Né en 1969 à New York (Etats-Unis), James Gray est un réalisateur - Little Odessa (1994), The Yards (2000), La nuit nous appartient (We Own the Night, 2007), Two Lovers (2008), The Immigrant (2013), The Lost City of Z (2016), Ad Astra (2019), Armageddon Time (2022) -, scénariste et producteur juif américain. Arte diffusera le 12 juillet 2026 à 21 h « La nuit nous appartient » (We Own the Night) de James Gray avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Eva Mendes et Robert Duvall, puis le 16 septembre 2026 à 22 h 42 « James Gray, l'odyssée intérieure », documentaire de Claire Duguet.
James Gray est né en 1969 à New York (Etats-Unis).
Son arrière-grand-père paternel avait été tué par les Cosaques lors d'un pogrom tsariste. Ses grands-parents paternels ont fui la guerre civile à Ostropol (Ukraine) pour immigrer aux Etats-Unis. Russophone, yiddishophones, ses grands-parents ne maîtrisent pas l'anglais. Leur nom patronymique - Greyzerstein - est américanisé en « Gray » quand ils s'installent à Brooklyn en 1923.
Diplômé d'un doctorat en génie électrique, son père enseigne à New York, puis il deviendra entrepreneur, mais sans succès.
James Gray Gray a étudié à la University of Southern California School of Cinematic Arts.
Il a réalisé Little Odessa (1994), The Yards (2000), La nuit nous appartient (We Own the Night, 2007), Two Lovers (2008), The Immigrant (2013), The Lost City of Z (2016), Ad Astra (2019), Armageddon Time (2022).
Cinémathèque française
En octobre 2019, la Cinémathèque française a présenté une rétrospective des films de James Gray. Jérôme Momcilovic a écrit :
« LA LUTTE QU'ETRE UNE PERSONNE IMPLIQUE
La formule est ample et précise, simple et complexe, en tous points fidèle à ses films dont elle entend ramasser l'immuable enjeu : « The struggle of what it means to be a person. » James Gray l'employait à deux reprises voilà deux ans, à la Cinémathèque, où il était venu présenter The Lost City of Z. Il faut l'entendre prononcer ces mots, dûment pesés, pour reconnaître leur double poids de mélancolie. Celle des personnages de ses films d'abord, tous alourdis du fardeau de cette lutte, tous maudits d'être nés sans avoir choisi leur place, et de grandir sans savoir jamais la trouver. Cette mélancolie, celle des désillusionnés, est l'objet de toute l'œuvre de James Gray à ce jour, dessinant un ensemble très cohérent de mélodrames existentialistes tortueux, dans les habits classiques du film noir (Little Odessa, The Yards, La Nuit nous appartient), de la romance (Two Lovers), du film d'époque (The Immigrant) ou d'aventures (The Lost City of Z). Mais il faut entendre aussi la mélancolie, maintes fois ressassée, du cinéaste lui-même, tant il sait inactuelle son ambition d'explorer ces gouffres avec les moyens qui furent ceux d'un grand cinéma populaire et adulte, subtil mais spectaculaire, auquel les studios hollywoodiens (ou ce qu'il en reste) ont renoncé en entraînant le public avec eux.
LA VOLUPTE DE LA MORT
Cette lutte, dit-il, le questionne depuis l'enfance. Dans l'appartement du Queens où il a grandi, enfant de l'immigration juive russe, il redoutait, les soirs, de voir s'éteindre sous la porte de la chambre des parents le mince filet de lumière qui les disait encore debout. Dans The Yards, un poste de télévision fera la réclame d'une comédie oubliée avec Doris Day, Where Were You When the Lights Went Out? Et dans Two Lovers, c'est une mère inquiète (elles le sont toutes, douloureusement) qui guettera le même filet de lumière sous la porte de son fils. Tous les films reviendront explorer cette pénombre, qui tombe comme une malédiction pour vous abandonner à la solitude. C'est d'abord le climat sépulcral de décors filmés comme autant de caveaux – tunnels (The Yards) et souterrains (The Immigrant), boîtes de nuit ou tripots comme des cryptes (La Nuit nous appartient), et bien sûr ces appartements familiaux, asphyxiants et viscontiens (pour guider la photographie sublime d'Harris Savides sur The Yards, il convoque un mot du Guépard : la « volupté de la mort »), où toute lumière est bue par la surcharge des bibelots et des papiers peints (autre souvenir d'enfance : l'appartement des grands-parents). Et l'on ne sort de ces décors que pour s'enfermer dans des extérieurs complices, guère plus respirables, jour laiteux et ciels bas d'hiver (Two Lovers, The Immigrant), ou jungle lointaine qui est le contraire d'une évasion car elle ne pousse en vérité qu'entre les boiseries d'un intérieur anglais (The Lost City of Z).
ON ERRE
C'est l'hiver que tout commence, dans la blancheur aveuglante et paradoxale d'un film qui reste le plus funèbre de tous. Sorti en 1994 et distingué par un Lion d'argent à Venise, Little Odessa fut à la fois porté et masqué par la vogue d'un cinéma « néo-noir », dont il se distingue par une gravité radicalement étrangère à l'ironie postmoderne qui accompagne alors le sacre du cinéma indépendant américain. Miramax, la société des frères Weinstein qui triomphe alors avec Pulp Fiction, produit le deuxième film de James Gray, The Yards, mais en massacre la sortie après avoir lui imposé de renoncer à une fin jugée trop sombre. C'est à la lumière de ce cruel malentendu (The Yards est sifflé à Cannes, et Gray devra attendre sept ans pour tourner de nouveau) qu'il faut envisager la suite de sa carrière, pour y admirer l'entêtement de ce cinéaste trop raffiné pour l'époque, et condamné par la désuétude de ses préoccupations – la lutte des classes, l'opéra, la grande forme narrative que lui ont inspirés Coppola et Visconti. L'entêtement se lit, avant tout, dans le sujet des films. D'un genre l'autre, il n'aura cessé de situer la lutte du côté des fils, sur le seuil où des familles claniques leur refusent la paix en les empêchant d'entrer (Little Odessa, The Yards, The Immigrant) ou de sortir (La Nuit nous appartient, Two Lovers) – et quand ils quittent la famille, c'est seulement pour aller chercher, à l'autre bout du monde, la possibilité de la rêver (The Lost City of Z). Irrémédiablement retenus par le passé, condamnés par lui à l'errance dans un monde qu'ils n'ont pas choisi (« On est des Juifs, on erre », dit Tim Roth dans Little Odessa), les personnages de Gray ne font qu'un avec son cinéma.
REMONTER LE TEMPS
Inactuelle et mélancolique, la filmographie de James Gray l'est aussi d'avoir gardé une idée du cinéma qui est celle de la mort au travail. Son attachement au 35 mm en est un signe. Un autre, moins explicite, tient dans son plaisir à filmer la photographie (les somptueux diaporamas disséminés dans La Nuit nous appartient, Two Lovers, The Lost City of Z) pour y voir vibrer le grain du temps. Complétant la minutie documentaire, très scorsesienne, avec laquelle ses films ont remonté l'histoire de sa famille comme celle de son pays, ce geste d'archiviste trouve une destination naturelle dans The Immigrant et The Lost City of Z, tous deux situés à l'aube du XXème siècle. Et il faut se garder de voir seulement, dans leurs dimensions réduites de fresques à l'élan brisé, l'absence de moyens à laquelle se heurte ce cinéma fait pour un autre temps. Car autant que la contingence, c'est le mouvement interne de l'œuvre qui leur dicte cette retenue, et retient leurs personnages sur de nouveaux seuils – pour l'immigrante : un cruel purgatoire au bord de l'Amérique ; pour l'explorateur : une jungle purement mentale, par définition introuvable. La grande histoire et le film d'aventure n'y sont que de nouveaux chemins pour explorer la même lutte, et régler toujours mieux la mécanique qui donne aux films de James Gray, depuis plus de vingt ans, les finales les plus subtils et bouleversants du cinéma contemporain. Preuve, peut-être, que sa tristesse sincère d'être né trop tard n'est qu'une ruse de son génie pour tracer le sillon qui lui convient. »
« James Gray, l'odyssée intérieure »
Arte diffusera le 16 septembre 2026 à 22 h 42 « James Gray, l'odyssée intérieure », documentaire de Claire Duguet qui a rencontré le réalisateur américain chez lui.
« Âgé de 55 ans, James Gray est l’un des chefs de file de la nouvelle génération du cinéma indépendant américain. De « Little Odessa » à « Armageddon Time », en huit films seulement, il a exploré tous les genres, policier, science-fiction, aventures, comédie intimiste. Et il a imposé son style, à la fois classique et ancré dans l’époque, entre nostalgie du grand rêve américain et acerbe critique sociale. Son refus des règles hollywoodiennes fait de lui un artiste à part, et sans doute le plus européen des cinéastes américains. »
« Le réalisateur James Gray fait découvrir ses archives personnelles, ses premiers story-boards, ses scénarios et ses photos de plateau. »
« The Yards »
« The Yards » est un film de James Gray avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, James Caan, Charlize Theron.
« Un jeune repris de justice est témoin des pratiques mafieuses de son oncle pour assurer la prospérité de l’entreprise de maintenance ferroviaire qu’il dirige. Après "Little Odessa", James Gray dénonce l’avidité des élites dans un polar à la noirceur tragique. Avec Mark Wahlberg, James Caan et Joaquin Phoenix. »
« Libéré de prison après avoir purgé une peine pour un vol de voiture, le jeune Leo Handler n’a qu’un souhait : rester dans le droit chemin. Au cours de la fête familiale organisée par sa mère pour son retour, il retrouve son ami Willie Gutierrez. Filant le parfait amour avec sa cousine Erica, ce dernier travaille désormais pour Frank Olchin, le nouveau beau-père de la jeune femme, qui dirige l'Electric Rail Corporation, une entreprise bénéficiant de contrats de la ville pour l'entretien du métro dans le Queens. Prêt à aider Leo à se réinsérer, Olchin lui propose de suivre une formation pour devenir machiniste. Mais ayant besoin d’argent rapidement pour aider sa mère à la santé fragile, Leo préfère suivre Willie, généreusement payé pour graisser la patte des fonctionnaires municipaux et intimider les sociétés concurrentes. Une nuit, le sabotage de rames confiées à la Weltech, auquel Leo participe, tourne mal… »
« Cinq ans après Little Odessa, le coup de maître qui l’a révélé, James Gray s’inspire de faits réels – un scandale de corruption autour du métro new-yorkais vécu de l’intérieur par son propre père – pour dénoncer un ordre social défaillant sur fond de guerre entre les acteurs du monde ferroviaire. »« Dans sa quête de rédemption, Leo (Mark Wahlberg) incarne la figure du naïf, manipulé avant d’être lâché par son oncle par alliance (James Caan) et surtout par Willie (Joaquin Phoenix, flamboyant), ce presque-frère pour lequel il s’est sacrifié en allant seul en prison et qui lui a aussi pris celle qu’il aimait en secret. Dans un polar à la noirceur tragique, le tableau d’une famille décomposée au sein d'une société décadente, rongée par l’avidité de ses élites. »
Compétition officielle, Cannes 2000
« La nuit nous appartient »
Arte diffusera le 12 juillet 2026 à 21 h « La nuit nous appartient » (We Own the Night) de James Gray.
« Quand la loi du sang, affaire de famille et de violence, s’empare de la nuit à New York... Nerveux, sombre et virtuose, le troisième film de James Gray ("Little Odessa", "Two Lovers") impressionne par son génie immersif et brutal. Un chef-d'œuvre du polar avec Joaquin Phoenix, Mark Wahlberg, Eva Mendes et l'impeccable Robert Duvall. »
« New York, 1980. Au club El Caribe, des centaines de corps s'oublient dans la musique chaude et l'alcool. Flamboyant, radieux, Bobby Green navigue entre ses convives et sa maîtresse, la sculpturale Amada, le nez blanchi par la cocaïne. Gérant de la boîte de nuit, il est proche du propriétaire, un mafieux d'origine russe. À quelques rues de là, la police de New York s’épuise dans une lutte inégale. Sous l'uniforme, le père de Bobby et son frère Joseph cherchent à démanteler un réseau de drogue dans le quartier slave. Une nuit qui danse contre une autre qui tue, deux frères comme les deux facettes d'une même pièce, et la violence qui engendre la violence... Entre le pouvoir de l’argent et sa famille, Bobby devra choisir. »
« Pour son troisième film, chef-d’œuvre tendu de bout en bout, James Gray (Little Odessa, Two Lovers) fait montre d’une maîtrise absolue, tant dans l’écriture que dans la précision du cadre. »
« À travers le parcours de deux frères que tout oppose, par-delà les frontières de la morale et des territoires, il suit une sanglante et implacable passation de pouvoirs. D’un meurtre à l’autre, l’autorité du père, commandant de police (impeccable Robert Duvall), glisse sur les épaules du fils Joseph, l’héritier justicier, puis sur celles de Bobby, fils indigne et intense (Joaquin Phoenix, une fois encore habité), guidé par son seul instinct de survie. »
« Un polar traité comme un drame shakespearien, où s’entremêlent rivalité, cruauté et loyauté. Dos au mur, les protagonistes sont précipités vers leur destin, emportés par la terreur et la violence brute. Entre les chaudes couleurs des clubs où l’argent, l’alcool et la drogue coulent à flots, et l’austérité glacée des postes de police, deux univers se heurtent. Peu à peu, l’image se ternit et projette son aura, malade et blafarde, sur les mauvais choix, deuils et renoncements. »
« Le son nous immerge au cœur de l'action. Scène culte, la course-poursuite en voiture est filmée sous des trombes d'eau. Souffles courts, martèlement de la pluie, chuintement lancinant des essuie-glaces... : tout suggère l'étouffement et cette hyperconscience qui précède le désastre. Une leçon de cinéma, tout à la fois d'auteur et d'action. »
Sélection officielle, Cannes 2007. César 2008 : Meilleur film étranger
« Ce troisième long métrage impose James Gray comme l’un des auteurs majeurs du nouveau cinéma américain, et un maître du polar, du moins en Europe où sa réputation est bien plus grande que dans son pays d’origine. Le film baigne dans le climat d’insécurité du New York de la fin des années 80, décrivant un état d’impunité où les truands ne craignent plus la loi et peuvent condamner à mort les flics qui se dressent sur leur chemin », a analysé Olivier Père.
Et Olivier Père de poursuivre : « La nuit nous appartient comme Little Odessa et The Yards, précédents films de Gray, est avant tout une histoire de famille et de fratrie. Les trois films peuvent d’ailleurs s’appréhender comme une trilogie explorant les mêmes thématiques. L’enquête policière intéresse moins Gray que les émotions. Le film explore le cruel dilemme vécu par son personnage principal et les relations conflictuelles qu’il entretient avec son frère et son père, puis sa décision de les rejoindre dans leur croisade contre le crime organisé »
« Gray part d’un matériau documentaire – un article de journal, une longue préparation immersive, les photos en noir et blanc du générique sur les policiers de la brigade criminelle de New York, dont la devise « we own the night » donne son titre au film – pour déboucher, comme à son habitude, sur une véritable tragédie shakespearienne, peuplée d’âmes perdues et de créatures de la nuit. Vadim, le terrifiant trafiquant russe, est filmé comme un vampire, à l’instar de Tim Roth dans le premier long métrage de Gray, Little Odessa. La dramaturgie est la grande préoccupation de Gray, des scènes d’affrontements verbaux jusqu’à l’impressionnante fusillade lors d’une poursuite de voitures sous une pluie torrentielle. La mise en scène de Gray est superbe, privilégiant le cadre plutôt que le mouvement, instaurant une lenteur funèbre contrariée par des accès de violence névrotique. On pourrait aussi citer l’électrisante séquence d’ouverture au son du « Heart of Glass » de Blondie dans les coulisses d’un gigantesque night-club, dernier moment d’hédonisme et d’insouciance de Bobby avant que son destin ne le rattrape. Interprétation magistrale de Joachin Phoenix, figure très moderne et tourmentée de la masculinité que l’on retrouvera dans les films suivants de Gray, Two Lovers et The Immigrant », a conclu Olivier Père.
"Two Lovers"
Arte diffusa les 07 août 2022 à 21 h, 11 août 2022 à 13 h 35, 19 août 2022 à 13 h 35 "Two Lovers" de James Gray.
"Un trentenaire est tiraillé entre deux femmes que tout oppose. Par James Gray, un drame romantique émouvant avec Joaquin Phoenix, Gwyneth Paltrow et Vinessa Shaw."
"Vieux garçon vivant encore chez ses parents, Leonard Kraditor peine à se remettre d'une douloureuse rupture qui l'a dévasté quelques années auparavant. Après une tentative de suicide ratée, il rencontre Michelle, la nouvelle voisine de ses parents. Leonard devient le complice et le confident de cette séduisante jeune femme blonde, dont il ne tarde pas à tomber éperdument amoureux. Il n'en continue pas moins de courtiser la brune et touchante Sandra. Entre ces deux femmes que tout oppose, Leonard devra faire un choix."
"Pour son quatrième long métrage, James Gray (Little Odessa, La nuit nous appartient, The Immigrant...) laisse de côté le polar pour s'essayer avec brio au mélodrame. Joaquin Phoenix y campe un célibataire un brin névrosé, qui travaille dans la laverie familiale de Brighton Beach. Solitaire un peu gauche, ce personnage attendrissant est écartelé entre sa passion dévorante pour sa sensuelle voisine et la promesse de stabilité affective d'un mariage avec l'aimante fille du futur associé de son père. Dans la peau de la girl next door, Gwyneth Paltrow interprète une jeune femme à la vie dissolue, entre prise de drogues et relation avec un homme marié. En parfait contrepoint, Vinessa Shaw revêt les atours de la fiancée idéale, sensible et attentionnée."
"Si Gray abandonne le film policier, il en conserve néanmoins les ingrédients, en mettant en scène un huis clos étouffant où les personnages passent leur temps à s'espionner l'un l'autre. Pour ce faire, le cinéaste filme une nouvelle fois le monde de la nuit new-yorkaise, devenu le refuge d'un héros qui fuit un cocon familial à la fois rassurant et oppressant. Une solitude qui contraste avec la cohésion de la communauté juive de Brooklyn dont il est issu, et dont le réalisateur se plaît une fois de plus à dépeindre affectueusement les petits travers."
"Two Lovers est sans doute le meilleur film de James Gray, du moins notre préféré. Pour la première fois de sa carrière le cinéaste américain se débarrasse des oripeaux du film noir ou du thriller pour mettre en scène un pur mélodrame, sans conteste la plus belle et la plus triste des histoires d’amour du cinéma contemporain. La plus belle rencontre aussi, fugace mais inoubliable", a écrit Olivier Père.
"New York est la ville de James Gray et il continue de la magnifier dans Two Lovers, en la filmant dans sa quotidienneté, ses multiples facettes. Malgré son charme et sa sensibilité artistique Leonard est un jeune homme fragile, suicidaire depuis une rupture douloureuse, qui vit et travaille encore avec ses parents. Ce sont eux qui lui présentent la belle Sandra, car elle est la fille de l’homme avec qui sont père est en affaires, et les deux familles appartiennent à la communauté juive de la ville. Presque au même moment, Leonard fait la connaissance de sa ravissante voisine, la blonde Michelle qui semble traverser une mauvaise passe. Michelle est le genre de femme qu’on a envie de protéger, et d’aimer malgré où à cause de tous les obstacles et complications qui rendent cet amour impossible. Car l’amour, dixit Truffaut, « c’est une joie et une souffrance… », analyse Olivier Père.
"Leonard est partagé entre ces deux femmes, l’une qui représente la tradition, la complicité et la stabilité dont il aurait besoin, l’autre l’aventure et la passion qui lui manquent et lui permettraient de s’évader d’un cocon parental étouffant d’une manière bien plus radicale. L’une est brune, l’autre est blonde, l’une est sage, l’autre est volage, mais James Gray a l’intelligence de faire de Sandra une amante tout aussi désirable que Michelle", poursuit Olivier Père.« The Immigrant »
« The Immigrant » (2013) est un film réalisé par James Gray. Un « mélo déchirant, signé James Gray, qui met en scène l’envers du rêve américain, l’âpreté de l’exil et la force de l’espoir ».
"1920, deux sœurs polonaises arrivent à New York après un long voyage. À Ellis Island, Magda, atteinte de tuberculose, est placée en quarantaine tandis qu’Ewa fait la connaissance de Bruno, un souteneur sans scrupules. Dans l’espoir de sauver sa sœur, Ewa se livre à la prostitution pour le compte de Bruno. L'arrivée d'Orlando, le cousin illusionniste de Bruno lui redonne confiance".
« New York, 1921. Ewa et sa sœur Magda, qui émigrent de Pologne, débarquent à Ellis Island, la Terre promise au fond des yeux. Mais Magda, tuberculeuse, est aussitôt placée en quarantaine, avant son expulsion programmée, au grand désespoir d’Ewa, qui jure de la sortir de là. Isolée et désemparée, cette dernière est bientôt recueillie par Bruno Weiss, un proxénète, homme tout à la fois providentiel et vénéneux, qui lui propose du travail en échange de la libération de sa sœur. Pour sauver Magda, Ewa, la catholique, consent alors à se prostituer avant qu’Orlando, illusionniste et cousin de Bruno, ne fasse renaître en elle un espoir, sous le regard fou de jalousie du maquereau ».
« Épopée tragique aux accents dostoïevskiens, The immigrant suit le sacrifice sublime de son héroïne comme un long chemin de croix, jusqu’à la rédemption et la grâce. Car en acceptant la souillure par amour pour sa sœur, Ewa n’en finit plus de s’élever ».
« Dans le New York corrompu des années 1920 aux allures de XIXe siècle, porte d’un dévorant mirage américain, c’est aussi la rencontre de deux âmes perdues – Ewa, la catholique, que Marion Cotillard incarne avec force, tout en douleur retenue, et Bruno, le maquereau, en proie au désir, incarné par Joaquin Phoenix » [frère de River Phoenix], « touchant d’ambivalence et de fragilité. Des êtres qui se déchirent pour se révéler et peut-être mieux se pardonner ».
« Liens du sang, conflits intérieurs, âpreté de l’exil et perversion du capitalisme : James Gray met en scène, dans un très religieux clair-obscur, un bouleversant mélo ».
James Gray considère que c'est son film « le plus personnel ». Il « avait évoqué les racines juives russes de sa famille dans son tout premier film, Little Odessa (1994) ». Il « s’est inspiré de photos prises par son grand-père, arrivé de Russie à Ellis Island en 1923, ainsi que des anecdotes de l’un de ses arrière-grands-pères, tenancier de bar dans le Lower East Side à New York, à la même époque ».
« Mes grands-parents sont arrivés aux Etats-Unis de Russie – ou d’Ukraine, selon l’époque dont on parle. Ils venaient d’Ostropol, une ville proche de Kiev. Les parents de ma grand-mère ont été assassinés par l’armée russe blanche pendant la guerre civile, lors d’un pogrom. Et en 1923, mon grand-père et ma grand-mère sont arrivés aux Etats-Unis en passant par Ellis Island. J’ai entendu, bien sûr, d’innombrables anecdotes sur Ellis Island, et le lieu m’a longtemps obsédé. J’y suis allé pour la première fois en 1988, avant la restauration de l’île. Tout était resté intact, comme figé par le temps. C’était une vision troublante, ces formulaires d’immigration à moitié remplis, répandus par terre… Ellis Island m’est apparue comme un endroit hanté par des fantômes, ceux de toute ma famille. J’ai donc conçu le projet d’un film qui viendrait de cette histoire. Et puis j’avais aussi, du côté de ma mère, un arrière-grand-père qui tenait un restaurant dans le Lower East Side et y côtoyait tout un tas de personnages douteux. Je me suis renseigné sur ce monde, et j’ai découvert un souteneur local qui s’appelait Max Hockstim. C’est ainsi qu’est né Bruno, ce personnage qui recrute à Ellis Island les femmes célibataires auxquelles on refuse l’entrée aux Etats-Unis et les enrôle dans son harem. Je trouvais que cette histoire pouvait être passionnante, si on l’alliait à l’expérience de l’immigration que mes grands-parents avaient vécue, ce sentiment déchirant d’avoir été arraché à l’Europe de l’Est. Émigrer pour les Etats-Unis était un processus plein de regrets et d’angoisse, et bien sûr d’impatience », a déclaré James Gray.
En 2013, le film a été présenté au Festival de Cannes dans le cadre de la Sélection officielle. Marion Cotillard a reçu le New York Film Critics Circle Award 2014 et le Toronto Film Critics Association Awards 2014 de la Meilleure actrice.
"Two Lovers" de James Gray
États-Unis, 2008, 1 h 42 mn
James Gray considère que c'est son film « le plus personnel ». Il « avait évoqué les racines juives russes de sa famille dans son tout premier film, Little Odessa (1994) ». Il « s’est inspiré de photos prises par son grand-père, arrivé de Russie à Ellis Island en 1923, ainsi que des anecdotes de l’un de ses arrière-grands-pères, tenancier de bar dans le Lower East Side à New York, à la même époque ».« Mes grands-parents sont arrivés aux Etats-Unis de Russie – ou d’Ukraine, selon l’époque dont on parle. Ils venaient d’Ostropol, une ville proche de Kiev. Les parents de ma grand-mère ont été assassinés par l’armée russe blanche pendant la guerre civile, lors d’un pogrom. Et en 1923, mon grand-père et ma grand-mère sont arrivés aux Etats-Unis en passant par Ellis Island. J’ai entendu, bien sûr, d’innombrables anecdotes sur Ellis Island, et le lieu m’a longtemps obsédé. J’y suis allé pour la première fois en 1988, avant la restauration de l’île. Tout était resté intact, comme figé par le temps. C’était une vision troublante, ces formulaires d’immigration à moitié remplis, répandus par terre… Ellis Island m’est apparue comme un endroit hanté par des fantômes, ceux de toute ma famille. J’ai donc conçu le projet d’un film qui viendrait de cette histoire. Et puis j’avais aussi, du côté de ma mère, un arrière-grand-père qui tenait un restaurant dans le Lower East Side et y côtoyait tout un tas de personnages douteux. Je me suis renseigné sur ce monde, et j’ai découvert un souteneur local qui s’appelait Max Hockstim. C’est ainsi qu’est né Bruno, ce personnage qui recrute à Ellis Island les femmes célibataires auxquelles on refuse l’entrée aux Etats-Unis et les enrôle dans son harem. Je trouvais que cette histoire pouvait être passionnante, si on l’alliait à l’expérience de l’immigration que mes grands-parents avaient vécue, ce sentiment déchirant d’avoir été arraché à l’Europe de l’Est. Émigrer pour les Etats-Unis était un processus plein de regrets et d’angoisse, et bien sûr d’impatience », a déclaré James Gray.
En 2013, le film a été présenté au Festival de Cannes dans le cadre de la Sélection officielle. Marion Cotillard a reçu le New York Film Critics Circle Award 2014 et le Toronto Film Critics Association Awards 2014 de la Meilleure actrice.
« James Gray, l'odyssée intérieure » de Claire Duguet
France, 2025, 52 min
France, 2025, 52 min
Production : Folamour
Sur Arte le 16 septembre 2026 à 22 h 42
Sur arte.tv du 01/04/2026 au 30/09/202
Disponible à partir du 09/09/2026
« The Yards » de James Gray
Etats-Unis, 2000, 111 min
Etats-Unis, 2000, 111 min
Production : Miramax, Industry Entertainment
Scénario : James Gray, Matt Reeves
Avec : Mark Wahlberg, James Caan, Charlize Theron, Ellen Burstyn, Faye Dunaway, Tony Musante, Steve Lawrence
Sur arte.tv du 01/04/2026 au 30/09/2026
Visuel : © DR
« La nuit nous appartient » de James Gray
États-Unis, 2007, 1 h 53 mn,
Production : 2929 Productions, Industry Entertainment
Producteurs : Nick Wechsler, Marc Butan, Mark Wahlberg, Joaquin Phoenix
Scénario : James Gray
Image : Joaquin Baca-Asay
Montage : John Axelrad
Musique : Wojciech Kilar
Avec Joaquin Phoenix (Robert Grusinsky/Bobby Green), Mark Wahlberg (Joseph Grusinsky), Eva Mendes (Amada Juarez), Robert Duvall (Burt Grusinsky), Moni Moshonov (Marat Buzhayev), Alex Veadov (Vadim Nezhinski)
Sur Arte le 12 juillet 2026 à 21 h
Sur arte.tv du 12/07/2026 au 18/07/2026
Visuels : © 2929 Productions
États-Unis, 2008, 1 h 42 mn
Production : 2929 Productions
Scénario : James Gray, Richard Menello
Avec : Joaquin Phoenix (Leonard Kraditor), Gwyneth Paltrow (Michelle Rausch), Vinessa Shaw (Sandra Cohen), Moni Moshonov (Reuben Kraditor), Isabella Rossellini (Ruth Kraditor), John Ortiz (Jose Cordero), Bob Ari (Michael Cohen), Elias Koteas (Ronald Blatte), Julie Budd (Carol Cohen)
Sur Arte les 07 août 2022 à 21 h, 11 août 2022 à 13 h 35, 19 août 2022 à 13 h 35
Sur arte.tv du 07/08/2022 au 13/08/2022
Visuels : © Wild Side Films
« The Immigrant » par James Gray
Etats-Unis, 2013, 110 min
Image : Darius Khondji
Montage : John Axelrad, Kayla M. Emter
Musique : Christopher Spelman
Production : Worldview Entertainment, Keep Your Head, Kingsgate Films
Producteur/-trice : James Gray, Anthony Katagas, Greg Shapiro, Christopher Woodrow
Scénario : James Gray, Richard Menello
Avec Marion Cotillard, Joaquin Phoenix, Jeremy Renner, Dagmara Dominczyk, Jicky Schnee, Angela Sarafyan
Sur Arte le 14 décembre 2016 à 20 h 55
Sur OCS City le 3 novembre 2017, à 9 h 45
Sur TCM Cinéma les 18 mars 2019 à 15 h 30, 22 mars 2019 à 11 h 30 et 28 mars 2019 à 17 h 25
Sur Ciné + Emotion les 21 janvier 2020 de 18h45 à 20h50, 23 janvier 2020 de 01h55 à 03h50, 25 janvier 2020 de 10h25 à 12h20, 31 janvier 2020 de 02h00 à 03h55
A lire sur ce blog :
Sur Arte le 14 décembre 2016 à 20 h 55
Sur OCS City le 3 novembre 2017, à 9 h 45
Sur TCM Cinéma les 18 mars 2019 à 15 h 30, 22 mars 2019 à 11 h 30 et 28 mars 2019 à 17 h 25
Sur Ciné + Emotion les 21 janvier 2020 de 18h45 à 20h50, 23 janvier 2020 de 01h55 à 03h50, 25 janvier 2020 de 10h25 à 12h20, 31 janvier 2020 de 02h00 à 03h55
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Les citations sur le film sont d'Arte et du dossier de presse.
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