Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 22 septembre 2026

Jacky Kooken, sculpteur

Créateur de sculptures figuratives, Jacky Kooken, ancien dompteur, pratique la taille directe (« création sans repentir »), et sur commande la mise aux points, sur le marbre, la pierre et le granit pour des œuvres dans lesquelles ce sculpteur imprime une grande douceur, une poésie et une spiritualité. En 2018, signé par Monique Ayoun et Jacky Kooken, Le Paris de la Passion, "roman largement autobiographique et romancé, a été édité dans la collection Électrons libres de Evidence Editions. Le jeudi 24 septembre 2026 à 19 h, la Galerie Area accueillera la dédicace débat de l'essai "Chants magnétiques des Arts" de Jacky Kooken puis le vernissage de son exposition de sculptures.

Jacky Kooken  est issu d’une famille de saltimbanques Juifs du cirque.

D'origine iranienne, son père Pablo Kooken a été un dompteur adepte du dressage en douceur, et un peintre et sculpteur pratiquant l’Art brut.

Né à Paris, Jacky Kooken  a poursuivi dans cette voie artistique en sculptant la pierre, le marbre et le granit pour faire apparaître des œuvres  empreintes d'une grande douceur. Il s’est perfectionné chez le statuaire François (1980-1981).

La taille directe, qui ne tolère aucun repentir et que Jacky Kooken préfère, « exprime au mieux la sensibilité et la chaleur impulsive de l’artiste. A la recherche d’une autre voie que celle empruntée par Rodin, il se tourne vers la tradition des tailleurs de pierre et sculpteurs de nos églises romanes. Il cherche la sobriété, sculpte et simplifie le corps humain, pour n’en retenir que l’âme, l’essentiel » (Mareyk Goyffon).

Têtes en offrande, figures littéraires (Don Quichotte), divinité romaine (Jason), personnage biblique (Samson), rabbin, anges bienveillants aux yeux clos, femmes muses et lettres hébraïques peuplent l’imaginaire de cet artiste adepte du geste épuré, si patent dans une photo de son père guidant Rhinna la tigresse .

En plus de ses sculptures en matériaux compacts, Jacky Kooken a créé des mobiles légers, suspendus, quasi-transparents, en plastique bleu récupéré. Le thème principale : le cirque, et surtout les trapézistes.

« Passionné et mystique, Kooken frappe la pierre comme on cherche le Graal. Il travaille la matière (pierre, marbre ou granit) avec une euphorie juvénile et sauvage qui lui fait oublier toute fatigue. Aujourd’hui, la plupart de ses confrères utilisent des machines, mais lui refuse cette mécanisation : «  Qui pourra dire le plaisir du coup de massette qui sonne dans le marbre comme un battement de cœur ? », s’émerveille-t-il... Il y a une métaphysique de la joie chez Kooken. Doté d’une force physique exceptionnelle, l’artiste transmet ce trop-plein d’énergie vitale et sa chaleur impulsive à ses œuvres qui rayonnent dés lors d’un magnétisme rare… Kooken exprime avec tendresse et ferveur sa judaïté. Prix Neuman pour une « Menorah étoilée » qu’il dédia à son père et qui fait toujours le bonheur de la collection du Musée d’Art juif de Paris, Jacky aime à sculpter des « Aleph », des « Figures d’Anges » ou des « Chandeliers à Sept branches »… Toutes ses sculptures sont une véritable invitation à la caresse. La pierre pour lui est voluptueuse. Le plaisir d’aimer se transcende dans celui de la création plastique… Il se plait à dire que dans sa vie, les anges déchus ont été vaincus et il croit très fort en son Ange Gardien qu’il porte toujours autour du cou… « L’ange bleu, « Icare », « Voie Lactée », « L’envol », « Elévation »…. Toutes ces somptueuses sculptures nous parlent de sacré autant que d’érotisme. « Le coup de massette, c’est le rythme. Le rythme c’est le souffle, et le souffle c’est l’âme non entravée dans sa capacité de jouir… » Telle est la profession de foi de ce sculpteur-poète », résume Monique Ayoun, journaliste et écrivain.

Jacky Kooken a notamment exposé au Salon des Indépendants (De la bible à nos jours, Grand Palais, 1985), à l’Institut de France (concours international P. L. Weller, 1986) et au Musée d’art Juif (1987), ainsi que dans des galeries – galerie Robain, galerie du Vert Galant - et espaces : cloître des Billettes (Paris, 1999), exposition internationale de sculptures monumentales au Centre culturel de Chantilly (2000-2010). Il a aussi participé au festival international de sculpture Stone in the Galilee  à Ma’alot-Tarshiha (Israël) pour lequel il a créé en 1998 une sculpture de sept tonnes en marbre de Carrare (225 x 166 x 80 cm), à la Biennale internationale de Malte (2001-2003) et est exposé en permanence en particulier au Jardin de sculptures de Tasos (Grèce). Il est conseiller artistique et membre du jury au Centre culturel Christiane Peugeot- Galerie Atelier Z.

Des prix ont jalonné sa carrière : Prix A. Neuman, prix international décerné par le Musée d'art Juif de Paris (1987) - le marbre couronné fait partie de la collection du Musée -, Grand Prix Rubens de l’association Belgo-Hispanica et de la revue artistique Belge Apollo (1987), distinction spéciale à la Biennale internationale d’art à Malte (2001, 2003).

En avril 2014, la Galerie Metanoia  a présenté l’exposition collective Don’t Worry, Be Happy! avec notamment des sculptures figuratives de Jacky Kooken.  Don't Worry, Be Happy (Ne t'inquiète pas, sois heureux) est une des chansons les plus célèbres de Bobby McFerrin. Par cette exposition, la Galerie Métanoïa, qui a « proposé une sélection d'art contemporain dans une perspective pluriculturelle », a entendu favoriser la détente et le bonheur.

"Cette exposition prend le contre pieds des artistes qui projettent dans leurs œuvres leurs angoisses, leurs craintes, leurs traumatismes ou leurs peurs. Des artistes, tout à fait dans l’air de ce temps désespérant... Il est plus aisé de créer dans la noirceur que dans la lumière. "Don’t warry be happy" est une démarche artistique volontairement optimiste. Nous avons pris le parti de l’art positif, lumineux, dégageant de la joie, celle-là même que nous avons eu à créer. Suivre les élans de son ange gardien dans sa création, c’est aussi rester sourd aux incitations démoniaques de son ange déchu. Créer dans l’élévation et la beauté est une mission divine. Il y a plus d’un médium pour y parvenir (peinture, sculpture, musique, etc.) comme il y a plus d’un chemin", expliquait Jacky Kooken.

Au petit matin du 17 juillet 2014, vers 7 heures du matin, un ou plusieurs "vandales ont tiré sans doute avec une corde ou une ceinture attachée au haut de la sculpture Janus, et l’on faite basculer violemment au sol. Comme cette sculpture n’était pas scellée, ils n’ont pas eu de difficulté à la faire tomber au sol de tout son long... Sculpture de 2 m 12 de haut pour un poids de 400 Kilos environ, Janus, dont le cœur est en béton cellulaire, a été armée de grillage et de ciment blanc de Portland. Cette oeuvre avait été sélectionnée et exposée au Printemps de la sculpture à Chantilly en 2001 pour l’exposition internationale de sculptures monumentales organisée par le Centre culturel de la ville. Elle était pressentie pour orner la cour d’une école, mais ce projet n’a hélas pas abouti, le maire ayant préféré avantager un sculpteur local". Elle "était donc posée sur une palette, dans la cour, devant" l'atelier de l'artiste "depuis le retour de cette exposition. Une restauration au ciment s’imposait avec un soclage en béton avec point d’ancrage au sol garantissant une fixation au sol... Janus monte désormais "la garde devant mon atelier, boulonné au sol, en attendant un éventuel acquéreur institutionnel", écrit Jacky Kooken sur son blog.

La Galerie Metanoia a présenté l’exposition Le Ciel et l'Enfer avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken.

"Un thème très baudelairien qui mêle spiritualité et sensualité.  Marbres, granits, pierres, bronze doré à la feuille d'or, vous découvrirez un best of de mes plus belles sculptures. A cette occasion ma Muse Monique Ayoun dédicaça ses ouvrages "Viens", "Histoire de mes seins" avec les illustrations de Wolinski, "Musulmanes et laïques en révolte", a écrit Jacky Kooken qui était présent jusqu'au 27 novembre 2014 de 13 h 30 à 18 h 45 tous les jours de l'exposition.

Le 31 décembre 2014, le prix international ´Monte Dei Fiori' (160 artistes de 27 pays) de la galerie Métanoïa a été décerné à Jacky Kooken pour Ecce Homo. "Passionné et mystique, Kooken frappe la pierre comme on cherche le Graal. Il travaille la matière ( pierre, marbre ou granit) avec une euphorie juvénile et sauvage qui lui fait oublier toute fatigue. Aujourd’hui, la plupart de ses confrères utilisent des machines, mais lui refuse cette mécanisation : « Qui pourra dire le plaisir du coup de massette qui sonne dans le marbre comme un battement de cœur ? », s’émerveille-t-il... Il y a une métaphysique de la joie chez Kooken. Doté d’une force physique exceptionnelle, l’artiste transmet ce trop-plein d’énergie vitale et sa chaleur impulsive à ses œuvres qui rayonnent dés lors d’un magnétisme rare..."

En janvier 2015, la Galerie Metanoia a présenté l’exposition Le Ciel et l'Enfer avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken,


La Galerie Metanoia a présenté l’exposition collective L'âge d'or (13-19 mars 2015) avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken. "Si certains l'imaginent enfoui dans un lointain passé tandis que d'autres le situent dans un avenir plus ou moins proche, l'Âge d'Or n'a jamais cessé de fasciner l'humanité comme le symbole éternel d'une communauté humaine enfin apaisée et heureuse. Les artistes dont le travail figure dans cette exposition feront leur affaire de nous en donner une vision convaincante". Les commissaires de l'exposition sont Jacky Kooken et Mona Ayoun.


La Galerie 89 Viaduc des Arts a présenté une exposition collective, du 1er au 13 juillet 2015, avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken.

La Galerie Metanoia a présenté à l'été 2015 l'exposition collective Solve & Coagula avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken. Elle a montré l'exposition collective Eroticux Panopticum avec des sculptures figuratives de Jacky Kooken.

La galerie 89 a proposé des sculptures et mobiles de ce sculpteur dans une exposition collective. Vernissage 10 février 2016 dès 17 h.

ARThé, salon de thé, a réuni des sculptures de Jacky Kooken du 1er juin au 30 juin 2016. Les "mobiles de Jacky Kooken ont fait merveille entourés des toiles de son ami peintre Hubert Ulysse Leca".

L'Atelier Gustave a accueilli dans le cadre de MINIMENTA La grande exposition des petits formats (9-30 juin 2016), la galerie itinérante L'oeil de la femme à barbe qui à conçu "Sous le signe du singulier Pluriel !", une exposition de petits formats. Invité par Ghislaine Verdier, directrice de la galerie "L'œil de la femme à barbe ", Jacky Kooken y a montré neuf sculptures en marbre, pierre, granit et bronze.

La galerie Metanoïa présenta l'exposition collective Eroticus Panapticum Love for live (12-19 novembre 2016) avec des œuvres de Jacky Kooken. L'oeuvre ci-jointe appelée Les Ailes du plaisir, spécialement sculptée pour l'exposition dans la pierre de Paris (carrière des Buttes Chaumont), y sera présentée entre autres. Vernissage le 11 novembre 2016 de 18 h à 21 h.

La galerie Metanoïa présenta l'exposition individuelle collective La Force de L'Art - ´ART to Invigorate avec des œuvres de Jacky Kooken. Un événement de la Biennale Off de Venise.

Le 7 février 2017, de 18 h 30 à 20 h 30, à l'Aréa, Jacky Kooken a dédicacé son livre Secrets ésotériques de la sculpture et de l'architecture. Le 16 mars 2018, il était présent au Salon du livre de Paris (16-19 mars 2018) au stand U37 d'Evidence Editions.

"Cet essai a pour ambition de donner quelques notions de géobiologie en relation avec l’architecture et la sculpture : (étude du magnétisme cosmo-tellurique et des émissions dues aux ondes de formes). Il a aussi l’espoir d’expliciter les secrets ésotériques de la sculpture et de l’architecture. L’ésotérisme de la sculpture et de l’architecture évoque l’émotion qui se dégage d’une statue ou d’un bâtiment tels qu’ils se présentent à nos sens. C’est une sensation qui fait appel autant au toucher qu’à l’intuition et au lâcher-prise qui élargit notre conscience en lui restituant les éléments de son arrière-plan invisible c’est à dire ses vibrations et la mémoire des murs. En sculpture, c’est l’aspect vibratoire de la matière, l’énergie emmagasinée par la pierre pendant la taille et enfin les ondes de forme générées par la statue dans l’espace qui constituent son ésotérisme et donc l’aura d’une sculpture".

"Un couple fusionnel qui écrit à quatre mains cela donne un roman où l'Art, l'amour, l'amitié les espoirs comme les déceptions se succèdent dans ce Paris des années 1990-2001 qui était encore la capitale des arts aprés New-York..." En 2018, signé par Monique Ayoun et Jacky Kooken, Le Paris de la Passion, "roman largement autobiographique et romancé, va être édité dans la collection Électrons libres de Evidence Editions. Il y a un peu plus d'un an, il était en lice aux Editions L'age d'homme avant que la branche France ne soit coupée. Il avait suscité ce commentaire qui nous avait beaucoup touchés " un roman trés vivant, au style si limpide et homogène que l'on n'arrive pas à reconnaître auquel des deux auteurs on doit tel passage ou tel autre."

Une lecture/signature du livre a eu lieu le 27 septembre 2018 à La Belle Hortense.

A la galerie Metanoïa, l'exposition collective "Un seul grain de riz" a sélectionné des oeuvres d'art graphique de format réduit, dont deux oeuvres, hors concours, de Jacky Kooken, afin de "faire redécouvrir le monde". 

La 6e édition de ce concours a lieu du 19 décembre au 9 janvier 2019. "Chacun connait l' "Arbre de la Connaissance du Bien et du Mal" qui associe Adam et Eve, le Serpent et la pomme dans la Bible. Mais l' "Arbre de Vie", qui figure pourtant dans le même livre, est plus mal connu. Selon la Genèse (Gn 3), cet «Arbre de Vie» est gardé par deux chérubins armés d’épées enflammées pour en prévenir l'accès. Autrefois, les arbres jouaient un grand rôle dans la vie des hommes. Protecteurs, pourvoyant à presque tous leurs besoins, ils étaient considérés comme les manifestations de la présence des dieux sur terre, au point qu'à chacun de ceux-ci on avait attribué une essence particulière. D'Yggdrasill, l'Arbre du Monde dans la mythologie nordique au bois de la croix en passant par l'Arbre de la Bodhi qui vit l'Eveil du Bouddha, de nombreuses cultures à travers l'histoire ont sollicité ce symbole universel. Dans la continuité de la tradition, les artistes sont invités à nous présenter leur vision de l'Arbre intérieur..."

En 2019, Jacky Kooken a été commissaire d'exposition pour la France et responsable des arts visuels du Festival d'art sacré de Senlis, avec plus de 700 œuvres et plus de 350 artistes de 24 pays. "Un succès total. Un rêve éveillé avec Juliette Binoche en final et sa lecture au combien émouvante de son livre de chevet : Dialogue avec l'ange".

L’Espace Sorbonne a accueilli l'exposition « Inspiration » du 7 mai au 14 mai 2023 dont le commissaire est Jacky Kooken  : "L'inspiration est la pierre philosophale de l'Art, elle transmute le plomb en or et l'idée en création. Sur ce thème  j’ai réuni à l’Espace Sorbonne4 sept peintres de talent : Valerie Arvalys à la démarche picturale figurative aux multiples influences magnifiées : art nouveau, orientalisme, vitrail. Agathe Demoulin peintre au graphisme poétique, aux couleurs pastels épurées, Claudine Jamel avec ses espaces transfigurés dans une abstraction rêvée, Isa kuentz-Mayer à la figuration sensible et touchante, Hélène Matlis et ses portraits féminins qui enchantent le cœur et l’âme par un trait résolument contemporain, Momo Takahashi, aux influences traditionnelles japonaises revisitées par sa facture contemporaine, Mezz Zapharelli et ses pastels aux graphismes imaginaires vivifiants. Un compagnonnage artistique merveilleux de couleurs qui contrastent avec la densité de mes marbres de Carrare qui ancrent de leur volume cette exposition."

Le jeudi 24 septembre 2026 à 19 h, la Galerie Area accueillera la dédicace-débat de l'essai "Chants magnétiques des Arts" de Jacky Kooken, puis le vernissage de son exposition de sculptures.


Du 24 septembre au 1er novembre 2026
46 bis rue de Paradis 75010 Paris
Tel : +33(0) 9 81 79 74 73
Du mercredi au samedi 14H – 19H
ou sur rendez-vous

Du 7 mai au 14 mai 2023
4 rue de la Sorbonne. 75005 Paris

Le 7 février 2017, de 18 h 30 à 20 h 30
A l'Aréa
10 rue des Tournelles. 75004 Paris

Du 9 au 30 juin 2016
A l'Atelier Gustave
36, rue Boissonade, 75014 Paris
Vernissage le 9 juin 2016 de 18 h à 21 h.

Du 1er juin au 30 juin 2016 
A ARThé
27, rue Campagne Première. 75014 Paris
Du lundi au vendredi de 11 h à 17 h 30. Vernissage le 3 juin 2016 de 18 h à 20 h

Du 1er au 30 juillet 2017. Vernissage à Paris le 2 juillet 2017 de 18 h à 21 h, puis à Venise le 14 juillet 2017.
Du 11 au 19 novembre 2016. Vernissage le 11 novembre 2016 de 18 h à 21 h.
Du 5 au 11 février 2016
Du 28 août au 3 septembre 2015Vernissage le 28 août  2015 à 17 h. 
Du 21 au 27 novembre 2014. Vernissage le 21 novembre 2014 à partir de 18 h.
Du 18 au 24 avril 2014
A la Galerie Metanoia
56, rue Quincampoix. 75004 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 65 23 83
Du lundi au samedi de 13 h 30 à 18 h 45
Concert d'AIYANA, cordes vocales et instrumentales le 23 avril 2014
Vernissage le 18 avril 2014 de 18 h à 21 h. L'artiste a accueilli les visiteurs le lundi de Pâques.

Du 8 au 19 février 2016. Vernissage 10 février 2016 dès 17 h.
Du 1er au 13 juillet 2015. Vernissage le 1er juillet 2015 de 18 h à 21 h
A la galerie 89 Viaduc des Arts
89 avenue Daumesnil. 75012 Paris

A lire sur ce blog :
Articles in English

Cet article a été publié le 18 avril 2014. Il a été republié les 30 août et 21 novembre 2014, 16 janvier,  13 mars et 29 juin et 26 août 2015, 4 février, 31 mai et 9 novembre 2016, 28 juin 2017, 7 février  et 27 septembre 2018.

lundi 21 septembre 2026

L’université Paris VIII-Vincennes

Créé en décembre 1968, le Centre universitaire expérimental de Vincennes devient en 1970-1971 l’université Paris VIII-Vincennes. Ouvert aux salariés non bacheliers, à la périphérie de Paris, ce Centre universitaire expérimentale propose des méthodes innovantes – nombre restreint d’étudiants par TD - et des études en sciences sociales sous la houlette d’intellectuels de gauche ou gauchistes qui se cooptent souvent. Minée par les combats entre communistes, trotskystes dont Henri Weber, et maoïstes dont André Glucksmann, ternie par des pratiques répréhensibles – diplômes bradés par le Département de Philosophie – induisant la suppression de l’habilitation dudit Département à délivrer des diplômes -, atteinte par le trafic de drogues, l’université est transférée à Saint-Denis puis ses bâtiments sont détruits en 1980. Arte diffusera les 24 septembre et 1er octobre 2026 à 20 h 55 « Camarades », « comédie d’archives » de Benjamin Charbit et Dominique Baumard.

« Les territoires perdus de la République. Antisémitisme, racisme et sexisme en milieu scolaire » sous la direction d’Emmanuel Brenner 

A l’initiative en août 1968 du professeur de Lettres Raymond Las Vergnas secondé par des intellectuels, Edgar Faure, ministre français de l'éducation nationale, institue, à l'automne 1968, le Centre universitaire de Vincennes ou Centre universitaire expérimental de Vincennes, rebaptisé en 1970-1971 université Paris VIII-Vincennes. 

Ce Centre universitaire de Vincennes est vite édifié sur un terrain anciennement militaire, appartenant à la ville de Paris, alors gérée par l’Etat et un Conseil d’élus, dans le bois de Vincennes. Il y dispose de 40 000 m2 de bâtiments. Une ligne de bus spéciale le relie à Paris.
Il va vite diverger de son contemporain, le centre universitaire Dauphine (devenu université Paris IX-Dauphine) qui a emménagé dans les anciens locaux de l'OTAN. Deux réponses du ministère de l’Education nationale au mouvement estudiantin de mai 1968.

En octobre 1968, une « commission d'orientation », composée de Las Vergnas et d’une vingtaine d'enseignants, est critiquée notamment pour avoir confié à Michel Foucault, en Tunisie durant Mai 68, le département de philosophie. 

Le 6 novembre 1968, à la Sorbonne, une assemblée générale (AG) se réunit. Un « comité d'action » d’étudiants gauchistes mené par Jean-Marc Salmon et André Glucksmann, ancien élève de Raymond Aron, proposent que la plate-forme pour la nouvelle université, présentée dans le journal Action, soit une base d'action politique vers l'extérieur.

Doté d'un statut dérogatoire – autogestion en matière de disciplines enseignées -, ce Centre universitaire expérimental ouvre en janvier 1969. Il est présidé jusqu’en 1969 par Raymond Las Vergnas, angliciste et chef de cabinet adjoint du ministre de l’Éducation nationale et des Beaux-arts Jean Zay durant le Front populaire.

Le 23 janvier 1969, dix jours après son ouverture, l’université est occupée par des étudiants et enseignants solidaires de leurs confrères occupant la Sorbonne. Menés par Jean-Marc Salmon et André Glucksmann, les maoïstes affrontent violemment les CRS qui les interpellent. Le lendemain, la presse, illustrée de photographies des dégâts, fustige les « casseurs ». Ministre de l’Éducation nationale, Edgar Faure est considéré coupable d'avoir offert par un excès de libéralisme et avec l'argent public, « un trop beau joujou aux gauchistes ».

L’université de Vincennes se voulait un foyer d'innovations et ouvert sur le monde contemporain : admission de salariés non bacheliers, cours le soir, disciplines nouvelles, groupes réduits, étudiants libres de choisir leur parcours...

En sciences sociales, des cours sont donnés par des enseignants-dirigeants de partis politiques. Ainsi en 1971-1972, dirigeant de la Ligue Communiste fondée en mai 1969, Henri Weber enseigne la « Structure de l'extrême gauche en France » et Daniel Bensaid « De la nature des États ouvriers ». La normalienne Jeannette Colombel professe sur « Nihilisme et contestation », son gendre André Glucksmann, de la Gauche Prolétarienne, sur « l’Écriture politique » et Alain Badiou sur « La science dans la lutte des classes ».

Michel Foucault s’efforce d’attirer « ce qu'il y a de mieux en philosophie » alors en France : Gilles Deleuze vient à Vincennes en 1971, une jeune génération de normaliens philosophes, dont les élèves de Louis Althusser et de Jacques Lacan. 

Les affiliations politiques importent lors de recrutements souvent par cooptations : Judith Miller, Alain Badiou, Jacques Rancière, François Regnault, le trotskyste Henri Weber, le communiste Étienne Balibar. Dès 1969, l'Union des étudiants communistes de Vincennes défend la « philosophie classique » contre le « mandarinat » des « gauchistes ».

Les gauchistes, notamment maoïstes, parviennent à l’emporter sur d'autres courants de gauche révolutionnaire, et se divisent en tendances et micro-partis, en particulier un « Comité de base pour l'abolition du salariat et la destruction de l'Université » dirigé par Jean-Marc Salmon, Jean-Paul Dollé, cofondateur d'Action, et André Glucksmann, qui s’ancre plus à gauche que des fondateurs de la Gauche prolétarienne menés par Gérard Miller et Jean-Claude Milner.

André Glucksmann et Jean-Paul Dollé, avec une cinquantaine de militants perturbent le cours d'Henri Weber, maitre assistant en philosophie, intitulé « A quoi pense Mao ? » sur les relations sino-soviétiques de 1928. Un groupe dirigé par Alain Badiou interrompt aussi des cours..
 
A vingt-six ans, le maoïste Jean-Marc Salmon fait figure de vétéran et de « vrai patron du lieu » : ancien responsable du service d'ordre de l'Union nationale des étudiants de France (UNEF) et des manifestations de 1968 contre l'extrême-droite, puis à Renault-Flins, il s’affirme en maitre pour contrôler des AG.

La « folie ultragauchiste », le caractère « marxiste-léniniste » d’enseignements et la délivrance sans rigueur par le Département de philosophie de Vincennes de diplômes reconnus par l'Éducation nationale induisent en janvier 1970 la décision du ministre de l’Education nationale, Olivier Guichard, de supprimer l'habilitation dudit Département de philosophie à délivrer ces diplômes. Ils discréditent l’université.

Finalement, l’université Paris VIII-Vincennes est transférée à Saint-Denis, dans la banlieue au nord de Paris, et est dénommée université de Paris 8-Vincennes à Saint-Denis. Puis, du 27 au 29 août 1980, durant les vacances estivales, ses bâtiments sont détruits, malgré l’opposition de ses dirigeants et de ses étudiants. 

Pour certains salariés sans le Bac, cette université a permis, par une formation additionnelle diplômante, de gravir des échelons de la société. Mais la politisation de cette université a réduit la valeur de leurs diplômes.

Arrivée au pouvoir en 1981, la gauche s’est bien gardée de recréer une « université expérimentale ». Elle a préféré généraliser l’expérience Vincennes à tout l’enseignement public : cours idéologisés – wokisme, intersectionnalité, "changement climatique anthropique" -, fin de la transmission des savoirs, destruction du « récit national » remplacé par un récit culpabilisant la France pour tous les maux - esclavage, colonialisme, racisme systémique -, vision négative de l'entrepreneur et de l'entreprise présentée comme lieu de discrimination et souffrance, dévalorisation de diplômes par l’effondrement du niveau scolaire résultant du pédagogisme, de l’immigration de masse, de la discrimination positive et de l’objectif d'amener 80 % d'une génération au niveau du baccalauréat annoncé en 1985, sous la Présidence de François Mitterrand, par le ministre socialiste de l'Éducation nationale Jean-Pierre Chevènement, repris par un successeur socialiste Lionel Jospin en 1989 et atteint en 2019, refus de la sélection à l’entrée à l’université, trafic de drogues aux abords d’écoles, cours perturbés par des élèves refusant l’autorité du professeur ou certains thèmes du programme scolaire (rapport Obin), ouverture sur le monde par des conférences dans des collèges et lycées, dans les années 2000, d’anti-Israéliens dont Leïla Shahid alors ambassadrice de l’Autorité palestinienne (AP) en France, par l’agrément Éducation nationale accordé depuis 2024 à l’association Fier.e.s & Queer, par la campagne en 2019 « Collèges et lycées engagés contre l’homophobie et la transphobie : tous égaux, tous alliés » lancée par ce ministère et par la séance de questions-réponses sur la transidentité assurée  par l’association TRANSpire en 2026 au collège/lycée public Jules-Ferry (Paris)... 
Mission Destruction accomplie malgré l’alternance politique de gouvernements de droite.

Quant aux enseignants, beaucoup ont poursuivi leurs carrières dans des lieux universitaires prestigieux en France, comme l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), ou aux Etats-Unis. Des militants gauchistes ont fait parfois leur mea culpa, ont continué une carrière politique – Henri Weber, sénateur puis eurodéputé socialiste -, ont gravité dans des cabinets ministériels auprès de ministres socialistes - Jean-Marc Salmon conseiller du Secrétaire d’Etat Max Gallo -, ont tissé leur réseau relationnel notamment dans les médias, etc.

« Vincennes, l'université perdue »
« Vincennes, l'université perdue » est un documentaire de Virginie Linhart.

« Dans le bois de Vincennes, jadis, il existait une université révolutionnaire. Ouverte à tous, l'université de Vincennes, créée à l'automne 1968 et détruite en 1980, incarnait la possibilité d'un autre système d'enseignement et un lieu d’expérimentation : suppression des cours magistraux, des limites d'âge, ouverture aux paysans, aux ouvriers, aux non diplômés, naissance d'un département de psychanalyse et de cinéma, création de cours du soir pour les salariés, d'un souk, d'une crèche... Autant de choses impensables pour un pouvoir gaulliste à bout de souffle, protecteur d'un monde ancien. »

« Les fils de bonne famille pouvaient s'instruire aux côtés d'étudiants venus du monde entier, le bachelier studieux côtoyait des femmes et des hommes aux parcours sinueux. »

« Pendant douze ans, Vincennes s'agite, dérange, attirant les meilleurs professeurs du pays, marqués (très) à gauche : Michel Foucault, Gilles Deleuze, Jacques Lacan, Hélène Cixous, François Châtelet, Jacques Derrida, Jean-François Lyotard, Madeleine Rebérioux, Jacques Rancière ou encore Robert Castel. »

« La forêt pensante » devient « le lieu de référence mélangeant militantisme et apprentissage. Les luttes sont quotidiennes. La castagne aussi, entre gauchistes et communistes, étudiants et policiers, anarchistes et démocrates. »

« Mais ce joyeux chaos se trouve notamment miné par des affaires de drogue. Le prétexte idéal pour détruire Vincennes à l’été 1980. »

« Que reste-t-il de ces douze années bouillonnantes ? Physiquement, rien, pas même une plaque. Vincennes a tout simplement été effacée de la surface de la terre, telle une pustule défigurant le visage lisse de la France giscardienne. Mais Vincennes reste vivante dans les esprits de ceux qui la fréquentèrent. Leurs souvenirs, associés à des images d'archives rares, nourrissent ce superbe documentaire tout à la fois touchant et politique. À travers son film, la réalisatrice Virginie Linhart - fille de Robert, qui enseigna la philosophie à Vincennes - rappelle qu'une autre façon d'enseigner, moins compétitive, moins discriminante, a existé en France. Et que ce modèle a fonctionné. Vincennes vit toujours ».

« Entre nostalgie et réflexion, ce brillant documentaire rend hommage à une histoire oubliée. Retour sur cette aventure. »

« Camarades »
Arte diffusera les 24 septembre et 1er octobre 2026 à 20 h 55 « Camarades », « comédie d’archives » de Benjamin Charbit et Dominique Baumard sur ce « foyer bouillonnant d'intellectuels, d'enseignants et d'étudiants engagés à gauche. Les RG mandatent Claudine, prostituée du bois, pour infiltrer un groupe maoïste. »

« Mai 68. L’État français vacille sous le coup d’une révolte menée par des étudiants et des professeurs d’université. Pour contenir cette marée subversive, le pouvoir gaulliste imagine une solution aussi perverse que brillante : créer une université expérimentale loin des pavés parisiens. Bienvenue à l’université de Vincennes. Claudine, prostituée du Bois, accepte d’infiltrer pour les Renseignements généraux (RG) ce nid de gauchistes qui a fait fuir sa clientèle bourgeoise. Mais à Vincennes, ce ne sont pas seulement les étudiants qui sont révolutionnaires : Foucault, Bourdieu, Cixous, Wittig… la fine fleur de la « French Theory ». La voilà propulsée dans un univers d’idées explosives. Elle y est allée pour De Gaulle. Restera-t-elle pour Deleuze ? »

« Respectivement passés par le talentueux pool de scénaristes de Sous contrôle et du Bureau des légendes, deux séries qui observent de près le fonctionnement des organes politiques français, Benjamin Charbit (Zorro, Le Sens des choses) et Dominique Baumard (Les Règles de l’art) investissent avec Camarades  le monde des idées et du contre-pouvoir. »

« En connivence constante avec le spectateur, cette réjouissante série en huit épisodes nous invite – par le truchement de Claudine, fausse ingénue – à vivre les grandes heures du flambant neuf « centre universitaire expérimental » de Vincennes. Avec pour boussole l’horizontalité de son titre, Camarades plonge dans l’effervescence de la période post Mai-68, grâce à une panoplie de personnages bien campés, dont la pensée politique en perpétuel mouvement bouillonne au sein du chaudron universitaire. »

« Propulsée par une foule d’idées formelles – dont l’incrustation audacieuse et très probante du petit groupe au sein de jouissives images d’archives – et une facétieuse tonalité comique, une série au diapason de l’élan révolutionnaire qui fit vibrer Vincennes, un court mais précieux instant.

« Cette « comédie d’archives  » aux mille idées formelles retrace  avec panache un moment d'effervescence politique unique. »

Prix de la meilleure actrice, Compétition française pour Manon Kneusé à Séries Mania 2026

« Dans le sillage de Mai 68, le pouvoir gaulliste ouvre à Vincennes une université expérimentale qui devient rapidement le foyer bouillonnant d'intellectuels, d'enseignants représentant la fine fleur de la "French Theory". et d'étudiants engagés à gauche. Opposés à l'élection d'un nouveau directeur, Gérard, professeur contestataire, Françoise, étudiante opiniâtre, et Amadéo, militant fantasque, fondent les Mauv, un groupe maoïste qu'infiltre bientôt Claudine, prostituée qui vit dans une caravane du bois de Vincennes, à la demande de son amant, un agent des Renseignements généraux. »

« Alors que le jeune mouvement s’active pour recruter, la direction tourne un film de propagande sur la fac. » 

« Les femmes s’organisent pour penser et agir en non-mixité. Grimés, Gérard et Amadéo tentent de les infiltrer. »

« Au sein de la cellule féminine des Mauv, Claudine et Françoise comptent s'armer pour passer à l'action. »

« Françoise suspecte la présence d’une taupe au sein du groupe. Jacques subit la pression de sa hiérarchie. »

« Suite au licenciement révoltant d'Ahmed, Jimmy, Gérard et Françoise s'insurgent en amphi et… en musique. »

« Les Mauv séquestrent M. Merloux pendant que Jacques met les bouchées doubles pour faire arrêter la bande. »

« Jacques tente de reconquérir Claudine et fait chanter Merloux avec un enregistrement compromettant. »




« Créé à l’automne 1968 au cœur du bois, le Centre universitaire expérimental de Vincennes fut une réponse offerte par le gouvernement gaulliste à la jeunesse qui réclamait une réforme profonde de l’enseignement supérieur. L’établissement, pensé comme un laboratoire d’innovations pédagogiques et de disciplines émergentes, telles l’urbanisme ou le cinéma, formera côte à côte non-bacheliers, étudiants étrangers ou encore jeunes mères de famille. Vincennes deviendra bientôt un haut lieu de l’effervescence intellectuelle et militante, accueillant pendant une décennie de grandes figures de la pensée contemporaine, parmi lesquelles Michel Foucault, Gilles Deleuze ou Hélène Cixous. En août 1980, le centre universitaire est démoli en quelques jours seulement, après le transfert de l’université à Saint-Denis, contre la volonté de ses responsables et de ses usagers. »


Benjamin Charbit et Dominique Baumard, cocréateurs de Camarades, reviennent sur la genèse d’une « série libre sur une fac libertaire ». Propos recueillis par Laura Pertuy.

« Comment est née l’idée de porter à l’écran cette période unique de la vie socio-politique française ?
Benjamin Charbit : J’avais envie de faire une série sur l’université de manière générale et en écoutant l’un des cours de Deleuze, philosophe qui m’intéresse beaucoup, j’ai appris l’existence de Vincennes. Avec Dominique, à qui j’ai pensé tout de suite, on s’est dit qu’on tenait là une très belle façon d’aborder le sujet d’origine en se penchant sur… l’anti-université. Plus on s’intéressait aux années 1970, plus on avait l’impression de vivre, de nos jours, dans une sorte d’écho déformé des idées de cette époque, qui ont été regroupées sous le terme « French Theory ». Beaucoup d’entre elles sont nées à Vincennes. C’était Woodstock-sur-Seine, une utopie !
Dominique Baumard : Il y avait quelque chose de joyeux à se replonger dans cette époque révolutionnaire. Avec Camarades, on souhaite transmettre les idées qui s’y sont déployées, sans péage à l’entrée, sans austérité. Ce sont des idées qui nous animent, qui sont très vivantes, et qu’on a voulu rendre accessibles à tous, sans pour autant faire une série de propagande, sans dire aux gens ce qu’ils doivent penser. Vincennes était l’endroit de la contradiction !

Emaillée d’images d’archives, la série regorge de trouvailles formelles, d’expérimentations stylistiques, de tentatives de donner vie à l’émulation d’alors. Comment avez-vous travaillé son esthétique ?
D. B : On ne voulait pas faire un pastiche des films des années 1970, alors on s’est demandé comment un réalisateur de cette époque aurait appréhendé les différents genres, les différentes manières de raconter. Côté images d’archives, on en a visionné des milliers et on s’est assez vite dit qu’on ne voulait pas faire incarner les penseurs d’alors, par respect pour leur manière de formuler, notamment. Car chez Deleuze, il y a la pensée, mais aussi l’énergie, la façon d’être… L’écouter, ce n’est pas exactement comme le lire.
B. C : La pensée ou l’intelligence peuvent être sexy, et on avait très envie de faire une série libre sur une fac libertaire, d’où cette approche formelle à l’allure de patchwork, qui puise dans différentes textures. Dès l’écriture, on a théorisé un bouillonnement esthétique, une générosité, d’où la présence d’archives que l’on confronte à nos images filmées, de photogrammes fixes, les citations de penseurs amenées de manière élégante et détournée, pour éviter le côté documentaire ou « retour à l’école ».

L’excellence du casting joue beaucoup dans cette vitalité qui s’immisce, par contagion, dans tous les aspects de Camarades…
D. B : On s’est assez naturellement dirigés vers des comédiens qui venaient plutôt du théâtre parce que la série porte un plaisir du texte, des mots, ce qui rejoint la raison pour laquelle il y a fréquemment des choses écrites à l’écran.
Le tournage a été très ludique, peu de prises se ressemblaient. Et puis Manon Kneusé, qui joue Claudine, est hyper forte, elle peut partir dans toutes les directions ; ça a été un vrai bonheur de la diriger. »

PORTRAITS DE PERSONNAGES PRINCIPAUX

« CLAUDINE
MANON KNEUSÉ
Prostituée du bois de Vincennes, Claudine mène une existence précaire ponctuée par les visites de Jacques, son amant, policier de secteur. Lorsqu’il lui propose d’infiltrer l’un des groupes militants de la nouvelle université expérimentale bâtie non loin, elle accepte, motivée par la rémunération et la perspective d’un nouveau départ. D’abord étrangère aux idéaux révolutionnaires dont elle est témoin, Claudine se laisse peu à peu séduire par l’effervescence intellectuelle et les promesses d’émancipation qui agitent Vincennes.
Entre loyauté à l’homme qu’elle aime, bourgeonnement d’une pensée féministe et maoïste, nouvelles amitiés et mensonges en cascades, la jeune infiltrée se trouve bientôt dépassée par sa mission.

GÉRARD
PIERRE-FRANÇOIS GAREL
Charismatique, exigeant et profondément convaincu de la nécessité d’une transformation radicale de la société, Gérard enseigne à Vincennes – ou du moins en avait-il l’habitude, jusqu’à ce que son positionnement politique ne le conduise à arrêter de donner cours. À l’approche de l’élection d’un nouveau président de l’université, il enjoint ses étudiants à réfléchir à leur désir d’obéissance à un chef. Au contact de Françoise, venue étudier à Vincennes après avoir lu son ouvrage Vers la révolution, Amadéo, militant fantasque, et Claudine, Gérard crée un groupe maoïste qui appelle les classes populaires à se soulever. Mais derrière son assurance et son aisance à prendre la parole, le fougueux professeur n’est pas dénué de contradictions.

FRANÇOISE
LULJA COMAR
Étudiante brillante et déterminée, Françoise s’est inscrite au Centre universitaire expérimental de Vincennes après avoir dévoré l’essai de Gérard, Vers la révolution. Issue d’un milieu bourgeois de province, elle s’investit pleinement aux côtés de Gérard et d’Amadéo, dans la construction de Mauv : un groupe maoïste auquel son intransigeance et sa force de conviction devra beaucoup.

JACQUES
VINCENT ELBAZ
Policier de secteur, Jacques fréquente Claudine, maîtresse à qui il promet de quitter sa femme pour s’installer en couple dans le Loiret. Lorsqu’un soir elle lui confie s’être rendue à la nouvelle université du bois de Vincennes, l’agent y voit le moyen rêvé de surveiller ce qui se fomente au sein de ce lieu mis en place par le gouvernement, façon pernicieuse de contenir la fronde de Mai-68. Pragmatique et fidèle aux institutions, Jacques considère les mouvements révolutionnaires comme une menace potentielle pour l’ordre public, mais son attachement à Claudine chamboulera ses convictions.

AMADÉO
MICHA LESCOT
Militant aussi fantasque qu’infatigable, Amadéo s’investit dans plusieurs groupes en parallèle – un coup chez les trotskistes, un coup chez les maoïstes –, peu regardant sur les nuances du débat politique tant qu’il peut s’inscrire dans le sens de l’action concrète et de la rigolade.
Doté d’un infaillible esprit pratique et d’un sens du détail souvent comique, il pousse sans cesse les Mauv de l’avant. Très généreux, à l’égard de ses camarades comme dans ce qu’il dévoile de lui-même (parfois aux oreilles défendantes de son entourage), Amadéo, dont on ne sait jamais vraiment s’il est étudiant, fait figure d’indétrônable optimiste du groupe.

MERLOUX
GRÉGORY GADEBOIS
Élu président de l’université selon des modalités contestées, Merloux incarne un pouvoir sans cesse attaqué par les étudiants et les professeurs. Pour autant, et sans que ceux-ci ne s’en rendent forcément compte, il adhère bien souvent aux projets et demandes de ses détracteurs, y compris lorsque ces derniers se moquent ouvertement de lui. Rongé par le syndrome de l’imposteur depuis qu’il a découvert que les élections avaient été truquées en sa faveur, Merloux se trouve en perpétuelle remise en question, un sentiment qui culmine au contact de l’inspectrice du ministère de l’Éducation nationale. L’inscription inopinée à Vincennes de Claudine, en qui il voit un modèle du projet progressiste et anti-classiste de l’université, lui redonne de l’allant. »


« Camarades » de Benjamin Charbit et Dominique Baumard
France, 2026, 8 x 35’
Produite par Muriel Meynard et Marc Bordure 
Coproduction : ARTE France, Agat Films, Sunday Afternoon
Série créée par Benjamin Charbit, en collaboration avec Dominique Baumard 
Producteurs : Muriel Meynard, Marc Bordure, Benjamin Charbit
Scénario : Benjamin Charbit, Dominique Baumard, Homeïda Behi 
Directrice de la photographie : Céline Bozon, AFC
Directeur de production : François Drouot
Image : Céline Bozon
Montage : Frédéric Baillehaiche, Camille Adelin, Cécile Lapergue
Musique originale : Julie Roué
Son : Mathieu Descamps, Damien Boitel, Aymeric Dupas, Arnaud Rolland
Chef décorateur : Mathé, ADC
Créatrice de costumes : Anne-Sophie Gledhill
Avec  Manon Kneusé (Claudine), Pierre-François Garel (Gérard), Lulja Comar (Françoise), Grégory Gadebois (Merloux), Micha Lescot (Amadéo), Emilie Incerti Formentini (Nino), Vincent Elbaz (Jacques), Reda Bendahou (Jimmy), Constance Dollé (Bénédicte)
Sur Arte :
1ère partie (33 min) : le jeudi 24 septembre 2026 à 20 h 55
2e partie (31 min) : le jeudi 24 septembre 2026 à 21 h 30
3e partie (30 min) : le jeudi 24 septembre 2026 à 22 h 00
4e partie (35 min) : le jeudi 24 septembre 2026 à 22 h 35
5e partie (30 min) : le jeudi 1er octobre 2026 à 20 h 55
6e partie (30 min) : le jeudi 1er octobre 2026 à 21 h25
7e partie (30 min) : le jeudi 1er octobre 2026 à 22 h 00
8e partie (44 min) : le jeudi 1er octobre 2026 à 22 h 30
Sur arte.tv du 16/09/2026 au 14/03/2027


« Vincennes, l’université perdue » de Virginie Linhart
France, 2016, 1 h 35
Écrit par Tiffany Tavernier, Virginie Linhart
Production : Agat Films, Muriel Meynard
Coproduction : ARTE France
Partenaires : CNC Région Ile-de-France, Procirep / Angoa
Visuel : © Virgine Linhart / Agat Films & Cie