par Raphaël Badache.

Une force militaire
1980. Un an après la prise de pouvoir de l’ayatollah Khomeyni, l’Iran est attaqué par l’Irak de Saddam Hussein, qui craint une contagion révolutionnaire. Isolé, au bord de la déroute, le régime s’appuie sur les Gardiens de la révolution : milice de plus de 5 000 hommes destinée à traquer les opposants, elle devient une armée parallèle. Trois millions d’hommes passent par leurs camps d’entraînement, évitant la défaite à l’Iran au prix de centaines de milliers de morts. Après huit années de guerre, les Gardiens de la révolution, désormais incontournables, lancent en secret le programme qui doit garantir au pays de ne plus jamais être attaqué : acquérir la bombe nucléaire.

Une oligarchie
Khomeyni meurt en 1989. Son successeur, Ali Khamenei, veut fondre le corps des pasdaran dans l’armée régulière. Impensable pour l’organisation, devenue suffisamment puissante pour contraindre l’ayatollah à revoir ses plans, sous peine d’être renversé. Khamenei lui offre aussi les marchés publics de la reconstruction du pays, largement détruit par la guerre. En 2005, l’élection d’un président issu pour la première fois des pasdaran, Mahmoud Ahmadinejad, accentue leur mainmise sur l’économie. Bénéficiant d’un vaste programme de privatisation comme des contrats publics attribués à ses entreprises, l’organisation s’empare, en partie ou en totalité, de secteurs clés : pétrole, gaz, télécommunications, tourisme, santé… Les militaires deviennent aussi des oligarques.

Une puissance régionale 
D’emblée, la République islamique s’est appuyée sur les pasdaran pour nouer des alliances au Proche-Orient. Créée par l’organisation après la guerre contre l’Irak, la force Al-Qods incarne cette politique. Ce corps d’élite finance, équipe et forme les milices et partis hostiles aux deux grands ennemis désignés par le régime : les troupes américaines et Israël. Soutenant le Hamas à Gaza, le Hezbollah au Liban, des milices chiites en Irak, l’armée de Bachar el-Assad en Syrie ou les houthistes au Yémen, Al-Qods a fait de l’Iran une puissance régionale. Mais à la suite des attaques du 7 octobre 2023, cet axe Hamas-Hezbollah-Assad, patiemment érigé sur quatre décennies, s’est brutalement effondré. Le 13 juin, en marge des négociations entre les états-Unis et la République islamique sur le nucléaire iranien, Israël bombardait Téhéran et divers sites, déclenchant une guerre ouverte avec son adversaire. »

« Iran, la guerre intérieure »
Arte diffusera le 7 juillet 2026 à 22 h 40 « Iran, la guerre intérieure » de Anne-Charlotte Gourraud, Mortaza Behboudi et Kajin Azadi.

« De la révolte de janvier 2026, réprimée dans un bain de sang, à la reprise des bombardements américains sur l'Iran, ce documentaire tourné clandestinement fait résonner la voix d'un peuple pris en étau. »

« Des révoltes populaires massives de janvier 2026, dont la répression aurait fait des dizaines de milliers de morts – le régime, lui, a publié un bilan officiel de quelque 3 000 victimes, forces de sécurité comprises – au déclenchement de l'offensive israélo-américaine, fin février, la voix des Iraniens est devenue quasi inaudible. »

« Privés d'Internet durant de longs mois, pris en étau entre les souffrances infligées par la guerre et un régime dont la pression ne faiblit pas, malgré les coups encaissés, beaucoup d'entre eux refusent de se taire. »

« En racontant ce qu'ils vivent ou en filmant clandestinement, ils s'exposent pourtant dangereusement : transmettre à l'étranger un récit critique expose à dix ans de prison, voire à la peine de mort. Une dizaine de femmes et d'hommes n'en ont pas moins accepté de témoigner et de confier leurs images pour raconter de l'intérieur ces six mois de révolte et de guerre dont les civils ont payé le prix fort. »

« La foule immense des manifestants, puis les rafales à l'arme lourde qui déciment des femmes et des hommes aux mains nues, fuyant au hasard des rues ensanglantées ; les contre-défilés orchestrés par le régime ; les bombes qui embrasent le ciel de Téhéran, "entre la lune et le prochain soleil" ; les cris de joie spontanée à l’annonce de la mort de l’ayatollah Khamenei ; le deuil, la peur, les privations qui l'emportent peu à peu sur l'espoir… Sans que l'on sache encore sur quoi peut déboucher le cessez-le-feu fragile du 8 avril dernier, ces voix anonymes livrent leur version des faits. »

« Au-delà du chagrin, de la colère, du doute, elles expriment leur volonté de tenir malgré tout. Cette chronique de guerre, tournée en secret pendant plusieurs mois, est aussi le portrait d’une génération qui continue de résister. »

« Iran : que restait-il du nucléaire ? »
Arte diffusera le 7 juillet 2026 à 23 h 35 « Iran : que restait-il du nucléaire ? » de Sebastian Walker et Adam Desiderio (2025).

« Enquête sur la réalité du programme nucléaire iranien au lendemain des frappes américaines et israéliennes de juin 2025, grâce à un accès exceptionnel sur le terrain en Iran et à une analyse à partir de sources ouvertes. Une investigation menée en collaboration avec le "Washington Post", Evident Media et Bellingcat. »

« Quelques jours avant que les États-Unis ne lancent des frappes directes sur le sol iranien en juin 2025, des images satellites haute résolution ont révélé une activité inhabituelle dans le site nucléaire le plus fortifié d'Iran. Un convoi de camions, qui semblait transporter des matières nucléaires sensibles, a été aperçu quittant l'entrée du tunnel de Fordo. »

« Puis vint l’opération "Midnight Hammer", une démonstration de force spectaculaire de la part de l’administration Trump. Sept bombardiers américains B-2 ont parcouru plus de 11 000 kilomètres depuis la base aérienne de Whiteman (Missouri, dans le cadre d’une mission qui a déployé quatorze bombes massives et un barrage de missiles Tomahawk pour frapper les sites nucléaires iraniens de Natanz, Ispahan et Fordo. Il s’agissait de la mission B-2 la plus vaste et la plus secrète de l’histoire. Les bombes sont tombées, mais les camions – et les matières qu’ils transportaient – ont disparu. »

« L'enquête d'Adam Desiderio et Sebastian Walker commence par ce mystère autour du succès des frappes, puis prend du recul. En s’appuyant sur des sources ouvertes et des spécialistes de l’imagerie satellite pour guider l’équipe sur le terrain, ils tentent d’évaluer de manière scientifique l’étendue réelle des dégâts causés aux infrastructures nucléaires iraniennes, et d’examiner comment la campagne de frappes a ciblé les personnes au cœur-même du programme nucléaire. »

« L'Iran insiste sur le fait que ses installations sont toujours intactes et que son programme nucléaire est pacifique, tandis que les responsables américains affirment que l'objectif de Téhéran d'obtenir l'arme nucléaire a été repoussé de plusieurs années. »

« Cette enquête de 2025 se penche sur les affirmations des deux camps, en combinant un accès sur le terrain avec les outils de l’investigation en source ouverte pour tenter d'établir la vérité. »

« Les enfants soldats en Iran »
Arte diffuse sur son site Internet 
« Les enfants soldats en Iran ». « En pleine guerre entre l’Iran, les États-Unis et Israël, les autorités iraniennes viennent de lancer une nouvelle campagne de recrutement de civils volontaires, en abaissant l'âge minimum requis à 12 ans. Cette campagne rappelle un précédent tragique : lors de la guerre Iran-Irak, l’Iran aurait également eu recours à des centaines de milliers d’enfants soldats, envoyés au déminage des zones de combat. »

"Il était une fois... "La loi de Téhéran"
Arte diffusera le 14 juillet 2026 à 03 h 00 "Il était une fois... "La loi de Téhéran", documentaire français de Pierre-Olivier François (2023).

"En forme de thriller social haletant, "La loi de Téhéran" de Saeed Roustayi (2019) offre une plongée saisissante dans la guerre déclarée aux narcotrafiquants par les autorités. Retour sur la genèse d’un film qui a révélé l’ampleur du fléau de la drogue dans l'Iran d'aujourd'hui."
 

"Pour arracher sa famille à la misère et offrir un avenir meilleur à ses neveux et nièces, dont il paie les études au Canada, Nasser Khakzad est devenu un parrain de la drogue à Téhéran. Lancé à ses trousses, l’inspecteur Samad Majidi, qui dirige une unité de lutte contre le narcotrafic, entreprend de remonter toute sa filière, des consommateurs au laboratoire, des mules aux revendeurs, pour enfin l’arrêter. Bientôt, l’étau se resserre autour de Nasser…" 

"La loi de Téhéran lève le voile sur un pays ravagé par la drogue. Partageant une frontière de près de mille kilomètres avec l’Afghanistan, premier producteur et exportateur mondial d’opium et d’héroïne, le régime des mollahs se montre sans pitié pour les infractions liées à la législation sur les stupéfiants, simples consommateurs comme parrains risquant la peine de mort par pendaison."

"Dans le volet de la collection "Un film et son époque" qu’il consacre à ce film, Pierre-Olivier François retrace l’enquête de terrain menée par Saeed Roustayi et les scènes dantesques qu’il a tournées avec des centaines de figurants toxicomanes. Nourri d’interviews du jeune cinéaste, de ses comédiens et des membres de son équipe, ainsi que d’archives et de rushs inédits, Il était une fois… "La loi de Téhéran" révèle comment le film a surmonté une censure sourcilleuse avant de rencontrer un énorme succès populaire, en Iran et au-delà".  

« Iran, une puissance dévoilée »
« Iran, une puissance dévoilée » (Iran, Der Wille Zur Grossmacht) est un documentaire de Jean-Michel Vecchiet (2009),

De « la découverte de réserves pétrolières au début du XXe siècle à la crise du nucléaire en passant par le coup d'État américain de 1953 qui réinstalla le Shah au pouvoir et la révolution islamique de 1979, ce documentaire retrace cent ans d'histoire mouvementée d'un pays partagé entre religion et révolution moderniste, soumission et indépendance, de l'Iran, revenant aux sources des tensions avec l'Occident".

En 1906, à la fin du règne des Qâjar (1779-1925), l'Iran est le premier pays à se doter d'une "constitution et d'un Parlement à l'occidentale". La découverte du pétrole révolutionne le XXe siècle. L'Anglo-Persian Oil Company est créée en 1909.

Reza shah a fondé la dynastie Pahlavi. Il admirait Atatürk, et a voulu instaurer la république. Il a interdit le port du foulard islamique aux femmes. Il a mis en place un système éducatif inspiré de celui occidental, créé des institutions modernes. Mais le clergé et Mossadegh s'y sont opposés. La Perse devient l'Iran. En 1933, un différend oppose Reza shah aux Britanniques. Reza shah parvient à changer des articles du contrat. La durée de ce dernier est passée de 60 ans à 90 ans. Reza shah se tourne vers l'Allemagne, notamment sous l'ère nazie. L'Iraq et nombre d'autres Etats arabes sont pro-nazis. L'URSS et la Grande-Bretagne envahissent l'Iran, et le divisent afin de le diriger. Reza shah est contraint d'abdiquer. Son fils se souviendra de cet acte humiliant. En décembre 1943, la conférence de Téhéran réunit Roosevelt, Staline et Churchill qui redessinent la carte du monde. Un passé pro-nazi sur lequel le documentaire passe vite...

" Une fresque passionnante, une histoire vivante et tragique qui s'appuie sur des archives et des documents d'époque, mais aussi et surtout sur les récits de témoins éloquents : Hachemi Rafsandjani, ancien président de la République islamique, d'anciens chefs religieux, des responsables de la CIA et du Mossad, des ambassadeurs, des Iraniens ordinaires... »
"Ces orientations provoquent des désaccords violents avec les religieux chiites, bientôt écartés du pouvoir. À ces tensions intérieures viennent se superposer des enjeux internationaux. Compte tenu de ses réserves pétrolières et de sa position stratégique, l'Iran est au centre de toutes les convoitises".

"Contrôlé par les Britanniques, puis sous l'influence des États-Unis (qui n'hésitent pas à fomenter un coup d'État contre le Premier ministre Mossadegh jugé trop proche des communistes), le pays souffre d'une instabilité permanente. Cette situation explosive conduit les Iraniens, las de l'autocratie du Shah, à se soulever en 1979 ».
Le « documentaire explore deux pistes essentielles : d'un côté la relation complexe que l'Iran entretient avec l'Occident, de l'autre ses remous intérieurs. Les gouvernements iraniens affichent très tôt leur volonté d'ouverture vers l'Occident, notamment sous le règne de Reza Khan (1925- 1941) qui interdit le port du voile et promeut une éducation laïque".

Sous le Premier ministre Mossadegh décide en 1951 l nationalisation de l'industrie pétrolière. "Huit puissantes sociétés dominaient l'industrie pétrolière mondiale". Les Iraniens subissent l'embargo britannique. Affaibli, Mossadegh poursuit sa politique freinée par les sanctions. Entre le parti nationaliste et celui religieux, un imam assure la liaison. L'Union soviétique soutient les manifestants. Sous le président Truman, les Etats-Unis se proposent comme médiateurs entre la Grande-Bretagne et le gouvernement iranien. Ils veulent contenir le danger soviétique, et comblent le vide laissé par le départ des anciennes puissances européennes au Moyen-Orient. En 1951, Mossadegh donne une semaine au personnel anglais pour quitter l'Iran. Partisan du Toudeh ? Il écarte les communistes et s'éloigne des religieux. Britanniques et Américains (CIA) renversent le gouvernement nationaliste. Le Shah nomme un militaire chef du gouvernement, et Mossadegh prend la voie de l'exil. Communistes, loyalistes, religieux, etc. défilent dans les rues. Le Parti Toudeh a permis la réussite de ce coup d'Etat.


Après la chute de Mossadegh, Mohammed Reza instaure un régime autoritaire. Le programme Atoms for Peace est stratégique pour les Etats-Unis qui donnent à l'Iran son premier réacteur nucléaire. Le Président John F. Kennedy souhaite soutenir les pays du Tiers-Monde pour éviter qu'ils ne passent sous l'orbite soviétique. L'Iran signe un pacte défensif avec les Etats-Unis. Il se dote d'un arsenal perfectionné d'armes. Il noue des relations étroites avec l'Etat d'Israël : tous deux évoquent l'avenir en espérant un havre de paix régional. Le Shah lance la "révolution blanche", agricole, et songe à un référendum. Ce qui suscite l'ire des mollahs, grands propriétaires de terres, et de l'aristocratie foncière.

L'ayatollah Khomeini est hostile aux alliances avec les Etats-Unis et l'Etat juif. Dans ses prêches, il attaque jusqu'à la monarchie. En 1964, il est expulsé de l'Iran, et se rend en Irak, puis en France. En 1967, le Shah s'auto-couronne "lumière des Aryens". Il fait édifier des barrages hydrauliques pour irriguer les terres. En 1971, le monarque organise les fêtes de Persépolis et s'adresse au roi Cyrus. La crise pétrolière de 1973 lui donne l'opportunité de démontrer sa puissance. Le prix du baril de pétrole augmente de 400% en deux ou trois mois.

L'ayatollah Khomeini incarne l'islamisme. Les étudiants lancent le mouvement, relayés officiellement ensuite par les mollahs. Le Conseil de la révolution provisoire est créé avant le retour de l'ayatollah Khomeini. L'Armée ouvre le feu contre les manifestants. On dénombre des centaines de morts. Le Shah est persuadé de la nécessité d'adopter des mesures démocratiques. Le Président Jimmy Carter a annoncé à ses homologues qu'il considérait le Shah comme perdu. A Neuphle-le-chateau, l'ayatollah Khomeini enregistre des cassettes aux prêches virulents, diffusés publiquement en Iran. Il "traduit en termes religieux et anti-occidentaux les ressentiments du peuple". Le Shah prend la voie de l'exil, abandonnés de nombreux dirigeants occidentaux. Le Président Sadate l'assure de son soutien.

De nombreux médias occidentaux accueillent avec un enthousiasme naïf et ignorant le renversement du pouvoir politique et l'arrivée en Iran de l'ayatollah Khomeini qui donne une fausse image de "gentil gourou". Sa "dimension féroce" n'est alors pas perçue. Des purges sont organisées, des dirigeants de l'ancien régime sont exécutés, lois civiles et religieuses fusionnent...

En 1979, débute la prise d'otages des diplomates américains. Une opération américaine visant à libérer les otages "a tourné au désastre" en raison d'une tempête de sable. Les otages sont libérés lors de l'élection de Ronald Reagan à la présidence des Etats-Unis.

La guerre Iran-Irak a opposé deux des principaux producteurs mondiaux de pétrole, au nord du golfe Persique. "Collusion des Etats occidentaux, dont les Etats-Unis, contre le régime des mollahs iraniens ? Sans doute". Saddam Hussein luttait contre la propagation chiite au Moyen-Orient, et use d'armes chimiques. Près d'un million d'Iraniens meurent lors du conflit.

Après 1979, l'isolement de l'Iran se poursuit : attentats fomentés au Liban et en France, etc. Après les attentats islamistes terroristes du 11 septembre 2001, sous la présidence Bush, les Etats-Unis focalisent leur réaction sur l'Afghanistan et l'Iraq, et classent l'Iran dans "l'Axe du Mal".

Un grand nombre des experts interviewés sont des Iraniens vivant en Iran - ce qui réduit leur crédibilité - ou d'anciens ministres français des Affaires étrangères, dont Hubert Védrine.  Le portrait du Shah est assombri : le Shah ne semble pas avoir perçu la menace religieuse, tant il semblait obnubilé par les grandes puissances. Quid du soutien au terrorisme du régime des mollahs ?

« Femme, vie, liberté - Une révolution iranienne »
Arte diffusa le 28 août 2024 à 00 h 00 « Femme, vie, liberté - Une révolution iranienne » de Claire Billet (2023).

« Un an après l'assassinat qui a embrasé l'Iran, ce documentaire relate, à l'aide d'images tournées clandestinement et de témoignages, une insurrection féministe et populaire à l’immense impact. »

"Lorsque j'ai appris le meurtre de Mahsa, ma première réaction a été la rage", témoigne Narges Mohammadi, qui a suivi les événements de la prison d'Evin où elle est détenue. Dans une missive bouleversante, lue par l'actrice iranienne exilée Golshifteh Farahani (qui témoigne dans le film), cette militante des droits de l'homme, qui a reçu le prix Nobel de la paix en 2023, évoque aussi son combat pacifique contre un "régime religieux, misogyne et tyrannique" et ses dures conditions de détention. »

« Le 16 septembre 2022, à Téhéran, le meurtre par la police de la jeune Mahsa Amini, arrêtée pour "port du voile non conforme à la loi", déclenche une insurrection sans précédent. En quelques heures, un mouvement spontané se forme autour du cri de ralliement : “Femme, vie, liberté”. Pour la première fois, des femmes, rejointes par des hommes et des étudiants, en sont à l’initiative : elles descendent en masse dans la rue et retirent leur voile, symbole honni de la République islamique. »

« La population iranienne, toutes régions et catégories sociales confondues, se soulève. Les réseaux sociaux s’enflamment. La diaspora (de 5 millions à 8 millions d'Iraniens) prend le relais et le monde entier découvre l'ampleur de cette mobilisation : se pourrait-il, cette fois-ci, que le régime théocratique soit renversé ? »

« À cette révolte les mollahs répliquent de manière féroce, emprisonnant des dizaines de milliers de personnes et causant plus de 400 morts. »

« Mais la peur suscitée par cette répression s'accompagne désormais d'une rage tenace et d'une propension grandissante à la désobéissance civile. Les exécutions publiques, le gazage des écoles de filles sanctionnant l'activisme des élèves, les tirs dans la foule et les arrestations n'entravent plus la détermination du peuple iranien. La contestation perdure, et des dissensions surgissent chez les Gardiens de la révolution, le rempart du régime. »

« Ce film retrace ce soulèvement de l'intérieur en puisant dans l'avalanche de vidéos publiées sur les réseaux sociaux durant les émeutes et dans les images tournées clandestinement et courageusement sur place par une équipe iranienne. »

« Tout en préservant leur anonymat, il recueille les témoignages de manifestants et d’activistes, éclairage complété par celui d'opposants au régime en exil. »

« Il rappelle l'extrême pauvreté du pays et les fondations fragiles d'un pouvoir verrouillé, miné par la corruption et l'autoritarisme : le guide suprême Ali Khamenei, ce "dictateur" dont la jeunesse en colère a déchiré maints portraits, contrôle justice, élections et médias, tandis que des gangs mafieux font tourner l'économie. »

« Dans le feu des témoignages et des images, parfois d'une grande violence, documentant cette révolte historique, au fil de cette immersion instructive et poignante, une question demeure : quel épisode décisif mettra fin à la dictature ? »

« Le piège - Exécution du fils d'un mollah »
Arte diffusa le 27 août 2024 à 22 h 30 « Le piège - Exécution du fils d'un mollah » de Nahid Persson.

« Fils d’un haut dignitaire religieux iranien, Rouhollah Zam est devenu une figure de l’opposition en exil. Ce documentaire retrace le parcours tragique du journaliste dissident, enlevé puis exécuté par la République islamique fin 2020. »

« Parmi les opposants qui s’acharnent à documenter depuis l’étranger les crimes de la République islamique, un homme en particulier a retenu l’attention de la documentariste irano-suédoise Nahid Persson Sarvestani : Rouhollah Zam. »

« Prénommé ainsi en hommage à l’ayatollah Khomeiny, ce fils d’un mollah bascule dans le camp adverse lors du soulèvement postélectoral de 2009, qui lui vaut d’être incarcéré à la prison d’Evin. »

« Après avoir trouvé refuge en France à sa libération, il y fonde la chaîne d’information AmadNews sur la messagerie Telegram. »

« Grâce à ses sources haut placées à Téhéran, Rouhollah Zam dénonce dans ses vidéos les détournements d’argent et autres entorses aux préceptes religieux – pourtant durement réprimées – dont se rendent coupables les dirigeants iraniens. »

« Mais alors que le régime l’accuse d’avoir mené à distance les manifestations de 2017-2018 contre la corruption et la situation économique, l’étau se resserre autour de lui, malgré la protection de la police française. »

« En mars 2019, un documentaire produit par le pouvoir jette le discrédit sur son action et divise l’opposition. »

« Isolé, déprimé, Rouhollah Zam se rend quelques mois plus tard en Irak, dans l’espoir d’y recueillir des fonds pour le lancement d’une chaîne de télévision. Il s’agit en réalité d’un traquenard manigancé par sa proche collaboratrice et un homme d’affaires iranien implanté en Australie, tous deux agents à la solde de Téhéran… »

« Arrêté lors de ce déplacement, le journaliste, contraint "d’avouer" sa culpabilité à la télévision, a été pendu le 12 décembre 2020, à l’âge de 42 ans. »

« Nahid Persson Sarvestani, dont l’un des frères a été exécuté par la République islamique quarante-quatre ans plus tôt, retrace sa trajectoire dans ce film remarquable, sélectionné au Fipadoc 2024. »

« Avant que le piège, sur lequel elle fait toute la lumière, ne se referme sur Rouhollah Zam, la réalisatrice s’était immergée dans son quotidien clandestin à la fois chaleureux et étouffant : dîners avec son épouse et ses filles, échanges téléphoniques incessants avec son mystérieux réseau… »

« À travers le portrait de cet homme rieur, aux ambitions aussi démesurées que son courage, le film donne un aperçu de l’intérieur du combat mené par la diaspora – représentée aussi par le journaliste Ali Javanmardi, rencontré au Kurdistan irakien – ainsi que des méthodes glaçantes déployées par les Gardiens de la révolution pour faire taire la dissidence. »

"Le Shah et l’ayatollah - Le duel iranien"
Arte diffusa le 10 décembre 2019 "Le Shah et l’ayatollah - Le duel iranien" (Der Schah und der Ayatollah) par Holger Preuße. "En 1979, sous l’impulsion de l’ayatollah Khomeyni, la révolution éclate en Iran et renverse le shah Mohammad Reza Pahlavi. Cet événement marque la fin d’une monarchie vieille de deux mille cinq cent ans. Ce documentaire retrace la vie de ces deux ennemis qui se sont affrontés pendant plus de trente ans, de l’arrivée au pouvoir du Shah dans les années 1940 jusqu’à sa chute.

"Farah Diba Pahlavi, la dernière impératrice"
"Farah Diba Pahlavi, la dernière impératrice" (Farah Diba Pahlavi - Die letzte Kaiserin) est un documentaire réalisé par Gero von Boehm. "D’une vie princière à l’exil et à la tragédie : retour sur la vie tumultueuse de la première et dernière impératrice d’Iran, Farah Diba Pahlavi, épouse du chah d'Iran de 1959 à 1980."

"Née en 1938 à Téhéran, Farah Diba rencontre le monarque iranien Mohammad Reza Pahlavi à Paris, alors qu’elle est étudiante en architecture. En l'épousant, elle devient la troisième femme du dernier Shah, et la première impératrice de l’histoire de l’Iran lors du sacre de son mari. La jeune souveraine devient alors une figure internationale populaire, notamment pour son charisme et son engagement dans de nombreux projets sociaux, lequel fait d'elle un moteur de modernisation pour le pays. Mais elle subit aussi la réprobation suscitée par le régime répressif de son époux.

"En 1979, l’ayatollah Khomeiny prend le pouvoir et instaure une République islamique. La famille impériale prend la fuite."

"Après la mort du Shah en 1980, l’ancienne impératrice se retire à Paris où le destin continue de s’acharner contre elle. En 2001, sa benjamine, Leila, se suicide. Dix ans plus tard, c’est au tour de son plus jeune fils, Ali-Reza. Retraçant sa vie tumultueuse, le documentaire suit Farah Pahlavi à Paris, puis lors de voyages en Égypte et à Venise".

"Documents d'archives, photographies inédites et films amateurs privés animent ce portrait fouillé et sensible."

Journée mondiale d'al-Qods
La Journée mondiale d’Al-Quds (Rooz-e jahaany-e Qods) se déroule chaque année, sauf depuis 2020 en raison de la pandémie de coronavirus. 

Al-Quds ou al-Qods désigne Jérusalem. A noter que le président du Comité Al-Qods, le roi du Maroc.

Lancée le 7 août 1979 par l’Ayatollah Khomeini, fondateur de la République Islamique d’Iran, cette Journée a lieu le dernier vendredi du mois du Ramadan et a pour objectif de mobiliser les musulmans dans le monde

Elle est marquée par des violences hostiles au contrôle israélien sur Jérusalem, des défilés haineux envers les Juifs et les Sionistes, et en solidarité avec le "peuple palestinien" : des drapeaux du Hezbollah sont brandis lors de manifestations. .

En septembre 2008, une manifestation prévue à Paris à l'initiative du Centre Zahra a été interdite pour risque de troubles à l'ordre public.

En 2021, sur les réseaux sociaux, des images ont montré des drapeaux israéliens brûlés.

"Iran, chronique d'une année décisive"
Iran, chronique d'une année décisive (Iran - Atomdeal Mit Folgen) est un documentaire réalisé par Vincent de Cointet, Antoine Mariotti et Stéphane Saporito.

Signé le 14 juillet 2015, l'accord scandaleux sur le programme nucléaire militaire iranien a « suscité de grands espoirs en Iran. Des milliers de personnes sont descendues dans les rues de Téhéran pour manifester leur joie après la signature de l'accord dit « sur le nucléaire » entre l'Iran et les Occidentaux. Celui-ci prévoit, notamment, la levée des sanctions économiques qui frappent le pays depuis des décennies. Huit mois plus tard, les attentes de la population ont-elles été comblées ? Comment l'accord impacte-t-il la vie quotidienne ? Le marché iranien, si convoité par les Occidentaux, s'est-il ouvert ?"

Les « trois auteurs de ce documentaire ont tourné dans le pays huit mois durant, pour en repérer les retombées concrètes » car le pays est "à bout de souffle" après des années de sanctions économiques.

En « réponse à ces interrogations, Vincent de Cointet, Antoine Mariotti et Stéphane Saporito tiennent la chronique iranienne des huit mois décisifs qui ont suivi la signature, de juillet 2015 à mars 2016, moment de la percée des réformateurs aux élections législatives". Le documentaire ne saisit pas la stratégie du régime iranien plaçant à sa tête des personnalités similaires.

"Ils ont observé la vie quotidienne à Téhéran, les tentatives d'industriels occidentaux pour gagner ce marché prometteur, les prêches politiques du vendredi à la grande mosquée, la campagne électorale dans la ville ultraconservatrice de Qom..."

"Une période cruciale éclairée par les regards d'observateurs politiques iraniens comme Ali Akbar Velayati, conseiller du Guide suprême pour les Affaires étrangères, Akbar Torkan, principal conseiller du président Hassan Rohani, Mehdi Saharkhiz, militant des droits de l'homme, mais aussi John McCain, membre du parti républicain américain, l'ancien ministre Laurent Fabius ou Antony Blinken, numéro deux de la diplomatie américaine... »

Le documentaire véhicule les poncifs erronés : "mollah conservateur modéré" pour désigner un mollah extrémiste. Il escamote la vision eschatologique du régime iranien, occulte le revirement de la diplomatie américaine sous le président Barack Obama - absence de soutien lors de la révolte estudiantine -, et dissimule la politique étrangère tentaculaire de l'Iran : liens avec le Venezuela de Hugo Rafael Chávez, le Hezbollah au Liban, la Corée du Nord nucléaire, la rébellion chiite houthiste au Yémen, etc.

Interview de Abnousse Shalmani

L'accord sur le nucléaire signé le 14 juillet 2015 a-t-il un impact positif sur les conditions de vie des Iraniens ? Après la répression brutale de la révolution verte, en 2009, l'ouverture économique du pays sera-t-elle profitable au peuple iranien ? Le rôle de la femme peut-il évoluer sous la présidence d'Hassan Rohani ?

Emilie Aubry « s'entretient des récents changements de la société iranienne » avec Abnousse Shalmani

Née à Téhéran en 1977, Abnousse Shalmani s'exile à Paris avec sa famille en 1985. Après ses études d'histoire, elle emprunte la voie du journalisme puis de la production et de la réalisation de courts-métrages avant de revenir à sa première passion, la littérature. Elle a signé « Khomeiny, Sade et moi ».

"A l'arrivée des mollahs au pouvoir, tout était recouvert en noir. Aujourd'hui, certaines femmes mettent un châle. Ouverture, il y a. Mais il faut éviter d'être trop complaisant avec les mollahs au pouvoir", a déclaré Abnousse Shalmani.

Et d'ajouter : "L'Etat, c'est les Pasdarans, l'élite qui a gagné la guerre Iran-Iraq, et détient tous les leviers économiques. Aujourd'hui les enfants des Bazari, du Bazar, s'ouvrent à Internet. Comment l'Occident va comprendre l'Iran ? L'Iran est le pays du paradoxe. Le régime a forcé à la schizophrénie. Le régime n'a pas changé. Il y a une liberté intérieure. Lors de la "révolution verte" en 2009, les mollahs ont senti quelque chose trembler sous leurs pieds. Il y a deux capitales en Iran : Téhéran qui veut aller vers le renouveau, et Qom, capitale religieuse tenue par les mollahs".

"Iran, rêves d'Empire"
Arte diffusa le 15 mai 2018 à 20 h 50 "Iran, rêves d'Empire" (Iran - Vom Gottesstaat zur Großmacht), documentaire réalisé par Vincent de Cointet (France, 2017,54 min.)

"Au Moyen-Orient, les cartes sont redistribuées : l'Iran, redevenue une puissance incontournable, inspire de la crainte à ses voisins. Ce passionnant documentaire retrace l'histoire récente du pays jusqu'à sa nouvelle position sur l'échiquier géopolitique."

"Le 14 juillet 2015, à Vienne, Téhéran renonçait au nucléaire militaire après des années de tensions avec la communauté internationale. L'accord, historique, signait le grand retour de l'Iran à la table de l'économie mondialisée". En 2015, par cet accord, qui n'est pas un traité international, l'Iran n'a pas renoncé à son programme nucléaire militaire. Ni à son programme balistique.

"Depuis, la république islamique a renforcé son statut de puissance régionale, tout en s'aventurant à l'extérieur de ses frontières. Participant directement aux conflits en Syrie, en Irak et au Yémen, renforçant son influence au Liban grâce au Hezbollah, l'Iran sème le doute chez ses alliés comme chez ses opposants : Ali Khamenei, le Guide suprême de la révolution islamique, aurait-il des visées expansionnistes ? Ou cet esprit offensif incarne-t-il un nationalisme plus moderne, visant à garantir la pérennité de son régime ?"

"Résumant près de quarante ans d'évolution géopolitique depuis la révolution islamique de l'ayatollah Khomeyni, le documentaire de Vincent de Cointet dénoue les fils d'un isolement qui se conjugue de plus en plus au passé". Non, cet isolement va se renforcer. Le Président américain Donald Trump a accordé un délai de plusieurs mois aux entreprises en affaires en Iran. Malgré les rodomontades européennes, de nombreuses entreprises européennes ont réduit depuis quelques années leurs engagements en Iran, car elles craignent la législation américaine, des condamnations pénales, financières aux Etats-Unis, etc.

"Comment l'ancienne Perse, cernée de nations arabes, est-elle devenue incontournable au Moyen-Orient – notamment dans la lutte contre Daech –, au grand dam de ses ennemis jurés, Israël et la sunnite Arabie saoudite ? Interrogeant experts et hommes politiques, le film éclaire les fondements de la psyché iranienne contemporaine". La puissance iranienne provient aussi du choix aberrant de Barack Hussein Obama, alors président des Etats-Unis, de privilégier un rapprochement avec le régime des ayatollahs, en refusant en 2009 de soutenir ceux qui se sont révoltés contre ce régime, en délaissant ses alliés saoudiens et israéliens, etc.

"Souvent liée à sa culture religieuse ou à son histoire récente – l'isolement pendant sa guerre contre l'Irak (1980-1988), au cours de laquelle seule la Syrie lui apporta son soutien –, la stratégie du pays gagne ici en clarté. Un passionnant voyage au cœur du mystère iranien."

« L'Iran à court d'eau »  
« L'Iran à court d'eau » (Dürre-Alarm: Wassernotstand im Iran) est un documentaire de Komeil Sohani et Laurent Cibien - "En Iran, la pénurie d’eau devient une urgence nationale. Comment la république islamique a-t-elle sacrifié cette ressource vitale ? Un documentaire éclairant".

"Quel est le plus grand danger qui menace l'Iran ? C'est à l'intérieur de ses frontières, et non à l'extérieur, que la réponse est à chercher. Le pays traverse une dramatique crise de l'eau : ses étangs et ses zones humides disparaissent, ses nappes phréatiques se vident tandis que ses rivières s'assèchent".

"Le phénomène a des conséquences graves pour l'agriculture et de nombreux villages sont en voie de désertification".

"Une véritable banqueroute" selon les experts locaux, qui déplorent aussi la frénésie de construction de barrages – plus de six cent cinquante, dont 40 % ne servent plus. Si rien ne change, "l’Iran, avec ses sept mille ans d’histoire, ne sera plus vivable dans vingt ans", s'alarment-ils. Qu'est-il arrivé aux descendants des Perses, réputés pendant des millénaires pour leurs ingénieux systèmes d'irrigation ?"

"Le changement climatique et la baisse de la pluviométrie sont les premières causes identifiables de cette crise environnementale, qui, par son ampleur, crée des tensions régionales au cœur du pays".

"L'enquête de Laurent Cibien et Komeil Sohani fait aussi affleurer les failles systémiques de la politique hydrologique iranienne. À une gestion défaillante de l'urbanisation, à des décisions ubuesques et des passe-droits aux effets dévastateurs se surajoute les malversations qui permettent aux ingénieurs de construire toujours plus et aux entreprises sous contrat avec l'armée de tourner. Suivant le cours de l'emblématique rivière Zayandeh Rud, ce documentaire éclairant raconte une désertification en marche".

Projet d'attentat déjoué
Le Mossad, service israélien de renseignements, a informé la France d'un projet d'attentat prévu en juin 2018 à Villepinte contre les Moudjahidines du peuple, des opposants au régime des mollahs. Le "30 juin 2018, un couple de Belges d’origine iranienne, Asmir et Nasmeh S., a été arrêté par la police belge. A bord de leur voiture, on découvrait des explosifs (500 grammes de TATP), ainsi qu’un mécanisme de mise à feu. Le couple âgé d’une trentaine d’années, avait, semble-t-il, pour projet de se rendre à Villepinte, au nord de Paris, afin d’y commettre un attentat contre l’Organisation des moudjahidines du peuple iranien (OMPI). Ce mouvement d’opposition radicale à la République islamique y tenait un grand meeting."

Le 2 octobre 2018 au matin, s'est déroulée l’opération antiterroriste à Grande-Synthe (Nord) contre l’association chiite Centre Zahra France. Elle "est directement liée à la tentative d’attentat à Villepinte (93) contre les Moudjhadines du peuple". « C’est une mesure de rétorsion », explique-t-on dans les milieux proches du dossier, où l’on estime que le couple arrêté par la police belge en juin était « en cheville avec les services iraniens ». Cette affaire a refroidi, si besoin était, les relations entre Paris et Téhéran. La France refuse pour l’instant d’envoyer un nouvel ambassadeur en Iran, proposant simplement un chargé d’affaires".

La France "a gelé les avoirs de deux Iraniens et de la Direction de la sécurité intérieure du ministère iranien du Renseignement, attribuant à Téhéran la responsabilité d’un attentat déjoué à Villepinte (Seine-Saint-Denis) le 30 juin dernier. « Cet acte d’une extrême gravité envisagé sur notre territoire ne pouvait rester sans réponse », écrivent les ministres de l’Intérieur, des Affaires étrangères et de l’Economie, respectivement Gérard Collomb, Jean-Yves Le Drian et Bruno Le Maire dans un communiqué commun."

"L’association visée par l’opération de police à Grande-Synthe, Centre Zahra France, est accusée par les autorités françaises d’un « soutien marqué » à « plusieurs organisations terroristes ». Ce centre aurait pu servir comme soutien logistique à des opérations iraniennes en France. « Cette opération s’inscrit dans le cadre de la prévention du terrorisme, les activités de l’association Centre Zahra France étant particulièrement suivies en raison du soutien marqué par ses dirigeants à plusieurs organisations terroristes et en faveur de mouvements prônant des idées contraires aux valeurs de la République », indique la préfecture dans un communiqué".

"Onze personnes ont été interpellées et les avoirs financiers de Centre Zahra France mais aussi des associations Fédération chiite de France, Parti antisioniste et France Marianne Télé, toutes déclarées à Dunkerque entre 2005 et 2011, de même que ceux de quatre personnes ont été gelés pour une durée de six mois. Le Centre Zahra France est très proche de l’Iran et cette opération n’a rien à voir avec les autres opérations terroristes qui visent des milieux radicaux sunnites. Le Centre Zahra s’inscrit, lui, dans le cadre du chiisme, extrêmement minoritaire dans l’Islam de France."

Cour internationale de justice
Le 3 octobre 2018, la Cour internationale de justice (CIJ), organe judiciaire des Nations unies, "a ordonné aux États-Unis de s'assurer que leurs sanctions contre Téhéran n'affectaient pas la situation humanitaire en Iran. Un revers pour Washington qui a toutefois récusé la compétence de la Cour dans cette affaire".

La Cour "considère que les Etats-Unis, conformément à leurs obligations au titre du traité de 1955, doivent, par les moyens de leur choix, supprimer toute entrave que les mesures annoncées le 8 mai 2018 mettent à la libre exportation vers le territoire de l’Iran de biens nécessaires à des fins humanitaires tels que i) les médicaments et le matériel médical, et ii) les denrées alimentaires et les produits agricoles, ainsi que de biens et services indispensables à la sécurité de l’aviation civile tels que iii) les pièces détachées, les équipements et les services connexes (notamment le service après-vente, l’entretien, les réparations et les inspections) nécessaires aux aéronefs civils. A cette fin, les Etats-Unis doivent veiller à ce que les permis et autorisations nécessaires soient accordés et à ce que les paiements et autres transferts de fonds ne soient soumis à aucune restriction dès lors qu’il s’agit de l’un des biens et services susvisés".

"LA COUR,
Indique à titre provisoire les mesures conservatoires suivantes :
1) A l’unanimité,
Les Etats-Unis d’Amérique, conformément à leurs obligations au titre du traité d’amitié, de commerce et de droits consulaires conclu en 1955, doivent, par les moyens de leur choix, supprimer toute entrave que les mesures annoncées le 8 mai 2018 mettent à la libre exportation vers le territoire de la République islamique d’Iran
i) de médicaments et de matériel médical ;
ii) de denrées alimentaires et de produits agricoles ; et
iii) des pièces détachées, des équipements et des services connexes (notamment le service après-vente, l’entretien, les réparations et les inspections) nécessaires à la sécurité de l’aviation civile ;
2) A l’unanimité,
Les Etats-Unis d’Amérique doivent veiller à ce que les permis et autorisations nécessaires soient accordés et à ce que les paiements et autres transferts de fonds ne soient soumis à aucune restriction dès lors qu’il s’agit de l’un des biens et services visés".

"Embargo sur l'Iran"
"Embargo sur l'Iran" (Embargo: Iran im Würgegriff der USA) est un documentaire de Magali Serre. "Des premières sanctions économiques américaines, en 1979, à la récente escalade des tensions entre Washington et Téhéran, les coulisses d'une guerre de l’ombre qui asphyxie la population iranienne."

"Depuis la révolution islamique et la prise d’otage de l’ambassade américaine de Téhéran, en novembre 1979, l’Iran vit sous le coup de sanctions économiques dont l’intensité varie au gré des politiques de confrontation des deux pays. En 2015, l’accord de Vienne, signé par la République islamique, les États-Unis, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni, la Chine et la Russie suscite une vague d’espoir sans précédent : l’Iran renonce à acquérir l’arme nucléaire en échange de la levée partielle de l’embargo. Moins de trois ans plus tard, en mai 2018, l’administration Trump annonce son retrait unilatéral de l’accord et le rétablissement des sanctions, durcies au fil des mois. Acculé, l’Iran s’affranchit de ses engagements pour forcer ses partenaires à réagir. Mais les contrats signés par les grands groupes européens, qui craignent les foudres du Trésor américain, restent lettre morte, tandis que la Chine se contente de contourner aussi discrètement que modestement l’embargo sur le pétrole. Frappée de plein fouet par le chômage, une inflation galopante et une pénurie de médicaments, la population étouffe. Le régime, de son côté, s’enferme dans une attitude belliqueuse qui menace la stabilité du Moyen-Orient et favorise les courants extrémistes. Après l’invasion de l’ambassade des États-Unis en Irak par des milices chiites pro-iraniennes, Donald Trump riposte en ordonnant l’assassinat, le 3 janvier 2020, du général Ghassem Soleimani, chef de l’unité d’élite des Gardiens de la révolution."

"Entrelaçant décryptages d’acteurs et d’observateurs de premier plan (le ministre des Affaires étrangères iranien Mohammad Djavad Zarif, son ancien homologue français Laurent Fabius, le PDG de Total Patrick Pouyanné, un ex-conseiller de la Maison-Blanche…), images d’archives et immersion aux côtés de citoyens et de médecins en butte aux pénuries, Magali Serre lève le voile sur les enjeux commerciaux qui sous-tendent cet affrontement politique aux conséquences humanitaires désastreuses."

« Général Soleimani, le stratège de l'Iran  » 

« En janvier 2020, les drones de Trump éliminaient un des personnages les plus craints du Moyen-Orient, le général iranien Qassem Soleimani. Retour sur celui qui fut l’homme de l’ombre des mollahs et le héros de tout un peuple, à qui l’Iran doit sa puissance actuelle ». 
 
« Un assassinat personnalisé et ultrasophistiqué. Le 3 janvier 2020, alors qu’il se trouve à Bagdad, Qassem Soleimani est abattu par des drones américains » guidés à partir de "la base de Nellis, à Las Vegas, à plus de seize mille kilomètres de distance". 

Aux côtés de Soleimani alors qu'il quittait l'aéroport de Bagdad, se trouvaient aussi Abou Mehdi al-Mouhandis, "numéro deux de la coalition de paramilitaires Hachd al-Chaabi et chef des Kataeb Hezbollah, quatre officiers du Corps des Gardiens de la révolution islamique et quatre autres membres du Hachd", tous tués lors de cette frappe aérienne précise.

Une réaction à l'attaque par l'Iran de l'ambassade des Etats-Unis à Bagdad (Iraq) le 31 décembre 2019. Une attaque qui suivait plusieurs actes hostiles de l'Iran : drone américain de surveillance abattu à Bagdad et hors de l'espace aérien iranien, attaqué des installations pétrolières saoudiennes et d'une base américaine près de Kirkuk (un entrepreneur américain tué, quatre soldats américains et deux Irakiens blessés) - des frappes aériennes américaines ont tué 25 terroristes du Hezbollah en Irak. Des actions visant à détourner la colère des Iraniens vers les Etats-Unis.

« Commandité par Donald Trump après de nombreuses hésitations, l’assassinat du général iranien constitue une catastrophe pour ses compatriotes ». Certains s'en sont réjouis.

« Révéré telle une icône, charismatique et courageux, le commandant de la Force Al-Qods, l’unité d’élite des Gardiens de la révolution (CGRI), était en effet considéré comme le numéro deux du régime des mollahs ». Qassem Soleimani était responsable de la mort d'environ 600 soldats et civils américains au Liban et en Iraq.

« Celui qui se révéla très jeune comme un meneur d’hommes pendant la guerre Iran-Irak (1980-1988) fut surtout l'infatigable artisan de "l'axe de résistance" : une extension de la puissance iranienne qui a permis à Téhéran de contrôler le "croissant chiite", un large territoire partant des côtes libanaises jusqu'aux frontières afghanes, en passant par la Syrie et l'Irak ». 

« Un destin exceptionnel pour ce fils de paysan des montagnes qui a réussi à influer sur la géopolitique mondiale ». 

Et qui a fomenté des attentats terroristes contre le Président Rafic Hariri au Liban (2005), par un camion piégé contre les tours Khobar, en Arabie saoudite (1996), le responsable selon un rapport du Département d'Etat américain de "17 % de toutes les morts de personnel américain en Irak de 2003 à 2011, soit environ 603 victimes"...

N'oublions pas son implication dans les guerres menées contre Israël via le Hamas. « La Palestine est un volcan qui ne s’éteindra que lorsque nous aurons détruit le régime d’occupation. Les événements en Palestine remplissent le cœur des Iraniens de sang, de douleur et de colère qui exploseront sur les sionistes le moment venu. Il a précisé que « l’Iran continuera son soutien à la résistance jusqu’à ce que nous transformions la terre, l’air et le continent en enfer pour les sionistes… Nous voulons mourir en martyrs. La mort en tant que martyr sur le chemin de la Palestine et de Jérusalem est le souhait et la fierté de chaque musulman. En ce moment important de l’histoire de notre nation, j’appelle tous nos frères à utiliser un fusil, une arme, du sang et de l’honneur pour défendre l’humanité et l’Islam en Palestine » (Serat News, 30 juillet 2014). 

« Comment Qassem Soleimani est-il devenu l’homme à abattre pour les États-Unis ? Avec cette élimination, les Américains ont-ils durablement affaibli l’Iran ? » Le Président Donald Trump a prouvé sa maîtrise en sachant doser les représailles, sans se laisser piéger par le régime iranien qui recherchait une guerre avec le "Grand Satan", et la qualité des renseignements dont il disposait. Quant au Président Emmanuel Macron, il a exhorté à la “retenue” et invité à “éviter l’escalade”.

« Ce documentaire retrace le parcours de celui qui eut le tort de si souvent défier le leadership américain : renforcement du Hezbollah, prise de pouvoir sur l’Irak grâce aux chiites locaux, attentats contre les intérêts américains, etc. » 

« À la fois brillant stratège, fin politique, maître espion et tueur sanguinaire, cette haute figure des Gardiens de la révolution personnalisait sans doute trop la puissance et la duplicité prêtées à la République islamique par ses ennemis ». 

« Iraniens, Irakiens et Américains, personnalités politiques, diplomatiques et militaires de premier plan dressent le portrait de ce personnage secret, mythique dans son pays, adulé autant que redouté ».  

Sur les réseaux sociaux, des Internautes iraniens se réjouissaient de l'élimination de Soleimani, soulignant l'aide financière iranienne considérable allouée au terrorisme dans le monde et le dédain des mollahs iraniens pour l'amélioration des conditions de vie de leurs concitoyens. Ils recouraient au hashtag #TnxPOTUS4Soleimani

Le 3 janvier 2021, le Guide de Révolution a désigné le général Ismael Qaani au poste de commandant en chef de la Force Al-Qods.

"Soleimani était à la tête de la force Quds, l'arme la plus puissante de l'Iran, et le maître d'œuvre du programme du régime visant à exporter sa révolution et à créer un croissant chiite de milices mandataires en Irak, en Syrie, au Yémen et au Liban. Le fait que son souvenir s'estompe rapidement indique que la population iranienne ne soutient pas ces politiques, et probablement pas le régime qui en est à l'origine", a observé le Prof. Hillel Frisch (The Fading Memory of Soleimani Exposes Iran’s Sclerotic Regime, BESA Center Perspectives Paper No. 1,670, 31 juillet, 2020)


« Iran : dernier hommage au général Soleimani »

« Dans les rues de la capitale iranienne, une marée humaine rend hommage au général Soleimani, tué lors d'une frappe américaine ». 

« En réponse, le gouvernement iranien annonce que le pays ne limitera plus son programme d'enrichissement nucléaire. » 

« Plusieurs capitales en Europe et dans le reste du monde appellent les États-Unis et l'Iran à la modération ». 

Accord avec la Chine
En 2020, la Chine et l'Iran ont signé un accord analysé par Majid Rafizadeh, stratège et consultant en affaires (L'Iran, Nouvelle Colonie Chinoise ?
Gatestone Institute, 15 août 2020) :
"Dès leur arrivée au pouvoir en 1979, les mollahs iraniens avaient fièrement mis en avant le slogan: «Ni l'Est ni l'Ouest». Le régime iranien affichait ainsi son indépendance vis-à-vis des puissances occidentales et orientales.
Toutefois, un accord secret récemment signé avec la Chine semble donner à Pékin un contrôle significatif sur l'Iran. Cet accord secret d'une durée de 25 ans a tous les traits d'un contrat colonial car il concède à la Chine des droits importants sur les ressources de la nation. Des fuites ont révélé que la Chine investira près de 400 milliards de dollars dans les industries pétrolière, gazière et pétrochimique iraniennes. En échange, la Chine aura priorité sur tout nouveau projet iranien lié à ces secteurs. Un rabais de 12% sera aussi consenti à la Chine sur ses achats d'hydrocarbures. Pékin aura la possibilité d'échelonner ses paiements sur deux ans et pourra régler dans la devise de son choix. Certains ont calculé qu'au total, la Chine bénéficiera d'une remise globale de près de 32%.
Cet accord secret a aussi une dimension militaire : la Chine déploiera 5 000 membres de ses forces de sécurité sur le sol iranien, une concession sans précédent dans l'histoire de la République islamique.
L'accord est entièrement au profit de la Chine. En échange de 400 milliards de dollars investis sur 25 ans - soit une petite somme pour la deuxième économie du monde, la Chine a obtenu les pleins pouvoirs sur les îles du territoire iranien, un prix préférentiel sur le pétrole produit en Iran et un droit d'ingérence dans presque tous les secteurs de l' industrie iranienne, y compris les télécommunications, l' énergie, les ports, les chemins de fer et les services bancaires. La Chine est par ailleurs, le premier importateur mondial de pétrole...
Dans Hamdeli, le journaliste Shirzad Abdollahi, a publié un article intitulé « L'Iran est-il en train de devenir une colonie chinoise ? »...
Même l'ancien président iranien Mahmoud Ahmadinejad a souligné le danger de l'accord...
L'indignation a résonné à travers l'Iran. Certains ont comparé l'accord passé avec la Chine à ces humiliants accords coloniaux conclus avant la révolution islamique. Ainsi, en 1872, Nasir Al-Din Shah avait concédé à un banquier britannique, le Baron Julius de Reuter, le contrôle des voies de communication terrestres, des usines, des ressources extraites, des télégraphes, des moulins et d'autres établissements publics persans en échange d'un pourcentage sur les revenus pendant 20 ans. La concession Reuter était si vaste que de célèbres impérialistes tels Lord Curzon ont souligné qu'il s'agissait là de « l'octroi le plus complet jamais fait des ressources d'un pays à un étranger. »
A l'instar de certains gouvernements africains, les mollahs ont vendu leur pays à la Chine. Pékin semble plus qu'heureux de conclure des accords avec des dictateurs, d'ignorer leurs violations des droits humains et de piller leurs nations pour faire avancer son ambition d'une hégémonie mondiale."

Mahnaz Shirali, enseignante à Sciences Po, a ainsi commenté cet accord (Pourquoi le mystérieux traité entre l’Iran et la Chine inquiète tantLe Figaro, 28 juillet 2020) :

"La République islamique d’Iran est en situation de faiblesse et ce qui laisse sa population craindre le pire. Les sanctions américaines ont complètement vidé les caisses de l’État iranien qui, désormais, ne peut plus compter sur ses mercenaires régionaux - le Hezbollah du Liban et le Hach al-Chaabi, le Hamas, … - afin de tenir tête à ses ennemis de toujours: les Américains et les Israéliens. À l’intérieur de ses frontières également, le régime aura du mal à étouffer les contestations populaires, qui deviennent de plus en plus importantes. Cette «grande puissance», qui jusqu’alors gardait le silence sur les attaques systématiques des Israéliens sur ses bases militaires en Syrie et au Liban, désormais ne peut même pas riposter aux cyber attaques israéliennes sur le site nucléaire de Natanz et le complexe militaire de Parchin, situés tous les deux au centre de l’Iran.

Les ayatollahs qui se veulent les représentants de Dieu sur terre n’ont donc pas d’autre choix que de se jeter dans les bras des communistes chinois, afin de sauver leur pouvoir, tout en comptant sur la bénédiction de leurs alliés Russes.

De toute évidence, la signature d’un tel traité ne pouvait se faire qu’avec la bénédiction de Vladimir Poutine qui à son tour obtient le renouvellement d’un autre traité de 20 ans, en accordant à son pays d’innombrables privilèges commerciaux et militaires, en contradiction totale avec la Constitution de la République islamique qui interdit à l’État iranien d’autoriser un pays étranger à bénéficier des installations militaires sur le sol iranien...

La politique étrangère des ayatollahs, particulièrement belliqueuse envers les États-Unis et Israël - avec les slogans percutants: «marg bar Amrika» (à bas les États-Unis), «marg bar Esrail» (à bas Israël) - a coûté cher aux Iraniens. Si les dépenses de Téhéran dans les conflits de la région relèvent du secret d’État, selon le ministère des Affaires étrangères américain, la seule présence militaire dans la guerre en Syrie coûte quelques seize milliards de dollars par an aux Iraniens. De la Syrie au Yémen, en passant par le Hezbollah au Liban et l’Irak, Téhéran est pratiquement mêlé à tous les conflits qui embrasent la région avec de lourds investissements qui ont fortement appauvri le pays. Les sanctions américaines, accompagnées de lourdes attaques israéliennes, ont eu pour résultats d’affaiblir cette présence militaire iranienne dans la région, poussant une grande partie des soldats des ayatollahs hors de l’Irak et de la Syrie.

Les intérêts nationaux des Iraniens n’ont jamais été pris en compte par leurs dirigeants dont la logique échappe à tout observateur qui cherche à comprendre pourquoi la République islamique investit tant dans les affaires des pays voisins, alors que l’Iran est en banqueroute.

... Les difficultés commencent à partir du moment où les Iraniens ne sont pas autorisés à donner leur avis. Pas plus tard qu’en novembre 2019, lorsqu’ils se sont opposés à l’augmentation de 300% du prix de l’essence, quelques 1500 personnes ont été assassinées dans les rues iraniennes en moins de trois jours, dans une totale indifférence de la communauté internationale. En revanche, beaucoup dans les États démocratiques se sont émus de l’élimination en Iraq d’un terroriste avéré par les Américains, Ghasem Soleimani. Il a été le conseillé spécial de Bashar Al-Assad, le président syrien, et avait le sang de plus de 500 000 Syriens et beaucoup d’Iraniens sur les mains. De fait, de toute leur longue histoire, les Iraniens ne se sont jamais sentis si seuls et abandonnés de la communauté internationale".

Le 27 mars 2021, "l'Iran et la Chine ont signé à Téhéran, un accord de "coopération stratégique et commerciale sur vingt-cinq ans". En discussion depuis plusieurs années, ce dernier prévoit notamment des investissements réciproques dans les différents domaines, notamment les transports, les ports, l'énergie, l'industrie et les services".

Cet accord "a été signé par le ministre des Affaires étrangères iranien, Mohammad Javad Zarif, et son homologue chinois, Wang Yi, en visite à Téhéran, a constaté un journaliste de l'AFP".

"La signature de ce pacte illustre la priorité donnée aux relations avec "l'Est" – c'est-à-dire pour l'Iran des États comme la Chine, les deux Corées, l'Inde, le Japon ou la Russie – conformément à l'inflexion donnée par Ali Khamenei en 2018 en rupture avec l'un des slogans les plus populaires de la révolution iranienne de 1979 : "Ni Ouest, ni Est, République islamique."

"La Chine est le premier partenaire commercial de la République islamique d'Iran et était l'un des principaux acheteurs de brut iranien avant le rétablissement, en 2018, des sanctions américaines contre le secteur énergétique iranien, qui a fait chuter les exportations pétrolières de Téhéran."

"Selon les Affaires étrangères iraniennes, l'accord signé samedi est une "feuille de route complète", comportant des "clauses politiques, stratégiques et économiques" pour "vingt-cinq ans de coopération" entre l'Iran et la Chine. Pour Pékin, il s'inscrit dans son vaste projet d'infrastructures lancé avec plus de 130 pays".

"La genèse du pacte irano-chinois remonte à la visite du président chinois Xi Jinping à Téhéran en janvier 2016. Téhéran et Pékin s'étaient alors engagées dans un communiqué commun "à mener des négociations pour la signature d'un accord de coopération élargie sur vingt-cinq ans" et "de coopérer et avoir des investissements réciproques dans les différents domaines, notamment les transports, les ports, l'énergie, l'industrie et les services".

"Le gouvernement et le peuple iraniens cherchent, comme ils l'ont toujours fait, à élargir leurs relations avec des pays indépendants et fiables tels que la Chine", avait déclaré à l'occasion Ali Khamenei, jugeant "tout à fait correct et sage" le projet sino-iranien, également présenté comme un "partenariat stratégique global".

"Le rapprochement de Téhéran avec Pékin survient dans un climat de défiance renforcée de la République islamique vis-à-vis de l'Occident et en période de tensions entre Washington d'un côté, et Téhéran et Pékin de l'autre". 

"Cité vendredi par l'agence Ilna, le chef de la chambre de commerce sino-iranienne à Téhéran, Majid-Réza Hariri, a ainsi indiqué que le volume des échanges commerciaux entre Pékin et Téhéran était tombé à environ "16 milliards de dollars" en 2020, contre "51,8milliards de dollars" en 2014."

Coronavirus
En 2020, l'Iran a minimisé, voire nié le risque de la pandémie de coronavirus. Le gouvernement a laissé se dérouler le pèlerinage dans la ville sainte de Qom. Et les pèlerins sont retournés chez eux en étant contaminés...

La France a généreusement donné un matériel médical précieux à la Chine et à l'Iran, soutien du terrorisme islamiste, en février 2020. Et ce, alors qu'elle manquait de masques, etc.

Au printemps 2021, "certains Iraniens parlent déjà d’une quatrième vague et il s’agit en tout cas de la période la plus difficile depuis le début de la pandémie. Selon les chiffres officiels, il n’y a plus aucun lit disponible dans les services de réanimation en Iran, et plus aucun lit tous services confondus dans les 100 hôpitaux de Téhéran. Sans perspective d’une vaccination rapide et massive de la population, les soignants sont à bout de nerfs".

"Environ 500 personnes meurent chaque jour en Iran d’une infection au Covid-19 d’après les chiffres officiels. Le nombre total de décès s’élève quant à lui à 70 000 morts, un chiffre minimisé selon le Conseil scientifique iranien, qui estime qu’il pourrait être quatre fois supérieur." 



France, 2025, 2 x 51 min
Coproduction : ARTE France, Program33, AT-Prod
1ère partie : le 7 juillet 2026 à 21 h 
2e partie : le 7 juillet 2026 à 21 h 50
Visuels : © Program33
Sur arte.tv du 01/07/2026 au 27/12/2026

« Iran, la guerre intérieure » de Anne-Charlotte Gourraud, Mortaza Behboudi et Kajin Azadi 
France, 2026, 52 mn
Coproduction : ARTE GEIE, Hikari
Sur Arte le 7 juillet 2026 à 22 h 40  
Sur arte.tv du 06/07/2026 au 04/10/2026
Visuels: © Hikari
« Iran : que restait-il du nucléaire ? » de Sebastian Walker et Adam Desiderio
Royaume-Uni, 2025, 70 min
Production : Frontline Media, Mongoose Pictures, en association avec le Washington Post, Evident Media et Bellingcat, avec la participation d'ARTE France
Sur Arte le 7 juillet 2026 à 23 h 35
Sur arte.tv du 11/06/2026 au 16/10/2026

France, 2026
Journalistes : Anja Maiwald, Marine Jaboureck
Disponible jusqu'au 14/04/2027

"Il était une fois... "La loi de Téhéran" de Pierre-Olivier François
France, 2022, 53 min
Dans la collection "Un film et son époque" de Serge July et Marie Génin
Coproduction : ARTE France, Folamour  
Sur Arte le 14 juillet 2026 à 03 h 00 
Sur arte.tv du 06/07/2026 au 11/08/2026
Visuels : © Boshra Films

"Embargo sur l'Iran" de Magali Serre
France, 2020, 60 min
Sur Arte le 30 juin 2020 à 22 h 45
Disponible du 23/06/2020 au 27/09/2020

France, 2023, 53 min
Coproduction : ARTE France, Artline Films, Mehdi Karami Films
Sur Arte le 28 août 2024 à 00 h 00
Sur arte.tv du 20/08/2024 au 30/01/2025
Visuels :
Tombe de Mahsa Amini
D.R.

Masih Alinejad à Bruxelles
© Artline Films

Manifestantes voiles à la main
D.R.

Golshifteh Farahani
© Artline Films

France, Suède, Irak, 2023, 1 h 30
Coproduction : ARTE GEIE, SVT, RealReel Doc AB
Sur Arte le 27 août 2024 à 22 h 30
Sur arte.tv du 20/08/2024 au 24/11/2024
Visuels : © Nahid Persson/Real Reel Doc AB

"Le Shah et l’ayatollah - Le duel iranien" par Holger Preuße
Allemagne, 2019, 53 min
Sur Arte les 22 novembre 2019 à 09 h 25, 10 décembre 2019 à 22 h 20

"Iran, rêves d'Empire" par Vincent de Cointet 
France, Artline Films, 2017, 54 min.
Sur Arte le 15 mai 2018 à 20 h 50
Visuels :
Peinture des visages des Ayatollah Khomeini et Khamenei sur un batiment
Affichage en ville de photos de 3 martyrs
Affichage en ville du visage de Moshen Hojaji, gardien de la révolution en ville
Femme faisant un selfie
© Artline Films

« L'Iran à court d'eau » par Komeil Sohani et Laurent Cibien
France, Artline Films, 2017
Sur Arte le 15 mai 2018 à 21 h 45
Visuels :
Image d'une rizière
Ispahan
Ispahan, place Imam
Un barrage à sec
© Artline Films

« Iran, une puissance dévoilée » de Jean-Michel Vecchiet
2009, 105 min
Sur Arte les 31 mai à 20 h 55, le 9 juin 2016 à 8 h 55 et 14 juin 2016 à 8 h 55
© Alle Rechte vorbehalten

Iran, chronique d'une année décisive, par Vincent de Cointet, Antoine Mariotti, Stéphane Saporito 
Arte, 2016, 10 min
Sur Arte les 31 mai à 22h30 et 9 juin 2016 à 10 h 30
© Point du Jour

Entretien avec Abnousse Shalmani, réalisé par Laurent Besancon
2016, 10 min 
Sur Arte le 31 mai 2016 à 23 h 25

"Farah Diba Pahlavi, la dernière impératrice" par Gero von Boehm
Allemagne, 2018
Sur Arte les 7 octobre 2018 à 23 h 50, 26 avril 2020 à 23 h
Disponible du 26/04/2020 au 02/05/2020
Visuels :
Farah Diba, adolescente
© SWR/privat
Depuis la mort par cancer du Shah en juillet 1980 en Egypte, Farah Diba Pahlavi vit dans l'isolement à Paris. Cependant, elle n'a jamais rompu le contact avec son pays d'origine.
© SWR/Gero von Boehm

France, 2021, 54 min
ARTE France, Capa Presse 
Sur Arte le 11 mai 2021 à 22 h 40
Disponible du 04/05/2021 au 09/07/2021
Visuels :
Le général Soleimani fut l' infatigable artisan de « l' Axe de Résistance », une construction géopolitique qui permet à l' Iran de contrôler un vaste territoire, du Liban jusqu' aux frontières de l' Afghanistan, en passant par la Syrie et l' Irak. Le commandant prend ici la pause avec Ali Khamenei (à gauche), guide suprême de la République Islamique, et Hassan Nasrallah, le chef du Hezbollah Libanais (au centre).
© Alfred Yaghobzadeh

En Syrie à partir de la fin 2012, Qassem Soleimani dirigea les opérations militaires qui permirent à Bachar El Assad de sauver son pouvoir
© CAPA Presse

Le régime des mollahs, miné par la corruption et discrédité auprès de la population, ne cessait de mettre en avant la figure du général dans sa propagande. Soleimani était un héros de guerre et jouissait d' une réputation d' intégrité rare dans les cercles dirigeants de Téhéran
© AY-COLLECTION / SIPA

Le 31 décembre 2019, des membres de milices pro-iraniennes attaquent l' ambassade des Etats-Unis à Bagdad. Une provocation intolérable pour les Etats-Unis qui gardent un souvenir cuisant de l' occupation de leur ambassade à Téhéran en 1979 par les Gardiens de la Révolution et de l' humiliante prise d' otages qui s' en était suivie. Ce nouvel affront va convaincre Donald Trump d' éliminer physiquement Qassem Soleimani
© Alfred Yaghobzadeh

La popularité de Qassem Soleimani n' avait pas d' équivalent parmi les autres dignitaires de la République Islamique d' Iran
© Alfred Yaghobzadeh

La popularité de Qassem Soleimani n' avait pas d' équivalent parmi les autres dignitaires de la République Islamique d' Iran
© Alfred Yaghobzadeh

Journaliste : Fred Toussaint
France, Allemagne, 2020, 3 min
Disponible du 06/01/2020 au 08/01/2022

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 31 mai 2016, puis les 15 mai 2018, 5 octobre 2018, 11 décembre 2019, 6 mai 2021, 25 août 2024.