Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

dimanche 25 octobre 2026

Karl Wolffsohn (1881-1957)

Karl Wolffsohn (1881-1957) était un éditeur et exploitant de cinéma juif allemand. Ce pionnier a dirigé de magnifiques salles de cinéma : Lichtburg à Essen, Atlantic à Berlin. Spolié par les Nazis, il se réfugie en Palestine mandataire. En 1949, il retourne en Allemagne de l’Ouest (RFA) où il débute un long combat judiciaire pour récupérer, généralement en vain, ses biens ou recevoir une indemnisation juste. Arte diffuse sur son site Internet, dans le cadre de la série documentaire « Les plus beaux cinémas d'Europe » « Lichtburg, Essen » d’Axel Fuhrmann.

« Descendants de nazis. L’héritage infernal » de Marie-Pierre Raimbault et Michael Grynszpan 

Karl Wolffsohn (1881-1957) était né à Wollstein (Rhénanie-Palatinat), dans une famille juive allemande d'imprimeurs. Il apprend le métier d'imprimeur dans l'entreprise familiale et à la maison d'édition Ullstein.

En 1908, Karl Wolffsohn fonda à Berlin Lichtbild-Bühne, qui deviendra la deuxième plus importante revue cinématographique allemande. En 1940, sous la pression des nazis, cette revue a été contrainte de fusionner avec Film-Kurier.

En 1919, Karl Wolffsohn devint cofondateur et copropriétaire (10  %) des théâtres de variétés Scala et Plaza à Berlin. "Soutenu par l'actionnaire minoritaire Ullstein, il a également loué des cinémas à Essen, Berlin, Cologne et Düsseldorf, ainsi qu'un théâtre de variétés à Dortmund. Les théâtres de variétés Scala et Plaza sont devenus des symboles d’une société en pleine modernisation." 

Dès 1928, il dirigea le cinéma Lichtburg à Essen. Ce cinéma a été construit en 1929 selon un projet de l'architecte juif allemand Rudolf Fränkel (1901-1974) à proximité immédiate de la gare de Berlin Gesundbrunnen (sur la Behmstraße entre la Badstraße et la Heidebrinker Straße).

"Avec la complicité de dirigeants déloyaux, l’« aryanisation » de la société juive de Karl Wolffsohn a été menée entre 1933 et 1935 par les banques créancières, la Dresdner Bank et la Deutsche Unionbank."

Karl Wolffsohn a été contraint de vendre le Lichtburg en 1934, sous la pression du parti nazi, à la société cinématographique Ufa, alors semi-publique, pour un dixième de sa valeur, dans le cadre du processus d'aryanisation. Dès 1931, Karl Wolffsohn dirigea également le cinéma Lichtburg à Berlin, qui fut lui aussi aryanisé en 1939.

En 1937, avec l'aide d'investisseurs américains, Karl Wolffsohn a acheté secrètement à Berlin Gartenstadt Atlantic (cité-jardin Atlantic), comprenant la salle cinéma éponyme. Il put initialement continuer à exploiter son cinéma. Ce cinéma fut restauré entre 2001 et 2005 par son petit-fils, Michael Wolffsohn.

D'août 1938 à mars 1939, accusé de tirer profit de son « aryanisation », Karl Wolffsohn a été emprisonné. Peu après sa libération, il fuit l'Allemagne avec son épouse Recha (1886-1972) et se réfugie en Palestine mandataire, où leur fils Willy (plus tard Seew) habitait : il y cultivait la terre depuis 1936. 

En décembre 1949, Karl Wolffsohn est retourné en République fédérale d’Allemagne (RFA) pour récupérer les biens dont il avait été spolié par les nazis. Une longue bataille judiciaire a duré jusqu'en 1962. Aucune compensation pour le cinéma Lichtburg d'Essen, vendu sous la contrainte, ne lui a été allouée. Karl Wolffsohn est mort à Berlin en 1957. Son fils Max Wolffsohn (1919-2000) a mis un terme à ce long combat judiciaire.

Le 13 décembre 2023, une plaque commémorative a été dévoilée à l‘ancienne résidence de Karl Wolffsohn, sur les rives du lac Stölpchen à Berlin-Wannsee.

Le 6 octobre 2026, des Stolpersteine ont été posées pour Karl Wolffsohn et son épouse devant leur ancien domicile à Berlin-Charlottenburg, Sybelstraße 67.

Divers hommages ont été rendus à Karl Wolffsohn : stèle dans la Behmstrasse à Berlin-Gesundbrunnen, la sculpture Fantôme du Lichtburg de Benita Braun-Feldweg et Matthias Muffert dans la Behmstraße à Berlin-Gesundbrunnen, la plaque commémorative sur la Friedrichstrasse à Berlin-Kreuzberg, celle sur la Franz-Mehring-Platz à Berlin-Friedrichshain, celle au pont Hubertus à Berlin-Wannsee.

Petit-fils de Karl Wolffsohn, Michael Wolffsohn est professeur d'histoire moderne, politologue, écrivain, journaliste et essayiste. Né à Tel Aviv en 1947, il s'installe avec ses parents à Berlin-Ouest en 1954. De 1967 à 1970, il effectue son service militaire dans l'armée israélienne. Il étudie l'histoire, les sciences politiques et l'économie à Berlin, Tel Aviv et New York. De 1981 à 2012, il enseigne l'histoire moderne à l'Université des forces armées allemandes de Munich et donne des conférences dans de prestigieuses universités d'Europe, des États-Unis, d'Amérique latine, d'Israël, de Taïwan, de Hong Kong et de Thaïlande. 

Il "est l'un des plus grands spécialistes allemands des relations internationales, du Moyen-Orient et des conflits régionaux, des affaires militaires, de l'histoire et de la politique allemandes, des liens entre religion et politique, et enfin, des dimensions historiques, politiques, économiques, religieuses et culturelles des relations germano-juives-israéliennes. En 2017, il a été nommé Professeur d'université de l'année par l'association professionnelle Deutscher Hochschulverband. Il est l'auteur de plus de 30 ouvrages, dont "Deutschjüdische Glückskinder: Eine Weltgeschichte meiner Familie" ("Enfants chanceux germano-juifs : une histoire mondiale de ma famille"), et de 140 articles scientifiques. Depuis 2000, il est le « Père spirituel » et artisan du projet de rénovation urbaine « Microcosm Gartenstadt Atlantic » à Berlin, un projet d'intégration culturelle germano-turque/musulmane-juive."

Le 25 janvier 2021,  Michael Wolffsohn s'est indigné sur X, ex-Twitter :
"Le magazine culturel Westart @WDR diffuse un documentaire télévisé de 30 minutes sur le légendaire cinéma d’Essen #Lichtburg et parvient à ne pas dire un seul mot du locataire et exploitant juif de 1931 à 1933/34, Karl Wolffsohn."

"Westart a proposé un bref aperçu de l'histoire du Lichtburg, de son ouverture en 1928 à nos jours. Dans ce contexte, il aurait certainement été du devoir des producteurs de mentionner au moins, en quelques phrases, la contribution de Karl Wolffsohn au cinéma du Lichtburg et à l'« aryanisation » de ce cinéma. Interrogée, la rédaction de WDR a indiqué avoir décidé de ne pas évoquer Karl Wolffsohn dans un aperçu historique aussi bref. Franchement, il aurait été préférable de supprimer purement et simplement la section consacrée à l'histoire du Lichtburg. Pour Michael Wolffsohn, une chose est sûre : « Les producteurs de l'émission, censés être si versés dans l'histoire, ignorent complètement le sort du propriétaire juif – un scandale, surtout dans un documentaire de 30 minutes où il y aurait eu largement le temps. » D'après Michael Wolffsohn, il ne s'agit malheureusement pas d'un cas isolé : « Dans les articles de presse consacrés au cinéma de mon grand-père, lui, son œuvre et l'énorme vol de ses biens ne sont, au mieux, mentionnés qu'en passant. » En réalité, les années 1933 à 1945 ont été résumées dans le film de WDR par une seule phrase : « Les nazis font des films de propagande, la guerre détruit tout. » Une phrase aussi brève est, à tout le moins, trompeuse."

« Lichtburg, Essen »
La série documentaire « Les plus beaux cinémas d'Europe » offre un « zoom sur des cinémas dont l’architecture témoigne de l’atmosphère et du faste des premières années du septième art. »

Dans ce cadre, Arte diffuse sur son site Internet « Lichtburg, Essen », documentaire d’Axel Fuhrmann.

« Zoom sur des cinémas dont l’architecture témoigne du faste des premières années du septième art. »

« Construit en 1928 dans le style de la Nouvelle Objectivité, le Lichtburg d’Essen, en Allemagne, se retrouve en piteux état à la fin des années 1990. »

« Wim Wenders mobilise alors le monde de la culture pour sauver le lieu, qui sera restauré. »

"À l'entrée du cinéma du centre-ville d'Essen, une inscription bien visible indique clairement ce qui suit : « Depuis 1931, l'éditeur berlinois et pionnier du journalisme cinématographique, Karl Wolffsohn, était le locataire et l'exploitant de ce grand cinéma. Persécuté en tant que Juif, Karl Wolffsohn fut contraint par le parti nazi de vendre son entreprise cinématographique à la société de production semi-publique UFA en 1933/34. »


"Le mercredi 13 décembre à 14h, une stèle historique régionale a été dévoilée au public à l'angle de Stölpchenweg et de Kohlhasenbrücker Straße. Cette stèle commémore le pionnier du cinéma Karl Wolffsohn et la perte de sa propriété au bord du lac de Stölpchen. Elle a été conçue par Karin Rosenberg. Parmi les intervenants : Cornelia Seibeld, présidente de la Chambre des représentants de Berlin ; Cerstin Richter-Kotowski, adjointe au maire et conseillère d'arrondissement chargée de l'éducation, de la culture et des sports ; et le petit-fils de Karl Wolffsohn, le professeur Michael Wolffsohn."

"Sur la rive sud-est du lac de Stölpchen, juste à côté de l’actuel canal de Griebnitz, Karl Wolffsohn (1881-1957) vécut avec sa famille de 1924 à 1938. Figure emblématique du cinéma et du divertissement allemands, il fut cofondateur et, à partir de 1937, unique propriétaire du complexe résidentiel Gartenstadt Atlantic, aujourd’hui classé monument historique, qui abritait notamment le grand cinéma « Lichtburg » à Berlin-Gesundbrunnen. En 1924, Karl Wolffsohn loua cette propriété d’environ 7 500 m², comprenant une villa, une maison de jardinier et un bungalow. C’est là, à proximité immédiate des studios de cinéma de Babelsberg, que le monde du cinéma de l’époque se réunissait chez Karl et Recha Wolffsohn (1887-1972).
En août 1938, Karl Wolffsohn fut placé sous la protection de la Gestapo. Il avait refusé que la cité-jardin de l'Atlantique et le cinéma Lichtburg soient « aryanisés ». Durant sa détention, il fut finalement contraint d'accepter l'expropriation de ses biens et fut libéré en février 1939. En mars 1939, il s'enfuit en Palestine sous mandat britannique, perdant ainsi toute sa fortune, y compris son domaine au bord du lac Stölpchen.
Afin d'empêcher que leurs biens volés ne tombent entre les mains de profiteurs nazis, Karl et Recha Wolffsohn rentrèrent d'Israël en Allemagne en 1949, malgré tout. Pour Karl Wolffsohn, ce fut le début d'une longue et vaine lutte pour obtenir réparation. Le domaine de Stölpchensee, partiellement détruit par l'Armée rouge et en ruine, lui fut restitué en 1954. Cependant, deux ans plus tard seulement, le district de Zehlendorf refusa à Max Wolffsohn l'autorisation d'entreprendre les travaux nécessaires sur la propriété, arguant qu'aucun plan d'aménagement global n'avait encore été établi et que le terrain se situait dans un espace vert public en projet. Après près de dix ans de négociations infructueuses, Max Wolffsohn n'eut d'autre choix, en 1965, que de vendre la propriété au district. Ce dernier ne créa jamais d'espace vert public à Stölpchensee."
(Extrait du texte de la stèle de Thomas Brechenmacher)

"Editeur juif de la revue professionnelle du cinéma « Lichtbild-Bühne » (LBB) et entrepreneur du cinéma, s'est engagé, des années 1910 jusqu'à la fin de la République de Weimar, à transformer l'industrie cinématographique allemande, initialement modeste, en une industrie cinématographique internationalement compétitive qui a acquis une renommée mondiale grâce à des productions artistiquement précieuses.
Né le 16 mai 1881 à Wollstein (Wolsztyn, Pologne), Karl Wolffsohn apprit le métier d'imprimeur dans l'atelier de son père et à la maison d'édition Ullstein à Berlin. De 1901 à 1905, il dirigea l'imprimerie de livres et d'art Gebr. Wolffsohn, située au 38, Naunynstraße à Kreuzberg, d'abord avec son frère Willy (1875-1914), puis seul. En 1908, ses frères Jacob (1880-1915) et Max (1885-1919) fondèrent Gebr. Wolffsohn GmbH, une entreprise d'imprimerie et d'édition, au 17, Michaelkirchstraße, et nommèrent Karl directeur général.
Après le décès de Jacob et Max, Karl Wolffsohn continua de diriger avec succès Gebr. Wolffsohn GmbH seul, sous la République de Weimar. En 1924, il obtint une participation minoritaire du groupe Ullstein et développa la petite entreprise familiale en une société de taille moyenne. Sa maison d'édition, située au 225 de la Friedrichstrasse et dotée d'une imprimerie, d'un atelier de reliure et d'une fabrique de plaques d'impression, employait environ 150 personnes en 1931. Wolffsohn publiait également des ouvrages spécialisés sur le cinéma, notamment les ouvrages de référence « Reichs-Kino-Adreßbuch » (Annuaire national du cinéma) et « Jahrbuch der Filmindustrie » (Annuaire de l'industrie cinématographique). Wolffsohn se considérait comme un entrepreneur au sens le plus strict du terme. Il investit dans les théâtres de variétés Scala et Plaza à Berlin, qui ouvrirent respectivement en 1919 et 1929, et à partir de 1929, il exploita les cinémas « Lichtburg » nouvellement construits à Essen et à Berlin, chacun comptant 2 000 places, en plus de trois cinémas de taille moyenne à Cologne et à Düsseldorf.
Dès le début de la dictature nazie, Wolffsohn résista avec vigueur, mais en vain, au transfert forcé de ses importants biens commerciaux et personnels à des profiteurs non juifs. Après un exil en Palestine de 1939 à 1949, il vécut de nouveau à Berlin."
(Extrait du texte de la stèle par Ulrich Döge)


« Lichtburg, Essen » d’Axel Fuhrmann
Allemagne, 2025, 27 min
Production : DokFabrik, en association avec SR/ARTE
Sur Arte le 26 mai 2026 à 04 h 20
Sur arte.tv du 01/05/2026 au 29/07/2026


samedi 24 octobre 2026

L'université Harvard

Fondée en 1636, la prestigieuse université américaine Harvard fait partie de la Ivy League. Pour lutter contre certaines méthodes contestées de cet établissement privé d'enseignement supérieur réputé, l'administration du Président républicain Donald Trump a mis un terme aux subventions étatiques. L'inaction d'Harvard dans la lutte contre l'antisémitisme sur son campus a amené sa Présidente, Claudine Gay à démissionner en 2024. Arte diffusera le 27 octobre 2026 à 21 h « La bataille de Harvard », série documentaire partiale de Sandrine Rigaud, Serge Turquier, Robert Libetti et Mike Shum.


L'université Harvard a été fondée le 8 septembre 1636 et a pris son nom deux années plus tard en hommage à John Harvard, jeune pasteur puritain de Charlestown; donateur de sa bibliothèque et de la moitié de ses biens à l'institution. Elle a pris son essor au XIXe siècle.

C'est l'établissement d'enseignement supérieur américain le plus ancien. Comme le Massachusetts Institute of Technology (MIT), Harvard est située à Cambridge, près de Boston (Massachusetts), donc sur la côte Est des Etats-Unis. 

Le blason de cet établissement prestigieux privé montre une couronne de feuilles de lauriers et un ruban blanc au nom de Harvard entourant un écusson rouge. Sur ce bouclier écarlate, trois livres ouverts sont disposés : sur ceux du haut les lettres "VE" et "RI", et sur celui du bas "TAS", soit "VERITAS" (vérité, en latin).  

Très sélective - 3,6 % en 2024 -, dotée d'un budget important et d'un corps professoral - près de 2500 enseignants - réputé, Harvard figure en tête de la liste des meilleures universités mondiales du classement de Shanghai. Des ressortissants de plus de 130 nationalités y travaillent ou y étudient.

Harvard fait partie de la Ivy League (
(« Ivy », lierre en américain), groupe informel des huit universités américaines les plus influentes et d'excellence, toutes situées sur la côte Est : Brown (Providence, Rhode Island), Columbia (New York, New York), Cornell (Ithaca, New York), Dartmouth (Hanover, New Hampshire), Penn / Université de Pennsylvanie (Philadelphie, Pennsylvanie), Princeton (Princeton, New Jersey) et Yale (New Haven, Connecticut).

Harvard accueille, dans ses neuf facultés (faculties) environ 6 700 étudiants de premier cycle (undergraduate, en américain) et plus de 12 400 étudiants de cycle supérieur (graduate en américain). Les alumni, anciens diplômés, renforcent par leur situation socio-professionnelle la réputation d'Harvard et sont de généreux donateurs. Citons par ces alumni : John Adams, George W. Bush, John Fitzgerald Kennedy, Barack Hussein Obama, Theodore Roosevelt et Franklin Delano Roosevelt, anciens Présidents des États-Unis, Bill Gates, fondateur de Microsoft, et  Mark Zuckerberg, PDG de Meta, Terrence Malick, réalisateur, et Natalie Portman, actrice et productrice.

"Ont enseigné ou étudié à Harvard 160 prix Nobel, 18 médaillés Fields, 14 prix Turing, 10 récompensés aux Oscars, 48 prix Pulitzer et 108 médailles olympiques (dont 46 médailles d'or), 8 Présidents américains, 30 dirigeants mondiaux, 188 milliardaires, 369 boursiers Rhodes et 252 boursiers Marshall."

Le 5 juin 1947, le Secrétaire d'État George Marshall a prononcé son célèbre discours annonçant le Programme de rétablissement européen (European Recovery Program ou ERP), dénommé aussi « plan Marshall ».

Radical Harvard
Daniel Pipes, expert en géopolitique, se souvient dans "Soulèvement communiste à Harvard : 50 ans après. L'événement qui marqua l'éveil de ma conscience politique" (National Review Online, 9 avril 2019) : 
"Ce 9 avril correspond à l'éveil, il y a 50 ans, de ma conscience politique. Les événements du 9 avril 1969 ont contribué à faire de moi ce que je suis et à faire de l'université ce qu'elle est.
J'étais en deuxième année d'université quand, ce jour-là, mes compagnons de route de Harvard décidèrent que la situation politique du moment, notamment la guerre au Vietnam et la présence d'un programme d'entraînement militaire sur le campus, les contraignait à prendre le contrôle du bâtiment administratif principal appelé Hall de l'université...
La révolution n'advint pas. À trois heures du matin, environ 400 agents de police investirent le Hall de l'université, rappelant aux 500 étudiants qui s'y trouvaient qui était vraiment le patron à savoir, le président de Harvard. Lâchant la bride à une colère prolétarienne quelque peu légitime à l'encontre d'étudiants radicaux choyés, les « cochons », c'est le sobriquet dont on les avait affublés, frappèrent honteusement et emmenèrent de force en prison les révolutionnaires improvisés...
C'est alors qu'éclata la véritable crise. Pour des raisons qui m'échappent toujours après un demi-siècle, un consensus parmi les sages de Harvard se fit sur l'idée que les étudiants étaient en droit d'exagérer dans leur ferveur idéaliste mais que les autorités administratives de l'université péchaient gravement en appelant la police. Ce n'est pas « l'occupation » mais bien le « coup de force » qui devint la question centrale.
Cet événement et d'autres faits semblables à travers le pays provoquèrent un changement profond dans la nature même de l'enseignement supérieur aux États-Unis. Ce qui avait été une institution libérale depuis la Première Guerre mondiale (on se rappelle la boutade lancée en 1961 par William F. Buckley Jr : « Je préférerais être gouverné par les 2000 premières personnes de l'annuaire téléphonique que par les facultés universitaires de Harvard ») commençait désormais à s'enliser dans le radicalisme.
Ensuite, les soi-disant révolutionnaires de la fin des années 1960 modifièrent les fondements de la vie académique américaine dans laquelle ils introduisirent leurs spécialités telles que l'étude de la condition féminine, le politiquement correct, les micro-agressions et l'intersectionnalité. Cet enlisement se poursuit aujourd'hui encore non seulement en raison de la présence quasi-hégémonique des extrémistes de gauche dans les sciences humaines et sociales, mais aussi en raison de l'intensité croissante de leur radicalisme et de leur intolérance."

Antisémitisme
"En 2020, l’auteur américain Raymond Ibrahim a publié un rapport montrant que le Qatar avait investi 5,6 milliards de dollars dans 81 universités américaines depuis 2007, dont Harvard, Yale, Cornell et Stanford. Ibrahim a en outre montré que le Qatar utilisait son influence dans les écoles pour promouvoir les études islamiques et pour supprimer spécifiquement l’étude d’autres minorités du Moyen-Orient, notamment les chrétiens, les juifs, les bahaïs, les yézidis, les Kurdes et les Druzes". Le Qatar abrite des dirigeants du Hamas, mouvement lié aux Frères musulmans.

"L’étude qui avait été réalisée en 2022 par l’Institut d’études de l’antisémitisme et de la politique mondiale (ISGAP) affirmait qu’au fur et à mesure que les financements offerts par les pays du Moyen-Orient augmentaient – et qu’ils perdaient de la transparence aux yeux du public – certains campus connaissaient des phénomènes nouveaux, avec des campagnes visant à réduire au silence les universitaires, une érosion des valeurs démocratiques et une absence de riposte face aux attaques menées contre la liberté d’expression des étudiants. Utilisant des outils statistiques, les auteurs avaient supposé qu’il y avait une corrélation entre les établissements qui bénéficiaient d’un financement étranger et la présence, dans leur enceinte, d’une rhétorique antisémite ou anti-israélienne ou d’activités antisémites... Les liens tissés entre le Qatar et le milieu universitaire américain remontent aux années 1970 et 1980. Harvard  a reçu plus de huit millions de dollars de la part du Qatar depuis 2020".

Fondé en 1873, le journal estudiantin "The Harvard Crimson" a eu parmi ses rédacteurs, les Présidents démocrates Franklin D. Roosevelt et John F. Kennedy. Campus Reform a examiné 44 articles du "Crimson" consacrés à Israël et publiés entre le 16 avril 2018 et le 11 mai 2022. Cette analyse a révélé que "92 % des articles publiés durant ces quatre années concernant Israël présentaient un parti pris négatif. Environ 47 % des articles qualifient Israël d’État d’« apartheid ». Dix-neuf articles étaient des tribunes libres, dont environ 58 % étaient critiques envers Israël. 

Le 29 avril 2022, le comité de rédaction  du Crimson s'est déclaré  pro-Palestine et a annoncé son soutien au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Le conseil a ouvertement admis que le Comité de solidarité avec la Palestine du Harvard College (PSC) avait « forcé » ses membres à « se confronter à ce que Human Rights Watch et Amnesty International ont qualifié de "crimes contre l'humanité" d'Israël ». Le conseil d'administration a ensuite renforcé son engagement envers « la mission et l'activisme du PSC » et a publiquement déclaré son soutien à une  exposition artistique  organisée par le PSC au cours du semestre de printemps et intitulée « Le Mur de la Résistance ». Le mur a été exposé lors de la « Semaine de l'apartheid israélien » annuelle du groupe et appelait à des actions du BDS. Cet éditorial du 29 avril 2022 a suscité de vives critiques. "

Le 4 mai 2022, Natalie Kahn, "rédactrice adjointe  du Crimson  et présidente de Harvard Hillel, a publié une  tribune  dans le journal intitulée « Je suis rédactrice au Crimson et je soutiens Israël ». Elle affirme que « le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions — massivement condamné par le Congrès dans une résolution de 2019 adoptée par 398 voix contre 17 — n’est pas seulement un boycott ; le BDS rejette totalement l’autodétermination juive. » Natalie Kahn s'en prend ensuite au comité de rédaction pour avoir « omis de condamner le terrorisme palestinien ou la  charte du Hamas  — le régime au  pouvoir élu à Gaza  en 2006 — qui appelle explicitement à l'anéantissement du peuple juif ».

"Alan Dershowitz, professeur émérite de droit à Harvard, a averti dans une lettre à l'éditeur du 6 mai 2022 que  la rhétorique du Crimson entraînerait une recrudescence du sentiment anti-israélien sur le campus, qualifiant l'article de « l'un des éditoriaux  les plus ignorants, discriminatoires et trompeurs   publiés par  le Crimson ». « Le mouvement BDS cible une nation parmi tant d'autres confrontées à de graves problèmes de droits de l'homme, à savoir l'État-nation du peuple juif ? C'est de l'antisémitisme », a-t-il écrit."

"Une  lettre  à la rédaction datée du 5 juin 2022 et signée par 24  anciens élèves de Harvard critique également la décision du conseil d'administration. Les signataires se disent « consternés par le soutien apporté par le comité de rédaction à un mouvement qui, hostile à un règlement de paix à deux États pour deux peuples et rejetant l'objectif d'un État palestinien aux côtés d'Israël et en paix avec lui, entraînerait l'éradication de l'État d'Israël sous toute forme acceptable pour la grande majorité de ses citoyens. Soutenir le BDS implique nécessairement de soutenir une entreprise sanglante et violente ».

"La rhétorique et les sentiments anti-israéliens sont un élément constant à Harvard, bien au-delà du  journal The  Crimson. En avril dernier, par exemple, Campus Reform a rapporté  que des étudiants juifs se sentaient en insécurité sur le campus en raison de la montée des sentiments anti-israéliens et antisémites. Zachary Lech, étudiant à Harvard, a déclaré à  Campus Reform : « Malheureusement, l’activisme anti-israélien est une caractéristique du campus de Harvard. »

"En février, l'association étudiante Harvard Out of Occupied Palestine (« HOOP »)  a manifesté contre  le général à la retraite des Forces de défense israéliennes, Amos Yadlin. Ce dernier était chercheur principal au Belfer Center de la Harvard Kennedy School durant le semestre de printemps. Une autre manifestation a tenté  de faire retirer le houmous Sabra du campus, car le produit serait « imprégné de haine ». Sabra appartient au groupe Strauss, un important fabricant de produits alimentaires israélien. HOOP a également  incité  les étudiants à boycotter le voyage d'études en Israël organisé par Harvard, qui comprend un séjour en Israël et en Cisjordanie pendant les vacances de printemps, et  a perturbé  une conférence en avril avec l'ambassadeur israélien Michael Hezrog".

"L'activisme anti-israélien était également bien présent sur le campus du Massachusetts en 2021. Selon le journal The Crimson, 89 associations étudiantes et 900 étudiants  ont signé  une déclaration condamnant « le recours à la force par Israël contre la Palestine » et exigeant que l'université « mette fin à sa complicité avec les politiques d'apartheid israéliennes ».

En novembre 2023, Joel Finkelstein, Sonia Yanovsky, Danit Finkelstein, Sean T. Stevens, Nathan Honeycutt, Pamela Paresky, Ayal Feinberg, Charles Asher Small et Lee Jussim ont publié "The Corruption of the American Mind: How Foreign Funding in U.S. Higher Education by Authoritarian Regimes, Widely Undisclosed, Predicts Erosion of Democratic Norms and Antisemitic Incidents on Campus" (La corruption de l'esprit américain : comment le financement étranger de l'enseignement supérieur américain par des régimes autoritaires, largement passé sous silence, laisse présager une érosion des normes démocratiques et une recrudescence des incidents antisémites sur les campus). L'étude "a révélé que 349 établissements d'enseignement supérieur avaient reçu près de 18 milliards de dollars provenant de sources étrangères entre 2014 et 2019. Il a été constaté que les financements étrangers — en particulier ceux provenant des pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et des États autoritaires — étaient associés à des niveaux plus élevés d’antisémitisme et d’incidents antisionistes sur les campus. Une modélisation spatiale a été utilisée pour montrer que les incidents antisémites sur les campus sont associés aux incidents antisémites locaux dans tout le pays et permettent de les prévoir."

Au cours des dernières décennies, l'antisémitisme s'est accru sur les campus universitaires américains. 

Depuis l'agression djihadiste par des mouvements islamistes dont le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, l'activisme anti-israélien et pro-Hamas de mouvements (Students for Justice in Palestine, SJP fondée par Hatem Bazian) et d'étudiants souvent non-Américains et venant du monde musulman, le soft power notamment par des financements d'Etats Arabes, dont le Qatar, visant l'islamisation en particulier par la dawa (prédication) et l'amélioration de l'image de certains pays Arabes, l'intersectionnalité des luttes, le wokisme... contribuent à l'alimenter. 

L’audition, le 5 décembre 2023, de trois Présidentes d’universités américaines prestigieuses – Claudine Gay de Harvard, Liz Magill de l’Université de Pennsylvania, Sally Kornbluth du Massachusetts Institute of Technology (MIT) – devant la Commission de l'éducation  de la Chambre des représentants en décembre 2023 a été 
filmée. 

Devant le sous-comité Enseignement supérieur et développement de la main-d'œuvre de cette Commission, ces trois dirigeantes avaient été interrogées, notamment par la membre du Congrès républicaine Elise Stefanik, sur l’antisémitisme  dans les campus. Cette élue de New-York assimilait les appels d'étudiants à l’« intifada » à une incitation à « un génocide contre les Juifs en Israël et dans le monde », et écartait la justification de l’inaction de Présidentes par le respect de la liberté d’expression.

Lorsque la Représentante Elise Stefanik avait demandé : « Appeler au génocide des Juifs viole-t-il les règles de Harvard en matière d’intimidation et de harcèlement ? Oui ou non ? », Claudine Gay, Présidente de Harvard, avait répondu : « Cela peut dépendre du contexte ». A Elise Stefanik qui expliquait : « C’est destiné aux étudiants juifs, aux personnes juives. Comprenez-vous que votre témoignage les déshumanise ? Comprenez-vous que la déshumanisation fait partie de l’antisémitisme ? », Claudine Gay avait dit : « Cela dépend du contexte ». Même réponse  de Liz Magill à la même question. 

Devant l’indignation suscitée par ses propos, Liz Magill avait exprimé ses regrets et, le 9 décembre 2023, annonçait  sa démission. 

Le 7 décembre 2023, critiquée pour ses réponses, Claudine Gay présentait ses excuses, et, le 2 janvier 2024, aussi accusée de plagiat, elle démissionnait. Le 29 avril 2025, Harvard a publié le rapport de sa task force présidentielle concernant la lutte contre l'antisémitisme et les biais anti-israéliens.

"La ministre de l’Éducation, Linda McMahon, a déclaré le 23 avril que des milliards de dollars provenant de pays comme la Chine et le Qatar ont été injectés dans l’enseignement supérieur américain sans aucun contrôle. « Cette infiltration financière a permis à des gouvernements étrangers de voler la propriété intellectuelle financée par les contribuables et de remodeler la manière dont nos campus d’élite enseignent Israël et le Moyen-Orient », a-t-elle déclaré.  Par cupidité encore, les universités ont massivement ouvert leurs inscriptions aux étudiants étrangers. Moyennant un surcoût, les grandes universités américaines ont importé massivement les étudiants riches de plusieurs pays d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Asie. Non seulement ces étudiants payaient des droits d’inscription plus élevés, mais ils permettaient en sus aux établissements d’enseignement de se pavaner en affichant des critères élevés d’« inclusion et de diversité », la nouvelle idéologie woke qui gangrène les campus. En 2024-2025, Harvard comptait 6 793 étudiants internationaux, représentant 27,2 % de l’effectif total de l’université. En 2015 déjà, Business Insider remarquait que les étudiants étrangers représentaient 12 % de la population étudiante, mais fournissaient 28 % des recettes de droits d’inscriptions annuels (9 milliards de dollars en 2015)", a écrit le journaliste Yves Mamou.

En avril 2025, l'administration américaine sous la Présidence de Donald Trump a gelé 2,2 milliards de subventions à Harvard : celle-ci refusait des exigences de cette administration sur l'admission de ses étudiants, en particulier les étudiants étrangers et la discrimination positive - « affirmative action » pénalisant dans les années 1920-1930 les étudiants juifs, puis au début du XXIe siècle les étudiants asiatiques, meilleurs notamment en mathématiques que les étudiants hispaniques et afro-américains ; la Cour suprême l'a interdite en 2023 à Harvard -, la lutte contre l'antisémitisme, une centralisation des pouvoirs de ses facultés. En mai 2025, Kristi Noem, Secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, a annoncé mettre un terme à l'obtention des visas Student and Exchange Visitor (Etudiant et visiteur dans le cadre de programmes d'échanges). Seraient visés environ 6 700 étudiants, soit 27 % des étudiants d'Harvard. Des recours judiciaires ont été formés contre cette décision, dont l'exécution a été suspendue.

« La bataille de Harvard »
Arte diffusera le 27 octobre 2026 à 21 h « La bataille de Harvard », série documentaire partiale de Sandrine Rigaud, Serge Turquier, Robert Libetti et Mike Shum.

« Comment Harvard, haut-lieu de l'élite académique américaine, est-elle devenue le symbole de l'opposition aux offensives idéologiques du mouvement Maga ? Ce documentaire « La bataille de Harvard » en trois parties nous plonge dans les coulisses d'Harvard et décrit un tournant historique : le déclin fulgurant des institutions intellectuelles dans une démocratie confrontée à la montée de l'autoritarisme. »

« Comment la plus prestigieuse des universités états-uniennes en est-elle venue à incarner, presque malgré elle, la résistance à l'administration Trump ? Retour en trois volets  sur un bras de fer économique et politique raconté par les représentants des deux camps. »

« Alors en résidence sur le campus, les auteurs de cette série documentaire ont vécu de l'intérieur un bras de fer qui va durer des mois, jusqu'à une première victoire judiciaire : le 3 septembre 2025, une juge fédérale annule le gel de plus de 2,2 milliards de dollars de subventions de recherche retirées à l'université. »

« Mais la bataille est loin d'être terminée. »

« Donnant la parole à des étudiants et enseignants en première ligne de la rébellion, au discret président de l'université, Alan Garber, mais aussi aux représentants de l’administration Trump, La bataille de Harvard retrace en trois volets une lutte qui, dans un pays mis en état de choc par la brutalité de l'offensive Maga ("Make America great again"), devient un des symboles de la résistance. »

« Elle exhume aussi les racines d'une guerre culturelle aux ramifications profondes pour éclairer un moment de bascule historique : la fragilisation accélérée des institutions intellectuelles dans une démocratie confrontée à la montée de l’autoritarisme. »

1ère partie : « La peur »
« La peur se diffuse sur le campus alors qu'arrestations et licenciements se multiplient à travers le pays. »

« Moins de deux mois après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, alors que des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux ont été licenciés et des agences gouvernementales comme l'USAID, pratiquement liquidées, les grandes universités du pays sont à leur tour prises pour cible par son administration. »

« Accusées d'être devenues les bastions de la pensée “woke” et d'une jeunesse dangereusement radicalisée, taxée entre autres d'antisémitisme, Columbia (à New York), Berkeley (près de San Francisco), Northwestern (près de Chicago) et Harvard (à Cambridge, près de Boston) figurent parmi les premières à essuyer les foudres du nouveau pouvoir. »

« À travers le pays, l'offensive prend toutes les formes : arrestations discrétionnaires d'étudiants étrangers, révocations de visas… »

« Première frappée, Columbia cède aux diktats de l'exécutif, qui exige un droit de regard sur le recrutement comme sur le contenu académique de ces établissements jusque-là autonomes. Harvard, qui résiste, se voit retirer le droit d'accueillir des étudiants étrangers, qui constituent le quart de ses effectifs et lui apportent des revenus substantiels. Au sein de la plus ancienne, riche et prestigieuse université des États-Unis, la peur se propage en même temps que la colère… »

2e partie : « L'argent »
« Harvard refuse de s'incliner et ses subventions fédérales de recherche lui sont retirées. »

« Poursuivant sa croisade contre les universités, Donald Trump va user, après la peur, d'une arme tout aussi redoutable : l’argent. »

« Après avoir fait plier l’université Columbia, son administration gèle des milliards de subventions à Harvard pour imposer sa réforme et combattre le "wokisme", l'ennemi déclaré. »

« Malgré son immense fortune, l'université se découvre vulnérable. Face au chantage financier, va-t-elle céder et se soumettre ? »

3e partie : « La justice » 
« C'est devant un tribunal fédéral du Massachusetts que se poursuit un combat devenu emblématique. »

« Après des semaines de pression, Harvard ose, contre toute attente, dire non à Donald Trump. Subventions gelées, étudiants étrangers menacés... : l’affrontement se déplace alors sur le terrain judiciaire. »

« Harvard remporte plusieurs victoires. »

« Mais derrière sa résistance devenue symbole, l’université est aussi contrainte de faire des concessions. Jusqu’où peut-elle tenir tête au pouvoir, et à quel prix ? »


« La bataille de Harvard » de Sandrine Rigaud, Serge Turquier, Robert Libetti et Mike Shum
Etats-Unis, 2025
Coproduction : ARTE France, Yami2
Auteurs : Sandrine Rigaud, Mike Shum, Robert Libetti et Serge Turquier 
Sur Arte :
1ère partie (33 min) : le 27 octobre 2026 à 21 h
2e partie (31 min) : le 27 octobre 2026 à 21 h 30 
3e partie (31 min) : le 27 octobre 2026 à 22 h 00
Sur arte.tv du 20/10/2026 au 25/11/2026
Visuels : © ARTE FRANCE - YAMI2