Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 26 août 2026

« Une voix venue du désert : le Grand Rouleau d’Isaïe »

Le Musée d’Israël à Jérusalem (Israël) propose l’exposition « A Voice from the Desert: The Great Isaiah Scroll » (« Une voix venue du désert : le Grand Rouleau d’Isaïe »). « À l’occasion du 60e anniversaire du Musée d’Israël, à Jérusalem, le Grand Rouleau d’Isaïe, un des manuscrits trouvés près de la mer Morte, est exposé dans son intégralité – une occasion unique de découvrir le manuscrit biblique le plus complet jamais découvert. » Isaïe est le premier des grands prophètes dans les Nevi'im (« Prophètes »). Livre du Tanakh ou Bible hébraïque, le Livre d'Isaïe ou Livre d'Ésaïe évoque l'histoire du peuple Juif, sa déportation à Babylone, puis son retour en Eretz Israël et la reconstruction du Temple de Jérusalem sur l'ordre du roi achéménide Cyrus II. Le christianisme y perçoit l'annonce du Messie.

Les chrétiens en "Palestine"
« Gaza, la vie » par Garry Keane 

Depuis décembre 2025, le Musée d’Israël, à Jérusalem, célèbre le 60e anniversaire de son ouverture.

« Fait extrêmement rare, il présente l’intégralité du « Grand Rouleau d’Isaïe », le manuscrit biblique le plus complet parmi les manuscrits de la mer Morte. Pour bon nombre des dizaines de milliers de visiteurs attendus qui viendront admirer ce rouleau, ce sera peut-être la seule occasion de le voir de toute leur vie. »

« La découverte des manuscrits de la mer Morte, les plus anciens manuscrits de la Bible hébraïque encore existants, marque un tournant dans l’étude de l’histoire du peuple juif dans l’Antiquité ; jamais auparavant un trésor littéraire et historique d’une telle ampleur n’avait été mis au jour. Ces découvertes remarquables mettent en lumière une période fondatrice de l’histoire humaine qui enrichit considérablement notre connaissance de la société juive en Terre d’Israël durant les périodes hellénistique et romaine, ainsi que des origines du judaïsme rabbinique et du christianisme primitif. Elles sont donc devenues un incontournable de l’itinéraire de tout visiteur de l’État d’Israël. »

« Les manuscrits de la mer Morte ont été découverts entre 1947 et 1956 dans onze grottes situées près de Khirbet Qumran, sur la rive nord-ouest de la mer Morte. Vieux d’environ 2 000 ans, ils datent du IIe siècle avant l’ère commune au Ier siècle de notre ère. Le plus remarquable de ces manuscrits est sans aucun doute le Grand Rouleau d’Isaïe. Avec ses 7,17 mètres, le Grand Rouleau d’Isaïe est le plus long et le mieux conservé de tous les rouleaux bibliques. Ses 54 colonnes contiennent l’intégralité des 66 chapitres de la version hébraïque du Livre d’Isaïe. Datant d'environ 125 avant J.-C., il est également l'un des plus anciens des manuscrits de la mer Morte, antérieur d'environ mille ans aux plus anciens manuscrits de la Bible hébraïque que l'on connaissait avant la découverte des manuscrits de la mer Morte. » « Il se compose de 17 feuilles cousues ensemble, mais devait sans doute, à l’origine, se présenter en deux parties. »

Découvert par « des bergers bédouins dans une grotte, non loin de l’ancienne Qumran, en 1947, avec les manuscrits de la mer Morte, ce Grand Rouleau d'Isaïe a été vendu à un antiquaire, puis à l’archevêque syrien de l’Église syriaque orthodoxe de Jérusalem, Athanase Yeshue Samuel, le manuscrit fut racheté anonymement par Israël, en 1954, lorsque l’archevêque le rapporta à New York dans l’espoir de lui trouver un nouvel acquéreur. »

« Le Grand Rouleau d’Isaïe est conservé au Sanctuaire du Livre du Musée d’Israël, construit spécialement pour abriter les sept premiers manuscrits de la mer Morte. Conçu par les architectes américains Armand P. Bartos et Frederic J. Kiesler, il a été inauguré lors d’une cérémonie grandiose le 20 avril 1965, un mois avant le reste du musée. L’année 2025 marqua donc le 60e anniversaire du Sanctuaire du Livre ainsi que celui de l’ouverture du Musée d’Israël – une occasion idéale pour exposer le Grand Rouleau d’Isaïe et le faire découvrir à nos publics variés, de tous âges, de toutes religions et de tous horizons, tant locaux qu’internationaux. »

« Bien que le Grand Rouleau d’Isaïe soit considéré comme le joyau du Sanctuaire du Livre, seule une petite partie du rouleau original est généralement exposée. Cela s’explique par des contraintes de conservation qui n’existaient pas lors de la conception du Sanctuaire dans les années 1960. Le Rouleau a été retiré pour être entreposé en 1968 ; depuis lors, les visiteurs ne peuvent voir qu’un fac-similé du rouleau complet au centre du Sanctuaire, ainsi qu’une petite partie du rouleau original dans une vitrine latérale. Cette exposition constitue donc une occasion unique de voir le Rouleau dans son intégralité. À cette occasion historique, le Grand Rouleau d’Isaïe est exposé en place d’honneur dans la galerie Bella et Harry Wexner, située au cœur du musée, un espace d’exposition devant lequel passent pratiquement tous les visiteurs du musée. »

Lors de l'inauguration de l'exposition, le Président Isaac Herzog a déclaré : « Devant de tels fragments de parchemin, petits ou grands, revêtus d’une écriture ancienne, on prend conscience que tout ne commence pas avec nous... Il y a une continuité, une tradition, des racines ; une longue chaîne de générations, une histoire écrite et transmise, génération après génération, au fil de l’histoire de notre peuple. »

Hagit Maoz, conservatrice des Manuscrits de la mer Morte et commissaire de l'exposition, et Isaac Herzog « ont rappelé qu’un grand nombre de versets d’Isaïe faisaient partie intégrante de l’éthique moderne juive et israélienne, que ce soit « La nation ne lèvera pas l’épée contre la nation », gravée dans le bureau d’Herzog, à « Réconforte, ô réconforte mon peuple. »

« Isaïe est cité 66 fois dans le Nouveau Testament, et il est considéré comme l’un de ceux qui annoncent vraiment la venue du Messie », a précisé Hagit Maoz. 

Parcours de l’exposition
« L'exposition propose une nouvelle approche du Rouleau, en l'examinant à la fois comme un objet archéologique et comme une création historique unique. La visite permet de découvrir les matériaux qui composent le Rouleau ainsi que les traces de son utilisation dans l'Antiquité, avant son dépôt dans la grotte. Cette analyse approfondie offre aux visiteurs un aperçu de la fabrication du Rouleau et de son essence même : le contenu intemporel et profond qu'il renferme. Conçue de manière à mettre en lumière le Rouleau pour les chercheurs, les profanes et les visiteurs de tous âges, de tous horizons et de toutes confessions, l’exposition a pour objectif principal de toucher le plus grand nombre possible de personnes à travers le monde, tant en présentiel qu’en ligne, en encourageant une interaction personnelle avec le Rouleau. »

L'exposition « emmène les visiteurs dans un voyage personnel unique, qui débutera dans le désert de Judée, sous un soleil éblouissant, face aux falaises abruptes de la grotte n° 1, située sur la rive nord-ouest de la mer Morte, où les sept premiers rouleaux ont été découverts. En pénétrant dans l'obscurité de la grotte, les visiteurs vivent par eux-mêmes l'incroyable histoire de la découverte des sept premiers rouleaux, parmi lesquels figure le Grand Rouleau d'Isaïe.

Le parcours se poursuit en retraçant le chemin emprunté par le rouleau et en retraçant les mains par lesquelles il est passé, jusqu’à son arrivée, en 1965, au Sanctuaire du Livre du Musée d’Israël. »

Ce « parcours personnel proposé aux visiteurs culmine avec la possibilité de découvrir l’intégralité du Grand Rouleau d’Isaïe, long de plus de sept mètres, dans toute sa splendeur – offrant ainsi à beaucoup la chance de découvrir pour la toute première fois ce manuscrit monumental ».

« Dans la section suivante de l'exposition, l'accent est mis sur les résultats de nouvelles recherches qui ont permis de mieux comprendre l'utilisation du rouleau dans l'Antiquité. Les recherches novatrices qui ont conduit à cette exposition dévoileront au public des secrets concernant la création du rouleau, ses matériaux et sa fonction. Ces découvertes offrent un aperçu sans précédent de la manière dont le rouleau était utilisé et conservé par la communauté antique. Outre l’exploration des aspects physiques et historiques du rouleau, l’exposition met également en avant la valeur et la signification considérables de son contenu écrit. Les visiteurs ont l’occasion d’approfondir leur compréhension de l’identité du scribe et de la nature du texte lui-même, en soulignant son importance et son impact. L’exposition aborde et souligne l’importance du rouleau tant pour le judaïsme que pour le christianisme, tout en présentant des citations et des prophéties bien connues tirées du Livre d’Isaïe, dont beaucoup sont devenues des pierres angulaires de la civilisation judéo-chrétienne et font désormais partie du langage courant. »

« La plus célèbre d'entre elles est sans doute la vision d'Isaïe d'une paix universelle à la fin des temps : « Ils forgeront leurs épées en socs et leurs lances en serpes ; une nation ne lèvera plus l'épée contre une autre, et l'on ne connaîtra plus la guerre. » (2, 4). »

La commissaire de l’exposition est Hagit Maoz, conservatrice des Manuscrits de la mer Morte et directrice du Sanctuaire du Livre, et les conseillers scientifiques sont le Prof. Marcello Fidanzio, le Prof. Noam Mizrahi et la Dr Charlotte Obeid.

La Bible hébraïque

Le Tanakh est la Bible hébraïque. C'est l'acronyme de l’hébreu « תּוֹרָה - נביאים - כתובים », en français : « Torah (la Loi ou Pentateuque) - Nevi'im (les Prophètes) - Ketouvim » (les Écrits saints ou Hagiographes), formé par l'initiale du titre de ces trois parties constituant la Bible hébraïque. 

Il contient vingt-quatre livres, dont les cinq livres de la Torah.
La Torah comprend :
1. Bereshit (בראשית, « Au commencement » / Genèse) ;
2. Shemot (שמות, « Noms » / Exode) ;
3. Vayiqra (ויקרא, « Et Il appela » / Lévitique) ;
4. Bamidbar (במדבר, « Dans le désert » / Nombres) ;
5. Devarim (דברים, « Paroles » / Deutéronome).

Les Nevi'im (נביאים, « Prophètes ») sont :
Neviim rishonim (נביאים ראשונים, « Premiers prophètes ») :
6. Yehoshoua (יהושע, Josué) ,
7. Shoftim (שופטים, Juges) ,
8. Shemouel (שמואל, Livres de Samuel – I et II) ,
9. Melakhim (מלכים, Livres des Rois - I et II) ;
Neviim aharonim (נביאים אחרונים, « Derniers prophètes ») :
10. Yeshayahou (ישעיהו, Isaïe) ,
11. Yrmeyahou (ירמיהו, Jérémie) ,
12. Yehezqel (יחזקאל, Ézéchiel) ,
13. Trei Assar (תרי עשר) :
I. Hoshéa (הושע, Osée) ,
II. Yoël (יואל, Joël) ,
III. Amos (עמוס, Amos) ,
IV. Ovadia (עובדיה, Abdias) ,
V. Yona (יונה, Jonas) ,
VI. Mikha (מיכה, Michée) ,
VII. Nahoum (נחום, Nahum) ,
VIII. 'Havaqouq (חבקוק, Habacuc) ,
IX. Tsephania (צפניה, Sophonie) ,
X. Haggaï (חגי, Aggée) ,
XI. Zekharia (זכריה, Zacharie) ,
XII. Malakhi (מלאכי, Malachie).

Les Ketouvim (כתובים, « Écrits ») consistent en :
14. Tehilim (תהילים, « Louanges » / Psaumes) ;
15. Mishlei (משלי, « Paraboles » / Proverbes) ;
16. Iyov (איוב, Job) ;
17. Shir Hashirim (שיר השירים, Cantique des cantiques) ;
18. Routh (רות, Ruth) ;
19. Eikha (איכה, « Où » / Lamentations) ;
20. Qohelet (קהלת, « Prédicateur » / Ecclésiaste) ;
21. Esther ((אסתר ;
22. Daniel (דניאל) ;
23. Ezra-Nehemia (עזרא ונחמיה, Ezra wuNekhem'ya, Esdras et Néhémie) ;
24. Divrei Hayamim (דברי הימים, Chroniques - I et II).

Par le Pasteur Gérald Fruhinsholz

« Le manuscrit d’Ésaïe a réduit au silence les sceptiques.
Des critiques prétendaient que la Bible avait été modifiée au fil des siècles. La découverte de Qumrân a bouleversé ces affirmations. Le rouleau d’Ésaïe est daté d’environ 150 ans avant l’ère commune.
Or, lorsqu’on le compare au texte hébreu (massorétique) transmis jusqu’à nos Bibles modernes, la fidélité est tout simplement remarquable.
Il existe quelques variantes d’orthographe, quelques différences de copie, comme dans tout manuscrit ancien.
Mais le message, les prophéties, les promesses, tout demeure.
Quel autre livre ancien peut revendiquer la remarquable fidélité de transmission des Écritures sur plus de deux millénaires ?
Le prophète Ésaïe a écrit :
« L’herbe sèche, la fleur tombe, mais la parole de notre Dieu subsiste éternellement » (Ésaïe 40 :8).
Pendant 2 000 ans, ce rouleau est resté caché dans une jarre, au cœur du désert de Judée.
Les empires se sont succédé, Rome a disparu, les royaumes sont tombés.
Mais la Parole de Dieu attendait son heure car Dieu veille sur Sa Parole. Au moment choisi, elle est ressortie intacte.
Un signe pour notre génération
En contemplant ce parchemin de plus de 7 mètres, nous voyons le témoignage de Celui qui tient Ses promesses et conduit l’Histoire.
La découverte du rouleau d’Ésaïe à la veille de la renaissance d’Israël offre au croyant une image saisissante.
Tandis qu’Israël retrouvait sa place parmi les nations, le monde retrouvait aussi l’un des plus anciens témoins de la véracité des Écritures.
Pour nous qui avons eu le privilège de voir de nos yeux ce manuscrit exceptionnel, nous croyons que si Dieu a préservé Sa Parole durant 20 siècles, Il accomplira également tout ce qu’Il a promis. Et le rouleau d’Ésaïe, silencieux depuis plus de 2 000 ans, continuera encore de proclamer cette vérité.
« Je suis Dieu, et il n’y en a point d’autre, Je suis Dieu, et nul n’est semblable à moi. J’annonce dès le commencement ce qui doit arriver, et longtemps d’avance ce qui n’est pas encore accompli » –Ésaïe 46:9 GF♦  »


Du 24 février au 3 octobre 2026
A la Bella and Harry Wexner Gallery
POB 39281
Jerusalem, 9139102
Israel
Tel: 972-2-670-8811
Fermé le dimanche
Lundi, mercredi de 10 h à 16 h
Mardi de 16 h à 20 h
Jeudi et samedi de 10 h à 18 h
Vendredi de 10 h à 14 h
Visuels :
Installation views
© The Israel Museum, Jerusalem, by Elie Posner
Images of the Great Isaiah Scroll
The Great Isaiah Scroll (detail). Photo © Giorgio Skory, The Israel Museum, Jerusalem


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mardi 25 août 2026

Jacques Haïk (1893-1950)

Né à Tunis (Tunisie), Jacques Haïk (1893-1950) était un pionnier de l’industrie cinématographique française, du cinéma muet au parlant, un important producteur de cinéma (Les Films Régent), distributeur et exploitant français de films dans l’entre-deux-guerres. Il a conçu à Paris le Rex, le plus grand cinéma d’Europe et doté d'une façade Art Déco, ainsi que l’Olympia. Il a introduit et popularisé en France Charles Chaplin en nommant son personnage Charlot. Il est fragilisé par la crise économique de 1929. Durant la Deuxième Guerre mondiale, persécuté comme Juif – spolié de ses biens - sous le régime de Vichy, réfugié en Tunisie, il contribue à la propagande des Forces françaises libres dès 1943. Après 1944, il s’efforce de récupérer ses biens. Arte diffuse sur son site Internet « Le Grand Rex, Paris » d’Axel Fuhrmann.


Jacques Haïk est né en 1893 dans une famille juive - son père est rabbin -, modeste et nombreuse - 14 enfants - à Tunis (Tunisie). Il est scolarisé au prestigieux
 lycée Carnot puis au lycée Émile-Loubet.

Au décès de son père en 1902, sa mère quitte la Tunisie pour la France en espérant là-bas y améliorer sa vie. Ses enfants les plus âgés partent les premiers, puis les plus jeunes suivent.

Admirateur de Louis Lumière, Jacques Haïk songe à devenir réalisateur de films. Il exerce divers métiers dans des maisons de commerce et d'assurance.

Agé de 17 ans, il est recruté comme interprète à la Western Import Company, filiale parisienne d’une société londonienne importatrice de films américainsEn 1913, ce vingtenaire en devient le représentant général. Sous sa houlette, cette firme importe au début du XXe siècle les films de Charles Chaplin en France, et Jacques Haïk nomme le personnage principal du surnom de « Charlot ».

Concessionnaire indépendant de majors américaines, il produit ses premiers films muets. En 1924, il fonde la société des "Etablissements Jacques Haïk" et produit des films.

Située 28 boulevard des Capucines, dans le 9e arrondissement de Paris, presqu'à mi-chemin entre l'Opéra et la Madeleine, l’Olympia est une salle de spectacles construite en 1888 à l'initiative de Joseph Oller, fondateur du Pari mutuel et du Moulin-Rouge. En 1929, il est reconstruit pour devenir un cinéma dénommé Théâtre Jacques-Haïk : Jacques Haïk a reconstruit tout l'intérieur et le hall de l'ancien music-hall pour avoir une superbe salle avec un orgue Cavaillé-Coll (11 rangs, xylophone, cloches et 24 accessoires) joué entre autres par Gilbert Leroy. 

1929 marque l'avènement du cinéma parlant, ce qui bouleverse l'industrie de la production cinématographique sommée de s'adapter à cette révolution technique et artistique, et la crise économique. 

Pour financer ses projets cinématographiques - construction de studios de tournage à Courbevoie et à la Garenne et de salles de cinéma modernes, production de longs métrages -, Jacques Haïk s'associe à la banque Courvoisier. Las ! La crise économique arrive en France en 1931 : la banque Courvoisier fait faillite, et entraine la faillite d'entreprises cinématographiques françaises et américaines.

Il conçoit à Paris le Rex, plus grand cinéma d’Europe à la façade Art Déco et situé sur les grands boulevards - artère alors particulièrement animée populaire que chanta Yves Montand (paroles de Jacques Plante, musique de Norbert Glanzberg, 1951) - au 1 boulevard Poissonnière, 75002. La tour du Rex s’élève à 35 mètres du sol, les trois lettres mesurent 2 m 50. La salle peut accueillir 3300 spectateurs.

En 1934, il emprunte de l'argent et crée la société Les Films Régent. De 1934 à 1939, il produit une dizaine de films, dont "Claudine à l'école" d'après l'oeuvre de Colette et
 le film de propagande antihitlérien "Après Mein kampf.. mes crimes" d'Alexandre Ryder (1939) avec Alain Cuny

Parmi les stars de ses films : Annabella, Arletty, Jules Berry, Danièle Darrieux, Harry Baur, Victor Boucher. Jacques Haïk édifie le cinéma Le Français, au 38 boulevard des Italiens à Paris, ouvert en 1940. Jacques Haïk s'affirme dans l'entre-deux-guerres comme un des trois plus importants producteurs français.

En 1939, Jacques Haïk a assaini les comptes de ses entreprises. 

Durant la Deuxième Guerre mondiale, l'armée allemande occupe le Grand Rex et l'Olympia. Persécuté durant le régime de Vichycomme Juif – spolié de ses biens aryanisés - et producteur délégué d'un film anti-nazi sorti en 1940, Jacques Haïk se réfugie en Tunisie où il se cache notamment sous l'occupation allemande nazie. En 1943, il contribue à la propagande des Forces françaises libres (FFL) dans le monde arabe. 
 
A la Libération, Jacques Haïk s'est efforcé de récupérer ses biens et a repris son activité de producteur de films. Mais sans le même succès qu'avant-guerre.

En 1950, Jacques Haïk décède.

En 1954, la Sato, société du « Groupe Jacques Haïk », propriétaire du fonds de commerce de l'Olympia, dote la salle de cinéma d'une sonorisation moderne et recrute Bruno Coquatrix comme directeur. Ouvert le 5 février 1954, le nouvel Olympia renoue avec les variétés et accueille les plus grands artistes au monde : de Gilbert Bécaud à Edith Piaf, des Beatles à Oum Kalthoum, de Jerry Lewis à Yves Montand.

Le Grand Rex
« Les plus beaux cinémas d'Europe » est une série documentaire offrant un « zoom sur des cinémas dont l’architecture témoigne de l’atmosphère et du faste des premières années du septième art. »

Dans ce cadre, Arte diffuse sur son site Internet « Le Grand Rex, Paris » d’Axel Fuhrmann.

« Inauguré en 1932, le Grand Rex, à Paris a été conçu par le producteur Jacques Haïk, qui fit connaître dans les années 1920 les films de Chaplin. Le bâtiment Art déco offre encore aujourd'hui un écrin somptueux aux avant-premières de films américains. »


« Le 8 décembre 1932, trois mille trois cent invités en smokings et robes pailletées se pressent à l’angle du boulevard Poissonnière et de la rue du même nom, devant une immense façade Art Déco : le Tout Paris fête la naissance du plus grand cinéma d’Europe - la tour du Rex s’élève à 35 mètres du sol, les trois lettres mesurent 2 m 50 -, le Rex. Jacques Haïk, le propriétaire et concepteur du Rex, regarde la fête ; il se souvient de tous les espoirs, de toutes les déceptions aussi, de toute l’énergie déployés autour de ce projet…

« Accueillis par 80 ouvreurs en livrée et gants blancs, les invités découvrent un ciel scintillant d’étoiles. » 
Dehors, il gèle à pierre fendre. Mais dans la salle, dans la douceur de l’air pulsé, des palmiers se balancent mollement devant des minarets, des colonnades antiques, des haciendas espagnoles, des palais vénitiens, des balcons et loggias croulant sous les géraniums et la glycine. Accueillis par 80 ouvreurs en livrée et gants blancs, les invités découvrent un ciel scintillant d’étoiles. « Mais comment ferons-nous, si le temps se gâte ? » s’enquiert naïvement une jeune femme. Les spectateurs s’étonnent des dimensions de l’écran, découvrent les marches lumineuses et une scène gigantesque … Pendant ce temps, au sous-sol, d’autres visiteurs découvrent une infirmerie, un poste de police permanent, une nursery et… un chenil.

L’orchestre se met à jouer. Les numéros de claquettes succèdent aux ballets des « Rex Girls » empanachées… D’un sous-sol surgit un orgue de cathédrale, dans des décors sans cesse renouvelés. Les lumières s’éteignent et commence la projection des Trois Mousquetaires.

Le lendemain, la presse s’extasie et parle du « plus beau temple jamais élevé à la gloire du cinéma ». Pourtant, l’entreprise n’a pas été facile. Alors que les uns criaient au génie et les autres à la folie, Jacques haïk, exploitant et distributeur de films, a dû défier les plus pessimistes et n’a cédé sur aucun point : ni la superficie de la salle (2000 m2 au sol), ni la hauteur du bâtiment. Seule concession : le nombre de places qui est passé de 5000 à 3300.

Un Rex miniature de 800 places est ouvert à Bordeaux par le cinéaste Couzinet. Conçu par le même architecte. Cinéma atmosphérique inauguré en 1932, construit à l'emplacement des halles de la barrière de Médoc pour la société dirigée par Emile Couzinet, cinéaste-producteur et metteur en scène. La salle de huit cents places conservait son décor et ses toiles marouflées, inspirés, comme le nom de l'établissement, par le cinéma atmosphérique parisien construit par l'architecte Auguste Bluysen sur les Grands Boulevards en 1932. Le cinéma bordelais a été fermé en 1976 et démoli peu de temps après, mais le décor intérieur a été conservé.

Pourtant, malgré l’immense succès du Rex, Jacques Haïk doit déposer le bilan. La nouvelle société Gaumont rachète le cinéma et le revend quelques années plus tard à Jean Hellmann, Alan Byre et Laudy Lawrence.

1940
La Seconde Guerre mondiale éclate. Les Allemands réquisitionnent la salle, non pas pour son emplacement stratégique, mais pour son prestige et aussi pour distraire les troupes. et la transforment en « Soldatenkino ». Ils projettent alors pour les permissionnaires des films de propagande et des films ayant reçu l’autorisation des nazis. Dans la salle, une immense horloge, éclairée en permanence, rappelle l’heure tandis qu’un haut-parleur donne, pendant la projection, les horaires de chemin de fer…

Le 13 octobre 1944, deux mois après la Libération de Paris, le Rex rouvre ses portes au public avec un film américain et des chewing-gums à l’entracte. Alors que le courant électrique est rationné, le Rex, après l’achat d’un moteur et d’un alternateur, peut fonctionner grâce à de grosses réserves de carburant laissées par les allemands.
Sur scène, c’est le tour des attractions. À cette époque, les programmes sont conçus en deux parties. Dans un premier temps, ouverture musicale : soixante musiciens dirigés par un chef de renom jouent l’ouverture d’un opéra ou d’une œuvre lyrique. Puis viennent les actualités suivies de l’entracte. La deuxième partie commence par des attractions, caractérisées par des effets de scène époustouflants : cascades d’eau, volcans en éruption … Le film termine le programme.
Seul un dispositif technique considérable permet un tel spectacle : machineries pouvant faire descendre les décors depuis les cintres ou les faire jaillir du sous-sol, coulisses aménagées de façon à recevoir les musiciens de l’orchestre, une trentaine de danseuses avec leurs habilleuses et maquilleuses, les placeurs, dont leur vedette, le portier géant, mesurant plus de deux mètres et constituant à lui seul une attraction.

De 1944 à 1954, les films "interdits" et exclusivités américaines battront des records au Rex

Entre le 12 avril et le 22 juin 1945, juste après la guerre, le Rex suspend ses projections et sert de centre d’accueil aux prisonniers de guerre rapatriés.

1946 : Pinocchio est le premier Disney à être projeté au Rex le 22 mai 1946.

1950 : Décembre, Autant en emporte le vent est projeté au Rex et le projectionniste joue avec son objectif pour agrandir l'image de quelques mètres durant les scènes d'incendie, les spectateurs du Rex sont dans les premiers à découvrir le cinémascope.

En 1953,
Jean Hellmann tente une attraction, « Le Miroir de Neptune » : des nageuses évoluent dans un bassin transparent installé sur la scène ; c’est un échec. 
Elle fait place, l’année suivante, à la célèbre « Féerie des Eaux » inaugurée en mars 1954 au lever de rideau de Tant qu’il y aura des hommes. L’écran géant s’élève et découvre un vaste bassin. Aux commandes d’un orgue sophistiqué, un technicien propulse à 20 mètres de haut 3000 litres d’eau ; dans la lumière de 26 projecteurs multicolores, 2500 jets d’eau offrent 500 effets combinables à souhait, au rythme de la musique d’accompagnement. Désormais, on peut y assister chaque année au moment des fêtes de Noël, à l’occasion de la sortie du film des Studios Walt Disney.

En 1957, le Rex abandonne ascenseurs et liftiers pour l’un des premiers escalators de France. C’est Gary Cooper, accompagné de Mylène Demongeot, qui l’inaugurent.

1961 : Le Rex est plus visité que le Louvre

1968 : Décembre, le livre de la jungle est le premier Disney à être projeté avec la féerie des eaux sur scène, succès considérable avec près d'un demi-million de spectateurs.

1970
Fondé avec le Rex en 1932, le dancing "le rêve" était un lieu "chic", qui comprenait un grand orchestre, dans les années 70, mode oblige le club se met au disco.

En 1974, à l’emplacement des anciennes loges et studios de répétition, le Rex inaugure trois autres salles de cinéma. Le nombre total de salles est porté à sept en 1984 puis à huit en 1990. Mais, bravant le courant des années 70, le Rex n’a jamais divisé sa grande salle pour en faire plusieurs petites. C’est un pari, aujourd’hui gagné, de penser que le Rex garderait ses chances s’il conservait toute son originalité.

En 1981, le ministère de la Culture inscrit le Rex à l’inventaire des monuments historiques.

En 1988, le Grand Rex s’équipe du plus grand écran de France, « Le Grand Large » : sur une base de 25 mètres, il s’élève à 12 mètres de hauteur. C’est le film de Luc Besson, Le Grand Bleu, qui l’inaugure pour des mois de succès pour atteindre le record de plus de 700.000 tickets vendus sur toute son exploitation.
Peter Jackson, alors inconnu vient récupérer un Prix sur la scène du Rex en short pour son film Bad Taste

2002 : 12 mars, Britney Spears vient présenter son film Crossroads, grosse émeute à l'extérieur et quelques vitres cassées...

En 2009 Le grand Rex modifie sa devanture en y implantant une des plus grandes façades numérique. Cela permet de faire redécouvrir ses colonnes art déco tout en lui donnant un cachet plus moderne.
Depuis plus de 60 ans, le Grand Rex programme pour les fêtes de Noël, le dernier dessin animé des Studios Walt Disney. C’est l’occasion de proposer aux petits et grands un spectacle complet où le film est précédé de la féerie des eaux et d’une animation avec les personnages chers aux enfants.
Aujourd’hui, le Rex accueille près d’un million de spectateurs. Il organise également régulièrement différentes manifestations exceptionnelles comme des concerts, spectacles et les plus belles avant premières en présence des équipes de film.

14 Mars 2020
La pandémie du Covid-19 bat son plein et le gouvernement français impose une fermeture des cinémas dans tout le pays. Cette fermeture est mise en place dans le cadre des mesures sanitaires de confinement et de distanciation sociale pour limiter la propagation du virus.
En 2020, face à la propagation du virus, les salles de cinéma ont subi 162 jours de fermeture obligatoires, du 14 mars au 21 juin et du 30 octobre au 31 décembre. Mais faute de spectateurs et de films porteurs, pour la première fois depuis sa construction, le Grand Rex ferme également ses portes du 3 au 26 août.
La direction en profite pour lancer des travaux de grande envergure répartis sur plusieurs années, afin d'améliorer l'expérience des spectateurs et de renforcer encore la splendeur et l’élégance du bâtiment.

Il faut plus d’un an pour changer le système de climatisation du bâtiment, qui datait de 1932. Tous les panneaux publicitaires des halls sont également enlevés afin de rénover et de mettre en valeur les fresques d’origine. Charlie Chaplin reprend sa place dans la peinture de Henri Mahé depuis sa caricature en clown durant la période d’occupation. De nouveaux lustres Murano ornent désormais les plafonds des différents étages. La salle 4 est complètement rénovée (les salles 3,5,6 & 7 furent rénovées de 2016 à 2019). Les comptoirs des deux entrées auxiliaires sont totalement cassés et reconstruits avec des marbres haut de gamme.

2021
En 2021, la pandémie n’étant toujours pas éradiquée, les salles subissent 138 jours de fermeture supplémentaires, du 1er janvier au 19 mai 2021. 
Alors que tous les médias parlent de la fin du cinéma avec une baisse historique de la fréquentation à cause des jauges réduites, de la peur du virus, et l’absence de films majeurs, Le Grand Rex affiche pourtant dès sa réouverture une santé exceptionnelle avec de fortes entrées. 
Le Grand Rex met en place une politique d’événements qui font revenir les cinéphiles en masse. Ainsi, le nombre d’entrées réalisées sur la période du 19 mai au 31 décembre 2021 dépasse largement celui de l’année 2019, pourtant déjà exceptionnel dans le milieu du cinéma. Le Grand Rex sera d’ailleurs le seul cinéma dans ce cas.
Record de fréquentation nationale pour Le Grand Rex à la sortie de la crise du covid-19

8 décembre 2022
Le Grand Rex fête ses 90 ans et célèbre son anniversaire par une immense fête mêlant invités prestigieux et clients passionnés et fidèles. Il profite de cette soirée pour révéler, après deux ans de travaux, sa nouvelle façade. Les architectes Grichka Martinetti et Stéphane Thomasson ont permis de rendre ses couleurs de noblesse au bâtiment en remettant la façade telle qu’elle était à son ouverture en 1932. Exit les couleurs rouges pour laisser place à la couleur champagne et crème. Un long travail, de trois ans environ, a eu lieu, après toutes les modifications que le bâtiment avait subi tout au long de son histoire. Par ailleurs, la grande enseigne REX a retrouvé sa place sur le toit du Grand Rex, et devient désormais la seule enseigne rotative de tout Paris.
Enfin, l’intérieur a également bénéficié d’un coup de frais. Ainsi le grand hall a été entièrement redécoré, avec notamment l’installation de marbre au sol, rappelant le sol d’origine. Mais rénovation rime aussi avec innovation et un tout nouveau projecteur laser, le plus puissant au monde, a été installé pour offrir la meilleure expérience possible aux spectateurs.

Pour tous ces efforts et son rayonnement dans le monde, le Grand Rex a reçu ces dernières années plusieurs Prix.

En 2022 il a été décerné le titre de meilleure salle classique de l’année pour la région EMEA (Europe, Moyen Orient et Afrique) par l’international Cinema Technology Association (ICTA). En 2024 Le Grand Rex reçoit le prestigieux prix de l'"Award of Excellence in Cinema" au plus important congrès au monde : Le CinemaCon de Las Vegas.

2023
Le Grand Rex lance sa salle premium

Fort de son succès, le Grand Rex continue de rénover son bâtiment pour toujours donner une expérience originale et exceptionnelle à son public.
Ainsi, après avoir transformé et modernisé toutes ses « petites salles », la salle 2 est la dernière à être modifiée. Construite dans les années 1970, elle est complètement détruite pour laisser place à une salle luxueuse et premium de 300 places, appelé salle Infinite, avec un bar directement dans la salle. L’objectif est d’en faire l’une des plus belles salles de cinéma du monde et une des plus modernes.

Le Grand Rex possède de nombreuses autres activités. Outre le cinéma, c’est aussi une salle de spectacles, de concerts, avec un musée Rex Studios, un Escape Game mais également une boîte de nuit mondialement réputée : Le Rex Club. 
Créé en 1988, le Rex Club, temple de l’électro, est la seule boîte de nuit classée chaque année dans le top 100 des boîtes de nuit mondiales. Il se voit également complètement modifié afin d’améliorer l’expérience de sa clientèle.

2025
"Le plus beau cinéma du monde"

Suite à ses nombreux travaux de rénovation et son activité toujours aussi dynamique, le Grand Rex est nommé plus beau cinéma du monde par le prestigieux magasine Timeout.

Eté 2025
Entièrement rénové, le hall du Rex retrouve l’élégance du grand Art déco grâce à des matériaux nobles. L’albâtre rétro-éclairé dialogue avec un bar en laiton martelé et de nouvelles boiseries réalisées sur mesure. Une moquette contemporaine, qui s’affranchit du rouge historique, signe une atmosphère luxueuse et intemporelle.  »


« Le Grand Rex, Paris » de Axel Fuhrmann
Allemagne, 2025, 27 min
Production : DokFabrik, SR/ARTE
Sur arte.tv du 01/05/2026 au 27/10/2026
Visuels :
© SR/DokFabrik
© Grand Rex