Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 7 septembre 2026

« La dernière heure » de Joseph Safieddine

Arte diffuse sur arte.tv, YouTube et les chaînes sociales d’ARTE « La dernière heure », série franco-libanaise en six parties de dix minutes de Joseph Safieddine d’après la bande-dessinée de Joseph Safieddine et Cyril Doisneau (Editions Dupuis, 2023). « À peine arrivée dans le pays de ses origines pour les découvrir, Billie doit  repartir en urgence à cause d’une insurrection. Confinée avec son père (Mustapha) chez son grand-père (Bilal), affaibli par Alzheimer, elle n’a qu’une heure avant l’arrivée du véhicule de l’ambassade pour retrouver le passeport égaré de son père, pour plonger au milieu des secrets familiaux et comprendre les décennies d’exil qui hantent sa famille. »

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« À peine arrivée au Moyen-Orient pour découvrir le pays de ses origines, Billie, jeune femme de 25 ans, doit déjà faire face à l’urgence. Une insurrection éclate et précipite l’évacuation des ressortissants français. Coincée dans l’appartement de son grand-père, Bilal, avec son père, Mustapha, et Georges (Abdelhafid Metalsi), ami d’enfance du père de Billie, elle se retrouve plongée dans un huis clos sous tension, rythmé par les coupures de courant et les échos de tirs dans la ville. Complète ce tableau Zeina (Hiam Abbas), voisine impertinente et ancienne institutrice des deux hommes. »

« Affaibli par la maladie, son grand-père se perd entre le présent et ses souvenirs, ravivant malgré lui des fragments du passé. À mesure que l’attente s’installe, les tensions familiales émergent et les non-dits refont surface. Pourquoi son père a-t-il quitté le Liban son pays d’origine ? Que s’est-il joué dans cette famille marquée par l’exil ? »

« En l’espace d’une heure, Billie accède pour la première fois à une histoire familiale longtemps tue. Portée par les souvenirs transmis, elle remonte le fil de cette histoire complexe, alors même que le temps lui est compté pour quitter le pays. »

« À mesure que l’attente s’installe dans ce huis clos, les tensions émergent et les non-dits refont surface. Ayant grandi avec un père (campé par Mustapha Abourachid) exilé en France et qui a passé sa vie à fuir son passé, Billie (Sawsan Abès, vue dans Amours solitaires, Ourika, Rue des dames, Fils de), portée par ces trajectoires croisées, remonte le fil de son histoire, alors même que le temps lui est compté pour fuir. La jeune femme accède pour la première fois à une histoire familiale longtemps tue, et affronte les secrets qui ont façonné sa famille pour comprendre ce qui, depuis des décennies, les tient tous à distance. » 

« Un huis clos où le temps est un personnage à part entière, et dans lequel l’appartement devient le théâtre de discussions et disputes, entre coupures de courant, rafales de kalachnikov et souvenirs qui s’entrechoquent. »

Une série adaptée de la bande-dessinée de Joseph Safieddine et du dessinateur Cyril Doisneau (éditions Dupuis, 2023) Les Fusibles. « Dans une métropole anonyme d'un pays fragilisé, trois enfants jouent à « sauver la ville ». Trente ans plus tard, Abel s'est reconstruit en Europe et se tient loin de ses origines. Georges, resté au pays, le rejoint le temps d'un week-end. Il va le convaincre de rentrer pour être aux côtés de son père qui vit ses derniers jours. Un récit en quatre temps qui offre une réflexion sur l'identité, le déracinement et la transmission. »

« Pour sa première réalisation, le scénariste Joseph Safieddine (auteur la série en animation Été et avec Thomas Cadène de la websérie Fluide sur ARTE), adapte son roman graphique Les fusibles (Dupuis, 2023) en six épisodes brefs, qui explorent le thème du déracinement en jouant avec originalité de la forme du huis clos. Les fusibles, ici, ce sont les plombs qui ne cessent de sauter dans l'appartement familial à cause du réseau électrique capricieux. Mais ce sont aussi des êtres : le père de Billie, notamment, qui, voulant protéger sa fille, a pris sur lui toute la tension engendrée par l'exil, au point de nier ses origines. Contre l'oubli, Billie cherche à rétablir le courant. La série raconte cette quête dans un juste équilibre entre suspense, introspection et humour, emmenée par des personnages qui opposent aux circonstances une vitalité salvatrice, à l'image de la sage Zeina qu'interprète Hiam Abbass. L’urgence politique se mêle à l’urgence intime ».

Joseph Safieddine est né en France d’une mère française et d’un père libanais qui a refusé d'enseigner la langue arabe à ses enfants. Il aurait aimé tourner "à Tyr, dans ce Sud-Liban dont est originaire son père, au sein même de « cet appartement familial que j’avais reproduit dans ma bédé et qui a été pulvérisé lors des derniers bombardements », révèle le réalisateur, qui ne cache pas sa colère et son désarroi face aux événements qui secouent le Liban et Gaza." (L'Orient le jour, 22 août 2026)

Prix des lycéens - 17ème édition de Séries Mania (Sélection dans la section “Formats courts”)

Sur YouTube, Cracker l'époque a interviewé Joseph Safieddine et Sawsan Abès : "La dernière heure, ce que les pères nous laissent" (25 mars 2026). Le réalisateur a évoqué brièvement le "Liban Sud rasé" et allégué s'"être fait courser dans le métro" durant sa prime jeunesse.


« Billie arrive dans une ville du Moyen-Orient avec Mustapha, son père, pour rencontrer son grand-père qu'elle connaît à peine. Mais, au bout de deux jours seulement, ils doivent fuir le pays en proie à une violente insurrection qui embrase la ville. Dans l’appartement familial plongé dans le noir, En compagnie du vieux Bilal, désorienté par la maladie, ainsi que de Georges, l'ami d'enfance de Mustapha, et de Zeina, leur ancienne professeure de français, ils attendent le taxi que doit leur envoyer l'ambassade de France pour assurer leur évacuation. Au milieu de tirs, coupures de courant et tensions familiales, les souvenirs d’exil et non-dits ressurgissent. Peu à peu, Billie comprend les raisons de l'exil de son père… »

« Repliée dans la cuisine avec son père, son grand-père et Georges après des tirs près du salon, Billie découvre un passé familial enfoui. Tandis que Bilal confond présent et souvenirs, l’arrivée d’une voisine blessée ravive les liens avec le passé. La situation se tend dans l’appartement. »

« Au milieu des coupures de courant, Billie découvre un quotidien chaotique et complexe. L’arrivée de la voisine fait resurgir les liens du passé, tandis qu’un carnet retrouvé dans les affaires de Bilal intrigue Billie et la pousse à interroger son père sur son histoire. »

« L’annonce du départ de Georges pour la France cristallise les tensions avec Mustapha. Entre celui qui est resté pour s’occuper de Bilal et celui qui a vécu l’exil, les reproches explosent. Le passé refait surface, jusqu’à faire éclater une vérité intime et douloureuse. »

« Une explosion ravive chez Bilal des souvenirs liés à l’enfance de Mustapha. Billie tente de rassurer son grand-père en partageant sa passion pour le dessin avec lui. Puis elle découvre une vieille caméra dans la chambre de son père. Les images ouvrent une question restée sans réponse : qui est Sarah ? »  

« Le convoi de l’ambassade arrive en bas de chez Bilal. Alors que le départ se rapproche, Mustapha retrouve son passeport et affronte enfin son passé face à son père. Billie découvre un héritage familial qui éclaire son histoire. Entre adieux et hésitations, chacun se confronte à ce qu’il est prêt à quitter… ou à retenir. »


« Les retrouvailles, contraintes par les circonstances, d’une jeune Française avec une partie de sa famille au Moyen-Orient… Inspirée des souvenirs de Joseph Safieddine, créateur de la série, cette quête en huis clos révèle les non-dits et rétablit le lien entre générations. Par Jonathan Lennuyeux-Comnène »
.

« Un personnage de retour au pays, en quête de racines mal connues : le motif est classique. La série La dernière heure l'aborde pourtant de manière inattendue, puisque Billie, son héroïne, se voit contrainte de reprendre l'avion pour la France deux jours seulement après son arrivée au Moyen-Orient. Ces six épisodes d'une douzaine de minutes chacun racontent en temps réel l'heure qui les sépare, elle et son père, de ce retour précipité par les troubles qui agitent la ville où ils se trouvent. Une heure particulièrement dense où, dans l'urgence, les non-dits vont peu à peu se dissiper, éclaircissant le passé des uns et des autres, infléchissant leurs trajectoires. À l'origine de ce récit, il y a la propre histoire familiale du créateur de la série, Joseph Safieddine : "Pendant la guerre de juillet 2006 au Liban, une partie de ma famille s'est retrouvée sous les bombardements, en attente d'être évacuée. Je me trouvais, moi, à des milliers de kilomètres de là, dans le calme d'une banlieue parisienne. Comme Billie, j'éprouve le besoin de me rapprocher de cette histoire."

Coupures de courant
L'auteur avait déjà exploré le sujet à travers un roman graphique paru en 2023 aux éditions Dupuis, Les fusibles. Il a fait le choix d'en adapter uniquement la dernière partie : un huis clos dans l'appartement du grand-père de Billie, aux murs imprégnés d'une foule de souvenirs. Ce dispositif quasi théâtral concentre le drame dans l'espace et le temps, et en fait jaillir l'essentiel. L'exploration du passé paternel par Billie se mêle au suspense inhérent à la situation pour raconter la reconnexion des membres exilés de la famille avec leurs origines. Joseph Safieddine se souvient : "Toute sa vie, mon père s'est félicité d'avoir joué un rôle de fusible entre le Liban qu'il a fui et la France où j'ai été élevé. Dans une volonté presque schizophrène, il a mis à distance sa culture d'origine. Mais on ne peut pas nier le passé ; notre histoire nous rattrape toujours." Dans La dernière heure, les coupures électriques dues aux caprices du réseau plongent régulièrement l'appartement familial dans le noir. Contre l'oubli, la série explore différentes manières de rétablir le courant : par la parole enfin libérée ; par le dessin, vecteur magique de transmission ; par la cuisine, unique moyen de communier avec les siens pour le grand-père, Bilal, atteint de la maladie d'Alzheimer. Sans oublier le regard attentif de Zeina, sage amie de la famille interprétée par l'excellente Hiam Abbass, rempart de vitalité et d'humour face à l'adversité. »   


« La dernière heure » de Joseph Safieddine
France, Liban, 2026, 6x10’
Production : ARTE France, Escales Production, Interscoop
Producteurs : Mathurin Beauvert, Brieuc Dreano, Antoine Bertrand-Hardy
Coproduction : ARTE France, Escales et Interscoop
Adaptée de sa bande-dessinée Les Fusibles
Auteurs : Joseph Safieddine, Hélène Faure, Maud Konan
Scénario : Joseph Safieddine avec Hélène Faure et Maud Konan 
Musique : Samuel Hirsch 
Avec Sawsan Abès (Billie), Mounir Maasri (Bilal), Mustapha Abourachid (Mustapha), Abdelhafid Metalsi (Georges), Hiam Abbass (Zeina), Ilyana Zaouak (Sarah), Samy Metheni (Mustapha enfant), Aaron Dellal (Georges enfant), Lynn Adib (Nayla), Mustapha Safieddine (Chauffeur de l'ambassade), Éléna Bultot (Répondeur de l'ambassade), Domitille Safieddine (Voix de l'ambassade), Anne-Marie Safieddine (Michèle)
Dès lundi 7 septembre 2026 sur arte.tv, YouTube et les chaînes sociales d’ARTE 
Sur arte.tv du 07/09/2026 au 28/06/2029

dimanche 6 septembre 2026

La figue

La figue est un « faux fruit » du bassin méditerranéen, domestiqué depuis l'Antiquité et cité dans la Bible hébraïque.  Énergétique, riche en eau (85%), glucides, minéraux (potassium, fer, zinc, calcium, magnésium), antioxydants et en vitamines B3 et C, anti-inflammatoire, elle est « appréciée aussi pour ses vertus médicinales », notamment anti-infectieuses - transit intestinal favorisé - et contre le diabète, le cholestérol ainsi que les ulcères. Elle est consommée notamment lors de Roch HaChana (nouvel an juif), les 1er et 2 Tichri (12 et 13 septembre 2026). Arte rediffusera le 18 septembre 2026 à 18 h 50 « Les figues », documentaire réalisé par Tracy Kamphus.

La figue ou Ficus carica est le « faux fruit » du figuier. Elle n’est pas un fruit stricto sensu, mais un réceptacle renfermant des fleurs, et, au terme du processus de maturation, une infrutescence d’akènes (fruits secs à graine unique) dans une pulpe comestible. Un "figuier peut donner 100 kg fruits frais, soit 30 kg de fruits secs", et produire des figues jusqu'à trois fois par an.

Figues vertes (ou blanches) qui sèchent facilement, grises (ou rouges) et noires (ou violettes)… Les variétés femelles donnent une à deux récoltes par an. C’est un « fruit » domestiqué depuis l’Antiquité. 

Résistante à la sécheresse, la figue de Barbarie, appréciée notamment au Mexique et en Israël, orne des haies de jardins de résidences privées. Elle dépérit sous l'effet du puceron parasite Dactylopius opuntiae qui s'est répandu en Israël après son entrée dans des plantes non inspectées par les services idoines. Depuis 2018, le KKL-JNF a importé du Mexique les ennemis naturels de ce puceron : des scarabées et "des mouches prédatrices" (Asilidae).

Bible
Avec l’olivier, le grenadier et la vigne, le figuier est un des arbres bibliques.

Pour certains sages du Talmud, la figue est le « fruit défendu » de la Bible hébraïque. « De l’arbre de la connaissance du bien et du mal, tu n’en mangeras pas. Car du jour où tu en mangeras, sûrement tu mourras » (Genèse 2, 17), avait intimé Dieu. 

La source de cette interprétation ? Un autre verset (3, 7) de la Genèse : après avoir goûté le fruit défendu, Adam et Ève, nus, « se cousent des tuniques avec des feuilles de figuier » pour couvrir leurs corps. Interprétant des versets différents, d’autres sages du Talmud privilégient soit la vigne soit le blé comme « fruit défendu ». 

Alors pourquoi l’iconographie représente-t-elle traditionnellement ce « fruit défendu » par une pomme ? Rabbin du Mouvement Juif libéral de France (MJLF), Delphine Horvilleur précise que la Vulgate, traduction en latin de la Bible à la fin du IVe siècle, a désigné cet arbre en « lignum scientiae boni et mali ». Or, mali a un double sens : mal et pomme. 

La figue est consommée notamment lors de Roch HaChana (nouvel an juif), les 1er et 2 Tichri. Cette fête juive rappelle "la création d'Adam et Ève, créés à l'image divine, et dont descend l'humanité tout entière, et la ligature d'Isaac", fils d'Abraham et de Sarah, "quand l’Éternel refusa le sacrifice humain pour le sacrifice animal".

Fruit délicat
Dans les "Grèce et Rome antiques, les hommes aimaient offrir des figues fraîches aux Dieux" dans des temples magnifiques. Le sanctuaire d'Artémis, déesse de la fertilité, a été saccagé avec l'expansion chrétienne. Ses admirateurs ont continué à l'adorer par le culte marial (i.e. de la Vierge Marie).

Énergétique, anti-inflammatoire, riche en eau (85%), glucides, minéraux (potassium, fer, zinc, calcium, magnésium), antioxydants et en vitamines B3 et C, « appréciée aussi pour ses vertus médicinales », notamment anti-infectieuses - transit intestinal favorisé - et contre le diabète, le cholestérol et les ulcères, la figue, fraîche ou sèche, « constitue un aliment de base dans les pays du bassin méditerranéen où elle est appréciée aussi pour ses vertus médicinales ». Elle a un "goût de musc et de vanille". Elle "se gâte vite. Séchée, elle se garde longtemps". 

La figue a gagné les tables occidentales – au Château de Versailles, le potager du roi Soleil Louis XIV réunissait plus de 700 figuiers aux variétés distinctes – où elle est consommée pour agrémenter le plat principal, une pâtisserie, ou adoucie en confiture. Un délice.

Les natures mortes hollandaises du XVIIe siècle représentent la figue à la chair humide. Sa forme a une connotation érotique - un aspect féminin (bulbe) et un côté masculin (testicule) - qui imprègne ces tableaux.

Au XVIIIe siècle, le roi de Prusse Frédéric II a fait planter des figuiers à Potsdam. Au Palatinat, un vinaigre est fabriqué notamment avec des figues. Un "liquide délicieux à boire".

"C'est un fruit délicat, qui se combine avec la viande ou le poisson, avec des plats asiatiques en faisant une purée de figues. On remplace la tomate par la figue dans la tomate/mozzarella", explique le chef cuisinier Holger Jacobs. Il bénéficie d'une pépinière près de son restaurant.

Les branches peuvent être cuisinées comme légumes dans des ragoûts et salades, ou nourrir le bétail.

« Les figues »
« Voyage gourmand - Dans la cuisine de Lucie » est un magazine culinaire d’Arte. « Quand on aime cuisiner, on est parfois à court d’idées. De la bergamote aux roses ou aux asperges, la jeune cheffe Lucie Fischer-Chapalain décortique un à un les aliments, des plus courants aux plus inattendus. Elle nous en dévoile les vertus et les origines, sans oublier les petites recettes simples à reproduire chez soi. »

Dans ce cadre, Arte rediffusera le 18 septembre 2026 à 18 h 50 « Les figues », documentaire réalisé par Tracy Kamphus.

« À la croisée de la nature et de la culture, la figue a traversé les millénaires sans prendre une ride. Lucie Fischer-Chapalain met à l’honneur sa polyvalence en préparant des samossas épicés ainsi qu’une tartinade aux saveurs aigres-douces. »

« La culture de la figue remonte à 11 000 ans, bien avant celle du blé ou de l’orge. Ce fruit à la chair veloutée est un symbole d’art de vivre méditerranéen et de raffinement culinaire. »

« Sur l’île grecque d’Eubée, la famille Karava fait sécher ses figues issues de l’agriculture biologique selon la méthode traditionnelle. »

« Fait intéressant : chaque figue naît d’une symbiose unique avec une minuscule guêpe, seule espèce capable de polliniser les fleurs logées à l’intérieur du sycone, le réceptacle charnu qui accueillera également les fruits. »

« Les figues du mont Tomorr en Albanie »
« Les figues du mont Tomorr en Albanie » est un documentaire réalisé par Michaela Kirst et Martin Gronemeyer.

« Sur les collines qui entourent la ville de Berat, dans le centre de l'Albanie, les maisons traditionnelles en pierre sont bordées de figuiers. Ce documentaire suit le travail des agriculteurs de la région qui en récoltent les fruits, et offre un vaste panorama de la faune et la flore locales. » 

Turquie
« La figue, fruit du paradis » (Paradiesische Verführung. Die Feige) est un documentaire de Marlinde Krebs. 

En Turquie, Dudu Aslan vit aisément de la culture de la figue. Cette propriétaire se réjouit d'avoir vu ses vœux être exaucés. Au dessert des repas familiaux : des figues.

L'Institut public de la figue conseille les paysans, notamment dans la taille des figuiers, et tente de promouvoir une culture biologique. Les paysans se plaignent des prix trop bas d'achat de leurs figues.

Izmir, ancienne Smyrne où vivaient juifs, chrétiens et musulmans, a été longtemps une ville active dans le commerce. C'est le deuxième port de Turquie. La firme familiale Gabay sélectionne les figues sèches, les calibre, les vend. Une tonne de figues peut rapporter 2 500-6 000 dollars. "Ma famille a quitté l'Espagne voici cinq siècles. L'important est d'éviter toute interférence entre la famille et le travail", raconte Menashe Gabay qui la dirige. La famille juive Gabay se réunit dans sa demeure d'un quartier résidentiel à Izmir. Rivka, dont les ancêtres venaient de Pologne, est l'épouse de Menashe Gabay. Leur fille a épousé un Juif turc, et leur nièce un musulman turc bien accepté dans la famille Gabay. Barish Cen, premier petit-enfant, a le choix entre reprendre l'entreprise paternelle de cuir, ou celle de son grand-père : les figues.

L'exportation des figues rapporte un milliard de dollars à la Turquie. Dans les confiseries turques, se vendent des figues sèches et des doners aux figues truffés de pistaches.

« Le plus grand producteur de figues » (environ 260 000 tonnes), la Turquie, « exporte dans le monde entier ce fruit à l’odeur subtile qui a même inspiré des parfumeurs européens » : Roger & Gallet (Fleur de figuier), Diptyque (Philosykos), Symrise...

"Le figuier brise-roche"
Arte diffusa en 2019 "Le monde des arbres" (Wüste Wurzeln, starke Stämme), "Le figuier brise-roche" (Die Wunderbaum-Feige) réalisé par Dereck Joubert et Beverly Joubert.

"Gros plan sur cinq arbres emblématiques du continent africain, observés toute une année. Dans ce numéro : à Namaqua, en Afrique du Sud, un figuier plonge ses racines dans les versants d'une colline. Ce combattant, qui porte bien son nom, résiste aux conditions extrêmes, à la hausse des températures et à la recrudescence des sécheresses. Pour puiser l’eau dont il a besoin, ce figuier brise-roche a créé un réseau profond de racines durant un siècle."


« Les figues » de Tracy Kamphus
Allemagne, 2025, 31mn
Production : Berlin Producers, en association avec ZDF/ARTE
Sur Arte les 28 novembre 2025, 18 septembre 2026 à 18 h 50, 21 septembre 2026 à 7 h 50, 03 octobre 2026 à 2 h 30
Sur arte.tv du 17/09/2026 au 17/10/2026
Visuels : © Benjamin Wistorf, DR


« Les figues du mont Tomorr en Albanie » de Michaela Kirst et Martin Gronemeyer
Allemagne, 2024, 53 min
Coproduction : ARTE/ZDF, Sagamedia 
Sur Arte le 6 septembre 2026 à 5 h 45 
Sur arte.tv du 16/08/2026 au 13/11/2026


"Le figuier brise-roche" par Dereck Joubert et Beverly Joubert
Afrique du Sud, 2017
Sur Arte le 4 octobre 2019 à 8 h


« La figue, fruit du paradis », de Marlinde Krebs
2009, 44 min
Sur Arte les 24 septembre à 15 h 40, 8 octobre 2015 à 7 h 45 et 15 octobre 2015 à 10 h 25, 5 janvier 2018 à 13 h 15

Visuels :
© Merlinde Krebs Fernsehproduktion


A lire sur ce blog :
Les citations sont extraites d'Arte et du documentaire. Cet article a été publié le 22 septembre 2015, puis le :
- 24 janvier 2016. Ce 24 janvier 2016 au soir débuta Tou Bichevat ou Nouvel an des arbres ;
- 1er octobre 2016. Article republié à l'approche de Roch HaChana 5777 (nouvel an juif) les 1er et 2 Tichri (3 et 4 octobre 2016). Cette fête juive rappelle "la création d'Adam et Eve, créés à l'image divine, et dont descend l'humanité tout entière, et la ligature d'Isaac, quand l'Eternel refusa le sacrifice humain pour le sacrifice animal" ;
- 4 janvier et 7 septembre 2018, 3 octobre 2019

jeudi 3 septembre 2026

John Schlesinger (1926-2003)

John Schlesinger (1926-2003) était un acteur, scénariste, réalisateur - Un amour pas comme les autres, Darling chérie, Macadam Cowboy, Marathon Man - et producteur juif homosexuel  britannico- américain. Avec Tony Richardson et Karel Reisz, il est un des réalisateurs de la « nouvelle vague » britannique des années 1960 en réalisant des films sociaux ou ironiques sur le Swinging London, puis a eu une carrière hollywoodienne couronnée de succès, dont des Oscar. Arte diffusera le 7 septembre 2026 à 23 h 20 « Darling chérie » de John Schlesinger avec Dirk Bogarde, Julie Christie, Laurence Harvey et José Luis de Vilallonga.


« J'aime la surprise du rideau qui se lève, révélant ce qui se cache derrière. »
John Schlesinger.

John Richard Schlesinger (1926-2003) est né dans une famille bourgeoise juive à Londres (Royaume-Uni). D'origine allemande, son père a été médecin militaire, et sa mère violoniste. Agé de neuf ans, John Schlesinger se voir offrir son premier appareil photo.

Il a confié au journaliste Ian Buruma co-auteur du livre "Conversations with John Schlesinger" (Penguin Random House, 2007) : 
« Je savais qu'être juif était, d'une certaine manière, un désavantage, surtout si l'on était victime de harcèlement à cause de cela – et c'était mon cas...
J'ai eu une éducation religieuse assez particulière... Nous allions à la synagogue juive libérale – que nous surnommions « Cinémagogue » – le samedi. Je me souviens d'un matin assez dramatique, où le rabbin, une figure très respectée nommée Mattock, que j'appelais affectueusement Dramattock, s'apprêtait à prêcher lorsqu'un homme l'interrompit, cherchant manifestement à perturber l'office. Il avait probablement un lien avec Oswald Mosley, le célèbre fasciste de l'époque. Cet homme fut interrompu et escorté hors de la synagogue. La scène était très tendue, et une sorte de malaise s'abattit sur l'assemblée. Ce sentiment d'avoir vécu un événement hors du commun m'a profondément marqué. J'ai tenté de l'intégrer à la scène de la synagogue dans « Sunday Bloody Sunday</i>. Mais cela ne fonctionnait pas vraiment ; une bonne idée, malheureusement infructueuse. Je m'en souviens néanmoins comme du premier geste fasciste auquel j'ai été confronté.
Nous allions [à la synagogue] assez souvent pendant les vacances scolaires et certainement pour les grandes fêtes. Je suis le seul membre de la famille à avoir conservé, en quelque sorte, mon identité juive. J'apprécie mon lien avec la synagogue juive libérale. J'y vais encore pour les grandes fêtes.
Je n'ai pas fait de Bar Mitzvah. Parce que mes parents ne pensaient pas que c'était si important, je suppose. Après tout, tous les lieux de culte se valent. Je le regrette un peu. J'aurais aimé avoir une éducation plus juive.
#Question : Y avait-il un certain snobisme dans votre éducation, dans le sens où les Juifs anglo-saxons de la classe moyenne, en particulier d'origine juive allemande, étaient considérés comme supérieurs aux Juifs religieux de Russie et de Pologne – des gens moins assimilés ? N'était-il pas mal vu d'afficher trop ouvertement son judaïsme ?]
Je n'y voyais pas les choses ainsi à l'époque. J'imagine qu'il y avait des moments où l'on était gêné par des traits juifs peu flatteurs chez les autres. Je me souviens d'un ami d'école avec qui je donnais des projections de films, après lesquelles nous demandions aux gens de faire un don pour une œuvre de charité. Cet ami, qui s'appelait John Lazarus, disait toujours avec un fort accent juif : « Merci d'être venus, et il y a une boîte à la porte. » « Il y a une boîte à la porte » est devenu une sorte de blague récurrente.
On était certainement conscient que les Juifs avaient mauvaise réputation, oui. Même si je ne le voyais pas comme ça. C'était beaucoup plus personnel pour moi. C'est pour ça qu'ils me poursuivaient à l'école. Tu sais : « Poursuivons Schlesinger ! »
Durant la Deuxième Guerre mondiale, John Schlesinger s'engage dans l'armée britannique. Au sein du génie royal, il réalise des films sur le front et des tours de magie pour divertir les soldats. À la fin de son service militaire, il réalise des courts métrages jusqu'à sa libération des obligations militaires. 

Après ses études à l'université d'Oxford où il est membre de la troupe de théâtre, il débute comme comédien au théâtre et acteur au cinéma ainsi qu'à la télévision.

En 1956, il réalise un court métrage documentaire *Sunday in the Park* sur Hyde Park à Londres.

Avec Tony Richardson et Karel Reisz, il est un des réalisateurs de la « nouvelle vague » britannique des années 1960.

Financé par Nat Cohen (1905-1988) son court métrage documentaire Terminus (1961)  - 24 heures dans la gare Waterloo Station - est distingué par Le Lion d'or à la Mostra de Venise et le Prix de la British Academy of Film and Television Arts (BAFTA) du meilleur court-métrage.

Ses deux premiers longs métrages de fiction, Un amour pas comme les autres (A Kind of Loving, 1962), couronné par l'Ours d'or au Festival de Berlin l'année de sa sortie, et Billy le menteur (Billy Liar, 1963) décrivent la vie triste et ordinaire de gens simples du Nord de l'Angleterre. Son troisième film, Darling chérie (1965) oscarisé, porte un regard caustique sur le Swinging London. En 1967, il adapte le célèbre roman éponyme de Thomas Hardy, Loin de la foule déchaînée (Far from the Madding Crowd) avec Julie Christie, Terence Stamp et Alan Bates. En 1969, il réalise son plus grand succès, Macadam cow-boy (Midnight Cowboy) avec Dustin Hoffman et Jon Voight , récipiendaire des Oscars du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Dans sa filmographie, citons Un dimanche comme les autres (Sunday Bloody Sunday, 1971) avec Peter Finch, Glenda Jackson et Murray Head, Le Jour du fléau (The Day of the Locust, 1975), le thriller Marathon Man (1976), Yanks (1979) avec Richard Gere, Lisa Eichhorn et Vanessa Redgrave, Fenêtre sur Pacifique (Pacific Heights, 1990), A Question of Attribution (1991), réalisé pour la télévision, L'Innocent (The Innocent, 1993) avec Anthony Hopkins et Isabella Rossellini, et Un couple presque parfait (The Next Best Thing, 2000) avec Madonna et Rupert Everett 

Homosexuel, Schlesinger évoque l’homosexualité dans Macadam Cowboy, Un dimanche comme les autres et Un couple presque parfait.

Au théâtre, Schlesinger met en scène Timon d'Athènes (Timon of Athens) (1965) pour la Royal Shakespeare Company et la comédie musicale I and Albert (1972) au Piccadilly Theatre de Londres. Dès 1973, il est directeur associé du Royal National Theatre.

John Schlesinger réalise un court métrage pour le Parti conservateur britannique, durant les élections générales (législatives) de 1992 au Royaume-Uni. Il montre le Premier Ministre John Major à Brixton, ville de la banlieue sud de Londres où il grandi pour rappeler les origines humbles de ce politicien.

Cinémathèque française
En 2025, la Cinémathèque française a proposé une rétrospective de John Schlesinger. Journaliste et critique aux Cahiers du cinéma, Yal Sadat a écrit dans "John Schlesinger, vu de l'extérieur" :
 
« À quel moment l'œuvre d'un cinéaste européen exilé à Hollywood devient-elle viscéralement américaine ? Peut-être quand s'oublie l'extériorité de son regard. Qui tenterait de discerner un tel glissement dans le parcours de John Schlesinger en serait pour ses frais. Pourtant, l'Anglais pourrait sembler très yankee d'emblée : arrivé avec l'explosion du Nouvel Hollywood, où il s'implante plus solidement que Tony Richardson ou Karel Reisz – autres expatriés du Free Cinema né dans l'Angleterre des années 50 –, Schlesinger a laissé l'image d'un artisan raffiné comme les aime le business de là-bas. De là à dire qu'il se serait coulé dans le moule au point de devenir un faiseur hollywoodien comme un autre, il y a un pas à ne surtout pas franchir. La somme de ses films dessine une cohérence due à ce regard distancié sur les rêves et les hantises de l'Amérique, préservé jusqu'au cœur de l'industrie, comme s'il n'avait jamais cessé de filmer depuis une marge existentielle.

Des rêves qui swinguent
Sans appartenir au noyau dur du Free Cinema, pensé contre la production commerciale britannique (approche réaliste de sujets sociaux, indépendance financière), Schlesinger partage des traits communs avec ses figures cardinales. Il est né dans les années 1920 et grenouille d'abord au théâtre – non sans s'être engagé dans la British Army à la fin de la Seconde Guerre, et avoir dépeint le champ de bataille sous forme de courts essais documentaires. Il se produit sur les planches puis gagne sa vie à la BBC, tour à tour devant la caméra (comme second couteau) et derrière (comme documentariste).

Théâtralité et spontanéité naturaliste guident son passage au cinéma : Un amour pas comme les autres décrit la double peine d'une jeunesse ouvrière ployant sous la pression économique et la tradition familialiste. Mais dès Billy le menteur, il dévie de l'ornière réaliste de la nouvelle vague locale, en conservant un prisme marxiste. On entre de plain-pied dans des vies rêvées : Billy, aspirant scénariste coincé dans une banlieue grise, se voit à la tête d'empires et d'armées dans des flashs intempestifs. Quant aux désirs de la fausse ingénue de Darling chérie (Julie Christie), ils éclairent l'envers individualiste du Swinging London : la libération des mœurs sert sa cynique ascension vers les hautes sphères médiatiques.

Englishman in New York
De petits spécimens humains s'efforçant de s'élever, toujours plus haut et plus loin, à la seule force du fantasme : voilà ce que sont les antihéros de Schlesinger, qui lui aussi se voit ailleurs. Aux États-Unis, il n'est que davantage lui-même. Plutôt que de montrer patte blanche avec une pastorale en 70 mm (il a déjà donné à domicile avec Loin de la foule déchaînée), il embrasse son American Dream à travers celui, rabougri, de Jon Voight dans Macadam Cowboy – autre grand rêveur. Soudain, la stature d'un plouc naïf de l'Ouest parti faire le gigolo à New York renverse le point de vue du pays sur lui-même : ça, un cowboy ? Une mascotte faisandée, un objet sexuel, un emblème crypto-gay dont le désir de conquête finit sur le caniveau ?

Artiste, homosexuel, juif, exilé, l'auteur comprend l'isolement du redneck déçu, mal assorti à son compagnon d'infortune : Dustin Hoffman, rat des villes incarnant l'ethos néo-hollywoodien – bienvenue chez les recalés du conte de fées, parmi les corps qui ne font plus rêver. Schlesinger déshabille l'Amérique des parures qui lui permettent de se maquiller en mythe pop : scintillements de Manhattan, télé putassière, accoutrements pathétiques, du Stetson aux tenues balnéaires achetées pour partir en Floride, dernier horizon romantique quand New York vous a recraché. C'est vers ce même soleil floridien que file Beau Bridges dans L'Autoroute en délire. Lui qui écrit des contes pour enfants (encore un fabuliste, après Billy le menteur) ne trouve qu'un seul royaume enchanté : Ticlaw, bourgade qui se rêve en paradis touristique mais souffre d'être mal desservie par l'autoroute. Ce sera l'absurde casus belli d'une opération anti-vacanciers : les habitants entrent dans une révolte aussi bouffonne que la fable capitaliste qui maraboute ses représentants.

L'histoire en action
Dans cette Americana, Schlesinger épanouit son art camp de subvertir l'espace. Le Hollywood thirties est la vitrine contre laquelle se cognent les artistes frustrés du Jour du fléau, englués jusqu'au grotesque dans le glamour d'un L.A. photographié comme un purgatoire nébuleux. S'il est repassé par l'Angleterre, décomplexé au point d'assumer le triangle amoureux et bisexuel d'Un dimanche comme les autres (sujet scandaleux en 1971), c'est en revenant vers New York et Hoffman que Schlesinger ouvre un nouveau moment de son œuvre : les rêveurs se changent en paranos, et les fables tristes en thrillers cauchemardeux. Marathon Man suit un étudiant en histoire féru de jogging qui, à cause de son frère espion et de sa fiancée allemande, s'enlise dans une machination impliquant un ex-tortionnaire nazi venu récupérer un trésor de guerre (Laurence Olivier, monstrueux). Retour tangible de l'Histoire dans la vie d'un intello qui la théorise : la course récréative devient vitale, l'homme lambda du Nouvel Hollywood se change en homme d'action. Mais c'est une action subie, imposée par des forces obscures et par la marche de l'Histoire, dragons abstraits qu'on ne décapite jamais vraiment.

Schlesinger reconduit bien au-delà des seventies cette conception paranoïde du Mal, typique de la frange la plus à gauche du Nouvel Hollywood. Sociétés occultes (Les Envoûtés), enjeux d'espionnage concrets (Le Jeu du faucon, L'Innocent), machinerie judiciaire mise en pièces par une mère se faisant justice elle-même (Au-delà des lois)... Ce n'est pas un ennemi héréditaire (l'étranger, l'autre) qui menace l'individu, mais un système indiscernable et fascisant qui ronge la société de l'intérieur – idée en phase avec l'ambition de sa période anglaise : observer la causalité sociale des maux plutôt que chercher un coupable. L'action n'en est que plus fébrile, mise en scène avec un sens aigu du détail (inserts aussi signifiants qu'effroyables, décors expressionnistes dévolus aux combats). Serait-ce parce qu'il a su parler une langue épique comprise par Hollywood sans rien renier de l'empathie et de la distance critique héritées des radicales sixties anglaises que Schlesinger a tutoyé de si près les démons du peuple américain ? »

« Darling chérie »
Arte diffusera le 7 septembre 2026 à 23 h 20 « Darling chérie » de John Schlesinger. Version restaurée.

« En roue libre dans le Swinging London, une jeune mannequin papillonne et se heurte au vide existentiel. En noir et blanc, et avec un esprit "Nouvelle Vague", l'Anglais John Schlesinger offre un splendide écrin à Julie Christie. »

« La jolie Diana Scott plaque son gentil mari pour emménager avec Robert, un journaliste passionné de littérature. Mais elle épuise vite les joies de l'intelligentsia, et s'ennuie à mourir en regardant son compagnon travailler sur ses articles. Mannequin et actrice à ses heures, Diana fait des rencontres : Miles, un communiquant frivole, Malcom, un jeune photographe gay qu'elle traite en camarade, et un prince italien qui la supplie de l'épouser… Les relations avec Robert, seul homme qu'elle ait "vaguement aimé" et qui a quitté son foyer pour elle, tournent au vinaigre. »

« Après Billy le menteur et avant le magnifique Loin de la foule déchaînée, le réalisateur anglais John Schlesinger retrouve son égérie Julie Christie, justement oscarisée pour le rôle de Diana. L'actrice lui prête son élégance, son abattage, son côté caméléon, s'appropriant sans cesser d'être elle-même la fantaisie d'Anna Karina, la sensualité de Bardot ou le chic de Grace Kelly. »

« Influencée par la Nouvelle Vague, cette satire en noir et blanc du Swinging London dans les pas d'une jeune femme inconstante et narcissique, gourmande de l'instant présent mais incapable de s'en contenter, pourrait paraître misogyne si ce n'était précisément de son héroïne que le film tirait sa vitalité. »

« Sans oublier que le microcosme londonien, du lord pédophile au journaliste blasé en passant par un patronat lourdement patriarcal, en prend pour son grade au passage. »

« Sans aborder ouvertement le sujet de l'homosexualité qu'il traitera plus tard dans Macadam Cowboy, le cinéaste l'effleure à travers figurants et personnages secondaires, suggérant que d'autres modèles ou identités sont possibles. »

« Le personnage de Diana, hétérosexuelle insatisfaite, qui recourt à l'avortement, sujet brûlant à l'époque, participe de cette modernité. »

« Moins convaincant dans sa dénonciation des frivolités que par ce mélancolique portrait de femme et la balade qu'il offre, de l'Angleterre à l'Italie, dans les exubérantes années 1960, John Schlesinger fait encore ses gammes, mais signera bientôt des chefs-d'œuvre. »

Meilleurs actrice (Julie Christie), scénario original et costumes, Oscars 1966 – Meilleur film étranger en anglais, Golden Globes 1966 – Sélection "Cannes Classics", Festival de Cannes 2025

La version en ligne sera proposée uniquement en VOSTF, avec l'ajout d'une séquence de huit minutes – censurée à l'époque de la sortie du film.

"Macadam Cowboy" en 9 minutes »
« Blow Up », c’est « l'actualité du cinéma (ou presque). Chaque semaine, le magazine proposé par Luc Lagier pose un regard ludique et décalé sur le cinéma. »

Dans ce cadre, Arte diffuse sur son site Internet "Macadam Cowboy" en 9 minutes » de Luc Lagier.

« Et si, pour accompagner la rétrospective John Schlesinger qui vient de commencer à la Cinémathèque Française, nous revoyions l’un de ses films les plus célèbres, Macadam Cowboy, mais rapidement en 9 minutes précisément ? » 


« Darling chérie » de John Schlesinger
Royaume-Uni, 1965, 128 mn
Scénario : Frederic Raphael, John Schlesinger, Joseph Janni
Production : Appia Films
Producteur : Joseph Janni
Image : Kenneth Higgins
Montage : Jim Clark
Musique : John Dankworth
Costumes : Julie Harris
Avec Dirk Bogarde (Robert Gold), Julie Christie (Diana Scott), Laurence Harvey (Miles Brand), José Luis de Vilallonga (Prince Cesare della Romita)
Sur Arte les 7 septembre 2026 à 23 h 20, 19 octobre 2026 à 2 h 05
Sur arte.tv du 07/09/2026 au 06/10/2026
Visuels : © Studio Canal

"Macadam Cowboy" en 9 minutes » de Luc Lagier
 
France, 11 min, 2024
Auteur : Luc Lagier
Production : CAMERA LUCIDA PRODUCTIONS
Producteur : Jean-Stéphane Michaux
Disponible jusqu'au 03/10/2028