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Maurice Cohen, peintre et mathématicien
« John von Neumann. Prophète du XXIe siècle », par Philippe Calderon
« Six amis en quête de liberté. Destins croisés de Budapest à Manhattan » par Thomas Ammann
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Ce documentaire « revient sur le parcours de ces six amis qui, de par leur engagement, ont connu un destin hors du commun, ont dû fuir leur pays natal avant de marquer l’histoire du XXe siècle ». Amis ? peut-être pas. Mais tous ont excellé dans leurs domaines, et représentent ces Juifs cultivés, souvent germanophones, issus d’une Mitteleuropa disparue.
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Là, il débute comme photographe pour une agence de presse et étudie les sciences politiques.
A l’avènement du nazisme, il se réfugie à Paris où il rencontre de jeunes photographes talentueux : Henri Cartier-Bresson, David Seymon dit Chim, André Kertész, Gerda Taro...
Il devient célèbre en adoptant en 1935 le pseudonyme « Robert Capa ».
Il cofonde l’agence Alliance-Photo, puis en 1947, avec David Seymour, Henri Cartier-Bresson, William Vandivert et George Rodger, la coopérative photographique Magnum.
Le Front populaire, la Guerre d’Espagne, la guerre sino-japonaise, le Tour de France, la Seconde Guerre mondiale, l’Union soviétique, la recréation de l’Etat d’Israël en 1948, Hollywood, la mode, la guerre d’Indochine… Capa a donné « ses lettres de noblesse au photoreportage de guerre » et a tout couvert, en noir et blanc ou en couleurs.
Le 6 juin 1944, Robert Capa est le seul photographe présent à Omaha Beach lors du débarquement allié qu’il couvre pour Life. Il "débarque en Normandie aux côtés des forces alliées. Après une erreur de développement, seuls onze de ses clichés seront exploitables et entreront dans la légende". Ces clichés sont flous. Et pourtant, ils offrent une vision précise de cet événement historique.
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Leó Szilárd (1898-1964) est un physicien nucléaire né à Budapest. Distingué en 1916 par le Eötvös Prize, prix de mathématiques, il sert dans l’armée austro-hongroise lors de la Première Guerre mondiale, mais, atteint de la grippe espagnole, il doit être hospitalisé. Il poursuit ses études d’ingénieur en Hongrie, puis à l’Institut de technologique de Berlin-Charlottenburg où il suit des cours de physiques d’Einstein et Planck. Docteur en physique de l’université Humboldt de Berlin, il enseigne, travaille sur des inventions techniques et dépose un brevet pour un cyclotron. Il se rend à Londres en 1933 et conçoit l’idée de la réaction nucléaire en chaine sur laquelle il dépose un brevet. En 1938, il poursuit ses recherches à l’université Columbia à New York. Il écrit un projet de lettre au président Franklin Roosevelt pour alerter sur les recherches menées par l’Allemagne nazie sur les armes nucléaires et inciter les Etats-Unis à développer un programme visant à leur production. En août 1939, il demande à son ami Albert Einstein de signer cette lettre qui aboutit à la création du Projet Manhattan. Szilárd continue à travailler sur ce projet à l’université de Chicago où, avec Fermi, il participe à la construction du premier “réacteur neutronique”, une “pile atomique” à l’uranium et au graphite. Naturalisé américain en 1943, il est convaincu que la seule menace de l’arme nucléaire contraindrait le IIIe Reich et le Japon impérial à se rendre, et est écarté du projet Manhattan par son supérieur, le général Leslie Groves. Après les bombardements atomiques à Hiroshima et Nagazaki, il fonde en 1946 avec Einstein le Comité d’urgence des scientifiques atomistes. En 1947, Szilárd s’intéresse à la biologie moléculaire, travaille avec Aaron Novick. En 1962, il cofonde le Council for a Livable World qui prône le désarmement nucléaire.
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Edward Teller (1908-2003), en hongrois Ede Teller. Marqué par l’effervescence politique en Hongrie après le premier conflit mondial, et afin d’éviter le numerus clausus antisémite à l’université, il étudie la physique à l’université de Karlsruhe et Leipzig. Grâce à l’International Rescue Committee, ce diplômé en ingénierie chimique se réfugie en Angleterre, puis au Danemark, puis il émigre aux Etats-Unis en 1935 où il est professeur de physique à l’université George Washington. Citoyen américain en 1941, il participe au sein du Laboratoire national à Los Alamos à la construction de la bombe A, puis de la bombe H (à hydrogène). Il a témoigné contre Julius Robert Oppenheimer (1904-1967), ancien directeur scientifique du Projet Manhattan à Los Alamos. Ce qui conduit à son ostracisation par une grande partie des scientifiques. Teller a conseillé l’Etat d’Israël sur les questions nucléaires pendant plusieurs décennies et a enseigné à l’université de Tel-Aviv. Partisan de l'arme nucléaire et anticommuniste, il soutient dans les années 1980 le projet du président Ronald Reagan, l’Initiative de défense stratégique (IDS).
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« Six amis en quête de liberté. Destins croisés de Budapest à Manhattan » par Thomas Ammann
Allemagne, 2013, 1 h 30 mn
Sur Arte le 18 décembre 2013 à 0 h 25
Visuels : © MDR/Prounen Film
Robert Capa
1944, Omaha Beach, le soldat
© Arte
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Articles in English
Cet article a été publié le 15 décembre 2013.
Cet article a été publié le 15 décembre 2013.
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