Le 14 mai 1941, dans la zone occupée par l’Allemagne nazie, la police française convoque, par un document vert, des Juifs étrangers à se rendre, avec un proche, dans divers locaux, dont le gymnase Japy dans le populaire XIe arrondissement de Paris. Elle arrête 3 700 hommes juifs, généralement polonais, tchécoslovaques ou apatrides. Amenés dans les camps du Loiret - Pithiviers et Beaune-la-Rolande -, ces juifs étrangers sont en quasi-totalité déportés et tués au camp nazi d'Auschwitz-Birkenau. Le photographe allemand Harry Croner a réalisé une série de clichés sur cette rafle. Sur ces faits : « 1941, les secrets de la rafle du billet vert » de Virginie Linhart et, au Mémorial de la Shoah, l’exposition « Imagesde la rafle du « billet vert ». Une découverte exceptionnelle pour l’Histoire ».
Entrée libre.
Le 14 mai 1941, dans la zone occupée par l’Allemagne nazie, la police française convoque, par un document vert, 6 694 Juifs étrangers, âgés de 18 ans à 40 ans, vivant en région parisienne, à se rendre, avec un proche, dans divers locaux, dont le gymnase Japy dans le populaire XIe arrondissement de Paris. Il s'agit selon ce document d'un « examen de situation ».
La police arrête 3 700 hommes juifs, généralement polonais, tchécoslovaques ou apatrides. Et elle invite leurs accompagnateurs, souvent leurs épouses, à leur apporter de la nourriture et des vêtements.
Du gymnase Japy, ces adultes Juifs sont amenés en bus à la gare d'Austerlitz et déportés par quatre trains spéciaux vers les camps d'internement du Loiret : environ 1 700 à Pithiviers et 2 000 à Beaune-la-Rolande. Peu parviennent à fuir.
La quasi-totalité est déportée par les premiers convois en juin et juillet 1942, et tuées au camp nazi d'Auschwitz-Birkenau (Pologne).
A l'aube des années 2010, 200 planches-contacts sur Paris durant l'Occupation nazie sont proposées à une foire à Reims. Cinq d'entre elles - environ une centaine de clichés -, évoquent la rafle "du billet vert" et la vie des Juifs internés dans les camps de Beaune-la-Rolande et de Pithiviers.
Un "brocanteur normand acquiert ces planches-contacts".
"Après avoir vu un documentaire sur la Deuxième Guerre mondiale, il entre en contact avec des collectionneurs qui décident de les donner au Mémorial de la Shoah à Paris."
"L'auteur de ces clichés serait Harry Croner, membre d'une Compagnie de propagande qui se trouvait ce jour-là avec Theodor Dannecker et des dirigeants allemands pour constater ces transferts et internements."
"Des photographies ont été publiées par la presse collaborationniste, gardées dans des fonds d'archives ou éditées dans des ouvrages historiques sans mention de leur auteur. L'une d'elles figure dans le film Nuit et Brouillard d'Alain Resnais (1956) ; on pensait qu'elle avait été prise à Pithiviers, et il a été établi qu'il s'agit de Beaune-la-Rolande".
Au Mémorial de la Shoah
Pour le 85e anniversaire de cette rafle, le Mémorial de la Shoah propose l’exposition « Images de la rafle du « billet vert ». Une découverte exceptionnelle pour l’Histoire ».
« Mémorial de la Shoah, septembre 2020. »
« Deux collectionneurs se présentent au service de la photothèque avec cinq planches-contacts photographiques contrecollées sur de grandes feuilles cartonnées. Parmi ces photographies, seules dix sont déjà connues des spécialistes du sujet et ont été publiées. Elles sont marquées d’une croix sur les planches originales. Les autres sont inédites. Il s’agit-là du reportage complet. »
« Un ensemble exceptionnel de 98 images revient au grand jour, 80 ans après les faits. Ce reportage documente la première arrestation massive de Juifs en France, la rafle du 14 mai 1941 dite du « billet vert », ordonnée par l’Occupant et organisée par les autorités françaises.
« Aujourd’hui, une exposition et un livre proposent au public de participer à l’enquête qui a permis de retrouver l’identité du photographe, Harry Croner, et de comprendre son « regard » sur ces événements tragiques, regard sur lequel la censure allemande s’est abattue, condamnant ces photographies historiques à un oubli de plus de 80 ans. »
« Les photos retrouvées sont présentées dans leur intégralité pour la première fois à Paris et à Berlin dans la ville du photographe Harry Croner. »
Le commissariat scientifique est assuré par Lior Lalieu, responsable de la photothèque du Mémorial de la Shoah, et Jean Marc Dreyfus, historien professeur à l’université de Manchester (Royaume-Uni), la coordination générale au Mémorial de la Shoah par Clara Lainé et Sophie Nagiscarde, la programmation autour de l’exposition par Julie Maeck, Louise Gurman-Dessauce, et Pomi Ahn.
En juin 2026, interviewé sur Radio Shalom par l'historienne Sandrine Szwarc, Jean-Marc Dreyfus a déclaré que la presse américaine s'intéressait à cette rafle et à ces planches-contacts : "Cela fait écho à la politique de Donald Trump envers les immigrés... On a les mêmes... "Venez pour vos contrôles d'identité", et puis les gens sont arrêtés. Et il y a un débat juridique en ce moment : "Est-ce qu'on a le droit d'arrêter le immigrés sans papier qui viennent en tribunal pour essayer de se faire régulariser ?" On n'est pas dans le cadre d'un génocide, etc. Mais on est là dans le cadre d'une politique très violente et qui n'est pas très fidèle aux droits de l'homme". Comment cet historien peut-il dresser un tel parallèle ? Comment peut-il procéder par des allégations infondées, non étayées de lois, jurisprudences, etc. ? Les Etats-Unis sont une démocratie gouvernée par des dirigeants issus d'élections libres et qui ont le droit de décider de la politique d'immigration dans leur pays, de faire procéder à l'arrestation des immigrés illégaux dont certains sont des criminels ayant commis des viols et assassinats, dont la présence exerce une baisse à la baisse sur les salaires, de sélectionner ceux des postulants à l'immigration en fonction des besoins des Etats-Unis, etc. Ce professeur est entré légalement au Royaume-Uni en respectant les procédures instituées par ce pays, et ce, sans contester le droit du gouvernement britannique de refuser des immigrés illégaux.
LA RAFLE DU “BILLET VERT”
« Le décret-loi promulgué par le gouvernement de Vichy le 4 octobre 1940 permet l’internement de Juifs étrangers pour la seule raison qu’ils sont juifs et étrangers. Ainsi, en 1941, trois grandes rafles se déroulent à Paris et provoquent l’internement de plus de 8 500 Juifs. La première a lieu le 14 mai 1941, à l’initiative des forces militaires allemandes en France et conduite dans le cadre de la collaboration franco-allemande. »
« La rafle du 14 mai 1941 est peu connue du grand public. La rafle du « billet vert » emporte avec elle, des pères, des frères et des époux. Cela commence avec une convocation émanant de la Préfecture de police et signée par le commissaire de police. »
« Elles se présentent sous forme d’un papier simple de petit format, de couleur verte pour la plupart : »
« Monsieur… est invité à se présenter, en personne, accompagné d’un membre de sa famille ou d’un ami, le 14 mai 1941 à 7 heures du matin au gymnase Japy. Prière de se munir de pièces d’identité. La personne qui ne se présenterait pas au jour et lieu fixés s’exposerait aux sanctions les plus sévères. »« Entre les 9 et 13 mai 1941, la police française envoie 6 494 convocations dans les foyers parisiens de Juifs étrangers. »
« Entre les 9 et 13 mai 1941, la police française envoie 6 494 convocations dans les foyers parisiens de Juifs étrangers. »
« Quelque 3 700 hommes obtempèrent et se rendent à la convocation, pour la plupart espérant une régularisation de leur situation. Ces hommes sont pour beaucoup en demande de naturalisation. »
« Le gymnase Japy concentre le plus grand nombre de personnes convoquées. Près de 800 personnes y seront convoquées le 14 mai 1941. Quelques heures plus tard, ils sont transférés dans les camps de Pithiviers et Beaune-la-Rolande via la gare d’Austerlitz. »
« Pour les familles, l’internement des « hommes du billet vert » pendant plus d’un an, c’est la perte de revenus, la solitude des mères et des enfants, l’angoisse du lendemain. »
« Un an plus tard, les femmes et les enfants présents ce jour-là, seront les victimes de la rafle du Vélodrome d’hiver, les 16 et 17 juillet 1942. Pour certains, ils seront arrêtés et déportés et pour les autres, c’est le commencement d’un exil douloureux, semé d’embuches et de drames. »
« Les photographies dévoilent le visage des hommes du “billet vert” mais aussi les femmes et les enfants qui les ont accompagnés ce jour du 14 mai 1941. Leur sort est très rarement évoqué. L’exposition leur restituera une existence et une résonnance bouleversante. »
QUI EST LE PHOTOGRAPHE ?
« Les cinq planches-contacts font partie d’une série de quelque 200 planches représentant pour la plupart des soldats allemands et des dignitaires nazis à Paris entre 1940 et 1941. Or les seuls photographes habilités à approcher les soldats allemands dans leurs entrainements et des personnalités nazis sont les photographes de la Propaganda Kompanie, la PK, créée par Joseph Goebbels, en 1938. »
« La PK est une unité combattante composée de photographes et cameraman professionnels, chargés non seulement de documenter les campagnes de la Wehrmacht, mais aussi de suivre certaines actions de répression dans les pays occupés. Les photos de la PK, une fois passée la censure, sont remises aux agences de presse collaborationnistes pour être publiées. »
« L’auteur du reportage de la rafle du « billet vert » est un certain Harry Croner, photographe de la PK entre 1940 et 1941. »
« Né le 16 mars 1903 à Berlin, Harry Croner est le fils d’un commerçant, Alfred Croner, et de Gertrud. En 1933, il ouvre son propre magasin de photos à Berlin-Wilmersdorf et devient photographe portraitiste. En 1940, il est enrôlé dans la Wehrmacht, dans les rangs de la Propaganda Kompanie, et est envoyé sur le front occidental. Dix-huit mois plus tard, alors qu’une purge a lieu dans les institutions nazies chassant les « demi- Juifs », Harry Croner est déclaré « inapte au service militaire », la Wehrmacht ayant découvert que son père Alfred est juif. Il rentre à Berlin et reprend ses activités jusqu’en mai 1943, où il est arrêté comme Juif et interné dans un camp de travail en France en mai 1944. À la Libération, ce sont les Américains qui le retiennent à leur tour prisonnier jusqu’en avril 1946, où il est libéré et peut alors rentrer à Berlin. »
« Il reprend ses activités de photographe dès 1947. »
« Croner devient un photographe très célèbre à Berlin. Il travaille pour les plus grands quotidiens allemands, Der Abend, Der Telegraf, le Berliner Morgenpost, le Welt am Sonntag et Der Tagesspiegel. Il photographie personnalités et stars de passage à Berlin, de John F. Kennedy à Ava Gardner en passant par Willy Brand, Claudia Cardinale, Orson Wells ou encore Klaus Kinski. »
« En janvier 1989, il remet aux archives de la ville de Berlin la totalité de sa collection, soit 350 000 clichés et près de 1,3 million de négatifs. »
« Découvrir la pellicule brute du photographe, 80 ans après les faits, avant que l’officier de censure n’ait effectué son travail de sélection et de propagande, nous permet de mettre en image le drame qui se joue alors. »
« Le regard du photographe est celui d’un officier de la Wehrmacht, et nous devons l’avoir à l’esprit lorsque nous regardons ces images. Il documente l’évènement avec ses codes de soldat allemand imprégné de l’idéologie nazie. Pourtant, ce photographe, demi-juif par son père, suit pendant deux jours, les hommes du billet vert, les immortalisent sur sa pellicule et nous laisse un témoignage bouleversant. Les scènes qu’il photographie sont des tableaux d’une densité extraordinaire, dont les niveaux de lectures impressionnent. »
Co-commissaire scientifique et responsable de la photothèque du Mémorial de la Shoah
« En quoi, la découverte de ces photos est unique en son genre ? Existe-t-il d'autres fonds similaires ?
Ces photos sont exceptionnelles, il n’existe aucun fonds similaire. L’iconographie de la Shoah en France est terriblement pauvre. Sur la rafle du Vel d’Hiv, qui emporte près de 13 000 hommes, femmes et enfants Juifs de France, il n’existe qu’une seule photo, celle des autobus garés devant le Vel d’Hiv, le 16 juillet 1942. Des 76 000 déportés Juifs de France, à ce jour, aucun centimètre de pellicule n’a été retrouvée. La censure allemande et française était telle qu’aucune photo ne semble avoir été prise de ces épisodes tragiques de la persécution des Juifs en France.
Pourtant, 80 ans après ressurgit un reportage complet de la première rafle des Juifs de France, celle du 14 mai 1941 à Paris, au gymnase Japy.
Comment pouvons-nous analyser ces photographies ? Que révèlent-elles ? Que montrent ces images ?
Le double regard d’un photographe allemand qui s’avère, après enquête, avoir des origines juives. Ces photos dévoilent la rafle du billet vert dans toute sa dimension tragique, le piège qui s’est refermé sur les hommes convoqués ce 14 mai 1941, les femmes et les enfants qui assistent impuissants à ce qui se déroule sous leurs yeux, pris eux-mêmes dans ce piège. Les protagonistes allemands, la police française et même les voisins, tous les acteurs ou témoins de la rafle, sont sur les images retrouvées.
Est-ce que l'enquête continue, avez vous découvert qui sont les personnes sur ces photos ?
L’enquête se poursuit. Nous sommes déterminés à retrouver les noms des hommes, des femmes et des enfants du « billet vert ». Les images retrouvées dévoilent pour la première fois leur visage. Leur sort est très rarement évoqué. L’exposition leur restituera une existence et une résonance bouleversante.
Les 3710 hommes arrêtés à Paris dans les différents lieux de convocation, sont transférés à la gare d’Austerlitz pour être internés dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande. Quatre convois de wagons de voyageurs sont formés, deux convois avec 2140 hommes vers le camp de Beaune-la-Rolande et deux convois avec 1570 hommes vers celui de Pithiviers. Ces convois arrivent le 14 mai dans l’après-midi. »
PROGRAMMATION AUTOUR DE L’EXPOSITION
Dimanche 10 mai - 14h Conférence inaugurale – « Les arrestations du billet vert »
« Le 4 octobre 1940, un décret-loi promulgué par le gouvernement Pétain autorise l’internement des Juifs étrangers. Entre les 9 et 13 mai 1941, la police française envoie 6 494 convocations sous la forme d’un simple petit papier de couleur verte. Le 14 mai 1941, quelque 3 700 hommes y répondent. Peu connue du grand public, la rafle du « billet vert » frappe pourtant durablement les Juifs de Paris. Il s’agit de la première vague d’arrestations massives visant pères, frères et époux. Arrêtés à leur arrivée au gymnase Japy, ils seront ensuite transférés vers les camps de Pithiviers et de Beaune-la- Rolande avant d’être déportés en Pologne. Les 16 et 17 juillet 1942, les premières victimes de la rafle du Vel d’Hiv seront les femmes et les enfants venus le 14 mai 1941 accompagner les hommes arrêtés.
En présence de Jean-Marc Dreyfus, historien, professeur à l’université de Manchester (Royaume-Uni). »
Dimanche 10 mai - 15h Conférence inaugurale – « 14 mai 1941 : images et récits d’une rafle »
« La découverte en septembre 2020 d’un reportage photographique contenant 98 images inédites de la rafle du « billet vert » a ouvert la voie à une meilleure connaissance de cet épisode de l’histoire de la Shoah en France. Depuis, les équipes du Mémorial ont identifié les lieux et les individus qui figurent sur ces photos, mais aussi leur auteur, un certain Harry Croner, photographe de la Propagandakompanie. Présenté pour la première fois au grand public, cet ensemble inédit redonne visage et corps aux acteurs et victimes du « billet vert », à l’image de Yankiel Zylberberg. Survivant d’Auschwitz et des marches de la mort, il est libéré le 10 mai 1945. Sa petite-fille, Laurie Cholewa, livre l’enquête qu’elle a menée sur le parcours de déportation de son grand-père, dans son ouvrage Pépé Jacques.
En présence de Laurie Cholewa, auteure de l’ouvrage Pépé Jacques (Robert Laffont, 2025), et Lior Lalieu, responsable de la photothèque du Mémorial et commissaire de l’exposition. En conversation avec Jean Marc Dreyfus, historien. »
Dimanche 10 mai - 17h30 Rencontre – "Salomon Buch, un jeune bundiste sous l’Occupation"
« À l’occasion de la parution d’Un serment à la vie de Salomon Buch, collection des mémoires de survivants de l’Holocauste de la Fondation Azrieli, 2025. Salomon Buch a 17 ans et vit dans le quartier juif de Belleville lorsque les Allemands envahissent la France. En 1941, son père est arrêté lors de la rafle du « billet vert ». Sur les conseils de ce dernier, Salomon fuit à Lyon, en zone libre. Le 16 juillet 1942, la rafle du Vel d’Hiv emporte le reste de sa famille, à l’exception de Denise, l’aînée de ses sœurs. Dans ce témoignage d’une hypermnésie saisissante, Buch nous livre son histoire et, avec elle, celle de tout un milieu subsistant aujourd’hui à l’état de traces : le Paris du Bund et de ses diverses organisations, dont les liens de solidarité ont perduré pendant et après la guerre.
En présence d’Annette Wieviorka, historienne et préfacière de l’ouvrage, et de Catherine Person, responsable de la Collection française de la Fondation Azrieli. En conversation avec Constance Pâris de Bollardière, historienne, directrice adjointe du George and Irina Schaeffer Center for the Study of Genocide, Human Rights and Conflict Prevention. »
UN LIVRE, UNE EXPOSITION
La rafle du billet vert. 14 mai 1941. Les photos retrouvées.
Textes de Lior Lalieu et Jean-Marc Dreyfus. Éditions Calmann Lévy - Mémorial de la Shoah, 2026, 176 pages, 22 €
« Il y a peu, le Mémorial de la Shoah acquiert 98 photos découvertes par deux collectionneurs. Ce reportage inédit détaille les étapes de la première arrestation massive de Juifs à Paris, il y a quatre-vingt-cinq ans. Cette rafle du 14 mai 1941 est peu connue du grand public. C’est pourtant la première étape de l’entreprise d’élimination des Juifs dans la France de Vichy. Des hommes, originaires d’Europe de l’Est, reçoivent de la préfecture de police une convocation sous la forme d’un billet vert pour « examen de situation ». Ne se doutant de rien, plus de la moitié s’y rend. 3 747 hommes se présentent ainsi dans différents lieux (commissariats, casernes, gymnases) de Paris. Ils seront transférés dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la- Rolande (Loiret) où ils resteront un an, avant d'être déportés à Auschwitz. Bouleversantes, les photos de cette souricière ainsi que de ses protagonistes : les officiels allemands, les policiers français, et les familles qui font leurs adieux. Troublantes aussi, quand on découvre qu’elles ont été prises par Harry Croner, photographe au service de la propagande nazie. Un témoignage précieux alors que les photographies de la « solution finale » en France sont quasi inexistantes. De la rafle du Vél d’Hiv, qui a emporté 13 000 personnes, il ne subsiste à ce jour qu’une seule image. »
Le Mémorial de la Shoah
Créé en 1943, rénové en 2005, le Mémorial de la Shoah est l’institution de référence en Europe sur l’histoire de la Shoah. Il comprend une exposition permanente consacrée à l’histoire de la persécution et du sauvetage des Juifs de France durant la Seconde Guerre mondiale et à l’enseignement de la Shoah ; des espaces dédiés aux expositions temporaires, le monument numérique, le mur des Justes, le mur des noms. À la fois centre d’archives, musée et lieu de mémoire, le Mémorial de la Shoah a pour mission de transmettre et enseigner l’histoire de la Shoah et plus généralement des génocides du XXe siècle.
Dans un contexte de montée du racisme et de l’antisémitisme, le Mémorial tient l’éducation comme puissant levier de la défense des valeurs démocratiques et engage des actions de sensibilisation pour lutter contre la haine, les préjugés et l’intolérance.
Aujourd’hui, le Mémorial de la Shoah comprend plusieurs sites : • Le Mémorial de la Shoah à Paris • Le Mémorial de la Shoah de Drancy • Le CERCIL Musée-Mémorial des enfants du Vel d’Hiv à Orléans • Le Lieu de mémoire au Chambon-sur-Lignon • Le Centre culturel Jules-Isaac à Clermont-Ferrand • La gare de Pithiviers • Le musée de Nice (futur musée du Mémorial de la Shoah) »
LE TRAVAIL D’ARCHIVES DU MÉMORIAL
« Le Mémorial de la Shoah mène une campagne nationale de recueil d’archives en interpellant le grand public sur la nécessité de sauvegarder tous types de documents privés de 1880 à 1948 pour l’aider dans sa mission de transmission et de sensibilisation à la prévention des crimes contre l’humanité. Pour les parisiens qui peuvent se déplacer au Mémorial de la Shoah, la collecte a lieu tous les mardis après-midi, de 14h30 à 17h30, sans rendez-vous préalable. Ces archives peuvent ensuite être consultées au centre de documentation du Mémorial de la Shoah à Paris : plus grand centre de recherche en Europe, de documentation et de sensibilisation sur l’histoire du génocide des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Le Mémorial de la Shoah préserve et transmet les archives de la Shoah depuis 70 ans. Il compte aujourd’hui plus de 40 millions de documents et d’articles, 450 000 photos – dont 22 000 photos des déportés juifs de France- et 80 000 ouvrages et périodiques. »
« 1941, les secrets de la rafle du billet vert »
France 5 diffusa le 14 mai 2023 à 22 h 55, dans le cadre de « La case du siècle », « 1941, les secrets de la rafle du billet vert », documentaire de Virginie Linhart. Une double enquête sur les faits et sur le photographe ayant photographié les Juifs arrêtés.
« Le 14 mai 1941, 3747 juifs étrangers sont arrêtés par la police parisienne. La rafle dite du billet vert doit son nom à la couleur de la convocation. Pour la première fois en France, on appréhende des juifs en vue de les déporter. »
"Une rafle voulue par l'occupant allemand, mais mise en œuvre par la police française."
"En 2021, une série d'une centaine de clichés inédits de la rafle des hommes Juifs d'origine étrangère de mai 1941 était révélée par le Mémorial de la Shoah. Ces cinq pellicules documentent cette matinée du 14 mai 1941, au cours de laquelle 3 747 hommes juifs d’origine étrangère ont été arrêtés et emmenés le jour même dans les camps d’internement de Pithiviers et de Beaune- la-Rolande. Détenus pendant plus d’un an, ils seront déportés pour Auschwitz en juin 1942".
« Plus de quatre-vingts ans après les faits, un reportage photo sans équivalent vient d’être miraculeusement retrouvé. »
Ce film "revient sur les conditions dans lesquelles ces photos ont été prises et ce qu'elles révèlent de cette opération, la première grande rafle menée en France. Il s'attarde sur la tragédie endurée par ces hommes et leurs familles et nous emmène jusqu’à Berlin pour retrouver la trace du mystérieux photographe qui a documenté le drame avec un regard si particulier."
« Comment ces photos sont-elles parvenues jusqu’à nous ? Pourquoi ont-elles été prises ? Qui a pu photographier la rafle avec une telle liberté d’action ? »
« Se pencher sur cette trouvaille inouïe, c’est raconter une rafle oubliée en filmant un corpus inédit qui redonne un visage aux premières victimes de l’extermination en France ».
Conférence
Le 24 mai 2016 de 16 h à 17 h 30, l'Hôtel de Ville de Paris proposa la conférence 75e anniversaire de la rafle du Billet vert. La préfecture de Police de Paris et la rafle du 14 mai 1941, avec Laurent Joly et Catherine Thion : "Laurent Joly, historien, directeur de recherche au Cnrs, examine l’arrière-plan administratif et politique de la rafle parisienne du 14 mai 1941 : le choix du mode opératoire, l’exploitation des fichiers du "service juif" de la préfecture de Police et la mise en œuvre concrète de l’opération. Les hommes arrêtés le 14 mai 1941, dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, du premier jour aux déportations par Catherine Thion, historienne, chargée de recherches au Cercil, s’intéresse aux premiers jours de l’internement de ces hommes et à leur vie au camp pendant plus d’un an, jusqu’à leur déportation".
Le 24 mai 2016 de 16 h à 17 h 30, l'Hôtel de Ville de Paris proposa la conférence 75e anniversaire de la rafle du Billet vert. La préfecture de Police de Paris et la rafle du 14 mai 1941, avec Laurent Joly et Catherine Thion : "Laurent Joly, historien, directeur de recherche au Cnrs, examine l’arrière-plan administratif et politique de la rafle parisienne du 14 mai 1941 : le choix du mode opératoire, l’exploitation des fichiers du "service juif" de la préfecture de Police et la mise en œuvre concrète de l’opération. Les hommes arrêtés le 14 mai 1941, dans les camps de Pithiviers et de Beaune-la-Rolande, du premier jour aux déportations par Catherine Thion, historienne, chargée de recherches au Cercil, s’intéresse aux premiers jours de l’internement de ces hommes et à leur vie au camp pendant plus d’un an, jusqu’à leur déportation".
La rafle du billet vert. 14 mai 1941. Les photos retrouvées. Textes de Lior Lalieu et Jean-Marc Dreyfus. Éditions Calmann Lévy - Mémorial de la Shoah, 2026. 176 pages. 22 €
17, rue Geoffroy-l’Asnier. Paris 4e
Tél. : 01 42 77 44 72
Ouverture de 10h à 18h Tous les jours, sauf le samedi
Nocturne jusqu’à 22h le jeudi
Entrée gratuite
Visuels :
Photo de couverture : séparation d’un couple par des policiers français pendant de la rafle du « billet vert », 14 mai 1941 © Mémorial de la Shoah.
Conception graphique de l’affiche : Hélène Degout.
IN SITU copyright Photo Yonathan Kellerman
Rafle billet vert_Gymnase Japy, Paris-14 mai 1941_habitants du quartier assistent au sort réservé à leurs voisins (c) Mémorial de la Shoah
Rafle billet vert_Intérieur du Gymnase Japy, Paris-14 mai 1941-Juif arrêtés parqués dans les gradins (c) Mémorial de la Shoah
Harry Croner @Musée de la ville de Berlin
Rafle billet vert_Gymnase Japy, Paris-14 mai 1941_hommes arrêtés quittent le gymnase en bus pour la gare d Austerlitz (c) Mémorial de la Shoah
Rafle billet vert_Gymnase Japy, Paris-14 mai 1941_familles séparées des hommes convoqués pour 'examen de controle' (c) Mémorial de la Shoah (2)
« 1941, les secrets de la rafle du billet vert » de Virginie LinhartFrance, 2022, 61 minutes
Produit par Muriel Meynard - Agat Films & Cie, en coproduction avec Le Mémorial de la Shoah
Avec la participation de France Télévisions, Histoire TV, du CNC et du ministère des Armées – Secrétariat général pour l’administration – Direction de la mémoire, de la culture et des archives
Avec le soutien de La Fondation pour la Mémoire de la Shoah, de la Procirep - Société des producteurs et de l'Angoa, la région Ile-de-France
Ecrit par Virginie Linhart en collaboration avec Laurent Joly
Conseiller historique : Laurent Joly
Narration : Caroline Ferrus
Montage : Laure-Alice Hervé
Musique originale : Jérôme Lemonnier
Sur France 5 le 14 mai 2023 à 22 h 55
Visuels :
© Agat Films
© Harry Croner - Mémorial de la Shoah, Paris
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Les citations sont extraites du dossier de presse. Cet article a été publié le 14 mai 2023.








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